Une famille autour du monde

Du sous-continent indien aux indiens des Amériques ...

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Départ pour Ranakpur

10ème jour, route vers ranakpur, 1er mars

Lever tardif : il va falloir à nouveau refaire les sacs et veiller à ne rien oublier. Nous espérons que Suraj a pu récupérer nos savons et shampoing laissés par inadvertance dans notre salle de bain du Krishna Prakash il y a 3 jours avant notre départ pour Jaisalmer.

Après un petit déjeuner constitué de pain perdu (french toast ici) que les filles ont découvert à Jaisalmer et qu’elles adorent, je pars avec Suraj afin de retirer de l’argent auprès de la succursale HSBC du lieu. Nous avons, avant notre départ, ouvert un compte dans cette banque car elle dispose de nombreux établissements dans le monde, principalement en Asie, et qu’elle ne prend pas de commission sur ce type d’opération.

Achat de bananes sur le bas-côté : 20 roupies le kilo pour une dizaine de bananes alors que nous les achetions 5 roupies l’unité à l’hôtel. Au prix du riz et de la banane en Inde, les occidentaux atteints de turista peuvent faire de sacrées économies !

Nous partons ensuite pour 3 heures de voyage dont une petite partie sur l’axe Delhi – Mumbai, une sorte de route à peine départementale où se doublent quantité de camions dans des conditions extrêmement stressantes même pour les locaux. Notre chauffeur est ainsi contraint par 2 fois de rouler sur le bas-côté en raison des dépassements inconsidérés d’autres conducteurs.

Ici, l’appel de phares sert, lorsqu’il est rapide, à signaler sa présence, et lorsqu’il devient plus long, à faire comprendre à celui qui arrive en face qu’il sera impossible à son auteur de se rabattre à temps. La seule solution consiste alors à freiner rapidement pour accéder à l’accotement dans de bonnes conditions.

Heureusement, nous quittons rapidement ce boulevard du « crime », mais pour une chaussée tellement dégradée que c’est de notre plein accord que nous préférons cette fois rouler sur l’accotement en sable.

Nous déjeunons rapidement dans la voiture des sandwichs aux œufs commandés à l’hôtel – sans crudité, nous savons que nous ne tomberons pas malades – et des bananes achetés au bord de la route.

Le paysage change rapidement et se remplit de montagnes couvertes de jungle. Les dromadaires en ont totalement disparu. La route devient sinueuse.

Nous arrivons à 15H30 au temple jaïn de Ranakpur : Leurs adeptes ne doivent pas tuer la moindre bête, insectes compris et les plus fervents marchent donc avec un tissu sur la bouche pour ne pas avaler d’insectes. Nous en rencontrons en pèlerinage sur la route marchant pieds nus, tous vêtus de blanc.

A l’extérieur, de grands singes à tête noire – des langurs ? - nous accueillent : il y en a partout provoquant la joie des enfants. Suraj nous met en garde. Ils ne mordront que si on les touche ou si on leur refuse la nourriture que l’on prétend leur donner.

Nous préférons passer cette haie d’honneur un peu improvisée et d’abord visiter le temple dont les dômes se découpent maintenant sur la montagne.

Ce superbe temple est tout en marbre blanc et constitué de 29 salles soutenues par 1444 colonnes, toutes sculptées différemment. Nous y passons un long moment, en faisons le tour dans le sens des aiguilles d’une montre car c’est ainsi qu’il faut tourner dans les temples jaïns. Un vieil homme nous propose de nous bénir et récite pour nous un mantra : 10 roupies, le prix du bonheur !

Nous ressortons pour visiter le second temple. Mais d’abord, il faut se rechausser et payer le dépositaire du droit de garder nos chaussures : 10 roupies.

Nous repassons devant les singes et passons un moment avec eux, à la grande joie mêlée de crainte des enfants, qui veulent les nourrir : il nous reste du pain de midi et quelques sandwichs. Suraj nous explique qu’il faut le faire depuis la voiture car il risque d’y avoir un peu trop d’agitation à notre goût.

Nous partons visiter le second temple, seuls, les enfants ayant préféré rester avec une bande de petits chiots âgés de quelques jours. Espérons que la vermine n’ait pas encore eu le temps de les rattraper, les chiens adultes en Inde étant particulièrement galeux. Ce temple jaïn est plus simple que le précédent mais très joli également. Re-10 roupies pour le nouveau gardien de nos chaussures.

C’est maintenant l’heure du goûter pour les singes. Nous nous installons dans la voiture et Suraj nous demande de fermer les fenêtres de moitié, tout en nous conduisant jusqu’à l’entrée du temple, là où les singes sont les plus nombreux.. Nous nous demandons alors ce qui va bien pouvoir nous arriver.

Nous lançons timidement quelques morceaux de pain provoquant la ruée de nos amis les primates. Ils se précipitent donc, montent sur la voiture, passent leurs petites mains par ce qu’il reste d’ouvertures, les places les plus convoitées se trouvant sur les rétroviseurs. Aélis crie à l’arrière du véhicule. Heureusement, la distribution du pain est vite terminée et quantité de miettes jonchent la voiture. Nous nous rappelons alors qu’il nous reste quelques sandwichs aux œufs. Quelle bonne idée ! Malheureusement pour Suraj, les singes se précipitent à nouveau, se battent sur le capot, sur le pare-brise et y écrasent durant le combat les reliefs de leur repas, maculant ce dernier de longues stries blanchâtres. Suraj s’en amuse positivement.

Nous nous dirigeons vers l’hôtel, conseillé à la fois par Suraj et le Lonely planet, Le « Ranakpur Hill Resort », certes de moyenne catégorie mais avec une très belle piscine. Le type d’hôtel que nous recherchons en priorité. Suraj dormira près de nous : ici, l’hôtel offre le coucher aux chauffeurs : ce n’est pas le cas partout et jamais dans les 5 étoiles.

Nous nous baignons avec délectation dans une piscine enfin un peu plus chaude que les précédentes, aux alentours des 18 degrés. J’en ressors, le corps couvert de piqures, heureusement non urticantes. Je ne saurai jamais ce qui a pu ainsi me piquer.

Nouvelle lessive : Aélis et moi nous en occupons tous deux assis dans la baignoire, puis dîner à l’hôtel, au buffet. Cela sent bon et je craque pour quelques cuillerées de chaque plat. Tout le monde se régale, surtout du poulet en sauce. Le dessert est indien ; un mélange de crème à la vanille et de fruit. Nous nous méfions du lait alors nous commandons des lassis : ils ont l’avantage d’être artisanaux et de reconstituer la flore de nos pauvres estomacs.

La journée s’achève tranquillement, les filles faisant leurs devoirs. Demain sera une autre aventure.

 

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