• Léo

« L’école » durant notre tour du monde en mode routard | Mon plan de bataille !

Mis à jour : 10 juil. 2018




Durant notre tour du monde, Eylia et Auden seront respectivement en CE2 et MS. Dans un article sur l’école en voyage, j’expliquais quelles sont les options que choisissent le plus fréquemment les familles voyageuses, lorsqu’elles sont confrontées à la nécessité de « faire l’école » à leurs enfants. Pour ma part, et au vu de l’âge de mes enfants, j’ai choisi l’option « instruction en voyage », c’est-à-dire un savoureux mélange d’école home-made et d’unschooling.


Je précise que nous voyagerons en mode routard. Par conséquent, nous ne pouvons nous permettre de trop nous charger. Une famille voyageant en camping-car pourra, si elle le souhaite, emporter davantage de matériel.


Voilà l’humble plan de bataille d’une maman-enseignante-voyageuse !


Quel matériel ?


Si l’on voyage sac au dos, comme nous le ferons, un tri drastique doit être fait dans la liste de matériel à emporter. Le minimum vital ! Pour cela, il faut optimiser, ruser d’inventivité.


Le matériel scolaire de base, pour tout niveau




  • Un carnet : pratique à transporter. L’idéal est qu’il soit avec des pages blanches et des pages à lignes. Ainsi, les enfants peuvent autant dessiner qu’écrire. Le carnet est multifonction : écrire, dessiner, jouer, prendre des notes, etc. Continuer à manipuler un crayon est essentiel. Ne pas écrire pendant plusieurs mois peut rapidement affaiblir les muscles de la main, pour des enfants qui ne sont entrés dans l’écrit que depuis peu ;

  • Une petite trousse : deux crayons à papier, un stylo noir et un rouge ou vert, des crayons de couleur, une gomme, une petite règle, un taille-crayon, deux feutres Velleda, un compas (pour Eylia) ;

  • Un ordinateur : pour le stockage des fiches des programmations, des progressions, des fiches de travail, pour le traitement de texte, le tableur, les logiciels divers, Internet, pour effectuer des recherches documentaires et vidéos, etc.

  • Une liseuse : avec des livres et des fichiers PDF chargés ;

  • Une ardoise : pour alléger, vous pouvez utiliser une feuille cartonnée et la recouvrir de papier Velleda autocollant. Elle sert à tout, permet de réécrire à l’infini, sans gâcher de papier. Auden l'utilisera pour le graphisme et Eylia pour l’écriture ;

  • Un lecteur MP4 : avec des comptines étrangères et des histoires racontées.


Pour Auden





Il sera en MS, mais là je vise plutôt un niveau GS voire CP. Je soutiens les adeptes du point de vue Montessori, défendant l’idée selon laquelle l’enfant, avant 6 ans, est dans une phase d’apprentissage-plaisir. Alors pourquoi ne pas faire entrer Auden, très jeune, dans la lecture et le calcul ?


  • Un tangram en couleur : repérage dans l’espace, travail sur les formes géométriques ;

  • Des lettres plastifiées (scriptes et majuscules) : elles permettront de travailler sur l’association d’un graphème et d’un phonème (lettre et son), de coupler lettre scripte et majuscule, de travailler sur le déchiffrage et la construction de syllabes, etc.

  • Des jeux de dominos plastifiés : association chiffre/quantité, association lettre scripte/majuscule, etc. ;

  • Un mémory (association chiffre/quantité) ;

  • J’ai prévu plusieurs jeux qui seront aussi une occasion de travailler différentes compétences et de fixer certaines connaissances. J'aborderai ce point dans un prochain article.


Pour Eylia




  • Un tangram noir ;

  • Un livret de petites cartes des pays que nous traverserons (avec villes, reliefs, routes) et 5 petits planisphères (climats, reliefs, états, densité de population, IDH) et une carte de la France ;

  • Des jeux divers ;

  • Un jeu de 7 familles en anglais, et un en espagnol ;

  • Un dictionnaire français-anglais et un français-espagnol.


Comment vais-je m’y prendre ?


Les grandes lignes


J’ai beau être enseignante, je n’ai aucune idée de ce qui m’attend, et je ne prétends pas que mes choix seront les bons. Je pense m’orienter vers un mélange entre école home-made et unschooling, c’est-à-dire ce que j’ai appelé « l’instruction en voyage ». Je souhaite avoir à l’esprit tous les programmes officiels, tout en permettant à mes enfants de sortir des sentiers battus, de sortir du cadre scolaire.


Je dois reconnaître que je ne m’inquiète pas trop du sort de Auden ! Il sera en MS. Je ne minimise pas l'importance des apprentissage propres à ce niveau, au contraire. Toutefois, il est évident qu'il y a moins d'enjeux que pour le bac ;) J’ai son programme en tête. Deux priorités : la motricité fine, la numération jusqu’à 10, et la familiarisation avec les graphèmes et les phonèmes de notre langue. En clair : travail sur les nombres, initiation à l’écriture par le graphisme, et à la lecture par les lettres et les sons. Cela peut se faire partout et n’importe où, et en règle générale les enfants ne rechignent pas pour apprendre à lire et à écrire à cet âge-là. Ils veulent faire « comme les grands » ! Pour tout le reste, le voyage se chargera de son instruction !


Pour Eylia, j’ai étudié le programme de français et de mathématiques de CE2 en détail, et ai commencé à réfléchir aux situations qui se prêteraient à un travail sur telle ou telle notion, sur telle ou telle compétence. En invitant les thèmes des programmes dans notre quotidien, ils devraient prendre davantage de sens, sans que Eylia soit réfractaire. En effet, elle n’aura pas conscience d’être en situation d’apprentissage.


Quelques exemples de « séances » pour Eylia (CE2)


Je crée la situation d’apprentissage, elle apprend :


  • En maths (numération, calcul, mesure) : La faire participer à la gestion du budget la familiarisera avec Excel, lui fera réviser l’écriture des centaines et milliers, la fera entrer dans l’apprentissage des nombres à virgules, la fera additionner, soustraire, apprendre les conversions d’une monnaie à une autre, calculer des moyennes par jour, par mois, par pays. Et la rendra surtout super fière de faire un truc d’adulte !

  • En maths (mesures) : Au vu du parcours qui est prévu, il sera aisé de la faire travailler sur les mesures de grandeurs : distances, altitude, monnaies, masses, volumes, durées, etc. Pourquoi ne pas lui faire tenir un carnet de suivi des distances parcourues, de les lui faire additionner pour voir où nous en sommes, de les convertir en cm, en mm, et se laisser impressionner par les chiffres à rallonge qui en ressortiront !

  • En maths (calcul) : Créer un jeu pour mémoriser les tables d’additions et de multiplications. Ce peut être un mémory (une carte-calcul, type 5 x 4, associée à une carte-résultat), ce peut être un jeu de bataille (il n’y a que des cartes calculs), etc. Plus Eylia sera impliquée dans la réalisation du jeu, plus elle aura envie d’y jouer ;

  • En maths (géométrie) : Travailler la géométrie (formes et tracés) grâce au tangram. Lui en faire construire un nouveau, éventuellement, pour l’offrir à un enfant que l’on aura croisé ;

  • En maths (résolution de problèmes) : Tout est bon à prendre ! Je la solliciterai sur tout et n’importe quoi, dès qu’il sera question de calculer. Plusieurs critères : trouver le bon type de calcul à effectuer (addition, soustraction, multiplication), donner la bonne opération et trouver le bon résultat.

  • En production d’écrits : La tenue d'un carnet de voyage. Lui faire rédiger un récit à la main (c’est très important qu’elle ne perde pas en motricité fine), puis sur l’ordi, à propos de ce qu’il ce sera passé la semaine précédente. Cela permettra de travailler la structuration d’un écrit, d’une phrase, le maniement d’un traitement de texte, la relecture, etc. Chaque semaine, à travers sa production, je repèrerai les points non acquis, en étude de la langue (grammaire, conjugaison). L’idée ne sera pas de pointer du doigt les erreurs. Sinon, c’est un coup à la dégoûter de la production d’écrit, qui doit rester un plaisir. En revanche, cela me permettra de détecter les aspects à retravailler, ensuite, sous forme de jeu. D’autres types d’écrits peuvent être réalisés : une description d’un paysage ou d’un monument, une recette d’un plat qu’elle aura adoré, un récit d’invention inspiré de nos aventures, une BD, etc. Grâce au blog, elle aura, de plus, la satisfaction d’être lue !

  • En étude de la langue (conjugaison, grammaire) : passer par le ludique et créer un jeu sur la conjugaison. Une idée me vient. Le but serait d’inventer une phrase, voire une histoire. Un joueur donne à l’autre quatre contraintes : un personnage, un lieu, un verbe et un temps. L’autre joueur doit construire sa phrase dans un français correct, en respectant les contraintes imposées. Le verbe doit être épelé. Un point pour une réponse phonétiquement correcte, un point pour une orthographe correcte. En grammaire, on peut inventer un jeu sur la nature des mots dans la phrase, sur la transformation d’une phrase du singulier au pluriel, ou du masculin au féminin, etc. ;

  • En lecture-compréhension : Prendre enfin le temps de lire les mêmes livres qu’elle, afin d’en discuter naturellement, et de travailler, l’air de rien, la compréhension écrite. Lui poser des questions sur les personnages, l’intrigue, le vocabulaire, etc. Ce sont des choses simples, mais que l’on ne fait pas, ou peu. Prévoir de charger sur la liseuse différents genres littéraires.

  • En orthographe : Les élèves sont supposés maîtriser un certain nombre de mots en fin d’année. C’est assez rébarbatif. Peut-être peut-on trouver un moyen de rendre cela plus ludique ? Je n’y ai pas encore réfléchi. Je peux aussi choisir de capituler ! C’est-à-dire conserver certains moments un peu « scolaire », comme celui des mots à apprendre, afin que Eylia ne perde pas de vue l’importance du sens de l’effort et non uniquement de l'apprentissage-plaisir ;

  • En anglais et espagnol : Lui accrocher une étiquette bagage à son sac-à-dos. Cela ne servira pas à écrire son prénom, mais la date du jour, qui sera changée tous les matins, ou quand elle le souhaite.


Eylia, actrice de ses apprentissages


Si dans les cas de figure précédents, Eylia est apprenante, mais passive, de nombreuses situations se présenteront où elle sera demandeuse et actrice. Ce seront probablement des questions de découverte du monde. D’autant que le programme de CE2 est en concordance parfaite avec un tour du monde ! Le tout est, pour moi, d’être réceptive, réactive, et de ne pas la laisser seule face à ses interrogations, ni brider sa curiosité.


J’imagine qu’elle posera des questions sur les modes de vie à différentes époques, les modes de vie actuels, l’organisation des villes, des campagnes, sur les océans, les continents, sur le vocabulaire anglais et espagnol, etc. J’imagine que lorsqu’elle nous verra manipuler des cartes (papier ou Internet), elle souhaitera comprendre où nous sommes. Je suppose qu’elle fera d’incessantes comparaisons entre la France et le pays visité, et qu’elle en tirera des conclusions, ou cherchera à comprendre le pourquoi du comment. Elle aura aussi l’occasion de s’interroger sur les états de la matière, sur le vivant, la chaîne alimentaire, les régimes alimentaires, le développement des animaux et des végétaux, la santé, la propreté, etc. Bref, sur l’intégralité du programme ! Le rôle de parent est de la mettre sur la voie de la connaissance, dans un premier temps, en l’aidant à trouver la réponse par elle-même (la lui fournir, si elle n’y parvient pas) et, dans un second temps, de lui donner le vocabulaire adéquat (métropole, carnivore, lagon, nomade, porte-conteneur, littoral, altitude, déforestation, etc.), dont elle aura besoin pour avancer dans les apprentissages, et les fixer.


Et le retour à la réalité ?


Nous rentrerons en France début ou mi-juillet 2019. Par conséquent, Eylia et Auden auront deux mois pour renouer avec les bons vieux exercices mécaniques, les consignes typiques et les leçons. Je pense les replonger dans le moule par le biais de devoirs de vacances. Cela leur permettra de redescendre sur terre progressivement, et de les familiariser à nouveau avec les conventions scolaires. Les enfants s’adaptent vite. Ils reprendront leurs marques rapidement, j’ai confiance.





Vous connaissez désormais l’ébauche de mon plan de bataille de maman-enseignante-voyageuse. Il n’est qu’en voie d’élaboration. Le tour du monde se chargera d’en redéfinir les contours !

Je crois que le format choisi pour « faire l’école » s’explique par la volonté de sortir du cadre de mon métier. Je n’ai pas décidé de m’octroyer une pause, pour me sentir prof avec mes enfants ! Je ne veux aucun fichier, aucune salle de classe, aucun volume horaire prédéfini, aucun emploi du temps, aucune sonnerie, aucune programmation, aucune progression, aucune évaluation ! Pour Eylia et Auden, comme pour moi, moins l’instruction ressemblera à de l’école, mieux ce sera. Ceci sans pour autant perdre de vue les connaissances et compétences à acquérir aux yeux des programmes officiels.


Pour le moment, terminons déjà l’année scolaire, et préparons-nous pour les grandes vacances qui approchent !


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