• Léo

Aiquile et Cochabamba – Bolivie (8-14 octobre)

Mis à jour : 20 oct. 2018


Voici venuuuu le temmmps des lieux moins charmannnnts ! Pour différentes raisons, j’ai choisi de regrouper Aiquile et Cochabamba en un article. Premièrement, elles n’ont pas gagné notre cœur. Deuxièmement, elles se succèdent dans notre itinéraire.


Attention, elles n’ont rien de repoussant, et d’autres voyageurs les adoreront peut-être. Tout dépend de ce que l’on recherche. Par ailleurs, nous n’avons probablement pas dû apprécier Cochabamba à sa juste valeur, car ce fut pour nous « la ville de la poisse » ! Enfin, il faut reconnaître que de terminer la visite de la Bolivie par ces villes du nord est forcément moins séduisant, en comparaison aux paysages magnifiques du Sud Lipez et du Salar d’Uyuni, ou aux jolies villes comme Tupiza ou Sucre.


Bon, après cette intro accrocheuse, il faut que je m’explique… !


Aiquile ou la ville entre deux âges


Lundi 8 octobre – Après la pluie de la veille, nous quittons Sucre sous un beau soleil. Depuis le trajet La Serena-San Pedro de Atacama au Chili, nous avons décidé d’éviter les longs voyages en car. Auden avait été malade lors de l’unique trajet de nuit, et nous trouvons qu’il vaut mieux parfois couper la route en deux et s’arrêter dans de petits villages. La route Sucre-Cochabamba est longue et tortueuse. Le voyage se fait, je crois, exclusivement de nuit. C’est la raison pour laquelle nous avons fait une pause de deux jours à Aiquile.


Aiquile est une petite ville d’un peu plus de 7 000 habitants, située à 2 250 mètres d’altitude. Pour nous y rendre, nous avons dû nous tourner vers une petite agence, qui ne gère que les trajets Sucre-Aiquile. Elle se trouve à quelques mètres du terminal de bus. Ne connaissant pas les heures de départ des mini-bus, nous découvrons que le prochain part dans trois heures ! Tant pis. Nous déjeunons tôt, histoire de nous occuper, et nous nous lançons dans une série de petits jeux sans matériel, afin de faire passer le temps.


Lorsque je monte dans le mini-bus, je remarque un lot de petits sachets à vomi accroché au siège passager avant. Très rassurant. Je comprends vite pourquoi. Le trajet est sport : 2 heures 30 de lacets à 80 km/h de moyenne ! C’est certain que le mini-bus, c’est pratique, ça va bien plus vite que le car, mais qu’est-ce que c’est gerbant ! Personne n’a été malade. Mais c’était limite !


En descendant, il nous faut trouver une auberge. Lors de nos recherches de la veille sur Booking, un seul hôtel était répertorié et les tarifs étaient excessifs. Nous avons préféré attendre d’être sur place. Grand bien nous en a pris. Le long de la rue principale d’Aiquile, nous tombons sur l’Hostal Rosita. Le gérant nous propose une chambre avec deux lits seulement. Toutefois, et cela a toujours été le cas en Bolivie, les lits simples n’ont pas les mêmes gabarits qu’en France. Ils doivent bien mesurer 110 cm de large. Nous décidons, afin de faire des économies, de dormir à deux dans chaque lit. La chambre donne sur une terrasse. Les sanitaires communs sont juste à côté. Comme d’habitude, nous avons de la chance et sommes les seuls à les utiliser.


Aiquile est une petite ville non-touristique. Elle n’est connue qu’en tant que ville du charango, cette petite guitare typique de Bolivie.


Aiquile, ville du charango

Le fait que nous soyons les seuls touristes à 50 km à la ronde a son charme. Pour une fois, nous avons le sentiment de vivre à la bolivienne. La ville est majoritairement peuplée de Quechuas, et c’est assez plaisant de voir les dames et les messieurs déambuler en tenues traditionnelles. Nous nous promenons dans les rues, nous arrêtons à l’ombre des arbres dans les parcs, achetons des bricoles au marché, observons les gens, mangeons dans les snacks, etc.




Et voilà. C’est très agréable, mais rien ne sert de prolonger le séjour. Rester deux jours à Aiquile n’est pas déplaisant. Cela nous a permis de laver nos vêtements, de faire l’école, d’appeler la famille. En revanche, il n’y a pas d’intérêt à y rester plus longtemps, à moins d’avoir un projet particulier sur place, en lien avec les locaux.


Je prends le temps de faire un petit focus sur les snacks. Puisqu’Aiquile n’est pas une ville touristique, les hostals ne sont pas habitués à accueillir des back-packers, et n’ont donc pas de cuisine. Par conséquent, il nous a fallu manger à l’extérieur durant deux jours. Seulement, voilà, puisque le tourisme n’est pas le gagne-pain premier, il n’y a pas de restaurants. En revanche, vous avez un snack tous les trois mètres, et ce n’est pas une façon de parler. Au menu : du poulet, des saucisses, des frites, du riz, des pâtes et des sodas. Sans oublier la télé, qui trône au milieu de la salle. Vous pouvez oublier l’eau, ça n’existe pas. Nous avons tout de même réussi à manger la Junk-food typiquement bolivienne : les salchipapas.


La junk-food est reine. Elle l’est désormais aux quatre coins de la planète, mais dans cette petite ville, le choc est rude. En gros, si vous ne cuisinez pas avec les produits du marché, vous bouffez de la merde obligatoirement. C’est la facilité. Pas de choix intermédiaire.


Mercredi 10 octobre, nous reprenons la route pour nous rendre à Cochabamba. Là encore, les paysages changent. Des conifères s’ajoutent aux arbres que nous avons déjà rencontrés auparavant. Cela fait du bien de voir un début de commencement de forêt.


Cochabamba ou la modernité dans ce qu’elle n’a pas de mieux


Cochabamba ne ressemble en rien aux autres villes boliviennes que nous avons visitées. Elle compte pas moins de 630 000 habitants et se situe à 2 570 mètres d’altitude. C’est la deuxième ville du pays.


Bien qu’elle soit nichée au cœur des montagnes, les rues du centre sont plates et vastes. L’ensemble est assez aéré et fait la part belle aux parcs et places joliment arborés. Cochabamba est une ville moderne, avec tout ce qui va avec : hauts immeubles, Burger King, grands malls, tarifs élevés, etc. Cette modernité a un revers : davantage de mendicité, de vols, de froideur et d’hostilité.



L’atmosphère est différente de tout ce que nous avons connu depuis le début du tour du monde. Nous n’accrochons pas vraiment au début. Pas beaucoup plus au milieu. Toujours pas des masses à la fin. Certes, les rues sont jolies. Le côté aéré, fleurie et bien ordonné de certains quartiers est sympathique à voir. Toutefois, cela s’arrête là. Je trouve que la ville n’a pas d’âme. Attention, c’est mon point de vue (et celui de Momo) !


Il faut dire que le sort n’a pas contribué à nous faire aimer Cochabamba. Avant même de quitter Aiquile, le gérant de notre auberge nous annonce que des bloqueos ont lieu aux abords de Cochabamba, à l’occasion de la fête de la démocratie, qui a lieu tous les 10 octobre. Le bloqueo est un peu le sport national bolivien, et particulièrement à Cochabamba. Il s’agit tout simplement de manifestations qui prennent la forme de blocage de routes. Ça commence bien. Nous risquons de passer plusieurs heures de plus dans le car…


Finalement, nous arrivons à bon port, à l’heure. Toutefois, en ville, les bloqueos sont nombreux. Le taxi est ainsi contraint de nous abandonner sur le bord de la route, car des étudiants sont allongés sur la chaussée. Nous ne sommes qu’à 1 km de notre hostal et décidons de nous y rendre à pied. Dans la précipitation, Momo oublie son téléphone dans le taxi. Horreur ! Nous essayons de faire sonner son portable dans l’espoir que l’homme nous rappelle, nous envoyons des messages, mais rien n’y fait. Voyant nos mines déconfites, des Boliviens viennent à notre rencontre et nous confirme que nous ne reverrons pas notre portable. C’était un taxi de la rue, et nous n’avons aucun espoir. Le premier contact avec Cochabamba n’est pas fameux.


Arrivés à l’Hostal Arevalo, deuxième déception. Nous pensions faire des économies en cuisinant, et nous réalisons que les informations données sur Booking sont erronées. Pas de cuisine… En relisant l’annonce, il était en effet question d’un « coin repas », mais pas d’une cuisine. On ne nous y reprendra plus. En dehors de cela, le logement est tout à fait correct : chambres vastes, deux lits doubles, sanitaires privatifs, jolie vue.

Finalement, nous passerons les trois jours à nous préparer des plats froids, dans des assiettes en plastiques achetées pour l’occasion. Heureusement, j’ai au moins mon couteau suisse, mon opinel et mes couverts en plastiques achetés chez Décath, qui me servent bien depuis le début du périple.


Le quartier dans lequel nous résidons n’a rien d’exceptionnel. Cela ne contribue pas à nous donner une bonne image de la ville. Les sites intéressants sont situés au minimum à 1.5 ou 2 km de notre hostal. Ce n’est pas si grave. Les enfants sont courageux et font tout à pied sans se plaindre. Le premier jour, nous passons notre matinée à chercher un nouveau téléphone pour Momo. Au moins 3 km au compteur, sous la pluie. Le deuxième jour est consacré à la découverte de Cochabamba. Nous nous baladons le long du Paseo del Prado, sorte de coulée verte de 500 mètres de long, qui aboutit à la Plaza Colon.


Plaza Colon



Nous bifurquons ensuite vers l’Est, pour nous rendre au Cerro San Pedro, afin de voir la statue du Christ de la Concorde. C’est un peu le même principe qu’à Rio, sur une colline moins jolie et sans la mer ! Toutefois, le Christ est plus grand. Il mesure plus de 40 mètres, alors que son homologue brésilien n'en fait que 38 ! Avant d’arriver à Cochabamba, j’ignorais totalement son existence. Pour parvenir au pied de la statue, deux solutions : gravir les 1 200 marches ou prendre le téléphérique. Nous choisissons la deuxième option. Les enfants ont déjà bien marché, et c’est plus ludique, sans être trop onéreux.


Christ de la Miséricorde

Du haut de la colline, la vue sur la ville est sympa, sans plus. En revanche, le colosse est impressionnant.


Sur le chemin du retour, pause snack, glace en dessert, histoire de remotiver les troupes ! Bilan de la journée : plus de 5 km. Pas mal, pour les petites pattes des enfants, et surtout celles d’Auden. Et sans se plaindre !


Nous ne sommes pas allés visiter le marché (la Cancha) et la Plaza 14 de Septiembre, faute de temps et de motivation. Nous ne sommes pas non plus allés à Villa Tunari. Ce n'est que l'entrée de l'Amazonie, et nous préférons ne pas faire de détours inutiles, alors que nous irons en Amazonie en Equateur. Nous n'avons pas non plus visité le parc Torotoro. Le parc du Crétacé de Sucre nous a tout autant satisfaits, les heures de transport en moins. Faute de temps, nous ne sommes pas allés au site archéologique Inkallajta.


Et les enfants ?


Aiquile


Après le petit coup de blues de Sucre, nous nous disons qu’il serait peut-être sympa de leur acheter plus régulièrement des petits jouets pas chers et peu encombrants, afin de leur faire plaisir. Seule condition, que le jouet soit vraiment petit ou que les enfants se débarrassent d’un de leur ancien jouet en échange. Auden choisit un pistolet et Eylia une Barbie. Le moral est bien meilleur !


Cochabamba


L’épisode qui suit n’a pas contribué à nous faire apprécier Cochabamba. À la fin du premier jour, Momo lance fièrement : « C’est nickel, pour le moment, personne n’a été malade ». Au moment où il a prononcé ces paroles, j’ai senti que le mauvais œil de Cochabamba allait continuer à s’abattre sur nous ! Ça n’a pas loupé. Dans la nuit, Auden a été malade. Il a vomi plusieurs fois. Intoxication alimentaire ? Je ne pense pas, nous avons tous mangé la même chose. Truc chopé à force de toucher à tout n’importe où ? J’opterais davantage pour ça !


Au réveil, Auden est en pleine forme. L’épisode n’aura pas été long. Et le petit malade enchaîne avec 5 km de balade dans la journée !


Trucs et astuces du voyageur

  • Eau : non potable

  • Sécurité : attention aux pick-pockets, surtout au terminal de bus.


Budget pour deux jours à Aiquile et trois jours à Cochabamba


Hébergement

  • Aiquile : Hostal Rosita : 22,50 euros pour 2 nuits. Attention, afin de faire des économies, nous avons fait le choix de dormir à deux dans un lit une place (110 cm environ). Sanitaires communs, pas de petit déjeuner, pas de serviettes, en plein centre, wifi aléatoire.

  • Cochabamba : Hostal Arevalo, 115 euros pour 3 nuits. Chambre vaste, deux lits doubles, sanitaires privatifs, serviettes fournies, wifi aléatoire, à 2 km du centre.


Nourriture

  • Aiquile : 45,66 euros, sachant que nous n’avons mangé qu’au snack.

  • Cochabamba : 62 euros. Nous avons cuisiné la plupart du temps, mais les supermarchés sont chers, et en raison de la gastro d’Auden, nous n’avions pas envie de tenter le marché.


Transports

  • Collectivos Sucre-Aiquile : 13.75 euros. 2 h 30. Très rapide ! Se prend non loin du terminal de bus de Sucre, près d’un grand rond-point.

  • Car Aiquile-Cochabamba : 12.50 euros. Compagnie Cotoca. 4 heures. Pas de clim, pas de toilettes. Etat pas exceptionnel, mais ça roule !

  • Taxi pour aller au logement : 1.88 euros

  • Taxi pour retourner au terminal de bus : 2.50 euros


Activité


Téléphérique pour aller sur le Cerro San pedro voir le Christ de la Miséricorde : 6.50 euros.


Divers

Aiquile : 11,88 euros.


Total

  • Aiquile : 93,79 euros pour deux jours pour quatre

  • Cochabamba : 200,38 euros pour trois jours pour quatre




Après cette portion moins sympathique que les précédentes, nous ne nous démoralisons pas. En revanche, alors qu’il était prévu que nous passions par Oruro, histoire de couper le trajet vers La Paz en deux, nous décidons finalement de prendre notre courage à deux mains et d’aller directement à La Paz.


Toutefois, nous n’y allons pas avec grand enthousiasme. Nous n’avons entendu beaucoup de critiques sur La Paz. Nous avons vraiment le sentiment que le joli voyage en Bolivie a pris fin à Sucre et qu’il va falloir porter notre croix jusqu’à la frontière… C’est dommage. Je comprends que ceux qui commencent par le Nord et terminent par le Sud Lipez conservent un excellent souvenir du pays. Il ne faut pas que nous restions sur le ressenti des quelques derniers jours et oublions le début. Et puis, peut-être que La Paz sera une ville super, qui sait ? Affaire à suivre !


Hasta pronto !


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