Une famille autour du monde

Du sous-continent indien aux indiens des Amériques ...

  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille

Visite de Chittorgarh

15ème jour, Départ pour Chittor et Bundi, dimanche 7 février

J’ai obtenu 500 roupies de réduction sur ma note d’hôtel. C’est peu mais cela suffit à mon contentement.

Rendez-vous a été donné la veille à 9H à Suraj car la journée en voiture sera longue : 2 heures de route jusqu’à Chittorgarh, puis 3 heures de route jusqu’à Bundi, petite ville provinciale de 90 000 habitants dotée d’un joli fort. C’est une autoroute qui nous conduit à Chittor et nous roulons vite, même si les vaches et les motocyclettes en contresens nous obligent souvent à freiner.

Nous y arrivons finalement à 12 H passées, avec une heure de retard (je ne comprends pas pourquoi et nous réalisons doucement que pour connaître les temps de trajet exacts, il nous faut rajouter 50 % à « l’heure indienne » donnée par Suraj) alors que le soleil est au plus haut et pas de restaurant digne de ce nom dans la citadelle. Nous nous nourrissons rapidement de chips avant de visiter ce lieu.

Chittor est l’ancienne capitale du royaume du Mewar avant son déplacement à Udaipur par Udai Singh II, lequel ne supportait plus que, lorsque la forteresse était assiégée et prise - cela arrivera par 3 fois en moins de 200 ans – les femmes accomplissent le « jauhar » ; une coutume ancestrale consistant à se jeter dans un brasier.

En 1535, pas moins de 15 000 femmes réalisèrent ce rituel, rejointes bientôt par 32 000 hommes. Pour la dernière fois en 1568, 8 000 femmes périrent ainsi face aux envahisseurs moghols.

Chittor, c’est 13 kilomètres de remparts à créneaux en haut d’une haute et large colline, des palais désertés depuis cette dernière immolation, 130 temples en ruine habités par les singes et les sangliers et au centre de tout cela, la tour de la victoire, la « Jaya Stambha », haute de 37 mètres et que nous escaladerons au moyen d’un étroit et incroyable escalier jusqu’à son 8ème étage.

Nous repartons trop rapidement vers notre seconde destination et nous arrêtons à Bhimlat pour déjeuner à 15H30 dans un hôtel complètement vide, les chutes d’eau qui en font le principal intérêt étant asséchées.

Et c’est à nouveau 2 heures de route, une route pourrie avec de telles ornières qu’il faut souvent avancer au pas pour ménager la voiture et ses occupants. Sur la fin, la route s’améliore enfin mais les ornières laissent la place aux camions, des centaines de camions – nous sommes sur l’axe de Jaipur – dont les plus légers d’entre eux tentent de doubler les plus lents où qu’ils se trouvent, en bas des côtes comme en haut, dans les lignes droites comme dans les virages. Je plains Suraj qui conduit depuis maintenant 5 heures mais qui nous amène malgré tout à notre destination – Bundi – sans encombre.

Le « Nawal Sagar palace », une haveli où il nous a conduits est la seule de Bundi bénéficiant d’un joli jardin. Gérée par une jeune femme et son frère, tous deux rajputs, ce dernier arbore avec fierté une splendide moustache et est habillé exceptionnellement de blanc mis à part son turban : il part ce soir au mariage de son cousin. Les festivités vont durer 5 jours et le lendemain de cette soirée familiale, tous les hommes de la famille partiront chercher la mariée à 300 kms de là afin de la ramener dans leur village.

Nous sommes dans une petite ville de province à l’échelle de l’Inde, soit 88 000 habitants tout de même, et les prix des chambres diminuent sensiblement. Pour la première fois depuis le début de notre périple, nous prenons 2 chambres. Il n’y a pas de chambre familiale et un peu d’intimité ne nous fera pas de mal.

Après une rapide ballade dans les rues de Bundi, je partage avec Suraj, accompagné d’Amélia et d’Aélis, une bière dans la chambre des conducteurs. Ceux-ci sont enchantés mais les propriétaires sont dans la plus complète incompréhension : je brise ainsi un tabou dans l’ordre des castes car les conducteurs ne sont pas bien considérés en Inde et n’appartiennent qu’à une catégorie inférieure.

Nous prenons notre dîner au restaurant de l’hôtel, lequel ne sert que des plats indiens, très bons d’ailleurs.

 

Inde

Recherche

Abonnement