• Léo

Le départ pour le tour du monde !

Mis à jour : 9 sept. 2018




Le moment tant attendu est arrivé ! Nous prendrons l’avion dans quelques heures, direction le Chili, point de départ de notre itinéraire prévisionnel, pour un tour du monde en famille de dix mois.


Je me suis imaginée rédiger cet article à plusieurs reprises. Je le pensais poétique, amusant, touchant. Erreur. Contre toute attente, ces quelques derniers jours ne se sont pas déroulés comme prévus. Mon ressenti ne s’approche en rien de ce que je projetais. Comme quoi, anticiper les choses est inutile.


Comment ai-je vécu cette dernière ligne droite avant l’envol ? Que ressent-on à quelques heures d’un départ pour un périple de cette nature ? Désolée, vous ne sortirez pas les mouchoirs !


Agacement et ennui


L’Ennui et l’Agacement se sont invités à ma table dès J – 8, lorsque les formalités relatives à la maison ont été réglées. En effet, l'idée de rester à notre domicile est subitement devenu insupportable. Il fallait que je parte. Je n’avais plus ma place : mes bagages étaient faits, mes affaires personnelles emprisonnées dans des cartons, mes enfants partis. Pourquoi rester chez moi dans ces conditions ? Plus rien ne me retenait. Seule la perspective de profiter des derniers instants en couple avec Momo m’a convaincue de prolonger mon séjour. En revanche, dimanche matin, aux aurores, j’ai fait chauffer le moteur de la Toyota, et ciao ! Mon cher et tendre a préféré retarder le départ d’une journée supplémentaire, de façon à profiter seul de la maison. Il nous a rejoints en Bretagne lundi matin, avec notre deuxième voiture.


Mes deux nouveaux acolytes, l’Agacement et l’Ennui, ne m’ont pas quittée jusqu’à la veille du départ. Le deuxième a donné naissance au premier. C’était étrange. Comment s’ennuyer alors que j'étais toute entière imbibée d’un projet qui m’a nourrie durant une si longue période ? Pourquoi trouver le temps long, alors que cela fait deux ans et demi que je prépare le tour du monde, et que je ne suis plus qu’à quelques jours du départ ?


Reprenons, une nouvelle fois, la métaphore de la grossesse. Le week-end dernier, j’ai eu le sentiment d’accoucher de notre enfant, au moment où je suis partie de chez moi. Instant qui aurait dû être sympathique. Toutefois, j’ai eu le sentiment que mon bébé avait été mis en couveuse, et ce, pour quelques jours. J’ai ressenti un vide, profond. En effet, le projet était bouclé, calé, cadré, réglé. Plus rien à ajouter, à peaufiner, à ajuster. Et pourtant, je n'étais pas encore dans la réalisation. Fini la préparation, mais pas encore de vécu. Je ne pouvais profiter de ma progéniture. Le supplice !


L’Ennui est un compagnon fort déplaisant. On tourne en rond. Toute activité nous semble dénuée de sens. Pourquoi entamer un livre alors que l’on n’aura pas le temps de le finir ? Allez faire du sport ? Oui, mais n’oublions pas le risque qu’il y a de se fouler la cheville ou de se casser un truc avant de partir ! Allez à la piscine ? Oui, mais notre maillot est au fond du sac de rando, et l’on ne veut pas tout chambouler ! Jouer avec les enfants ? Oui, mais n’omettons pas les milliers d’heures que l’on passera avec eux, donc on ne va peut-être pas en rajouter ! Alors, on va, on vient, on s’assoit, on se relève, on regarde par la fenêtre, on va se promener. On tue le temps. Et on pète les plombs… !


C’est là que le pote de l’Ennui se ramène : l’Agacement. On n’arrive pas à tuer le temps, alors on s’énerve. On est irritable. Tout nous agace. Depuis une semaine, Momo et moi nous sommes accrochés à plusieurs reprises. Nous avions le sentiment que le vide s’était également installé entre nous. Le temps, les sujets de discussion, la complicité, tout semblait être suspendu. Que se dire ? Que partager, tandis que nous n’avons plus de maison, plus de travail, que nous nous refusons à nous projeter dans le voyage, afin de préserver l’effet de surprise ?


Le non-sens de notre présence en France était tel, que l’agacement nous a submergé. La semaine passée était celle de trop. Si nous avions du que Momo aurait quelques jours de vacances avant le départ, nous aurions pris nos billets plus tôt. Mais je crois que tout cela s’explique aussi par un degré d’impatience au-delà de l’entendement !


Impatience et indifférence


Je l’expliquais dans mon article sur l’organisation du tour du monde, j’ai longuement tenté de ne pas trop anticiper, de profiter du moment présent, de rester zen, de ne pas vivre le voyage par les livres et les images, avant d’être partie. J’y suis parvenue… jusqu’au week-end dernier. Depuis lors, je me paie une orgie d’impatience !

Le sentiment est si puissant que tout m’insupporte, que tout m’indiffère. Je ne veux plus être ici. Je veux être là-bas. À trop prendre sur moi, j’ai implosé ! Moi qui m’imaginais verser ma larmichette ou avoir le coeur serré en fermant la porte de ma maison, en quittant mes amis, ma famille, en me baladant une dernière fois en France, etc. Et bien, non. Pas une goutte. Pas un début de commencement de chamboulement intérieur. Désolée ! Désolée pour mes proches, mais désolée pour moi aussi. Moi qui pensais vivre intensément mes "dernières fois", comme je l’avais expliqué dans mon premier paragraphe de l’article sur les 11 choses auxquelles je rêvais lorsque je pensais à notre tour du monde... Que dalle !


Je les ai bâclées, par impatience. Tant pis. Dommage. C’était plus fort que moi. Je m’excuse par avance auprès de tous les gens que j’ai croisés cette semaine, et qui ont pu avoir le sentiment que je n’étais pas vraiment présente. Je crois que mon esprit était déjà parti. Mais vous êtes dans mon cœur, il n’y a pas de doute !


Excitation et apaisement


Depuis hier, l’Ennui et l’Agacement sont rentrés au bercail, et ont invité l’Impatience à dîner. Par conséquent, je suis tranquille avec une vieille copine : l’Excitation. Je trépigne, je bous, je bouillonne. Je commence à sentir l’adrénaline pointer le bout de son nez. C’est le pied ! Il était temps !


Aux antipodes de l’Excitation, se trouve l’Apaisement. À quelques heures du départ, le fait de partir relève toujours de l’évidence pour moi. Pas de doutes, pas de regrets, pas d’inquiétudes notables. Je suis apaisée, soulagée. Enfin. Nous y sommes… Vraiment ! Ce n’est plus dans un mois, dans une semaine, dans deux jours. Non. C’est maintenant.



Une seule conclusion : je suis heureuse. Point !



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