• Léo

L’archipel des San Blas – Panama (26-29 décembre)


Depuis Rincon del Mar et l’archipel San Bernardo, je n’ai qu’une hâte : passer de nouveau quelques jours sur une plage paradisiaque. On s’habitue au luxe !


Les San Blas faisaient partie de mes rêves du tour du monde. C’est fait, il est réalisé !

Si j’avais pu y poser mes valises, je l’aurais fait...


Allez, je vous fais visiter ce qui a été mon « chez-moi », durant trois jours. Un petit paradis. Et c’est un doux euphémisme !



Quelques infos sur l’archipel des San Blas ?


L’archipel des San Blas, c’est quoi?


L’archipel des San Blas se situe au nord du Panama, dans la mer des Caraïbes. Il se compose de plus de 300 îlots coralliens. Il appartient au territoire Guna Yala (ou Kuna Yala), qui bénéficie de statuts spécifiques dérivant d’une forme d’autonomie territoriale. Au Panama, on appelle cela les comarcas, ce sont des régions autonomes indigènes. Il en existe trois, dont le comarca Guna Yala, aux San Blas.


Qui sont les Kunas?


Les Indiens Kunas vivaient anciennement dans la jungle, sur la côte caraïbe. L’arrivée des Espagnols les a contraints à s’enfuir sur les îles.


Ils sont désormais près de 50 000 à peupler les îles, qui ne sont pas toutes habitées (seulement soixante).


Récit de nos trois jours sur l’archipel des San Blas


Préambule : la réservation du tour


Dimanche 23 décembre – Dès notre arrivée au Panama, Momo se met en quête d’un hôtel susceptible de nous organiser un tour aux San Blas. Il se tourne vers l’hostal Mochico. Le gérant accepte de ne pas faire payer Auden et nous propose un tour à un tarif tout à fait correct. Petit hic, l’île est l’Isla Ina, réputée comme étant une île de fêtards.


Et oui, en effet, l’archipel des San Blas n’est pas qu’un ensemble d’îles à la Robinson Crusoé, où l’on est parachuté avec baluchon et moutards. Non. C’est aussi un lieu où le tourisme a fait son trou, et certaines îles sont beaucoup moins calmes que d’autres. Par conséquent, il ne faut pas se tromper.


Nous prenons le temps de réfléchir à la proposition de l’hostal Mochico. Cependant, nos tergiversations jouent contre nous et lorsque j’y retourne le lendemain, après notre balade en ville, les places sont prises. Plus rien pour le 25 décembre. Je ne me laisse pas abattre et me lance, sous un soleil de plomb, à la recherche d’autres hostals, susceptibles de me dégoter un plan de folie, la veille pour le lendemain. Un premier : rien. Un deuxième : pas mieux.


Un troisième m’ouvre enfin sa porte et me promet monts et merveilles. C’est l’hostal Loco coco loco. Les tarifs n’ont plus rien à voir : Auden paie plein pot et le prix de base est bien supérieur à la proposition de Mochico. D’après le gérant, c’est logique car il s’agit de l’Ile Franklin. Admettons. Je tente de négocier et patiente 150 ans, le temps qu’il passe dix mille coups de fil pour obtenir des réponses des divers prestataires. Je suis à deux doigts de péter les plombs, mais avec mon Espagnol minable, je ne sais comment lui expliquer que nous sommes le 24 décembre, qu’il est 15 h 30, que je crève de chaud, que je n’ai rien à manger dans mon frigo, qu’il faut que je me mette à préparer le repas du réveillon le plus tôt possible si je veux éviter les heures de pointe dans la cuisine, et que si on doit se lever à 5 h le lendemain, il serait peut-être temps que je sache ce qu’il se passe! Après une heure d’attente infructueuse, il finit par me dire de rentrer chez moi. Il me rappellera. Super. Il n’aurait pas pu me dire ça depuis le début ?


Je fonce au supermarché, en dépression, rentre à l’hôtel en sueur et en pleurs. C’en est trop pour la journée. Mais ajoutons un dernier détail : Auden est fiévreux et totalement patraque. En voyant ma tête, les enfants se mettent à pleurer à leur tour. Craquage total ! Je voulais que Noël soit parfait et j’ai le sentiment de vivre un cauchemar… Je me reprends et fonce en cuisine. Il est hors de question qu’Auden et Eylia n’aient pas le Noël qu’ils méritent.


Entre temps, l’hostal me rappelle pour me confirmer les tarifs. C’est bien trop cher. Quoi qu’il en soit, Auden n’est pas bien, et on ne va pas faire un tour qui coûte un bras, avec un enfant malade. Fin de la conversation. Pour les San Blas, on verra demain. Pour le moment, place à Noël, au guacamole, aux fajitas, aux crêpes, aux guirlandes et au Père-Noël !


Le lendemain, nous nous tournons tout bêtement vers les gérants de notre hôtel Carolina Princess Marbella. Nous ne l’avions pas fait auparavant, parce que leurs tarifs étaient plus élevés que la première proposition que nous avions eu, avec l’hostal Mochico.


En définitive, nous signons avec eux pour un jour et une nuit. Auden ne paie pas et Eylia a une réduction sur le transport. Le coût est plus important qu’avec Mochico, mais de toute façon, nous n’avons plus le choix. Petit plus : nous séjournerons sur l’île Franklin, et non sur l’île Ina. Bien que les deux soient réputées moins calmes que les autres, l’île Franklin l’est davantage. Nous verrons bien. C’est booké. Ouf !


1) Le trajet Panama City-Isla Ina


Le trajet en jeep


Mercredi 26 décembre – Le réveil sonne à 5 h 10. La jeep doit venir nous prendre à 5 h 30. Les enfants sont englués dans leurs draps. On les cajole un peu, on boucle les sacs que nous laissons à l’hôtel et celui que l’on emporte avec nous, et l’on se poste devant la porte d’entrée.


Le chauffeur est à l’heure. Ce n’est pas le cas des trois autres personnes que l’on passe chercher quelques rues plus loin. Nous perdons vingt bonnes minutes. Auden s’impatiente. Il voudrait bien finir sa nuit, bercer par le ronronnement du moteur.


Trois heures de route nous attendent, pour seulement une petite centaine de kilomètres. En parcourant différents blogs, j’avais lu que le trajet était absolument atroce. La première partie est correcte, puisqu’il s’agit simplement de sortir de Panama City. La deuxième serpente davantage. La troisième encore plus ! Toutefois, le ressenti dépend du véhicule, de la conduite du chauffeur et de sa façon de gérer les nids de poule qui ont transformé la route en gruyère. Quoi qu’il en soit, je vais encore faire ma crâneuse, mais lorsque l’on a vécu le tour dans le Sud Lipez avec des portions de pistes qui feraient vomir un mort, là, j’avais le sentiment d’être sur du velours !


À une vingtaine de kilomètres du port, on entre officiellement dans la comarca Guna Yala. Il faut présenter les passeports et s’acquitter de la taxe. Celle-ci est réglée par le chauffeur, lorsqu’elle est comprise dans le prix total du tour.


L’embarquement pour les îles ne se fait pas à Carti. Le chauffeur quitte la route un peu avant et s’enfonce dans la forêt. Le port qui nous intéresse est situé légèrement à l’Est, le long d’une rivière qui se jette ensuite dans la mer des Caraïbes.


L’ambiance est assez particulière. Tous les touristes sont parqués sous un auvent, assis sur des bancs, sous l’écriteau correspondant à l’île sur laquelle ils doivent se rendre. Ils sont ensuite pris en charge par un Kuna, qui les conduit jusqu’à leur bateau. En bons élèves que nous sommes, nous allons donc nous asseoir sous la pancarte « Isla Franklin ». À quelques mètres, nous voyons un drapeau flottant au vent, avec une croix gammée dessus. Très étrange... En réalité, la svastika est un symbole utilisé par les Kunas, mais sans aucune référence à la pensée nazie.


Un homme se présente à nous et nous demande si nous allons bien sur l’île Ina. Nous le rembarrons gentiment, toujours avec le sourire, et reprenons notre conversation. L’homme s’en va. Momo me dit : « Tu vas voir, ils vont nous coller à Ina. » Je lui rétorque que son pessimisme nous tuera et tente de calmer Auden, qui s’impatiente à nouveau.

L’homme revient à la charge et nous fait comprendre qu’aucun bateau de l’île Franklin n’est à quai. Par conséquent, cela signifie qu’il n’y a eu aucune réservation sur cette île. Je deviens blême. Nous utilisons le portable de notre aimable messager, afin de téléphoner à la gérante de l’hôtel et demander des explications. Celle-ci répond simplement à Momo que l’île Ina ou l’île Franklin, c’est pareil. Euh, mouais, bof. Pas vraiment ! C’est surtout pas le même prix !


Rien à faire. Nous sommes coincés. Aucun bateau de l’île Franklin n’est là. Par conséquent, pas le choix. Nous embarquons pour l’île Ina. Espérons que le rêve ne vire pas au cauchemar...


Le trajet en bateau


Nous sommes les derniers à monter sur le bateau. Nos sacs sont soigneusement enveloppés sous une bâche. Cela aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Le moteur démarre. Nous parcourons quelques petits kilomètres sur la rivière. Cela nous rappelle notre trajet en pirogue en Amazonie. Il faut dire que le décor est identique. En effet, une grande partie du Nord et de l’Est du Panama est constitué d’une jungle dense.


Le temps est maussade. Lorsque nous arrivons en mer, l’eau a des teintes marron, le ciel est gris et je commence à avoir un peu froid. Youpi. Plusieurs centaines d’euros pour ça ?


Le trajet en mer nous refroidit. Le bateau accélère. Nous recevons quelques gouttes. En quelques minutes, nous sommes trempés. Ce n’est plus de l’ordre du brumisateur, mais plutôt du Grand Splash au Parc Astérix ! Auden panique. Il s’est fait percer les tympans avant de partir autour du monde et a des aérateurs tympaniques. Par conséquent, l’eau ne doit pas rentrer dans ses oreilles. Je dois admettre que je n’avais pas vraiment pensé à lui mettre ses bouchons d’oreilles et son bonnet de bain pour faire un trajet en bateau ! Nous tentons de lui protéger la tête tant bien que mal. Nos voisins de derrière nous prêtent gentiment leur serviette de bain. Nous nous en servons de parre-brise en la tendant devant nous. Eylia aide Auden à se protéger.


Le trajet doit durer une heure. Cela fait dix minutes que nous sommes partis. Pourquoi ai-je voulu réaliser ce foutu rêve de passer quelques jours aux San Blas ?! Pas une seconde ne se passe sans que nous recevions une vague en pleine figure. Nous n’aurions pas dû nous mettre devant. Je me retourne, afin d’observer comment les autres condamnés se sortent de cette galère. Tout le monde est trempé jusqu’aux os, mais ils rigolent tous. Je ne dois vraiment pas avoir d’humour, mais franchement, ça ne me fait pas rire. Entre le coup du changement d’île, le temps moisi, mon portable qui prend l’eau (et le reste de mes vêtements), les oreilles d’Auden et ces p…… de gouttes qui m’empêchent d’ouvrir les yeux et me donnent une tête de conne, y a de quoi péter copieusement les plombs !


Le bateau finit par ralentir. Nous approchons de notre potence. À chaque île croisée, j’espère que c’est la bonne et que nous allons enfin pouvoir regagner la terre ferme.

Nous y sommes enfin. Le soleil se fraie un chemin à travers les nuages. L’île est superbe. Le cauchemar est-il enfin terminé ?


La découverte de l’île


Nous débarquons sur un minuscule ponton qui donne accès au village Kuna. Nous le traversons et nous dirigeons vers la partie « réservée » aux touristes.


Tony nous prend en charge. C’est le fils de l’un des anciens de l’île. Il nous conduit à notre cabane. Le confort est rudimentaire, mais c’est ce que nous recherchions. Les murs sont en roseaux, le toit en feuillage, le sol en sable. Qu’importe ? Nous dormirons à seulement quelques pas de la mer! La pression retombe. Je commence à vivre mon rêve. Cela nous semble évident : nous resterons une nuit de plus !



Nous ne sommes évidemment pas les seuls étrangers. D'autres touristes nous accompagnent. Quatorze personnes se trouvaient sur le bateau. À cela, il faut ajouter une autre dizaine déjà présente sur l’île. Cela reste correct. Je craignais que l’on doive s’entasser sur un coin de plage. Il n’en est rien. De nombreuses nationalités sont représentées : Suisse, Belge, Italienne, Colombienne, Allemande, Anglaise et Française.


L’organisation du campement est simple : deux grandes tables pour manger, deux petites, des hamacs, un terrain de beach-volley, trois douches et toilettes, et une dizaine de cabanes au total. Le plus important : une superbe plage, rien qu’à nous, des cocotiers, des pélicans, des coquillages, et l’immensité de la mer devant nous! Les mauvais souvenirs du début de journée sont immédiatement effacés !



Notre campement s’appelle « Ina Cabins ». Ce n’est pas le seul sur l’île. En effet, il existe deux autres espaces réservés aux touristes, mais chacun est géré séparément. Le reste d’Ina est le territoire des habitants permanents. Six familles vivent ici, soit 70 personnes environ.


Si le contact est très bien passé avec Tony, son père, Rodrigo, et un autre ancien, Robinson, cela n’a pas été le cas avec le reste des Kunas. Nous les avons trouvés très froids. Est-ce de la timidité ? Je crains que non. Momo et moi, en nous promenant, avons l’un et l’autre rencontré des habitants qui nous on fait comprendre, d’un geste de la main, que cette portion de l’île était à eux. Peut-être ne sont-ils pas tous favorables à cette dérive touristique, qui a fait de leur île un paradis pour touristes. C’est assez compréhensible.


2) Le tour dans les îles


Quelques minutes après notre arrivée, nous passons à table. Au menu : poulet frit, riz et lentilles. Pas d’entrée, pas de dessert et pas de rab ! Cela me convient tout à fait. En revanche, il est certain que les gros mangeurs ont intérêt à prévoir des réserves ! Au cours du déjeuner, nous faisons plus ample connaissance avec un Français vivant à Montréal, un Breton. Forcément, le lien se crée immédiatement ! Ce sera notre copain du séjour !


Dès la fin du repas, nous remontons à bord du bateau pour faire un tour dans les environs. Cette fois-ci, nous sommes parés : maillot de bain pour tout le monde, aucun objet de valeur, bouchon d’oreilles, bonnet et lunettes pour Auden ! Allez-y les vagues, trempez-nous, on vous attend !


Première étape : une piscine naturelle. A cet endroit, la mer est entourée d’une barrière de corail, ce qui limite le volume d’eau, donne un teinte cristalline à l’eau et offre un abri à diverses espèces marines. En gros, c’est une pataugeoire d’eau transparente, au beau milieu des Caraïbes, à plusieurs centaines de mètres des îles environnantes ! Nous y faisons trempette une trentaine de minutes, le temps de croiser deux raies.



Deuxième étape : une île dont je ne me souviens plus du nom, mais qui est plus petite qu’Ina. On balaie les lieux d’un seul regard. Momo et Eylia en ont fait le tour en 6 minutes 30.



Dernière étape : l’île Pélican. C’est ici qu’ont été tournées certaines scènes de la Casa de Papel. L’île est encore plus petite que la précédente et a tout de l’île paradisiaque que chacun d’entre nous a en tête : forme circulaire proche de la perfection, sable blanc qui fond dans la main, coquillages incroyables, cocotiers à l’allure impeccable, mousse douillette qui recouvre le sol de l’île, petite cabane abandonnée et eau cristalline.



3) Notre quotidien sur l’île Ina


Il serait difficile de faire un récit chronologique et détaillé de notre séjour sur l’île Ina. Une chose est certaine, Momo et moi avons eu un réel coup de cœur pour ces îles. Il a été difficile d’en partir. Alors que nous ne comptions y rester qu’un jour et une nuit, nous sommes finalement restés trois jours et trois nuits !


Quel était notre quotidien ?


  • Réveil vers 6 h 30, avec le soleil, mais souvent avec une petite bruine matinale, mais rien de bien méchant.

  • Petite baignade ou balade sur la plage avant de prendre le petit déjeuner, composé d’une galette et d’une omelette.

  • Sport : footing (on tourne vite en rond!), muscu, volley, natation.

  • Jeux de cartes ;

  • Yoga avec une touriste colombienne. Eylia a adoré !

  • Lecture, écriture, jeux en tout genre ;

  • Contemplation, du fond de notre hamac ;

  • Ramassage de noix de coco. Un Kuna nous a montré comment faire tomber les noix de coco. Nous ne l’avons pas fait, bien entendu, mais l’avons observé grimper à l’arbre et débiter les régimes avec sa machette. Impressionnant !

  • Dégustation d’eau de coco et de noix de coco fraîchement cueillie (au moins trois par jour!)

  • Sieste

  • Repas : déjeuner vers 11h30 ou midi, dîner vers 17h30 ou 18h ;

  • Coucher vers 20h30 (plus tard pour Momo et moi le premier soir).


Plusieurs articles de blogs mettaient en garde les familles, les invitant à ne pas aller à Ina. Elle a la réputation d’être une île sur laquelle on rend pour faire la fête. Nous n’avons rien vu de tout cela. Personne ne s’est couché après 22 h, sauf nous le premier soir ! Toutefois, je pense que la chance était de notre côté. En effet, nous sommes arrivés à Ina en semaine, le lendemain de Noël. Je pense que cela explique pourquoi il n’y avait pas foule. En revanche, lorsque nous avons quitté l’île, le samedi, le gérant se préparait à accueillir davantage de personnes et un public radicalement différent. En gros, des gens pas venus là pour couper du muguet… ou des noix de coco.


4) Rencontre avec les Kunas


Nos échanges quotidiens avec les deux Anciens, Rodrigo et Robinson, nous ont appris pas mal de choses sur les Kunas.


L’archipel compte près de 50 000 habitants. Il est dirigé par trois « chefs ». Il existe plusieurs écoles, qui enseignent le dialecte kuna, mais également l’Espagnol et l’Anglais, et ce, dès les petites classes. La société kuna repose sur un système matriarcal. A la suite d’un mariage entre deux Indiens, l’homme suit la femme sur son île.


Les Kunas vivent essentiellement de la pêche et du tourisme. Le commerce de la noix de coco ou le rachat des déchets (notamment les métaux) par la Colombie leur procure des recettes importantes. Robinson m’a affirmé que les narcotrafiquants ne passaient pas par l’archipel, car la police effectuait des patrouilles régulières. J’ai peine à le croire. J’ai d’ailleurs lu que les Kunas profitaient aussi de ce type de commerce.



Les Kunas ont une bonne hygiène de vie. Ils se nourrissent essentiellement de poissons, de riz, de coco, de bananes, de pommes de terre et de quelques légumes. Je n’ai jamais vu des gens aussi sveltes, mais musclés, depuis le début de notre voyage !


Certains Kunas sont partis vivre à Panama City ou ailleurs, sur le continent. Bon nombre d’entre eux sont revenus au bercail. Tony a choisi un entre-deux. Il vit désormais sur l’île principale des San Blas.


Sur l’île Ina, nous avons croisé une Suisse, tombée amoureuse d’un Kuna, avec qui elle a eu un enfant. Nous avons cru comprendre qu’elle revient vivre ici trois mois par an. Le reste du temps, elle vit avec son fils en Suisse.


5) Le bilan



J’ai bien cru que je ne parviendrais pas à quitter cette île. J’ai passé là-bas les meilleurs moments du tour du monde. Au-delà de ce décor paradisiaque, je trouve que l’on s’y sent divinement bien. On se recentre sur l’essentiel.


Je crois qu’à partir de maintenant, j’aurais vraiment du mal à rester en ville. Cela me conforte dans l’idée que, durant le tour du monde, comme à mon retour en France, je veux avant tout être proche de la nature.


Je reste convaincue qu’il y a quelque chose là-bas pour nous, une expérience à tenter. Vivre quelques mois (plutôt en saison sèche!), en mode workaway, non en temps que touriste. Nous sommes restés en contact avec Tony. Peut-être reviendrons-nous le voir un jour ?!


Ou peut-être pas. À moins d’y retourner d’ici deux ou trois ans, je crois que j’aurais trop peur de découvrir que le tourisme a envahi les lieux. Pour le moment, les Kunas ne gèrent pas trop mal les choses. Se laisseront-ils séduire par cette source alléchante de revenus ?


6) Le retour


Vivre en petit groupe sur une île coupée du monde a un côté colo. Si le groupe est bon, ça fonctionne bien. Si le groupe est mauvais, la mayonnaise ne prend pas. Aux San Blas, il y a un turn-over tous les jours. Certains voyageurs partent, d’autres restent. Au début de notre séjour, le groupe était très sympa. Samedi 29, l’arrivée d’une foule de vacanciers nous a aidé à couper le cordon. Voir notre décor de carte postale se transformer en une scène orgiaque ne me faisait plus vraiment rêver.


Il était temps de partir, de charger nos sacs sur le bateau, d’enfiler nos gilets de sauvetage et de transformer Auden en tortue, afin qu’il puisse affronter les vagues caribéennes en toute quiétude.


Etonnament, nous ne sommes presque pas mouillés en arrivant au port. Je suis sûre que l’ambiance raz-de-marée de l’aller est en fait une mise en scène entièrement pensée par les Kunas, afin de bizuter les touristes !


De retour sur le continent, nous attendons notre chauffeur quelques minutes, le temps de nous changer. Le trajet en jeep du retour est un peu le pendant du trajet en bateau de l’aller : une horreur ! Là, effectivement, je comprends mieux ce que voulais dire les auteurs des articles que j’avais lus sur cette route dans la jungle. Le chauffeur de mercredi était vraisemblablement plus précautionneux et délicat que celui d’aujourd’hui. Ce dernier ne connaît visiblement pas le frein et fonce, sans prendre gare aux nids de poule. Mon estomac ne sait plus où il habite. Celui d’Eylia non plus. Schumacher nous laisse quelques kilomètres plus loin, sur le bord de la route. Il refile les bébés à un collègue en camionnette, qui est chargé de nous conduire jusqu’à notre hôtel. C’est à n’y rien comprendre. Faut pas chercher. Gros avantage : ce nouveau véhicule datte de la bataille d’Alésia, et ça, c’est plutôt cool pour notre estomac. Nous passons de 80 km/h à 20.


L’arrivée à notre hôtel est déprimante. Sans compter qu’il est plein, et que nous sommes donc invités à nous trouver un autre toit pour dormir. Les enfants sont inconsolables à l’idée de ne plus voir la piscine et le chien Tommy. Bon point : leurs pleurs attendrissent la gérante. Celle-ci nous dégotte deux lits dans un dortoir. Ce ne sera pas la meilleure nuit de notre vie, mais au moins nous n’avons pas à errer dans les rues bouillantes de Panama City.


Reste à désormais à faire mon deuil de ce magnifique séjour aux San Blas...


L’organisation et le budget pour nos trois jours dans l’archipel des San Blas


1) Où booker un tour dans l’archipel des San Blas ?


La plupart des auberges et hôtels de Panama City proposent des tours dans l’archipel. Le tout est de trouver l’île qui vous correspond et les tarifs qui ne violenteront pas trop votre portefeuille.


Nous nous sommes tournés vers l’hostal Mochico, qui a des prix intéressants. L’hostal Loco Coco Loco propose également des tours. Nous avons fini par prendre une réservation avec notre hôtel, le Carolina Princess Marbella. Je sais que l’hostal Luna Castle est assez connu aussi pour les résas de tours.


2) Quel budget pour trois jours dans l’archipel des San Blas ?


Vaste question. Tout est possible. Enfin, non. Vous n’aurez rien de bon marché, ça c’est clair. Toutefois, selon le mode d’hébergement, l’île choisie et les « options », il peut y avoir un écart d’au moins cent euros.


En règle générale, les hostals ne proposent rien à moins de 100 dollars par personne. Nous en avons eu pour 566 dollars au total (496 euros environ), pour trois nuits.


À cela, on peut ajouter les frais annexes, comme les achats de bricoles à grignoter pour les trois jours et les boissons consommées sur place (48 dollars au total).


À la fin de notre séjour, un Kuna nous a confiés qu’il était tout à fait possible de booker en direct en les contactant par mail. Dans ce cas, il fonctionne avec un chauffeur de leur connaissance et viennent vous chercher au port. Les prix sont forcément plus attractifs.


3) Que comprend le tour ?


Ce qui est compris dans le tour aura une incidence sur le prix.


Il y a des frais incompressibles (par personne) :


  • Le transport en jeep ou en camionnette (jusqu’au port) : 50 ou 60 dollars ;

  • Le prix d’entrée sur le territoire de la communauté : 22 dollars ;

  • Le prix d’une nuit : variable selon l’île (entre 20 et … dollars). Demandez bien à ce que l’on spécifie sur le bon de réservation l’île pour laquelle vous avez payé. Nous ne l’avons pas fait et nous sommes retrouvé sur une autre île !

Les extras (par personne) :


  • Un tour en bateau dans les îles voisines : environ 25 dollars ;

  • La ou les nuits supplémentaires (à négocier avec la communauté, une fois sur l’île).

4) Que trouve-t-on sur place (Isla Ina)?


Si l’île Ina est une des îles les plus grandes, ce n’est pas non plus l’Australie… Par conséquent, ne vous attendez pas à trouver un cinéma et un mall. En même temps, ce n’est pas pour ça que vous êtes venus.


Voici ce que l’on trouve sur l’île Ina :


  • Des cabanes dans lesquelles on trouve des lits avec draps et oreillers et éventuellement une table. Certaines sont équipées de moustiquaires. Rien de plus. Pas d’électricité.

  • Des douches et des toilettes (avec du papier). Attention, il n’y a pas de l’eau tout le temps.

  • Des tables abritées et éclairées la nuit.

  • Un petit stand de vente d’eau potable, de bière, de coca, de rhum et d’eau de coco. • Un terrain de beach-volley ;

  • Des hamacs ;

  • Quelques chaises ;

  • Un médecin et un petit nécessaire à pharmacie.

  • La plage, la mer et les cocotiers !


Même sous la pluie, la couleur de l'eau reste magnifique !

5) Que faut-il emporter ?


Pour trois jours, voici ce qui me semble nécessaire et suffisant :


  • Les passeports : obligatoire pour rentrer dans la communauté.

  • De l’argent : bien qu’il n’y ait pas grand-chose, voire rien à acheter sur les îles, cela peut être utile pour acheter de l’eau potable, une petite bière ou un souvenir (ils mettent en vente certaines de leurs productions, les molas).

  • De l’eau potable ;

  • De quoi grignoter, car les repas ne sont pas super copieux.

  • Un k-way, parce qu’il y a de fortes chances que vous soyez mouillés, voire trempés lors du transfert en bateau !

  • Une pochette hermétique pour le portable, les passeports et autres objets de valeur.

  • De quoi s’occuper (livres, jeux, carnet de voyage, etc.) ;

  • Une lampe de poche (n’oublions pas qu’il n’y a pas l’électricité dans les cabanes, voire pas d’électricité du tout) ;

  • Une batterie externe ;

  • Des affaires de plage (casquettes, lunettes de soleil, crème solaire, vêtements protecteurs pour les enfants, jeux de plages, palmes, masques, tubas, etc.).

  • Des affaires de toilettes (dont serviette) ;

  • Du répulsif, bien que je n’en ai pas mis une seule fois, et que cela ne soit pas si écologique que cela…

  • Une moustiquaire, pour les plus inquiets ;

  • De l’après-solaire ;

  • Du papier toilette (ils en donnent, mais sait-on jamais);

  • Un appareil photo avec protection contre l’humidité ;

  • Une petite trousse à pharmacie ;

  • Des vêtements de rechange. Libre à vous de vous prendre pour Robinson Crusoé et de venir avec votre b… et votre couteau, ou de jouer la sécurité en prévoyant davantage. Nous avions deux tenues chacun + la tenue de bain + une petite veste légère.

Hasta pronto !


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