Une famille autour du monde

Du sous-continent indien aux indiens des Amériques ...

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2 jours à Udaipur

13ème jour, Udaipur, 4 mars

 

Je me suis à nouveau réveillé à 6H45 car Suraj m’a donné rendez-vous à 7H pour une nouvelle ballade. Etant donné l’exiguïté des lieux, il ne peut pas se loger ici avec sa voiture. Il dort donc dans une guesthouse à l’extérieur de la vieille ville.

Le soleil se lève doucement tandis que nous partons en voiture. Des indiens se lavent dans le lac à côté de notre hôtel. En route, des aigles pêcheurs effectuent des rases mottes au-dessus de l’eau. Nous arrivons au lieu qu’il a choisi pour notre activité quotidienne : une route le long d’un autre lac - le plus grand parmi les 4 que compte Udaipur - et que la police a fermé à la circulation afin que les plus sportifs des indiens du coin viennent s’y dépenser. Peu de coureurs, mais beaucoup de marcheurs tandis que d’autres font leurs ablutions matinales. Certains y nagent même. C’est une ambiance à la fois joyeuse et sportive : la cité des lacs se réveille lentement.

Nous regagnons notre voiture après une petite course et, de retour vers l’hôtel, j’abandonne le disque acheté la veille à Suraj et qui jouit d’une excellente sonorité : les enfants sont sales et marchent pieds nus dans les rues mais leurs parents enregistrent, on ne sait où ni comment, des disques aux normes occidentales. Que de contraste !

Le petit déjeuner nous est servi sur la terrasse de l’hôtel. La confiture change de saveur pour adopter un mélange indéfinissable de fruits.

Il est déjà 9H30 et nous voulons profiter de l’actuelle fraicheur pour visiter le palais de la ville. Nous y partagerons un audio guide plutôt que de profiter des services d’un guide local. Nous y trouvons de multiples avantages : pouvoir se promener à notre vitesse, se reposer et réécouter les explications quand nous le voulons. De plus, nos filles adorent non seulement se balader avec des écouteurs sur les oreilles et sélectionner elles-mêmes les morceaux à écouter. Enfin, les traductions sont bien faites et jouissent souvent d’éléments sonores qui nous font replonger dans le passé des lieux.

Le palais est une fois de plus sublime, d’autant qu’il est en pleine préparation des festivités princières qui vont y avoir lieu. Des cours aérées, des pièces subtilement décorées, une collection de tableaux indiens – la peinture est une spécialité locale – de toute beauté. Nous quittons ce palais après 3 H de visite pour un restaurant occidentalisé où nous nous régalons de sandwich végétarien, de coca et de frites. Amélia a de nouveau des problèmes gastriques et elle est astreinte au riz. Je l’encourage en partageant son plat : cela ne peut effectivement pas me faire de mal. De petits écureuils jouent sur les tapis de l’échoppe voisine et nous tentons, malgré leur promptitude, de les prendre en photos chacun notre tour. Difficile de choisir la meilleure photo : elles le sont toutes !

Au sortir du restaurant, nous visitons un temple voisin non répertorié dans notre guide mais dont les sculptures font une fois de plus notre admiration puis retour à l’hôtel pour se reposer mais également travailler : les filles feront leurs devoirs tandis que les parents gèreront leurs e-mails et le site internet qui doit être approvisionné après plusieurs jours sans connexion.

Ce soir, à 19H, nous nous rendons à une séance de danse et de marionnettes du Rajasthan qui a lieu au sein du Bagore ki haveli, un joli musée non loin de notre hôtel. Pendant une heure, ce spectacle en extérieur nous enchante et les tours s’enchaînent sans discontinuer jusqu’à son point d’orgue : une danseuse âgée qui parvient à porter 9 jarres empilées sur sa tête. La prouesse qu’elle effectue quotidiennement depuis sans doute bien trop longtemps a eu raison d’un corps qui est passé de l’ovale au rond.

Il est maintenant 8 H, nous avons faim et nous rendons au « Ambrai », un restaurant en bordure du lac avec vue sur le Lake Palace Hôtel, le Lal ghat, quartier où nous dormons, et le City palace. En chemin, cherchant notre route, nous sommes accostés par un français vivant depuis 12 ans ici. Son visage est émacié, ses yeux exorbités me regardent fixement. Son habillement est local, vaguement hippie. Il me propose de déjeuner dans sa crêperie au 1er étage de l’immeuble voisin : « c’est bon pour les enfants ! ». Je décline poliment l’invitation ; « Peut-être demain ». A sa main, une cigarette roulée laisse filtrer une discrète odeur de marijuana. Voilà sans doute un breton perdu ici et qui fume chaque jour son maigre bénéfice. Nous poursuivons notre chemin.

Nous arrivons au restaurant tant convoité. La vue est effectivement exceptionnelle, bien au-delà de ce que nous pouvions imaginer, de même que la liste d’attente car nous n’avons pas réservé. Au bout d’une ½ H, on nous place en bordure du lac à une table exceptionnelle. Nous commandons nos plats indiens mais non épicés : du poisson, des rouleaux de légumes frits, du poulet tandoori, et du riz. Très rapidement, nos bouches sont en feu. Nos filles finissent leur riz, abandonnant le reste. Quelques instants plus tard, les parents abandonnent également, les lèvres finalement prises dans un incendie qu’aucune eau n’a pu circonvenir. Quelle déception ! Nous appelons le manager qui s’excuse, admet l’erreur et nous offre l’équivalent de 25 % de la note.

En quittant ce lieu magique, nous espérons ne pas trop souffrir cette nuit de l’excès de piment, nos estomacs à tous criant grâce, et nous rentrons en prenant notre 1er rickshaw, âprement marchandé, le piment nous rendant inflexible sur le tarif.

Nous sommes entassés à 5 sur la banquette, secoués, ballottés de tout côté. Le chauffeur essaie tant bien que mal d’éviter bosses et nids de poule mais il y en a tellement … néanmoins cela n’empêche pas Auréliane de s’endormir sur les genoux de sa maman. Nous voilà finalement rendus à bon port.

La piscine n’a toujours pas été nettoyée malgré la promesse qui nous a été faite et nous nous en amusons car je me suis décidé à harceler le manager à ce sujet.

 

14ème jour, Udaipur, samedi 5 mars

La nuit a été relativement bonne malgré nos craintes liées aux épices de la veille.

Nous sommes réveillés dès l’aurore par le soleil qui envahit notre chambre et après une rapide douche – il a tout de même fallu que je descende à la réception pour obtenir de l’eau chaude - nous sommes prêts à 8 H afin d’engloutir notre petit déjeuner.

Aïe ! L’hôtel ne les sert qu’à partir de 8H30 ! Et Il profite de cette demi-heure pour vider la cuisine des détritus accumulés la veille. Ils sont quatre pour cette besogne, à tirer les poubelles remplies jusqu’à ras bord et à les descendre jusqu’à la rue par l’escalier extérieur.

Une pauvre femme est déjà là pour les trier afin d’y récupérer je ne sais quoi. Une odeur nauséabonde s’en dégage. Etant donné la faible activité du restaurant, il doit en fait s’agir du nettoyage hebdomadaire ! Les chiens sont en deuxième rangée, les corbeaux perchés sur les poteaux alentours. Un aigle arrive soudain et, prétendant leur disputer un hypothétique butin, réalise des cercles concentriques au-dessus de nous, jusqu’à presque nous toucher.

J’avais donné rendez-vous à Suraj pour 8H30 et il est comme toujours à l’heure alors que nous commençons à peine à notre petit déjeuner, en tout point identique au précédent. Nous autorisons à Auréliane la consommation d’un yaourt. Les produits laitiers la rendent malade en voiture mais la distance est aujourd’hui trop courte pour lui interdire ce dont elle raffole.

En effet, à 9 H, nous partons visiter un temple situé à 25 Km au nord de la ville. Malheureusement, nous mettons une heure pour parcourir ces quelques kilomètres et dans sa générosité, Auréliane nous rend son petit-déjeuner.

Nous en aurons vu des temples dans ce pays et nous ne saturons pas encore car ils sont tous si différents. Celui-là est étonnant car finement sculpté aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Accrochée à sa clôture, un gamin prononce une litanie monocorde « ten roupies, please ». Les garçons ici doivent aller à l’école mais les parents préfèrent souvent les envoyer mendier autour des temples. Les filles quant à elle n’ont que rarement accès à l’instruction. Je lui dis d’aller à l’école. Il ne renonce pas, continuant inlassablement son « bourdonnement » mais il ne devra pas compter sur moi pour justifier son école buissonnière.

Nous avons quitté le temple depuis longtemps lorsque je m’aperçois que nous sommes samedi ! Ce garnement n’avait pas école.

Retour à Udaipur en passant par un temple, encore en activité, cette fois. Nous achetons des guirlandes de fleur à quelques femmes agenouillées à son entrée et nous poursuivons la visite. Les photos sont ici interdites et c’est bien dommage car c’est un bel ensemble sculpté dans un marbre blanc où des perroquets verts ont réussi à nicher dans les anfractuosités des toits. Nous assistons à une cérémonie. Les filles donnent les couronnes achetées quelques instants plus tôt et en échange, on leur remet des couronnes plus petites et des bonbons blancs au sucre.

Auréliane nous redonne encore de son petit-déjeuner tandis que nous revenons vers Udaipur.

A l’entrée de la ville, nous nous arrêtons à nouveau pour acheter des fruits ; raisins blancs et concombres dont nous nous régalerons dans notre chambre d’hôtel. C’est un drame pour les filles de ne pas pouvoir manger les crudités qu’elles adorent. Alors nous avons pris la décision de les acheter et préparer nous-mêmes.

Après un déjeuner au même restaurant que la veille, de plats de pâtes aussi délicieux qu’à Paris, nous laissons les filles à l’hôtel pour leur séance de travail quotidienne – l’état de la piscine n’a toujours pas évolué – et partons dans le quartier commerçant à la recherche de tongs. Cela nous fait du bien de nous promener sans les filles : nous nous permettons alors d’être moins vigilants face aux dangers de la rue. Cet achat effectué – je n’avais emporté que ma paire de chaussures de marche -, nous rentrons à l’hôtel en rickshaw, ayant prévu une promenade en bateau sur le lac au moment du soleil couchant.

Nous arrivons malheureusement trop tard : le bateau est totalement affrété, rempli d’une cohorte de touristes. Nous repartons dépités lorsque le patron du lieu nous rappelle. Il va appeler un autre bateau qui pourra nous prendre peut-être. Nous marchandons quand même le prix, obtenant un petit rabais. C’est cela, l’Inde ! Le touriste paie plus que le prix, alors on lui obtient ce qu’il désire, sinon il dépense un peu plus loin. La ballade, quoiqu’un peu longue pour les enfants, nous offre un nouveau point de vue sur le paysage que nous admirons maintenant depuis 2 jours et de nouvelles photographies.

Achat de quelques chemises indiennes pour mes femmes dans une échoppe du centre. On veut nous y vendre la boutique dans son intégralité car la saison chaude approche et les touristes déserteront bientôt Udaipur, laissant le stock en l’état. Nous marchandons et pensons faire une bonne affaire mais le patron offre, à chacune de mes 4 femmes , lorsque nous le quittons, un très joli sac en tissu brodé.

Pour le dîner, à nouveau sur la terrasse du café Namaste, Paoling et moi nous régalons en tête à tête de pizzas qui valent certainement celles de nos « pizza hut ». Les filles bénéficient du même menu mais devant une mauvaise télévision qui diffuse en continu le film culte d’ici : « octopussy ».

A l’hôtel, je demande au manager une réduction sur le prix de la chambre puisque nous n’avons pas pu nous baigner malgré sa promesse. Il doit me donner une réponse sitôt qu’il aura appelé son patron.

 

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