23ème jour, Orchha et départ pour Khajuraho, mardi 15 mars.
A 5H, je suis réveillé par une mélopée religieuse qui retentit au loin dans la campagne. Le soleil va se lever bientôt. Déjà, quelques oiseaux, l’aube venant, font entendre leurs piaillements.
La chambrée est endormie. J’attrape l’ordinateur. Ces veillées me permettent depuis notre départ d’être à jour de nos aventures. Je tue quelques moustiques, vides de sang. Sans doute des mâles.
Il est 7 H et le soleil a déjà bien quitté l’horizon, nous dardant de ses rayons à travers les vitres de la chambre. Paoling se réveille doucement et, me voyant travailler, me rappelle une anecdote à ne pas oublier. Les filles émergent l’une après l’autre. La mélopée ne s’est pas arrêtée.
Nous nous habillons rapidement. Il nous faut vite visiter Orchha afin d’être de retour à l’hôtel à 11H. Après, mieux vaut être à l’ombre.
Nous déjeunons de crêpes au Nutella et de pain perdu au 1er étage d’un restaurant : le « Blue sky ». En France, on appellerait cela une gargote. Ce n’est pas propre, le service est indolent mais les plats sont bons et ne baignent pas dans l’huile. Nous leur commandons donc des sandwichs au fromage pour la route que nous passerons prendre à 11H45, avant notre départ.
Nous atteignons le palais par le chemin emprunté la veille, suivant des sentes et longeant des maisons. La majorité des indiens ne sait pas ce qu’est une poubelle. Le paysage donnant sur la rivière pourrait être idyllique si les habitants des maisons alentours ne jetaient pas l’ensemble de leurs déchets dans le sentier en contrebas. Seuls les déchets plastiques n’ont pas disparu et jonchent partout le sol.
Nous traversons cette « décharge » et accédons au lit presque asséché de la rivière. Les mares sont remplies de milliers de larves de moustiques, ce qui explique leur prolifération.
Le palais - le « jehangir mahal »- incarne l’apogée de l’architecture islamique médiévale, dixit le Lonely planet. Pas de sculpture mais une architecture impressionnante sur 3 niveaux alimentés par quantité d’escaliers. Le paysage qu’il nous est donné d’admirer de son dernier d’étage est superbe : des bâtiments en ruines ou non et des temples remplissent le paysage tandis qu’au loin coule une rivière.


Le palais voisin, le « Raj mahal » nous permet d’admirer de belles fresques. Aélis, Amélia et moi décidons de prolonger la visite : de l’autre côté du palais, nous recherchons un ancien hammam ainsi qu’une étable à dromadaire.
A côté, surmonté d’un arbre dans lequel est accroché un haut-parleur, un temple tout blanc d’où nous parvient la mélopée envoutante que nous entendons depuis ce matin. Nous en faisons le tour. A l’intérieur, 2 sâdhus chantent à tour de rôle. Ils se mettent à jouer de leurs instruments.
Nous restons là quelques instants, assis dans l’ombre avant de repartir vers la ville et rejoindre Paoling et Auréliane.
Achat de notre premier ananas - pourquoi avoir attendu ? - et de petites bananes à un jeune garçon aux yeux bleus et à la peau très foncée. Selon lui, 2 % de la population aurait les yeux bleus. Je n’avais pas remarqué. Cela représente tout de même 26 millions de personnes. Il sourit et offre une grappe de raisins à Aélis.


Nous récupérons nos sandwichs qui ne sont pas prêts : le toaster a rendu l’âme. Les 6 employés semblent perdus : l’un travaille tandis que les 5 autres regardent. Paoling entre dans la cuisine et prend les choses en main en distribuant les tâches. Une poêle est substituée au toaster.
Entretemps, j’ai pu payer l’hôtelier, fermer les sacs, les amener dans l’entrée et charger la voiture. Les sandwichs sont prêts. Nous pouvons partir pour la ville de Khajurâho, située à 5 heures de route.

Contre toute attente, la route a été rénovée et terminée et nous atteignons Khajurâho rapidement, en moins de 4 heures. Nous traversons maintenant le Madhya pradesh, la région la plus pauvre de l’Inde. Ici, peu de voitures dans les villages. Les habitants se déplacent en charrettes à buffles ou à vaches. Les roues sont en bois et certaines, même pas cerclées de fer : le moyen-Age !
A Khajurâho, nous avons décidé de faire une exception : étant donné la chaleur, un bel hôtel avec piscine nous fera le plus grand bien. Le « Taj Chandela » s’avérant complet, nous dormons dans un hôtel pratiquement en face, le « Usha Bundela » doté d’une ravissante piscine. Nous avons réussi à marchander le prix – c’est maintenant une constante – et, en plus d’un rabais, on nous offre le dîner en plus du petit déjeuner. Hier, nous dormions pour 1 000 roupies. Aujourd’hui, c’est 9 000 que nous dépensons par nuit et nous resterons 2 nuits.
Nous nous installons et je transforme l’une de nos salles de bain en laverie. Il était temps : nous n’avions plus rien à nous mettre. Voyager léger nous oblige à multiplier les lessives dans les endroits où elles auront le temps de sécher sans essorage. Pas toujours évident !
Ensuite, séance de baignade pour toute la famille : depuis Pushkar, les filles n’avaient pas plongé dans une piscine et cela nous fait du bien à tous : à 16H30, la température avoisine les 35°C.


Repos, écriture du journal, puis dîner au buffet de l’hôtel dont les mets sont plus raffinés et infiniment moins gras que dans les gargotes où nous dînons habituellement.


