• Léo

La Paz – Bolivie (13-18 octobre)

Mis à jour : 23 oct. 2018


Après notre séjour à Cochabamba, nous avons tenté de passer quelques jours à La Paz. Je dis « tenter », car, de prime abord, ce n’était pas la ville sur laquelle nous aurions parié. Contre toute attente, nous avons bien apprécié la capitale.


Ce n’est pas une ville de style colonial, comme Sucre, ce n’est pas une métropole qui surfe sur la modernité, comme Cochabamba, c’est un subtil et heureux mélange de tout cela, auquel il faut ajouter un joli soupçon de tradition. Un beau souvenir !


Un petit tour en téléphérique dans la plus haute capitale du monde ?!



Récit de notre séjour en famille à La Paz


Le trajet Cochabamba-La Paz


Samedi 13 octobre – Nous reprenons enfin la route et quittons Cochabamba, que nous surnommons entre nous, « la ville de la poisse » ! Ce que nous ne savions pas encore, c’est que la malchance allait encore nous suivre pour quelques kilomètres… Je m’explique. En sortant de l’hôtel nous prenons un taxi pour le terminal de bus. Celui-ci nous met en garde contre les pick-pockets qui y sévissent. Ok, c’est noté. Nous faisons le tour des agences, afin de trouver le trajet le plus court possible, de jour, et dans un car qui a des toilettes. C’est un détail plus qu’essentiel, sachant que nous allons rouler pendant huit heures, et qu’Auden est toujours un peu dérangé. Une fois nos tickets en poche, nous restons prostrés sur les sièges du terminal de bus, agrippés à nos sacs, en attendant le départ !


Le car est à classer dans la catégorie luxe, comparé à ceux que nous avons testés auparavant. Nous sommes situés à l’étage du bas, juste à côté des toilettes. Je demande au co-pilote de les ouvrir. Il me répond que ce sera fait au cours du voyage. C’est parfait. Le trajet s’annonce bien.


Au bout de deux heures, Auden se tortille et réclame les toilettes. Il est temps de secouer le chauffeur pour qu’il daigne les ouvrir. Il semble mécontent et précise que le seul présent qui pourra y être déposé est une petite commission. Manque de bol, Auden est un enfant très généreux et compte offrir davantage ! Momo le précise au détenteur des clés, qui nous annonce que, dans ce cas, les toilettes resteront fermées. Ok, et on fait comment ? Auden fait caca par terre ? Notre cher ami nous menace de nous jeter dehors si nous en arrivons là. Et, bien entendu, il refuse de faire une pause pour que l’on coure faire ça dehors. Parfait. Et donc ? Je répète : On fait comment ?!


Ambiance Mc Gyver. Première étape : la petite commission. Seule solution : on vide la bouteille d’Auden et il fait son affaire dedans. Ça, c’est fait. Deuxième étape : la grosse. Seule solution : on prend un grand sac plastique, que j’ai toujours au cas où sur moi pour les vomis, et Auden dépose son joli présent à l’intérieur. La tension est palpable. Si on parvient à ne pas repeindre le car ou les vêtements d’Auden, c’est un miracle. Il s’accroupit devant le siège de Momo, celui-ci le tient, tout en maintenant le sac ouvert, en dessous. Momo m’interpelle : Le sac est trop petit ! Il risque de craquer ! J’accours avec un plus grand. Le moment se passe. Auden reste imperturbable et continue à regarder le film diffusé sur les écrans du car. On a réussi ! Un petit coup de gel hydro-alcoolique sur les mains et l’affaire est dans le sac ! Et le sac sous le siège de Momo… Bonjour les odeurs.


Au bout de plus de quatre heures de route, le chauffeur fait enfin une vraie pause. Tout le monde descend. Nous repassons aux toilettes, ou plutôt nous prenons nos précautions au beau milieu d’un terrain vague empli de détritus, avec un vent glacial qui nous titille l’arrière-train. Une fois dans le car, et à peine vingt minutes après l’arrêt, Auden annonce qu’il veut refaire la grosse commission… On aurait été dans un dessin animé, on aurait eu la mâchoire qui se déboîte et qui tombe au sol, avec le petit canard à la mine déconfite qui vole au-dessous de nos têtes. Je ressors mon sac plastique, je m’apprête à le donner à Momo, lorsque le car s’arrête de nouveau. Miracle ! Momo bondit à l’extérieur du car, profitant du départ d’un autre passager, qui prend du temps de sortir son vélo de la soute. Auden a tout juste le temps de s’en mettre sur la moitié de son pantalon et de remonter. Pffiouu… Va-t-on arriver à bon port, sans que mon fils ne baigne dans l’intégralité du contenu de ses intestins ?


L’épisode pipi-caca est terminé. Désolée pour ces détails peu ragoûtants, mais je me devais de raconter cette anecdote ! Et surtout, je me devais de le faire afin d’avertir les voyageurs qui se déplacent en Bolivie. Prenez toutes vos précautions et ne croyez pas les agences lorsqu’elles annoncent que des toilettes sont à disposition dans le car. J’avais prévu de déposer la commission d’Auden au pied de la cabine du chauffeur, en guise de remerciements. Cependant, Momo avait préféré jeter le sac dès le premier arrêt. Je le comprends. Nous avons tout de même abandonné la bouteille au liquide jaunâtre sur notre siège.


En arrivant à La Paz, les péripéties continuent. Des embouteillages monstres bloquent les routes. Il nous faut descendre à El Alto, banlieue de la capitale, et nous débrouiller par nos propres moyens. Nous sautons hors du car en quatrième vitesse, rhabillons les enfants qui étaient en short, conduisons Auden aux toilettes publiques (encore une urgence!), et fonçons vers le téléphérique. Et, oui, dans la plus haute capitale du monde, ce moyen de transport est devenu banal et fait office de métro. Pour nous y rendre, nous devons traverser des quartiers d'El Alto qui n’inspirent que très peu confiance. Je dois être la seule femme et je ne cherche pas trop à savoir comment s’occupe les hommes qui nous entourent.


Heureusement que les enfants sont là. Leur présence me rassure, et eux ne voient absolument pas en quoi ce quartier n’est pas aussi agréable que la Croisette !

L’arrivée à la station de téléphérique 16 de Julio nous plonge dans une ambiance radicalement différente. Ce sont les heures de pointe et les lieux grouillent d’habitants qui rentrent du travail. Le trajet est assez irréel. Nous nous rendons à notre hôtel en volant dans les airs ! Nous nous détendons et savourons le moment. Une fois sortis de la cabine, nous ne sommes plus qu’à quelques centaines de mètres du quartier où nous pourrons facilement trouver une auberge. Le cauchemar est enfin terminé !


L’auberge


Avant d’arriver à La Paz, nous avions repéré une auberge qui avait l’air pas mal : pas trop chère, et située en plein centre. L’hostal York B&B est une véritable auberge de jeunesse. Cela faisait quelque temps que nous n’avions pas dormi dans ce type d’endroits. Nous ne sommes pas mécontents de renouer avec l’ambiance de ces lieux.


Notre chambre est petite, mal insonorisée, sans fenêtre et n’a que deux lits simples. Toutefois, elle nous convient ! Les sanitaires sont privatifs et une cuisine est à notre disposition au 5e étage de l’auberge. C’est tout ce que nous demandions. Qui plus est, nous sommes idéalement situés.



L’ambiance générale de La Paz


La Paz est la capitale administrative de la Bolivie. Située à plus de 3 600 m, elle est la plus haute capitale du monde. Les sommets qui l’entourent, recouverts de neiges éternelles, en témoignent. Ainsi, le Nevado Illimani culmine-t-il à plus de 6 400 m.


L’agglomération de La Paz est importante, avec ses 2 millions d’habitants. Toutefois, elle n’a rien de commun avec des mégapoles comme Mexico. Par conséquent, on se sent dans une grande ville, c’est certain, sans que cela soit aussi oppressant que je ne l’aurais imaginé.


La métropole est vivante, sans être étouffante. Elle associe des espaces modernes, plantés de grands immeubles, avec des quartiers calmes, colorés et élégants, témoignages du passé colonial de la ville. Par endroits, on se croirait dans certaines rues de Paris, mais plus de cinquante ans en arrière !


Calle Jaen




Le centre, situé au plus bas de La Paz, est encadré de quartiers « résidentiels » qui grimpent sur les montagnes, où les habitations sont presque toutes construites en briques rouges. Lorsque l’on survole la capitale en téléphérique, l’unité de coloris est flagrante. Vraisemblablement, ce choix ne serait aucunement esthétique, mais permettrait aux propriétaires de ne pas payer de taxe d’habitation. En effet, une maison non recouverte de crépis, et dont les étages ne sont pas terminés, est une simple maison en construction !



L’altitude et la pollution se font moins sentir que je ne le craignais. Pourtant, les embouteillages sont légion. C’est à se demander s’il y a un intérêt à se déplacer en bus ou en taxi, tellement l’on a le sentiment qu’ils avancent de 10 mètres toutes les heures ! Dès que l’on s’éloigne des grands axes, l’air est plus respirable.


La population d’origine indienne est bien plus importante qu’à Cochabamba ou à Sucre. Ainsi, femmes vêtues d’habits traditionnels et hommes d’affaires pressés se mêlent-ils, tout naturellement, dans les rues de la capitale.


La visite de La Paz


1) Le marché aux sorcières


Le premier jour, nous partons à la découverte de notre quartier, et notamment de la Calle Jimenez, où se trouve le célèbre Mercado de las brujas, autrement dit, le marché aux sorcières. Attention, ne nous emballons pas ! Nous ne sommes ni dans le Chemin de Traverse d’Harry Potter ni à Salem. Il s’agit d’une simple rue, dans lesquelles les étals ne présentent pas des porte-clés lamas et des écharpes en alpaga, mais des objets rituels, à destination des indiens aymaras.


Ainsi y trouve-t-on des fœtus de lamas séchés, des potions de toutes sortes et des breloques diverses. Ces curieux produits sont rattachés aux croyances aymaras. Cette religion vénère différents dieux, et notamment la déesse de la Terre, la Pachamama. Les pauvres lamas favoriseraient la protection de la déesse lorsqu’ils sont enterrés dans le jardin de celui qui attend les bonnes grâces de la Pachamama. Auden et Eylia restent interloqués face à ces étals !


Marché aux sorcières, avec les foetus de lamas qui pendent à l'entrée du magasin !


2) La place et la basilique San Francisco


Dans notre quartier, nous pouvons également profiter de la Plaza San Francisco et de la basilique éponyme, reconstruite au XVIIIe siècle. Les enfants adorent entrer dans les églises et découvrir les trésors d’architecture qui s’y cachent.



3) Les musées


La météo n’est pas vraiment notre alliée. Par conséquent, nous décidons de consacrer les deux jours qui suivent à la visite des musées de la ville. Nous commençons par le musée ethnographique et de folklore. Contre toute attente, Auden adore et se comporte de façon tout à fait correcte ! Le musée nous apprend tout un tas de choses sur les traditions boliviennes. Il est très bien fait et allie expositions et vidéos. On y découvre comment les lamas sont tondus et de quelle façon on transforme leur laine en vêtements. La salle des masques, plongée dans la pénombre, présente toute une série d’éléments tous plus impressionnants les uns que les autres. Auden et Eylia y passent un bon bout de temps ! La salle des plumes passionne cette dernière, tandis que son petit frère est davantage intéressé par la salle des métaux précieux qui dévoile des morceaux de vie des mineurs boliviens.


Le lendemain, nous découvrons, tous les quatre, le musée des instruments. C’est une perle pour les enfants. Là encore, j’exagère sûrement un peu. C’est un musée intéressant, qui présente toute une collection d’instruments boliviens, européens et du reste du monde. Une salle est consacrée à la carrière d’Ernesto Cavour, virtuose du charango. Ce qui est super pour les enfants, c’est que l’on peut s’essayer à tout un tas de petits instruments. Et ça, c’est un must !


Musée des instruments

Auden et Momo choisissent ensuite d’arpenter les rues de la ville et se font toutes les lignes de téléphérique de la capitale, tandis qu’Eylia et moi poursuivons notre découverte des musées de La Paz. Au programme : les quatre musées de la Calle Jaen et le musée archéologique. Pour une somme très modique, la municipalité permet l’accès au musée des costumes, au musée de littoral (qui porte sur la guerre du Pacifique), au musée des métaux précieux et à la Casa Murillo (jolie demeure de style colonial, propriété d’un célèbre révolutionnaire bolivien). Après la sieste, nous terminons notre journée culturelle par le musée archéologique. Je pensais y trouver de belles reproductions grandeur nature du site de Tiwanaku, que nous avons fait le choix de ne pas visiter. En réalité, c’est un tout petit musée, dont on a fait le tour en moins d’une demi-heure, et qui n’a pas un immense intérêt, surtout lorsque l’on ne maîtrise pas parfaitement l’espagnol !


Casa Murillo

Nous aurions bien poursuivi par le musée de la coca. Toutefois, faute de temps, nous avons renoncé.


4) Le mirador Kili-Kili


Comme son nom l’indique, c’est un endroit qui offre un joli point de vue sur la ville.


5) Le terminal de bus


La gare routière n’est pas un musée et il n’y a rien à voir de particulier. Toutefois, en temps que Français, il est intéressant de savoir qu’elle a été dessinée par Gustave Eiffel !


La gare routière

Ce que nous n’avons pas fait à La Paz


Pourquoi avoir écarté certaines visites ? Pour des raisons de distance, de danger, de prix, de morale et de météo.


1) Tiwanaku et la Vallée de la Lune


La Paz n’est pas un lieu où l’on reste des semaines entières, afin de profiter des attraits culturels. Ce qui attire est surtout situé en périphérie. Puisque nous logions en plein centre, il était difficile de sortir de la capitale, sans passer deux heures dans les embouteillages. Cela nous a très clairement dissuadé de nous rendre à Tiwanaku, site abritant des ruines de la civilisation pré-inca éponyme, ou de découvrir la Vallée de la Lune.


2) La death road


L’âge de nos enfants nous a interdit de booker certaines excursions, centrées sur les sensations fortes. La célèbre route de la mort, qui relie Coroico à La Paz, est l’objet de nombreux fantasmes. Toutefois, aujourd’hui, un nouveau tracé permet de l’éviter en grande partie. La portion délaissée est devenue the place to be pour les VTTistes voulant se faire peur. Bizarrement, je n’avais pas trop envie d’y aller avec les enfants !


3) Du ski


S’il est possible de skier à quelques encablures de La Paz, les tarifs et l’altitude ne nous ont pas encouragés à le faire.


4) La prison San Pedro


Si nous n’avons pas souhaité visiter les mines de Potosi, ce n’est pas pour nous rendre à la prison de San Pedro. Et, oui, il est possible de découvrir l’intérieur du bâtiment, dans le cadre d’une visite guidée, organisée par les prisonniers eux-mêmes. Auden aurait adoré ! Toutefois, entre les doutes quant à la façon dont est employé l’argent donné par les visiteurs, le côté malsain de la visite en elle-même, le tarif prohibitif et l’interdiction qu’ont les enfants d’y pénétrer, il était clair que nous n’irions pas.


5) Voir un spectacle dans une peña


Nous ne sommes pas allés écouter de musique à la Peña Marka Tambo, simplement car les spectacles n’avaient pas lieu les jours où nous étions en ville… Un de mes regrets.


Et les enfants ?


Les enfants m’épatent de jour en jour, sur le plan physique. Ils ressentent l’altitude, mais ne s’en plaignent pas. Je pense qu’ils ont dû parcourir près de 10 km en trois jours, dans un méandre de rues qui montent et qui descendent, et cela sans broncher. Cela laisse augurer de belles randonnées lorsque nous aurons terminé de les entraîner !


De peur de ne pas trouver de bons gâteaux au lac Titicaca, où il était prévu qu’Eylia fête son anniversaire, cette dernière a fait le choix de déguster une bonne pâtisserie à La Paz, quelques jours avant le jour J. Nous avons trouvé un joli gâteau de princesse, tout blanc, avec une jolie cerise dessus. Pas si mauvais que ça !


Trucs et astuces du voyageur

  • Eau : non potable.

  • Musées : beaucoup sont fermés le lundi. L’entrée est presque donnée et les enfants ne paient pas.

  • Repas : nous avons trouvé un supermarché dont les prix étaient intéressants. Il s’agit du Ketal. Par conséquent, nous n’avons pas mangé dans la rue, car cela nous revenait bien moins cher de cuisiner.

  • Restaurants : fuyez les restau à touristes. Ils sont hors de prix !

  • Transports : éviter les taxis et colectivos. Préférez les téléphériques ou bien marchez. C'est plus pratique.


Budget pour 4 jours à La Paz pour 4 personnes


Taux de change : 1 euro = 8 bs


Hébergement (82 euros)


Hostal York B&B : 82 euros pour 5 nuits. Chambre très simple : deux lits simples, sanitaires privatifs, pas de fenêtre, placard, serviettes fournies, wifi, cuisine commune, en plein centre.


Nourriture (78 euros)

  • Supermarché : 53 euros ;

  • Restaurant : 25 euros


Transports (18,50 euros)

  • Car Cochabamaba-La Paz : 15 euros, compagnie El Dorado, annoncent des toilettes, mais ne les ouvrent pas, TV.

  • Téléphérique : 3 euros.


Activités (8,25 euros)

  • Musée ethnographique : 2,50 euros, pour deux adultes. Les enfants ne paient jamais pour les musées.

  • Musée archéologique : 1,75 euros, pour un adulte.

  • Musée des instruments : 1,50 euros, pour deux adultes.

  • Musées de la calle Jaen : 2,50 euros, pour un adulte.


Divers (25 euros)


Souvenirs, poste, produits divers.


Total : 211,75 euros



Dernière étape avant de passer au Pérou : Copacabana et le lac Titicaca. Un peu de nature, après ces jours de vie urbaine, nous fera du bien.



Hasta pronto !


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