Mumbai, le 22 février 2011
Le décalage horaire aura eu rapidement raison de notre nuit. A 1 H du matin, nous voilà éveillés, les yeux ouverts tels deux chouettes. Un peu plus tard, un moustique agressif nous oblige à pommader les filles qui se réveillent à leur tour.
Nous retrouvons le sommeil bien plus tard et nous qui voulions nous réveiller aux aurores, émergeons du sommeil à 9H passées. Cette nuit, les filles n’auront pas fait de cauchemar.
Le petit déjeuner, servi dans notre chambre et composé de thé ou café pour tout le monde et de petits pains accompagnés de beurre et/ou marmelade à l’orange est vite avalé : nous avons connu mieux.

Nous partons à la découverte pédestre de Mumbai alors qu’il est déjà 11 H. On nous avait prévenus : on voyage différemment avec des enfants !
Dans la rue, un indien nous accoste aussitôt et nous propose la visite guidée de Mumbai en 4 H grâce à son minibus flambant neuf.
Nous acceptons : nous partirons ainsi le lendemain matin en ayant eu un aperçu des principaux lieux de cette ville.
Très anglophone, Alagar (car tel est son nom – et vous avouerez que c’est amusant pour un chauffeur de taxi !!!) nous expliquera pendant ces quelques heures les us et coutumes de l’Inde et nous conduira tour à tour dans le quartier des blanchisseurs, le plus grand au monde, puis sur Marine Drive, long boulevard longeant la plage de » sable blanc où nous ferons un stop – nous ne nous autoriserons pas la baignade, l’eau étant trop polluée pour oser y mettre ne serait-ce qu’un pied -Elephant Hill, une colline où nous passerons un délicieux moment dans un temple jaïn, nos filles jouant du tambourin avec une troupe de grands-mères dévotes, plus haut dans le Hanging garden, un parc rempli d’écoliers offrant un joli panorama sur la ville, à Mani Bhavan, la maison où Gandhi, de retour d’Afrique du Sud, vécut de 1917 à 1934, y mettant au point les actions qui entraîneront en 1947 l’indépendance du pays, et nous passerons enfin devant Victoria Railway Station, grand bâtiment victorien et devant Gateway of India, sorte d’arc de triomphe sur la baie.







Le quartier des blanchisseurs est un endroit surréaliste, sans eau courante – elle est amenée par camion-citerne - et où les tâcherons qui composent cette caste s’usent, du petit matin jusqu’à midi, à fouetter le linge qui leur est confié sur les arêtes des bacs qu’ils louent pour l’occasion. Les bacs sont donc chacun munis d’un compteur d’eau et l’eau qui y stagne est grise. Les mains des intouchables qui y travaillent, sous un soleil écrasant, sont évidemment pelées par l’action des produits chimiques.


Le déjeuner de midi s’est déroulé dans un restaurant occidentalisé où nous avons pu nous régaler de wraps, de salade verte – heureusement lavée à l’eau chlorée, d’excellentes frites et de smoothies à la fraise pour la modique somme de 1800 roupies, l’équivalent de 30 de nos €uros. C’est aussi cela Mumbai : de la misère partout au milieu de quartiers huppés, de pauvres hères dormant sous une maigre toile entre une voie rapide et une autre ferrée et des immeubles de milliardaires que se partagent quelques privilégiés, tel ce magnat des télécoms à l’origine de la construction d’une rampe d’accès rendant ainsi possible le stationnement de ses voitures au 6ème étage de sa tour.
Après un nouveau repos dans notre chambre, nous repartons vers Gateway of India, que nous n’avions pas visité l’après-midi : beaucoup de touristes d’origine indienne. C’est l’occasion de faire un tour dans une calèche kitchissime car recouverte de métal blanc. Nos filles sont heureuses : elles auront pu faire travailler un cheval. Sur la route du retour, un cul de jatte traverse le trottoir sur ses genoux juste devant nous et c’est l’occasion pour nos filles d’une nouvelle stupeur. C’est Aélis qui réagit le plus difficilement car elle a beaucoup d’empathie pour ces invalides.

Nous dînons à nouveau dans un restaurant occidentalisé pour 30 € alors que notre premier repas de la veille ne nous avait coûté que 4 € dans un restaurant pour locaux. Mais c’est le prix à payer pour la qualité.
Nous dénichons dans une échoppe des chemises blanches en coton qui protègeront mieux nos filles du soleil puis rentrons à l’hôtel préparer nos valises. : Demain, réveil prévu à 6H30 et envol à 11H15 pour Jodhpur. Cette fois, nous branchons la climatisation afin d’endormir le moustique qui nous a tant dérangé la nuit dernière.


