• Léo

Comment gérer les premiers coups de blues du voyage ?

Mis à jour : 16 oct. 2018


Cela fait maintenant un mois et demi que nous sommes partis et Eylia vient d’avoir son premier coup de blues. Nous n’y étions pas préparés, pas tout de suite. En définitive, rien de grave. Il est passé aussi vite qu’il est arrivé.

Toutefois, cela m’a interpellé. Comment gérer ces petits coups de mou ? Et si cela se répétait ? Et pour les adultes, est-ce différent ?


Coup de blues à Sucre


S’il y a bien une ville où je n’aurais pas pensé qu’un coup de blues puisse arriver, c’est bien à Sucre ! Le cadre était joli, l’auberge était super, nous nous posions enfin quelques jours, nous avions de l’espace, etc. Et pourtant...


Il fallait bien que cela arrive. De façon tout à fait inattendue, Eylia nous a confié en pleurant qu’elle voulait rentrer, pour revoir ses peluches et ses copains. Cela nous a fait un peu mal au cœur, mais nous lui avons expliqué que ce n’était pas possible. Et ce n’est pas faux. Rentrer en avance, au bout de sept ou huit mois, éventuellement. Rentrer maintenant, hors de question.


Comment calmer le jeu ? Nous n’avons pas minimisé le problème. Ce serait trop risqué. Et puis, les enfants n’ont pas demandé à être là. Quel que soit leur âge, quel que soit l’élément déclencheur à l’origine de leur petit coup de déprime, quel que soit l’intensité de la crise, il faut que nous leur montrions que nous sommes à leur écoute.


Je comprends le désarroi d’Eylia. Elle venait de se faire gronder à la suite d’une dispute avec Auden, et elle n’avait pas vraiment d’endroit où se réfugier pour se calmer. En échangeant avec elle, j’ai compris – avec soulagement – que rien ne la dérangeait dans le tour du monde. Elle souhaiterait simplement, parfois, pouvoir faire venir ici quelques éléments de la France.


Par ailleurs, je l’ai rassurée en lui expliquant que si nous retournions en France, elle voudrait sûrement repartir rapidement autour du monde. L’année passée, elle pleurait souvent parce qu’elle s’était disputée avec ses copines, ou parce qu’elle ne voulait plus aller à l’école, ou encore parce qu’elle ne voyait pas suffisamment son papa durant les vacances scolaires.


Cet épisode est l’occasion qu’Eylia comprenne que rien n’est rose. Un tour du monde, ce n’est pas de tout repos, il y a des avantages et des inconvénients, comme en France, comme partout. Est-ce qu’être en voyage est si atroce, si on pèse les pour et les contre ? Ici, certes, elle a son frère sur le dos, 24 heures sur 24, mais elle a aussi la chance d’avoir ses parents tout le temps avec elle. Ici, en effet, elle n’a pas ses copains, mais en France, elle irait à l’école 26 heures par semaine. Ici, admettons, elle n’a pas tous ses jouets, mais elle découvre des choses magnifiques.


Je pense qu’elle a rapidement compris. Elle aura sûrement d’autres crises, lorsque les circonstances ne lui seront pas favorables. Et puis, ça passera, une fois qu’un élément de notre quotidien lui montrera combien elle a de la chance d’être ici. En tout cas, je l’espère !


Un coup de blues pour la maman


À Sucre, alors que c’est pourtant un de mes coups de cœur, j’ai moi-même ressenti une petite baisse de moral. D’expérience, c’est normal. Je l’avais également ressenti en Nouvelle-Zélande, il y a dix ans, au bout de deux mois de voyage. Ici, cela arrive plus tôt, car le périple est bien plus fatigant. J’avais envie d’une pause, d’une parenthèse. J’aurais aimé que les copains viennent juste prendre un petit apéro sur notre roof-top à Sucre ! J’aurais souhaité participer à un petit repas de famille ou dormir une bonne nuit, chez moi, tout simplement. Mais là encore, je sais très bien qu’au bout de deux jours de tranquillité, je n’aurais qu’une envie : repartir !


Alors, hauts les cœurs ! Je crois que nous nous sommes posés « trop longtemps » à Sucre. Deux ou trois jours, oui. Cinq, non. Et oui, je sais, je vais faire bondir les vrais voyageurs qui prennent leur temps ! Il faut se rendre à l’évidence, Momo et moi ne faisons pas partie de cette catégorie. Nous aimons l’action, le changement. Et je pense qu’Eylia aussi. Le fait d’être restés quelques jours au même endroit, nous a plongés dans une sorte de quotidien, de routine. Or, cette routine, nous n’en voulons pas, nous ne l’aimons pas. Nous voulons découvrir la suite. Sinon, quitte à stagner, quitte à se poser, autant se poser en France, effectivement.


Le coup de mou s’est prolongé, plus ou moins, jusqu’à La Paz. Je crois qu’Aiquile et Cochabamba n’ont pas été des étapes assez stimulantes pour m’aider à redresser la barre. Avec Momo, cela nous démangeait de prendre un vol direct pour le Pérou. Finalement, La Paz nous a redonné le moral.


Je pense que le Pérou sera aussi propice aux coups de blues. Nous aurons probablement une impression de déjà vu. Les Andes, les Andes, les Andes, les montagnes, les montagnes, les montagnes, les lamas, les lamas, les vigognes, etc. Nous faisons un peu nos blasés, mais nous l’assumons. Par conséquent, nous avons prévu d’organiser notre séjour au Pérou, non en fonction de ce qu’il faut absolument y voir, mais en fonction des paysages et activités qui seront « inédits ». Nous quitterons rapidement les montagnes pour nous diriger vers la côte, et nous visiterons des ruines pré-colombiennes, chose que nous n’avons pas pris le temps de faire en Bolivie.


Et Auden ?


Le jeune âge d’Auden présente des inconvénients pour un tour du monde : il ne peut pas faire 25 km par jour, il est capricieux, il ne comprend pas forcément tout ce qu’il voit, etc. Toutefois, le fait qu’il ait quatre ans a cet intérêt : il ne jure que par nous ! Il pense à sa famille restée en France, bien sûr. Néanmoins, le fait d’en être loin ne semble pas l’affecter. Il est pleinement dans le présent. Il ne connaît pas la nostalgie et ne prend pas conscience de ce qu’il « rate » en étant autour du monde.


Ne crions pas victoire trop vite. Peut-être aura-t-il, lui aussi, des coups de blues. Je ne m’inquiète pas : un chocolat et un jouet, et ça repartira !


Du plaisir pour contrer le blues


Solution imparable pour surmonter les coups de mou : se faire plaisir ! Pendant un temps, on oublie le budget, on oublie les dépenses et on s’offre un truc sympa. En ce qui me concerne, ce n’est pas si simple ! Je l’avoue, je ne compte pas dépenser la somme que nous avons prévue pour notre tour du monde. Les quelques semaines que nous venons de passer depuis le Chili démontrent que l’on peut vivre correctement avec moins que ce que nous avions envisagé. Si nous y parvenons, soit nous aurons fait de belles économies, soit nous pourrons réinjecter l’argent dans d’autres destinations qui n’étaient pas prévues.


Toutefois, il ne faut pas tomber dans la course aux économies, et il est certain que nous l’avons un peu fait ces derniers temps. Nous ne rognons pas sur les activités qui nous tiennent à cœur, mais nous nous restreignons beaucoup sur le plan alimentaire. Nous ne jeûnons pas, mais nous pourrions nous lâcher davantage ! Un bon gros restau arrosé de bière nous ferait le plus grand bien !


Pour les enfants, nous avons décidé de leur offrir un petit jouet dès que l’on sent qu’ils tournent un peu en rond. Si le tour du monde est une chance pour eux, au quotidien, je ne pense pas qu’ils perçoivent vraiment tout ce que cela leur apporte. En dehors des moments particuliers où ils découvrent un paysage sublime ou un animal rare, ils doivent trouver leur plaisir dans des petites choses du quotidien, comme les repas, les jeux ou les rencontres.





Le Pérou risque d’être une étape compliquée. J’espère que nous parviendrons à relancer la machine en choisissant des lieux et des activités qui n’auront rien de commun avec ce que nous avons connu. Place à la nouveauté. La suite au prochain épisode !



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