• Léo

Que faire au Kirghizistan avec des enfants? (10-28 juin)


Canyon de Skaska


Voyager en famille au Kirghizistan semble parfois effrayant, mais se révèle assez simple si l’on prend le temps de s’y préparer un minimum.


Sur le plan des activités, le pays n’a rien à envier à certaines destinations prisées et beaucoup plus touristiques.


Le Kirghizistan séduira les amateurs de grands espaces, de randonnée, d’alpinisme et de sensations fortes. Toutefois, avec de jeunes enfants, il est difficile d’apprécier le pays à sa juste valeur.


Alors, que faire au Kirghizistan lorsque l’on voyage en famille ?


1. Que faire à Bichkek en famille ?


Allée de Bichkek


Se rendre au Kirghizistan depuis l’Ouzbékistan


Comme je l’expliquais dans mon article sur notre nuit passée en yourte dans le désert, nous avions initialement prévu de traverser la vallée de Ferghana en train, de passer la frontière par Och, de remonter jusqu’à Arslanbob, avant de rejoindre Bichkek.


En définitive, pour des questions de logistique, et parce que nous avions économisé pas mal d’argent, au regard de notre budget prévisionnel, nous choisissons de prendre un vol depuis Tachkent pour Bichkek.


Lundi 10 juin – Le vol Tachkent-Bichkek ne dure qu’une heure. Lorsque nous arrivons au Kirghizistan, je commence à reprendre du poil de la bête. Pourtant, je faisais peine à voir avant l’embarquement. Est-ce la vodka de notre soirée en yourte qui m’est restée sur l’estomac ?! Est-ce notre nuit dans le train qui m’a secouée ? Je l’ignore. Quoi qu’il en soit, je faisais peur à voir ! Et prendre l’avion dans cet état-là, je ne le souhaite à personne !


Où dormir à Bichkek ?


Lorsque nous sortons de l’aéroport de Bichkek, les taxis se ruent sur nous. Jusque-là, pas vraiment de différence avec l’Ouzbékistan. Oui, sauf qu’ils sont plus tenaces, les bougres ! Impossible de s’en débarrasser ! Avec Momo, nous appliquons, sans réellement nous forcer, la technique de l’engueulade conjugale, qui met tout de suite les chauffeurs mal à l’aise et les invite à aller chercher une nouvelle proie plus conciliante.

Un aimable anglophone nous indique l’emplacement du bus que nous cherchons. Le n° 380 coûte dix fois moins cher que le taxi et nous dépose, en trente minutes environ, tout près de notre hôtel.


L’hôtel Koisha se trouve dans le quartier le plus sexy de Bichkek ! C’est évidemment du second degré. Rétrospectivement, j’aurais envie de demander : « Y a-t-il réellement des quartiers sympas dans la capitale ? »


L’hôtel se compose en réalité d’une partie auberge de jeunesse et d’une partie hôtel. Nous logeons dans cette dernière, mais profitons des équipements de la première. Nous croisons une Italienne soixantenaire, qui vadrouille depuis un bout de temps, un Canadien, une Australienne et deux Françaises. Celles-ci reviennent de la région de Naryn, où elles ont acheté deux chevaux qui seront leurs compagnons de route jusqu’au Kazakhstan. Sympa !


Petit plus de l’auberge : le gérant, très disponible, parle couramment anglais. C’est appréciable lorsque l’on arrive dans un nouveau pays et que l’on souhaite prendre ses marques.


Hébergement à Bichkek : Koisha Hostel, 88 euros pour trois nuits, une chambre avec un lit double et deux lits simples, salle d’eau privative, cuisine commune, wifi, propre, très bien.


Ne rien faire à Bichkek !


Mardi 11 juin - Entre la fatigue occasionnée par les caprices de mon appareil digestif, et celui d’Eylia qui a pris mon relais, nous préférons faire l’impasse sur la visite de Bichkek. Toutefois, la déception ne nous ronge pas. La capitale, et les villes kirghizes dans leur ensemble, ne sont pas vraiment réputées comme étant des joyaux qui recèle des trésors inestimables ! À part une tripotée de statues, je crois qu’il n’y a pas grand-chose d’autre à voir. En revanche, Bichkek a l’avantage d’être une ville verte, ce qui n’est pas déplaisant lorsqu’il fait 30° C. C'est bien la première fois que je découvre une capitale si verte et si calme.


Nous passons la plus grande partie de la journée à l’auberge. Auden et Eylia jouent au Monopoly durant des heures, dans le salon commun !


Visiter le bazar de Osh


Les fruits secs du bazar de Osh

En fin d’après-midi, nous mettons le nez dehors, après une courte averse. Le bazar de Osh est situé au bout de notre rue. L’effort n’est pas surhumain ! L’endroit est un immense marché où l’on trouve de tout. Nous restons bloqués devant les étals de fruits secs. Il y en a sur des mètres et des mètres ! On a envie de tout avaler !


Nous passons devant une marchande de casquette. C’est l’occasion. L’état du couvre-chef d’Auden est tel que nous sommes bons pour un signalement à l’ASE s’il rentre en France dans cet état ! Notre fils avait eu le droit à une nouvelle casquette à Pékin, mais l’avait perdue le lendemain… Ici, c’est sa dernière chance. S’il s’en défait encore, il se débrouillera avec son insolation !


Randonner dans le Parc national d’Ala Archa


Vallée d'Ala Archa

Mercredi 12 juin – Le parc d’Ala Archa est situé à une trentaine de kilomètres de Bichkek. C’est d’ailleurs étonnant de voir combien la capitale est verte et combien on en sort facilement. En moins d’une heure de marchroutka, on est en pleine montagne.

Nous quittons notre hôtel en direction du bazar. Non loin de là se trouve une station improvisée de marchroutkas. La n°265 nous conduit jusqu’au village de Kachkasu, le terminus. Toutefois, moyennant 50 soums de plus par personne, le chauffeur accepte de nous conduire jusqu’à l’entrée du parc. De là, il faut faire du stop pour parvenir jusqu’au point de départ des randos, à douze kilomètres de là. Nous trouvons immédiatement une voiture qui nous emmène à notre destination.


Le paysage est superbe. Après dix jours dans le désert ouzbek ou à ses portes, cela fait du bien de voir de belles forêts et de vertes prairies ! On se croirait dans les Alpes et ça nous va très bien.


Eylia est encore malade et nous ne forçons pas. Momo part devant. Les enfants et moi avançons tranquillement, appréciant les décors de ce nouveau pays qu’il me tardait tant de découvrir. Pour le moment, je ne suis pas déçue. Si le cadre n’est pas particulièrement dépaysant, nous apprécions les températures plus fraîches et la végétation dense.


Nous pique-niquons sur le bord d’un chemin, avec une vue imprenable sur la rivière. L’objectif de cette randonnée est de voir une cascade. Toutefois, Eylia ne se sent pas de poursuivre. Nous rebroussons chemin et avançons au rythme des questions d’Auden, qui portent aujourd’hui sur les maisons de retraite, le déroulement d’un déménagement, le développement d’une allergie, et le statut de la femme entre l’époque de ma grand-mère et aujourd’hui. Vaste programme ! J’ai la migraine...


Nous attendons Momo une trentaine de minutes et observons la vie quotidienne du camp de yourte kirghize situé à l’entrée. Eylia est étonnée de voir que les jeunes écoutent du Justin Bieber, sont habillés en jean et se comportent comme n’importe quel ado français. C’est intéressant. Une fois, de plus, les enfants auront pu constater que même dans les endroits les plus reculés du monde, on ne vit plus, ou peu, comme il y a cinquante ans. La modernité et les sociétés de l’information et de la consommation ont gagné les quatre coins de la terre. Est-ce un mal ? Les touristes ont parfois tendance à le penser. Pourquoi ? Parce qu’ils auraient bien aimé pouvoir prendre une photo d’un petit gamin et de sa famille, tous vêtus de pagnes et de peaux de bête, leurs visages peinturlurés, mangeant à même le sol le lapin qu’ils viennent de tuer, avant de danser nus sous la pluie en invoquant les esprits ! Et je me compte parmi ces touristes. Cependant, lorsque l’on y réfléchit bien, c’est un peu égoïste d’enfermer les habitants dans une vie traditionnelle dont ils rejettent certains aspects, alors que nous serions probablement bien incapables de supporter de vivre dans ces conditions plus de deux jours. Je suis la première à critiquer notre société moderne occidentale. Toutefois, nous sommes tout de même bien contents de pouvoir profiter du prêt-à-porter, du chauffage, de l’eau courante, de l’électricité, du wifi et de certains produits du supermarché ! Alors ne jouons pas les déçus, et vive Justin Bieber !


Le retour à Bichkek est moins simple qu’à l’aller. Nous peinons à trouver une voiture qui veuille bien nous prendre en stop. Le ciel se couvre. Je crains que nous ne finissions la journée trempés jusqu’aux os, perdus au milieu de nulle-part!

Un mini-bus finit par s’arrêter. Elle nous conduit jusqu’à l’arrêt où stationnent les marchroutkas n° 265. Le transfert se fait rapidement et en peu de temps (mais un milliard d’arrêts!), nous sommes de retour à notre hôtel.

Trajet aéroport-hôtel : 100 soums. Les enfants ne paient pas.


Trajet AR Ala Archa en marchroutka : 350 soums.


2. Que faire à Kochkor avec des enfants ?


La vue depuis notre auberge de Kochkor

Comment se rendre à Kochkor depuis Bichkek?


Jeudi 13 juin - Première précision : ne faites pas la même erreur que nous, demandez bien Kochkor et pas Kochkol ! Lorsque l’on roule les « r », les noms des deux villes sont très proches. Le taxi que le gérant de notre hôtel a pris la peine de dénicher, n’avait pas bien saisi notre accent. C’est en dépassant Balytchky et en prenant la route sud du lac Issyk-Kul que Momo a commencé à se poser des questions. Heureusement que Maps.me est là. Il a repéré Kochkol sur la carte et a compris la confusion. Le taxi accepte de rebrousser chemin et nous aide à trouver un nouveau chauffeur qui nous conduit à Kochkor pour un prix raisonnable.


Trajet en taxi Bichkek-Kochkor : 30 euros (mais un supplément, à cause d’une incompréhension).


Où dormir à Kochkor?


Prenez garde aux présentations de Booking ! Cela fait maintenant plus de neuf mois que nous ne jurons que par ce site Internet. Nous n’avons presque jamais été déçus. Au Kirghizistan, c’est une autre affaire. Est-ce une volonté des gérants de tromper le client ? Est-ce par manque de maîtrise de l’application ou de l’anglais ? Je l’ignore. Quoi qu’il en soit, méfiez-vous !


Lorsque nous arrivons devant la maison de notre hôte, les lieux sont déserts. Notre chauffeur de taxi tente de nous aider et tambourine à la porte. Le bruit alerte une voisine octogénaire, qui sort de chez elle en baragouinant en kirghize. Une canne dans la main gauche et son smartphone dans l’autre, elle téléphone vraisemblablement au gérant. Nous comprenons que celui-ci est en route et devrait arriver d’ici peu. Ouf !


Un homme se présente avec son fils. Il ne parle pas anglais, mais dégaine fièrement son traducteur. La maison est agréable. Vide, mais agréable. Le gérant nous demande à quelle heure nous souhaitons manger et ce que nous comptons cuisiner. Il prend bonne note de notre réponse et s’en va. Lorsque j’entre dans la cuisine, il n’y a pas de gazinière ! Où est parti l’homme ? Acheter à manger ? Acheter une gazinière ? Il revient quelques minutes plus tard avec un repas complet. Conclusion : nous n’aurons pas de cuisine, mais les repas sont compris. Au vu du prix imbattable de la nuit ici, c’est plutôt une affaire. Oui, sauf que nous comptions nous remettre de notre inconfort intestinal, et ce n’est pas avec de la cuisine kirghize que l’on va y arriver !


Ce n’est qu’au moment du coucher que nous rencontrons enfin la vraie gérante. Celle-ci esquive la question du montant que nous lui devons pour la nuit. Ce n’est que le lendemain matin, au moment de partir pour nos deux jours en yourtes, qu’elle nous réclame 50 dollars. Comment ?! La nuit était à 10 dollars pour quatre, sur Booking ! Il est vrai que nous trouvions cela très, voire trop, bon marché. Toutefois, c’est ce qui était annoncé. C’est contractuel.


Le chauffeur qui doit nous conduire dans les steppes nous sert de traducteur. Momo fait comprendre poliment à la gérante que tout ce qui est affiché sur Booking est faux : spa, billard, piscine, et même un coach sportif ! Ce n’est pas pour ces raisons que nous avions choisi cette auberge. Toutefois, il ne faut pas se moquer du monde ! La femme ne veut rien entendre et accepte simplement de descendre à 30 dollars. Nous n’avons pas que cela à faire et acceptons. En partant, elle a le culot de me demander de mettre une « good review » sur Booking. T’as raison, va ! Tu vas l’avoir ta « review » !


Hébergement à Kochkor : Saikai guesthouse : 26 euros la nuit (théoriquement 45 euros), une chambre avec un lit double et un canapé-lit, sanitaires communs, repas compris, wifi. Attention à la présentation mensongère de Booking.


Passer quelques nuit dans un camp de yourtes


Vendredi 14 juin - Je ne reviendrai pas sur ces deux jours et vous renvoie à mon article sur notre expérience dans un camp de yourtes dans les steppes kirghizes.


3. Que faire autour du lac Issyk-Kul avec des enfants?


Visiter Bokonbayevo et ses alentours


Bokonbayevo

Où dormir à Bokonbayevo ?


Nous logeons une fois de plus chez l’habitant et espérons que nous ne connaissions pas les mêmes déboires qu’à Kochkor. Nous revenons de nos deux jours en yourtes et nous espérons pouvoir nous reposer et ne pas avoir à gérer des problèmes de dernière minute.


Premier point positif : nous disposons d’une cuisine toute équipée, rien que pour nous ! Deuxième point positif : notre chambre est lumineuse et spacieuse. Troisième point positif : le jardin est agréable, fleuri de roses et orné d’arbres fruitiers. Sans oublier la machine à laver, le petit-déjeuner compris, etc. Carton plein !


Hébergement à Bokonbayevo : Meerin Guesthouse, 100 euros pour trois nuits, une chambre avec un lit double et deux lits simples, cuisine et sanitaires communs, wifi, très bien.


Randonner dans le canyon de Skaska



Si Bokonbayevo, comme les autres villes kirghizes, n’a rien de renversant, avec ses trottoirs en terre, son centre-ville bruyant, ses bâtiments d’un autre temps, toutefois, ses environs valent le détour.


Lundi 17 juin – Nous nous dirigeons vers le cœur de ville pour trouver un moyen de locomotion, afin de nous rendre au canyon de Skaska. Celui, situé à seulement deux kilomètres du lac, est réputé pour ses sublimes teintes : ocre, rouge et jaune.


Nous trouvons un taxi qui nous propose des tarifs identiques à ceux des marchroutkas. Parfait ! Étonnant, mais parfait ! Le taxi sera plus rapide. Nous montons à bord et nous préparons à partir. Le chauffeur se fait attendre. Normal : il ne quittera son emplacement qu’une fois son taxi intégralement rempli. En gros, c’est une marchroutka déguisée ! Une demi-heure plus tard, nous décollons enfin.


Le trajet est assez court. En une trentaine de minutes, nous sommes jetés sur le bord de la route, sous un soleil de plomb. Les deux kilomètres qui nous séparent du canyon nous rappellent les paysages nord-argentins. C’est étrange. Nous avons le sentiment de revenir neuf mois en arrière. Le cercle est en train de se refermer...


Je prends la tête de la troupe. Vous l’aurez compris, depuis quelques jours, je perds patience. Les questions incessantes d’Auden m’ont amusée pendant un temps. Aujourd’hui, je ne les supporte plus ! C’est horrible, je sais ! Toutefois, je pense que l’on peut nous décerner des médailles. Je défie quiconque de survivre à plus de neuf mois de « Pourquoi si ? », « Pourquoi ça ? », « Oui, mais, pourquoi ? » ! Alors, aujourd’hui, je trace ma route et laisse Momo dans le pétrin!


Je crapahute en haut des crêtes et profite de la vue superbe que l’on a sur le lac et sur le canyon. Ce contraste entre le bleu profond de l’eau, le vert des montagnes et les tons chauds de la roche est unique.


Cette escapade en solo m’a apaisée. Je daigne accepter la présence de mes progénitures durant le trajet du retour ! Nous trouvons immédiatement une marchroutka qui nous ramène à Bokonbayevo.


Le reste de la journée est consacrée au repos et à l’école. Nous nous endormons avec le chant de l’appel à la prière. Une petite mosquée est située juste derrière notre auberge.


Trajet en taxi pour le canyon de Skaska : 4 euros.

Retour en marchroutka : 1 euro.


Admirer le lac Issyk-Kul depuis le mirador de Shatyly



Mardi 18 juin – Des Françaises rencontrées au camp de yourtes et croisées, par hasard, dans notre auberge de Bokonbayevo, nous ont conseillés de profiter du point de vue de Shatyly. Celui-ci est situé à quelques minutes du centre-ville, n’impose que peu de marche, et permet d’avoir une vue plongeante sur le lac, depuis les collines verdoyantes de la vallée.


Lorsque nous rentrons à l’auberge, nous croisons quelques moutons dans la rue. Ceux-ci s’abreuvent dans les fossés du quartier. Ils ont bien de la chance. Lorsque nous entrons dans la cuisine, nous découvrons que l’eau a été coupée ! Les quatre touristes belges qui viennent d’arriver prennent ça avec humour. En bons aventuriers que nous sommes, cela ne nous dérange guère ! C’est plus contraignant pour les toilettes et la cuisine...


Taxi AR (et temps d’attente) pour le point de vue de Shatyly : 10 euros.


Rayonner autour de Karakol


Eglise orthodoxe de Karakol

  • Comment se rendre de Bokonbayevo à Karakol ?


Notre prenons notre temps avant de quitter notre auberge de Bokonbayevo. Dans la vie, on sait ce que l’on quitte, on ne sait pas ce que l’on trouve. Au Kirghizistan, c’est plus vrai que jamais ! C’est comme si mon instinct m’invitait à profiter au maximum de ce logement bien agréable, avant de nous jeter dans la fosse aux lions.


Nous faisons le grand saut. La gérante nous salue en souriant et brise en deux mots l’image que nous avions d’elle. Ces deux mots sont « good » et « review » ! Et oui, la sacro-sainte « good review » que les gérants kirghizes vénèrent. Je comprends, toutes les auberges l’attendent. Pour les Kirghizes, c’est encore plus important. Ils se lancent tout juste dans le tourisme. Il faut les encourager. Toutefois, il y a l’art et la manière de donner envie aux clients de le faire. On ne réclame pas un compliment !


Nous ne peinons pas à trouver une marchroutka. Le trajet dure trois heures. Trois longues et éternelles heures de tape-cul ! Notre beau carrosse n’a pas pris l’option amortisseurs. En revanche, il a bien l’option « pare-brise fissuré », comme chaque véhicule kirghize ! Le paysage nous aide oublier notre souffrance. De jolis champs de fleurs violettes longent la route.


Marchroutka Bokonbayevo-Karakol : 7 euros.


  • Où dormir à Karakol ?


Je crois qu’à Karakol, nous avons connu le meilleur comme le pire, sur le plan du logement. En cherchant une auberge sur Booking (oui, nous persévérons!), nous jetons notre dévolu sur un hôtel bien noté et proche du centre. Lorsque nous arrivons sur les lieux, la cuisine se résume à une planche sur laquelle est posée une unique plaque électrique. Le réfrigérateur est hors service, la vaisselle doit être faite dans le lavabo des toilettes et il faut composer avec l’emploi du temps du gérant, qui utilise également les équipements. Je passe sur l’arrivée de sa mère qui fuit la chaleur de Bichkek pour venir passer l’été à la fraîche et squatter la cuisine ! Super. Espérons que les autres touristes de passage mangent à l’extérieur, sinon ça va être la guerre! Et dire que nous avons réservé quatre nuits, non-annulables...


Notre chambre est correcte. C’est déjà ça. Pour le reste, il faut faire abstraction des multiples coupures d’eau ou de wifi. Une fois encore, Booking nous a induits en erreur. Le gérant est d’autant plus malin qu’il annule lui-même la chambre lorsque les clients arrivent, de façon à ne pas payer la commission de Booking. C’est intéressant pour nous aussi, car il baisse le prix de départ. Toutefois, il est impossible de laisser ensuite des commentaires sur Booking, puisque la réservation n’existe plus. Brillant, non?!


Hébergement à Karakol : Hostel Alma, 75 euros pour quatre nuits, une chambre avec trois lits superposés, cuisine (ha, ha, ha!) et sanitaires communes, wifi aléatoire, proche du centre.


  • Randonner dans les montagnes de Jeti-Oguz


Les sept taureaux de Jeti-Oguz

Jeudi 20 juin - Nous quittons notre auberge vers 10 h. Un taxi nous conduit jusqu’au pied du belvédère de Jeti-Oguz, qui offre une vue plongeante sur une célèbre formation rocheuse nommée les Sept taureaux.


Nous nous engageons ensuite dans une randonnée supposée nous mener jusqu’à la vallée aux fleurs. Les enfants ne sont guère motivés. Le bel élan des derniers mois retombe. Ils n’ont plus la force de rien ! Un garde nous prend en stop. Nous grimpons sans trop hésiter dans le véhicule !


Lorsque nous arrivons au camp de yourtes, aucune fleur à l’horizon. Nous marchons quelques instants. Toujours rien. Le paysage est joli. Toutefois, cela ne valait pas le coup de marcher plus de dix kilomètres pour cela. Heureusement que nous n’avons pas forcé Auden et Eylia à avancer, en leur faisant miroiter un superbe panorama à la clé ! Les montagnes sont belles, mais n’ont rien à envier à celles d’Ala Archa.


Quoi qu’il en soit, si l’on aime marcher pour marcher, la randonnée n’a rien de déplaisant. Elle est simplement monotone.


Taxi AR pour Jeti-Oguz : 10 euros


  • Randonner dans la vallée d'Altyn Arashan



Vendredi 21 juin – Aujourd’hui, c’est la grève ! Les enfants et moi restons à l’auberge. J’ai du travail sur le feu et eux préfèrent jouer tranquillement. Nous n’allons pas les forcer.

Depuis que l’étape du camp de yourtes est passée, j’ai un peu le sentiment d’être arrivée au bout de mon tour du monde. Je ne vois plus vraiment l’intérêt de courir après la moindre activité, juste pour avoir le sentiment d’avoir fait quelque chose de ma journée. Je préfère préparer mon retour et me reposer.


Momo part randonner dans la vallée d’Altyn Arashan.


Taxi aller et marchroutka retour pour Altyn Arashan : 4,50 euros.


  • Faire un tour au zoo de Karakol


Mettons tout de suite les choses au clair : le zoo de Karakol est le pire zoo que j'aie jamais visité ! Que ce soit sur le plan esthétique, au niveau de la qualité des infrastructures ou au regard de questions éthiques, c'est une calamité !


Pour résumer, les jardins ne sont pas entretenus, les cages sont rouillées et trouées, et les animaux font peine à voir. Les deux lions sont dans deux minuscules cages sans aucune stimulation ni végétation. Trois murs et de la terre comme nid douillet. Basta.


Les loups et le chameau sont plus chanceux. Leur espace est en plein air et les animaux peuvent évoluer sur plus de 10 m², contrairement à notre roi de la savane.


En revanche, son prix (50 soums par personne) et la faible affluence sont des avantages. Vous avez le sentiment d'être dans votre jardin, au milieu d'animaux sauvages !


Quoi qu'il en soit, Auden et Eylia sont enchantés et découvrent des animaux, tels que le porc-épic ou le lynx. C'est une balade plaisante pour des enfants, si l'on ne sait pas trop comment occuper son temps à Karakol ou que l'on a une petite heure à tuer.


En rentrant du zoo, nous passons faire un tour à l'église orthodoxe de Karakol, superbe édifice en bois.


  • Visiter le marché aux bestiaux



Dimanche 23 juin – Pour les voyageurs, une des curiosités de Karakol est le marché aux bestiaux. Notre gérant nous a demandés à plusieurs reprises pourquoi nous souhaitions aller respirer le crottin et se prendre un coup de patte dans le nez ! Présenté comme cela, c’est certain qu’on peut légitimement se le demander ! J’avais envie de lui répondre : 1. Parce que l’on ne sait plus vraiment quoi faire, que l’on tourne en rond, et que l’on n’a pas non plus envie de faire quarante kilomètres pour aller faire une activité. 2. Parce que les enfants sont contents, et ça, ça n’a pas de prix. Ce n’est pas la maman aimante qui parle, mais la maman qui aime sa tranquillité !


Le marché aux bestiaux, c’est un grand n’importe quoi ! Des vaches par milliers, des moutons par millions, une infinité d’excréments, une multitude de camionnettes de toutes tailles. Au milieu de tout cela, des stands de beignets et quelques buvettes. Faut bien se requinquer entre deux ventes ! Et vas-y que je te choppe un mouton par les pattes, pour le fourrer en boule dans le coffre de ma Lada. Et vas-y que je te monte un poulain à peine débourré, en faisant une belle démo pour épater la galerie. Et ça meugle, et ça bêle, et ça rue et ça klaxonne. On en fait vite le tour, mais ça vaut le détour !


En rentrant à l’auberge, nous déménageons. Notre gérant est bien sympa, mais nous devons encore rester deux jours à Karakol, et nous souhaiterions changer un peu de gamme. C’est l’heure de nous faire plaisir et de louer un appartement.


Si nous peinons, dans un premier temps, à trouver notre palais, celui-ci est à la hauteur de nos espérances, voire au-delà. Un superbe appartement moderne, propre, tout équipé et bien décoré. Le rêve ! L’immeuble dans lequel il se trouve se rapproche plutôt d’un bâtiment en instance de démolition, mais notre logement n’est pas à l’image de son cadre. Ne faut-il pas se méfier des apparences ?


Taxi AR pour le marché aux bestiaux : 2 euros.

Appartement à Karakol : Apartment in Karakol Hearth, 107 euros les trois nuits, une chambre double, une chambre avec deux lits, un grand salon, une cuisine, une salle d’eau, wifi, très propre, proche du centre, parfait!


  • Se relaxer dans les bassins des thermes d'Aksu Kench



Lundi 24 juin – En Equateur, nous avions testé les thermes de Baños . L’expérience d’Aksu Kench est différente. Il fait jour, la température extérieure est agréable et l’eau est transparente. Et non sommes seuls ! Ou presque.


Eylia révise sa technique de nage. Auden tente, en vain, de négocier pour mettre la tête sous l’eau. Ses diabolos le lui interdisent. Le ciel est dégagé, la montagne nous enveloppe. C’est peut-être la dernière baignade du tour du monde. Nous avons prévu d’aller à Cholpon Ata. Toutefois, nous ne connaissons pas l’état des plages et craignions que l’eau ne soit trop froide. Nous verrons bien.


Trajet en taxi AR pour les thermes : 7,50 euros.


Nager dans le lac Issyk-Kul à Cholpon Ata



Se rendre à Cholpon Ata depuis Karakol


Mercredi 26 juin – Nous quittons notre superbe, fabuleux, inoubliable appartement de Karakol un brin soucieux, ne sachant pas à quelle sauce nous allons encore être mangés en arrivant à Cholpon Ata.


Nous hélons un taxi et lui proposons de nous conduire à Cholpon Ata. Notre chauffeur du marché aux bestiaux nous avait indiqué le prix plafond de 1500 soums, pour le trajet Karakol-Cholpon Ata. Par conséquent, nous avons la certitude que nous ne nous ferons pas arnaquer. Le taxi de Karakol refuse de se rendre s’y loin, mais accepte de nous conduire jusqu’à la gare routière.


A la station de bus, nous montons dans la première marchroutka trouvée et quittons Karakol à 9 h 15. Le trajet dure un peu plus de deux heures et longe le lac. Sur la première portion, la route est dans un état catastrophique. Par la suite, elle retrouve une allure de départementale française.


Auden profite du trajet pour lire les derniers petits livres de la collection réalisée avec amour par sa maman-prof ! Il a bien progressé le petit ! Eylia lit et relit ses Tara Duncan. Impossible de la faire passer à autre chose! C’est officiellement devenu sa collection préférée.


Trajet en marchroutka Karakol-Cholpon Ata : 9 euros.


Où dormir à Cholpon Ata ?


Une nouvelle fois, je devrais plutôt écrire : « Où NE PAS dormir à Cholpon Ata ? ». Avec un peu de recul, l’auberge de Cholpon Ata n’est pas si catastrophique. Nous avons simplement cumulé les malchances : coupure d’eau pour cause de travaux dans la rue et pas de wifi ce mois-ci. Si l’on ajoute à cela l’absence d’une cuisine digne de ce nom, c’est certain que ce n’est pas très engageant.


Le beau temps, le joli jardin, le chiot Rex et la bonne volonté de la gérante nous a fait oublier la première mauvaise impression. Toutefois, cela me conforte dans l’idée qu’il faut se méfier des présentations Booking des logements au Kirghizistan. Une fois de plus, les équipements annoncés de correspondent pas à la réalité.


Si l’on ne recherche pas de cuisine commune, si l’on n’espère pas que l’eau coule à flots et que le propriétaire veuille bien payer sa facture Internet, c’est le paradis !


Hébergement à Cholpon Ata : Guest house on Ozemaya 2 : 29 euros pour une nuit.


La station balnéaire de Cholpon Ata


Le partie la plus ensoleillée du lac Issyk-Kul se situe au nord. C’est là que l’on trouve les plus belles plages. Je précise tout de suite que la beauté est toute relative ! On n’est pas aux Caraïbes, soyons bien d’accord !


Quand je dis « station balnéaire », là encore, il ne faut pas s’imaginer La Baule ou Palavas-les-Flots. Cholpon Ata se rapprocherait plutôt de Mancora au Pérou, en moins touristique. Je vous laisse imaginer!


C’est une petite ville à l’image de toutes les autres : sans charme, sans âme, polluée, poussiéreuse, sans route goudronnée (excepté l’axe principal), etc. Le tableau n’est pas idyllique, mais a le mérite d’être réaliste. Et, répétons-le, le Kirghizistan n’est pas un pays où l’on se rend pour faire du tourisme urbain et culturel.


Les plages de Cholpon Ata ne sont pas celles de Thaïlande ou des Bahamas ! Cependant, elles se prêtent tout à fait à une petite baignade rafraîchissante de début d’été. Quelques jeux et toboggans sont installés au bord de l’eau. De petits arbres offrent une ombre appréciable. En revanche, niveau sécurité, j’ai connu mieux ! Des jet-skis peu scrupuleux passent à trois mètres des baigneurs… Passons. Un petit plouf et on s’en va !


De retour à l’auberge, nous profitons du reste de l’après-midi pour nous reposer. Demain, un long trajet nous attend.


4. Le trajet Cholpon Ata-Bichkek


Jeudi 27 juin – Le gérant de notre auberge fait appel à l’un de ses amis pour qu'il nous conduise à Bichkek. Nous prévoyons quatre heures de trajet. Il ne dure que deux heures et demie, à peine ! C’est un peu ambiance go fast, la cargaison en moins. J’arrive à Bichkek avec la nausée, mais nous y sommes !


Taxi Cholpon Ata-Bichkek : 30 euros.



Demain, nous quittons le Kirghizistan. Il ne reste que trois jours avant notre retour en France. On peut considérer que le voyage est terminé.


Istanbul est une sorte de passerelle entre un ici et un ailleurs. Nous ne serons plus vraiment en tour du monde, mais pas encore en France. Ce sera étrange, mais probablement salutaire. Je le perçois comme un petit week-end en famille, permettant de redescendre sur terre et de faire route tranquillement vers la France.


On se dit à lundi !


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