• Léo

Bilan de notre organisation après quatre mois de voyage en famille (2 septembre-2 janvier)

Mis à jour : 3 janv. 2019


Nous avons pris la décision de partir faire un tour du monde en mai 2016. Nous sommes le 2 janvier 2019 et notre rêve est en train de se réaliser. Quatre mois après notre départ, jour pour jour, c’est l’heure d’un nouvel arrêt sur image.


J’avais ressenti le besoin de faire un premier bilan à J + 7. C’était peut-être un peu précoce, mais je pense que j’étais dans le vrai sur plusieurs points.


Après quatre mois de voyage, l’analyse est toutefois plus fine.


Que puis-je dire de notre organisation à ce stade de notre tour du monde en famille ?


Vue sur la Cordillère des Andes, depuis notre avion. Le 3 septembre 2018.

1) Voyager en famille en mode routard



Lorsque nous avons décidé, Momo et moi, de partir faire un tour du monde en famille, le choix du mode de déplacement n’a pas été le plus difficile :


  • Pas en camping-car : nous ne savons pas jouer les mécanos, et ne nous sentions pas de prendre le risque de perdre une grosse somme d’argent en cas de vol, de braquage ou de problème mécanique sur le véhicule.

  • Pas de vélo : avec des enfants de quatre et sept ans, cela semblait utopique.

  • Pas de bateau : même réflexion que pour le camping-car, en version maritime.


Bref, le mode routard se présentait à nous comme une évidence.


En quatre mois, je ne cache pas qu’il a pu m’arriver d’envier les familles en camping-car. Non pour une question de confort ou de repères, mais pour cette possibilité que « les voyageurs sur roues » ont de s’arrêter plus facilement à la campagne. Lorsque l’on voyage en transports en commun, les terminaux de bus se situent en ville. Si l’on veut s’éloigner du centre, il faut souvent changer de véhicule, prendre un taxi ou demander à ce que l’on nous arrête sur le bord de la route. Pour repartir vers une autre destination, il sera plus difficile de retrouver un moyen de locomotion. Par conséquent, c’est ce qui nous a contraint à vivre davantage en ville. Dans un premier temps, cela ne m’a pas dérangé outre mesure. Depuis quelques semaines, le naturel revient au galop : je sature. Désormais, je suis prête à faire les efforts nécessaires pour sortir des sentiers battus et me mettre au vert.


Les autres aspects du quotidien d’un routard ne nous posent pas (ou peu) de problèmes, ni à Momo et moi, et encore moins aux enfants : faible volume de bagages, changement de « maison » très régulier, partage de sanitaires et de cuisine, grande promiscuité avec les autres clients des hôtels, etc.


Je crois que le seul petit confort qui me manque parfois, c’est de ne pas pouvoir disposer de tous les ustensiles et condiments nécessaires dans les cuisines que nous utilisons.


2) Retour sur notre itinéraire



Jusqu’à présent, nous avons suivi l’itinéraire prévisionnel. En quatre mois, nous sommes allés du Chili jusqu’au Panama, en passant par le Nord-ouest argentin, la Bolivie, le Pérou, l’Equateur et la Colombie. Nous avons simplement écourté de quelques jours notre séjour en Amérique du Sud, afin de passer davantage de temps en Amérique centrale.


Pour le moment, nous n’avons aucun regret et aucune mauvaise surprise. D’aucuns pourraient penser que nous avons voyagé trop vite et que nous aurions mieux fait de parcourir moins de pays, afin de prendre davantage le temps de découvrir les lieux visités. Cependant, ce n’est pas notre logique. Nous voyons ce tour du monde comme une sorte de plateaux de mignardises ! Nous goûtons un peu de tout et si nous trouvons que l’une des douceurs vaut vraiment le coup, nous notons son nom dans un coin de notre tête afin de penser à en déguster davantage plus tard ! C’est un peu ce que l’on s’est dit pour la Colombie, le Chili et l’Argentine.


Aujourd’hui, nous n’avons toujours pas réservé l’intégralité de nos vols. Le 30 mars, nous quittons l’Amérique, et notre vol Rarotonga-Aukland est prévu pour le 6 avril. Pour la suite, rien n’est acté. De même, entre le 2 janvier et le 30 mars, tout est encore possible. Seule certitude : nous irons au Costa-Rica. Nous devrions y être d’ici quelques jours. Par la suite, nous avons toujours prévu de nous rendre au Nicaragua, à moins que la situation politique ne dégénère. En revanche, nous ne devrions pas poursuivre la route en car jusqu’au Mexique. Afin de ménager les enfants, nous ne visiterons que le Sud du Nicaragua, nous rebrousserons chemin jusqu’à San José, où nous prendrons un vol jusqu’à Mexico. Après près de 14 000 km de vadrouille, Auden et Eylia auront bien mérité un peu de répit !


3) Nos bagages




Les incontournables


Momo va sourire à la lecture de cette phrase, mais, oui, je ne suis pas peu fière de mon organisation sur le plan du contenu de nos bagages ! Nous voyageons assez légers, quoique nos sacs semblent s’alourdir à mesure que nous avançons. Nous sommes partis avec environ 25 kg de bagages et en avons peut-être deux ou trois de plus aujourd’hui. Cela ne devrait plus bouger.


Dans l’ensemble, rien de ce que j’ai emporté n’est inutile. Même les bricoles dont j’avais volontairement caché l’existence à Momo au moment de boucler nos sacs, se sont révélées être d’une importance absolument capitale ! Je pense notamment à mon couteau suisse (que j’utilise à chaque pique-nique dans le car et parfois dans les cuisines des hostals), à mon Opinel, à mes couverts de camping en plastique (qui nous servent très régulièrement), à mes deux verres en plastique (que les enfants utilisent comme verre à dents ou au petit-déjeuner, ou qui nous dépannent lorsque l’un d’entre nous est malade), à mes oreillers gonflables (pour les transports), à la veilleuse, aux pinces à linge et à mes sacs de rangement pour les vêtements des enfants. Je ne parle même pas des sacs à viande-plaids (pour les cars et les auberges gelées) ni des serviettes de table des enfants, qui sont mes incontournables du voyage !


Sur le plan du matériel électronique et photo, rien n’est inutile. Que ce soit la liseuse, les lecteurs MP3, la batterie externe, le matériel photo et l’ordi, nous ne laisserions rien de côté. Je trouve même qu’un seul ordinateur est insuffisant ! On se l’arrache : Momo, pour le tri et la retouche des photos, Eylia, pour son carnet de voyage et des recherches Internet, et moi, pour mes articles.


Qu’est-ce qui me paraît inutile ?


Sans mauvaise foi : rien !Certaines choses ont été moins utilisées que d'autres :


  • Je n’ai pas utilisé les gants que j’avais emportés. Je ne pensais jamais à les sortir du grand sac pour les transvaser dans le petit, lorsque cela était nécessaire.

  • Les lampes de poche ne nous ont pas beaucoup servi. Toutefois, les rares fois où nous les avons utilisées, nous étions bien contents. Le mode lampe -torche du portable aurait peut-être suffit.

  • L’attirail de sécurité des enfants n’était peut-être pas utile. Les bracelets d’identification les serrent trop. Par conséquent, je les garde dans un coin de mon sac à dos, et leur mets uniquement lorsque nous sommes dans les grandes villes. Eylia a perdu son sifflet de randonnée et Auden s’en sert surtout pour nous casser les oreilles. Il aurait pu nous sauver la vie à Jerico (Colombie), lorsque nous étions à la porte de l’auberge, mais cela n’a pas suffit à la réveiller !

  • Nous avons emporté quatre serviettes de toilette. Je pense que nous aurions pu en laisser deux et n’en conserver qu’une pour deux. La plupart des hôtels fournissent des serviettes. Il est vrai que lorsque l’on est à la plage, quatre serviettes, ce n’est pas du luxe. Deux peuvent servir de serviettes de bain. Toutefois, je pense tout de même qu’il y en a une en trop.

Qu’avons-nous racheté ?


  • Momo avait voulu partir en mode vieilles fringues. Par conséquent, il a été contraint de faire un plein de vêtements chauds et techniques en Bolivie.

  • De mon côté, ne vivre qu’avec un pantalon de rando et un pauvre caleçon à moitié transparent a fini par me peser ! J’ai tout de même patienté jusqu’à mi-décembre pour me racheter deux jeans. Un aurait été suffisant, mais j’ai été prise d’une crise de fièvre acheteuse !

  • J’ai acheté deux assiettes de Noël en plastique, pour l’occasion. Elles ont remplacé le petit lot d’assiettes en carton que je me trimbalais depuis deux mois. Elles nous ont servi lorsque nous n’avions pas de cuisine dans les hôtels ou que nous étions en mode pique-nique.

  • Je ne m’étends pas sur les achats de vêtements de remplacement (trop petits ou perdus).



4) La santé



Je ne reviens pas sur la question des vaccins, puisqu’il est évidemment impossible de savoir s’ils nous ont servis ou non.


Pour le moment, nous n’avons pas eu de gros problèmes de santé. Je touche du bois. Malgré un respect scrupuleux de la règle d’or « Peel it, boil it, cook it or forget it », nous avons cumulé les petites gastros d’un jour. Chacun d’entre nous y est passé. Les enfants ont davantage été touchés. En gros, on peut compter un malade ou deux par pays, à partir de la Bolivie. Rien de bien méchant ni de très handicapant. Cela ne nous a jamais posé de gros problèmes d’organisation.


La trousse à pharmacie est toujours pleine, mais je ne regrette pas de l’avoir avec moi. Si nous avons laissé les gastros se soigner naturellement, je suis bien contente d’avoir eu du paracétamol, de l’ibuprofène, de l’argile verte, du baume du tigre, du désinfectant, des pansements, du Spasfon, de l’homéopathie (coca et Nux Vomica), du spray nasal, un thermomètre, de l’Osmosoft, des stéri-strip et du sérum physiologique. Ces éléments m’ont été utiles au moins une fois.

5) Les enfants


a) Le voyage est-il enrichissant pour eux ?


La question est, bien entendu, purement rhétorique ! Il est évident qu’ils y gagnent.

Pourquoi voyager en famille autour du monde ? Nous ne percevons pas encore tous les bienfaits de la chose, mais rien que sur le plan des connaissances géographiques, je pense que peu d’enfants de leur âge sont aussi calés ! Par ailleurs, il est évident que leur oreille s’habitue aux langues étrangères.


En dehors de cela, je reste convaincue qu’ils auront gagné en adaptabilité. Il résiste parfaitement bien au changement permanent.


b) Ont-ils l'âge idéal des enfants pour faire un tour du monde en famille ?


Une fois de plus, la question est délibérément provocatrice. On ne peut répondre « oui ». Avec du recul, quels sont les avantages en voyageant avec des enfants de 4 et 7 ans ?

Idéal pour eux


En premier lieu, je me dis que plus jeune ils vivent ce genre d’expérience, plus durablement ils seront marqués, « dans leurs tripes », par tout ce qu’implique un tour du monde en famille. Ensuite, leur jeune âge est tout à fait compatible avec le fait de vivre 24 h/24 avec les parents. C’est même une chance pour eux. Ils souffrent moins de l’absence de leurs copains qu’à un âge plus avancé. Enfin, ils ont un terrain de jeu extraordinaire, qui développe leur imagination.


Idéal pour nous


Tout d’abord, je penserais à une plus grande capacité d’adaptation qu’un adolescent. Ensuite, il est incontestable que sur le plan du budget, c’est plus rentable de voyager avec des enfants de cet âge-là. Ils comptent pour un adulte sur le plan des repas et parfois également sur le plan du logement. Il est très fréquent qu’Auden ne paie pas les transports. En Amérique du Sud, les activités sont souvent gratuites pour les enfants de moins de 6 ans, voire moins de 10 ans. Par conséquent, notre budget final sera bien différent d’un budget avec des enfants plus grands.


En outre, quoique ce ne soit pas un argument louable, nous ne leur demandons que très rarement leur avis sur la question de l’itinéraire ou des activités. C’est confortable. Avec des enfants plus âgés, il n’aurait pas été possible de se passer de leur opinion, au risque d’essuyer des refus.


Enfin, je ne prends que très peu de temps pour « faire l’école ». Et ça, c’est un grand plus !


En revanche, leur âge a aussi des aspects contraignants : crises régulières, fatigabilité plus importante, difficultés à prendre conscience de la chance qu’ils ont, impossibilité de faire de longue randonnées, difficulté à avoir du temps pour nous, mémoire des souvenirs du voyage moins certaine, etc.


c) La question de l'école en voyage


Je l’écrivais plus haut, je ne consacre que très peu de temps à l’école. Pour autant, je n’ai pas le sentiment que les enfants soient « en retard » dans leurs apprentissages.


L’organisation


Il n’y en a pas vraiment ! Je n’ai jamais fixé un créneau spécial, incontournable, pour l’école. Lorsque nous avions du temps devant nous, nous en profitions. Durant les trois premiers mois, j’ai fonctionné avec un cahier et un crayon. C’est tout. Et beaucoup à l’oral.


En terme de volume horaire quotidien, nous n’avons jamais dépassé une heure, une heure et demie.


Le contenu


Avec Eylia, j’ai d’abord procédé au feeling. Nous avons travaillé les outils de base (tables de multiplication, règles essentielles de grammaire, conjugaison, les quatre opérations, dictée de mots, calcul mental, etc.) de façon informelle. De cette façon, nous avons fait un premier tour du programme.


Depuis le mois de décembre, l’heure d’école se déroule d’une façon plus scolaire et mécanique, mais ce n’est pas pour déplaire à Eylia. J’utilise désormais des fichiers que j’avais scannés, de façon à réinvestir les bases que nous avons travaillées au début du tour du monde. Le volume horaire est approximativement identique au précédent. L’idée est de faire une fiche de Français ou de Maths, et une fiche de Questions du monde, à chaque séance. Il est assez fréquent que l’on ne travaille pas tous les jours. Je dirais même que depuis quelques semaines, nous travaillons plutôt tous les trois jours, mais plus longtemps à chaque fois. Je pense que nous aurons survolé une nouvelle fois le programme, d’ici le mois de mars.


À partir de ce moment, il sera question de passer en mode réinvestissement des connaissances. En maths, ce sera résolution de problèmes. En Français, ce sera rédaction du carnet de voyage et du Tour du monde de Léa et Zaja (que nous avons un peu laissé en stand-by), avec relecture approfondie et analyse des erreurs. Nous poursuivrons les exercices de calcul mental.


Et Auden ?


Pour Auden, le fonctionnement est plus souple. Si nous avons le temps, tant mieux. Sinon, on verra demain ! Nous travaillons le graphisme, les phonèmes, la comptine numérique, le repérage dans l’espace et les jours de la semaine.


Le comportement face aux apprentissages


Je ne vais pas mentir et faire rêver les parents qui ne sont pas encore partis ou rendre jaloux ceux qui sont en cours de voyage : ce n’est pas facile tous les jours ! Parfois, les enfants ne sont pas du tout disposés à travailler. À d’autres moments (rares!), leur comportement est exemplaire.


Ce fut plus difficile au début, le temps qu’ils intègrent qu’un tour du monde, ce n’était pas des vacances. Depuis, il arrive qu’Auden réclame l’école ! Eylia se plie aux exigences, mais je dois reconnaître qu’il m’arrive d’être trop impatiente et trop exigeante. Parfois, ça clash !


Dans l’ensemble, je trouve que ça ne se passe pas trop mal. Je suis surtout soulagée de voir que nous ne sommes pas en retard dans le programme. Obsession d’enseignante !


d) Lesjeux durant le tour du monde


Je n’ai pas déballé l’intégralité de mon sac à malice, dès les premiers jours du voyage. Au début, les enfants ont joué avec leur petit jouet qu’ils avaient acheté avant de partir. Au bout de deux semaines, Eylia s’est prise d’amour pour la liseuse, et ne l’a plus jamais quittée. C’est même parfois un vrai problème…

En octobre, je leur est sorti les jeux de sept familles en Anglais et en Espagnol. Cela les occupe très régulièrement.


Nous leur rachetons souvent de petits jouets, mais qui servent à remplacer ceux qu’ils possèdent déjà. Ils doivent alors donner ces derniers.


En décembre, j’ai initié Auden à la bataille, afin d’encrer sa reconnaissance des chiffres. De son côté Eylia a découvert les joies de jeux de cartes en tout genre, qui se jouent avec un jeu de 52 cartes standard.


Depuis le début du périple, les MP3 sont nos fidèles alliés lors des trajets en car. Grâce au sien, Eylia peut passer quatre ou cinq heures sans se manifester. Ce sera plutôt une heure, du côté d'Auden.


Pour le moment, les jeux de plateaux que j’avais plastifiés n’ont pas servi. C’est également le cas des jeux de dés et de billes. Peut-être plus tard. Il reste encore six mois...


Les trangrams et les mikados sont utilisés ponctuellement.


Nous avons investi dans des carnets de dessins. C’est leur occupation principale depuis quelques semaines.


Nous n’avons pas emporté de tablettes. Aucun regret. Déjà qu’Eylia se coupe parfois du monde avec sa liseuse, je pense qu’un écran supplémentaire aurait créé un climat très déplaisant. Les enfants se seraient battus sans cesse pour jouer avec.


Il est très rare qu’ils regardent des dessins animés sur l’ordinateur. C’est arrivé trois fois en quatre mois. Il arrive que je leur mette un « C’est pas sorcier », en lien avec leurs questionnements du moment.


e) Les coups de blues


Eylia a eu deux gros coups de blues. Un, au bout d’un mois, l’autre, il y a deux semaines. Le premier a eu lieu à un moment charnière, celui où l’on réalise que ce voyage ne sera pas une période de vacances d’un mois, mais un vrai périple d’un an. Il faut passer le cap.


Le deuxième s’est expliqué par la lassitude. Eylia commençait à en avoir assez de la montagne et de l’Amérique du Sud. Ou plutôt, elle ressentait, sans savoir l’expliquer, qu’une sorte de routine s’était installée, limitant les instants d’extase et de surprise. La France en devenait alors plus attractive. Dès que nous sommes arrivés sur la côte caraïbe, la nostalgie a disparu en un clin d’oeil ! Plus question de rentrer en France !

Auden n’a jamais eu de coup de blues. Il parle très souvent de la France, mais sans nous supplier d’y retourner. Ce n’est que lorsqu’il se bagarre durement avec sa sœur qu’il nous dit « Moi, je n’ai pas demandé à faire le tour du monde ! » Depuis quelques jours, nous le trouvons irritable, plus violent et plus râleur que d’habitude. Il est difficile de lui faire identifier la cause de son mal-être. Espérons que cela n’empire pas.


6) Un point sur le budget



Nous avions prévu un budget de 62 000 euros environ. Je pense – j’espère-, que nous ne l’utiliserons pas intégralement.


Pour le moment, nous fonctionnons avec une moyenne de 82 euros par jour. Certes, nous avons commencé par les pays où le coût de la vie est le moins cher. Cependant, j’ai bon espoir que nous ne dépassions pas les 100 euros de moyenne sur 300 jours. Si l’on ajoute à cela les vols et les dépenses de préparation, nous ne devrions pas dépasser les 55 000 euros.


Il faut dire que nous ne faisons pas d’excès. Nous dormons dans les auberges ou les hôtels bon, voire très bon marché, nous nous contentons parfois de trois lits (voire deux), nous cuisinons, nous limitons les activités trop onéreuses, nous voyageons essentiellement avec des compagnies de transports low cost et nous n’achetons aucun souvenir. Toutefois, cela ne nous pèse pas. Nous ne sommes pas masos !


Nous nous accordons des petits plaisirs lorsque nous sentons que le besoin se fait sentir : un hôtel avec piscine pour Noël, un resto de temps à autre, un car haut de gamme pour de longs trajets, une activité de rêve, etc.


Tout le monde n’a pas un mode de fonctionnement identique. Le nôtre nous convient. Nous n’en souffrons pas et cela nous permet de ne pas être stressés par la question budgétaire. Pour le moment, on est large !


Pourvu que ça dure !


7) Ce voyage a-t-il donné du sens à ma vie ?


Pas un jour ne se passe sans que je pense à la vie qui m’attend en France. Chaque moment vécu m’aide à faire le point sur ce que je désire ou non. Tel cadre de vie serait-il plus agréable que celui dans lequel je vis en France ? Telle façon de vivre serait-elle préférable ? Comment pourrais-je rendre ma vie encore plus plaisante une fois de retour ? Comment revoir ma relation aux autres, avec mes enfants, avec mon mari ? Quel métier rêverais-je d’exercer ?


S’il est vrai que j’aurais pu me voir poser mes valises dans certains endroits que nous avons visités, je crois pourtant que ma vie est en France. Cela, je n’en doutais pas vraiment. Ce voyage me l’a confirmé. Pour le moment.


J’aime les nouveaux défis. Or, un voyage est une aventure. Celle-ci est grisante, déstabilisante, vivifiante. Néanmoins, une fois que l’on entame l’aventure, celle-ci devient, progressivement, une routine. Et oui, lorsque le changement est permanent, mécanique, le caractère inédit n’existe plus. Certes, la découverte est constante, et l’on pourrait croire que cela entretient le feu de l’aventure. Cependant, le mode de fonctionnement répétitif anesthésie partiellement l’excitation. On reste curieux de ce que l’on va découvrir en reprenant la route, mais les gestes deviennent machinaux : faire les sacs, prendre le car, chercher l’hôtel, s’installer, chercher le supermarché, visiter la ville, randonner un peu dans les environs, etc. C’est cette routine qui transforme le voyage non plus en aventure, mais en mode de vie.

À mon sens, lorsque l’on est empreint de l’esprit d’aventure, celui-ci ne s’étiole pas. En revanche, l’aventure, elle, est comme la passion. Elle est nécessairement éphémère, ou doit être entretenue avec une grande ferveur. Depuis quelque temps, notre tour du monde est notre nouvelle vie. Nous l’aimons. Nous ne voudrions pas la quitter.


Toutefois, il viendra un moment où cette routine sera pesante, je pense. Et je serai heureuse de rentrer en France et satisfaire mon esprit d’aventure en construisant une nouvelle vie. Celle-ci me lassera à nouveau, et arrivera le temps de se lancer dans une autre aventure (déménagement, voyage, métier, hobbie, etc.). Et ainsi de suite !

Pour résumer, oui, ce voyage donne du sens à ma vie. Il me conforte dans mes choix, m’aide à y voir clair, et à penser à de nouvelles aventures !


8) La famille, mon couple et moi


La grande et mauvaise surprise de ce tour du monde a été de découvrir combien il était usant de vivre 24 h/24 à quatre. Vivre à deux, nous l’avions fait avec Momo, il y a dix ans. Ce n’était pas simple tous les jours, mais c’était du pipi de chat, en comparaison à cette vie de famille itinérante ! Je suis heureuse de profiter de mes enfants durant dix mois. Toutefois, les moments de répits manquent. Nous nous efforçons de nous en ménager. Cela ne suffit pas toujours.


J’ai souvent le sentiment que mes statuts d’épouse et de mère ne sont pas compatibles, comme si je devais constamment choisir entre l’un ou l’autre, sans pouvoir être les deux à la fois. Lorsque je suis Maman, je me sens loin de Momo et c’est souvent dans ces moments que l’atmosphère est tendue. Lorsque je suis Epouse, là, c’est pire que tout. Les enfants sont effroyablement jaloux ! Ils ne parviennent pas à comprendre que nous ayons besoin de moments à nous, Momo et moi.


Je ne parle même pas des instants où je voudrais être juste Léo, et c’est tout ! Là, c’est le pompon ! Cela ne m’arrive que lorsque j’écris. Et c’est pour cela que ces articles sont un peu ma bouée de secours.


Si seulement nous pouvions rencontrer davantage de familles tourdumondistes. afin que les enfants jouent entre eux et que nous puissions profiter de temps entre adultes. Cependant, notre itinéraire ne semble pas être très commun. Nos dernières rencontres remontent à fin septembre !


Je sais qu’une fois en France, cette aventure nous aura rapprochés, les enfants, Momo et moi. Du moins, je l’espère !


9) Le point sur mes rêves, mes craintes et mes interdits d'avant tour du monde


Avant de partir, j’avais dressé trois listes, résumant mes rêves, mes craintes et mes interdits en lien avec le tour du monde. Faisons un point sur ce qu’il en est aujourd’hui.


a) Ma liste bleue : done or not ?

  • Vivre mes dernières fois en France : done.

  • Décoller à Roissy : done.

  • Fouler du pied le sol de Santiago du Chili : done.

  • Vivre les « premières fois » : en cours. L’excitation est toujours intacte lorsque nous découvrons un paysage radicalement différent de ce que nous avons connu. En revanche, ce que je redoutais est partiellement arrivé. Oui, nous sommes un peu blasés lorsqu’il s’agit d’aller voir quelque chose qui ressemble fortement à ce que nous avons déjà vu à plusieurs reprises.

  • Déguster des plats locaux : en cours. Je suis toujours aussi alléchée à la vue d’un plat que je ne connais pas et qui change de l’ordinaire. Toutefois, je ne vais pas mentir, les mets d’Amérique du Sud ont fini par me lasser. Les ingrédients sont souvent les mêmes. J’ai hâte de passer à autre chose ! Et puis, je fais attention à ne pas prendre (trop) de poids !

  • Passer une soirée dans une famille étrangère : done. Le tableau que j’avais dressé était effectivement cliché ! Toutefois, nous avons eu des échanges intéressants aux Iles Uros (Pérou) ou sur l’archipel des San Blas (Panama).

  • Etre dans un endroit sublime et désert (ou presque) où l’on voudrait que le temps s’arrête : done. Dans le désert d’Atacama (Chili), à la laguna Cuicocha (Equateur), à Jerico (Colombie), sur l’île Tintipan (Colombie), dans l’archipel des San Blas (Panama).

  • Entendre Auden et Eylia nous dire « C’est trop bien le tour du monde ! » : done. C’est arrivé à plusieurs reprises. Le contraire aussi !

  • Découvrir un endroit et me dire que je serais prête à tout quitter pour vivre là-bas : done. Alors, peut-être pas pour y vivre dix ans, mais un an, pourquoi pas. Je me suis fait la réflexion à La Serena (Chili), à l’Isla del Sol (Bolivie), à Lima (Pérou), à la laguna Cuicocha (Otavalo, Equateur), à Jerico (Colombie), à Rincon del Mar (Colombie) et aux San Blas (Panama).

  • Passer une soirée sur une plage paradisiaque : done. Ce fut le cas à Rincon del Mar (Colombie) et aux San Blas (Panama).

  • Faire un road-trip dans l’Ouest américain : à venir !


b) Ma liste noire : done or not ?


  • Me retrouver face à une mygale : non ! Cela aurait pu être le cas en Amazonie, mais j’y ai échappé. L’Amérique centrale peut me réserver de mauvaises surprises…

  • Devoir composer avec le comportement détestable des enfants : done… Tout ce que je redoutais s’est réalisé !

  • Perdre nos papiers et carte bleue : en partie. Momo a perdu notre N 26 à La Paz. Ce n’est pas gravissime. Toutefois, depuis, cela génère des frais bancaires qui n’étaient pas prévus. Nous en avons commandé une autre qui devrait être livrée chez une amie au Costa Rica, mais le colis semble être bloqué à la frontière. Il y a plus grave dans la vie.

  • Faire face à des événements politiques et sociaux qui mettent notre sécurité en péril : non.

  • Emprunter des transports en commun dangereux : oui et non. Nous venons de terminer notre périple en Amérique du Sud. Peut-être avons-nous pris des cars en piteux état, sans nous en rendre compte. Quoi qu’il en soit, nous sommes vivants ! Touchons du bois.

  • Ne pas pouvoir aller en altitude : non. Je pense que nous pouvons considérer que nous sommes tirés d’affaire. Il n’y a eu aucun problème dans la Cordillère, pourtant nous sommes montés jusqu’à 5 200 m. Cela me ferait mal que nous ne puissions plus grimper jusqu’à 2 000 m aux Etats-Unis !

  • Devoir composer avec une fracture osseuse : non. Croisons les doigts pour que cela n’arrive pas. On se demande chaque jour comment il est possible que nous n’ayons pas encore mis un pied à l’hôpital, lorsque l’on voit toutes les cabrioles que fait Auden !

  • Me sentir démunie face à l’état de santé de Momo ou des enfants : non. En dehors de quelques gastros, rien de bien grave.

  • Apprendre qu’il s’est passé quelque chose de grave pour l’un de mes proches en France : oui et non. Il n’y a pas eu mort d’homme. Toutefois, j’aurais voulu être présente pour certaines personnes, dans des moments difficiles.

  • Rentrer en France avant la fin du tour du monde : pour le moment, non. Par ailleurs, contre toute attente, je n’ai plus du tout peur de rentrer, lorsque le tour du monde sera fini. Je sais ce que le voyage m’apporte, mais je sais aussi que j’aime ce et ceux qui m’attendent en France.

  • Perdre les enfants : non ! Pourtant j’ai essayé ;)


c) Ma liste rouge : ce que voulais essayer de ne pas faire...


  • Faire des dépenses trop importantes : non. Clairement pas.

  • Etre obsédée par le budget : oui. Clairement oui… Mais on le vit bien ! • Fréquenter des lieux touristiques : non, pas trop. Je trouve qu’on s’en sort bien. Nous n’avons pas fait le Macchu Pichu, ne courons pas après les « incontournables » et cherchons plutôt les petits villages loin du tourisme de masse, dès que cela est possible (au moins un ou deux par pays).

  • Voyager avec des tours operators : oui et non. Pour certaines visites, il était difficile de s’en passer (tour dans le Sud Lipez, en Bolivie). Pour d’autres, nous avons tenté de nous débrouiller par nous-même (taxi, bus).

  • Forcer les enfants à faire une visite : oui et non. Il nous arrive fréquemment de devoir les secouer un peu pour sortir de l’hôtel. Toutefois, une fois bien motivés et avec parfois un carotte à la clé, ça se fait !

  • Faire des activités qui ne respectent pas les animaux : oui, une fois, à Paracas. J’espère que nous n’aurons plus à le refaire…

  • Se laisser enfermer dans notre itinéraire prévisionnel : non. Nous avons toujours pris le temps, lorsque nous en ressentions le besoin. Quand Eylia nous a demandé de limiter les déplacements en car, nous avons décidé de supprimer des étapes. Je pense que nous sommes assez souples.

  • Se laisser influencer par l’avis des voyageurs rencontrés : oui, lorsque l’enthousiasme faisait plaisir à voir et que l’on sentait qu’ils avaient les mêmes goûts que nous. Ce fut le cas, notamment, pour Rincon del Mar, et nous le regrettons aucunement !

  • Se laisser effrayer par les sites officiels ou l’actualité : non ! En tout cas, pas jusqu’à maintenant. Je dois admettre que les séismes et le tsunami à Bali me donnent moyennement envie de m’y rendre. Mais, là, c’est un fait objectif, non un avis de Diplomatie.gouv sur la situation politique d’un pays.

  • Etre en contact avec la France en permanence : non. Mes contacts What’s App restent limités, et je ne passe que très peu de coups de téléphone.

  • Me laisser hâper par mon blog : oui. Je me suis prise au jeu de mes articles et j’en retire du plaisir. Ce sont mes moments à moi, et ils sont plus que vitaux. Ça ne m’empêche pas de vivre correctement mon voyage.


10) Suis capable de faire un tour du monde ?


Comme je l’ai écris dans l’un de mes derniers articles : non, un tour du monde ne rime pas avec « vacances » ! Par conséquent, ce n’est pas simple de faire un tour du monde en famille. Pourtant, même si je le pouvais, je ne changerais rien à ma situation actuelle.


Toutefois, je le souligne encore une fois, c’est une véritable épreuve, pour soi, pour son couple, pour sa famille, pour ses enfants.


Et vous, êtes-vous prêt pour faire un tour du monde en famille ?!



Hasta pronto !


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L'école durant notre tour du monde en mode routard | Mon plan de bataille !

Quels jeux emporter pour un tour du monde en mode routard avec ses enfants ? | Mes 5 choix

La trousse à pharmacie de notre tour du monde en famille

Le contenu des bagages de notre famille en voyage autour du monde | La liste définitive

Organiser un tour du monde en mode routard | Les étapes que nous avons suivies

Le bilan à J + 7


Réflexion autour du voyage


Faire un tour du monde en famille | La décision

Êtes-vous prêt pour faire un tour du monde en famille ? | Le questionnaire

Pourquoi voyager ? Et si le voyage pouvait donner un sens à la vie ?

Quel est le bilan carbone d'un tour du monde en famille ? | Notre calcul

Ma liste bleue | Les 11 choses qui me font rêver lorsque je pense à notre tour du monde

Ma liste noire | Les 11 choses que je redoute lorsque je pense à notre tour du monde

Ma liste rouge | Les 11 choses que j'essaierai de ne pas faire durant notre tour du monde

Le couple et soi durant un tour du monde | Mes appréhensions

Je suis une aventurière ! Mais qu’est-ce que l’aventure ?

Mon état d’esprit à J – 8

Le départ pour le tour du monde

Le bilan à J + 7

Comment gérer les coups de blues en voyage ?

Un tour du monde en rime pas avec « vacances »

Comment ne pas prendre (trop) de poids durant un tour du monde en famille ?


Famille et voyage


Pourquoi voyager en famille autour du monde ? | Nos motivations

Quel est l'âge idéal des enfants pour faire un tour du monde en famille | Notre choix

Le couple et soi durant un tour du monde | Mes appréhensions


Récits de voyage


Le départ pour le tour du monde

Le bilan du Chili

Salta, Argentine

Nord-ouest argentin

Bilan de la Bolivie

Bilan de notre séjour au Pérou

Bilan de notre séjour en Equateur

Bilan de notre séjour en Colombie


Les p'tits routards


Le tour du monde de Léa et Zaja – Chapitre 1 (fiction écrite par Eylia)

Le tour du monde de Léa et Zaja – Chapitre 2

Le tour du monde de Léa et Zaja – Chapitre 3 (en Argentine)

Le tour du monde de Léa et Zaja – Chapitre 4 (en Bolivie)

Le tour du monde de Léa et Zaja – Chapitre 5 (au Pérou)

Le carnet de voyage d’Eylia

© 2023 par SUR LA ROUTE. Créé avec Wix.com

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