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Le lac Titicaca – Bolivie, Pérou (17-22 octobre)

Mis à jour : 29 nov. 2018


Après plusieurs jours passés en ville, et notamment à La Paz, nous renouons enfin avec la nature. Ces moments vécus au lac Titicaca ont été une véritable bouffée d’oxygène et nous ont bien requinqués, avant de poursuivre notre périple vers le Nord du Pérou.


Au programme : lac immense, balades en bateau, îles paisibles, petites randos, rencontres insolites, et paysages incroyables.


Je vous raconte l’un de mes meilleurs souvenirs de ce début de tour du monde en famille.



Récit de notre séjour au lac Titicaca


1) Le trajet de La Paz à Copacabana


Mercredi 17 octobre – Nous quittons notre auberge de La Paz, direction la gare routière. Le terminal de bus de la capitale a été dessiné par Gustave Eiffel. Qui l’eut cru ?! Nous renouons avec la France quelques minutes, le temps de trouver le fier destrier qui nous conduira sur les bords du lac Titicaca. Notre choix se porte sur le car de la compagnie Manco Capak. Le nom nous plonge déjà dans la légende inca !


C’est la première fois depuis le Nord-ouest argentin que nous trouvons des touristes dans notre car. C’est là que l’on réalise que, depuis trois semaines, nous avons sûrement choisi des compagnies de transports bas de gamme ! Peu importe, nous sommes bien vivants, et c’est l’essentiel.


Le trajet est agréable : les virages se font rares et nous avons une belle vue sur le lac. Au bout d’une heure ou deux, le car s’arrête. Le lac empêche tout passage par voie terrestre. Pour le plus grand bonheur d’Auden, nous traversons l’étendue d’eau sur un petit bateau. Le car fait de même, mais à vide. La balade est courte, mais rafraîchissante. Elle bouleverse un peu les codes de nos habituels trajets !



Une fois remontés dans le car, il reste encore une petite heure de route, à travers de jolies montagnes pelées qui surplombe le lac.


2) L’ambiance de Copacabana


Situé à 3 840 m d’altitude, ce village de 6 000 âmes est assez étonnant. Copacabana associe une partie extrêmement touristique, sur les bords du lac, et une partie plus traditionnelle, vers les collines. Les rues sont aérées et colorées.



En face de la place principale, se dresse une superbe cathédrale baroque. Le blanc de ses parois et la faïence qui coiffe ses coupoles éblouissent les environs.



Si l’on est en manque d’étrangers, de restaurants et de babioles en tout genre, il est agréable de se promener dans les rues qui bordent le lac. Le port n’a rien d’exceptionnel, mais cela nous a fait un bien fou de retrouver de l’eau. Ce n’est pas la mer, mais l’on s’y croirait !


Dès notre arrivée, nous posons nos sacs à l’Hostal Colonial, un joli hôtel situé non loin du quartier touristique, mais sans vue sur le lac, ce qui contribue grandement à faire baisser les prix de la nuit ! Une fois installés, nous nous dirigeons vers le Calvario. En haut de la colline, à près de 4 000 m d’altitude, la vue sur le lac est extraordinaire. Depuis le centre de Copacabana et avec de jeunes enfants, la montée prend une quarantaine de minutes. Ça grimpe dur, mais le jeu en vaut la chandelle ! Il est de coutume de s’y rendre pour voir le coucher du soleil. Nous y sommes arrivés trop tôt et non équipés. Le vent a eu raison de notre motivation. Toutefois, nous conservons déjà un beau souvenir de ce point de vue.




Un seul regret, une seule critique à propos de Copacabana : le côté touristique a ses revers. Des dames se postent sur les bords du lac, avec leurs alpagas, déguisés pour l’occasion, afin que les touristes viennent les caresser. Les femmes proposent (imposent) ensuite aux passants de prendre une photo avec l’animal, moyennant finances. Si vous avez pris une photo sans le consentement des intéressées, il va falloir négocier ferme… Nous peinons à expliquer aux enfants qu’ils n’auront pas le droit d’aller caresser les animaux, alors que tout le monde le fait. Il est hors de question que nous tombions dans ce panneau déplaisant.


3) Le lac Titicaca


La taille du lac Titicaca donne véritablement le sentiment d’être au bord de la mer. Cela se comprend, il s’étend sur près de 8 500 km² ! Il est considéré comme le plus haut lac navigable du monde, situé à plus de 3 800 m d’altitude. Le Pérou et la Bolivie se le partagent. Le premier en possède 60 % et se plaît à répéter qu’il détient la partie « Titi », et son voisin, la partie « caca ». Ah… l’humour péruvien… !


C’est sur ses côtes que la civilisation pré-inca Tiwanaku, premier empire andin, s’est développée entre le Ve et le XIe siècle.


Plusieurs légendes sont associées à ce lac. Dans la culture inca, le dieu Viracocha surgit des eaux pour bâtir le monde. C’est le dieu que l’on voit représenté dans Tintin et le Temple du Soleil. Viracocha y crée le soleil (Inti), la lune (Quilla), les étoiles, puis les humains, qui auraient constitué les premiers peuples des Andes. Une autre légende veut que le grand prêtre et descendant du dieu Soleil, Manco Capac, aurait eu pour mission de fonder un empire. Le lieu de la prophétie devait être connu grâce à un bâton d'or. Lorsque celui-ci s'enfoncerait dans la terre, ce serait l'endroit où les hommes fonderaient Cuzco, le « nombril du monde », capitale de l’Empire du Soleil.


4) L’Isla del sol


Jeudi 18 octobre – Nous partons à 8h30, à bord d’un petit bateau qui conduit une trentaine de touristes sur une des îles du lac, l’Ile du soleil. C’est derrière cette île que le dieu créateur Viracocha aurait commandé que se lève le soleil.


C’est parti pour 1 h 30 de balade, sur les eaux calmes du lac. Les enfants sont tout excités ! Ils se calment rapidement en ressentant les premiers signes du mal de mer, et finissent par s’endormir.


L’Isla del Sol est paisible. C’est la plus grande du lac. L’ensemble est superbe : bleu intense de l’eau, cultures en terrasses, chemins en pierres, jolies maisons, ruines incas, lamas, moutons et ânes qui déambulent aux côtés de leurs propriétaires vêtus de leurs habits traditionnels, etc.



L’endroit est touristique, mais les hôtels et restaurants se fondent dans le paysage, sans trop le dénaturer. Nous n’avons pas dormi sur place. Nous nous contentons de grimper jusqu’à Yumani, village situé au sommet de la partie sud de l’île, de déjeuner sur une terrasse, surplombant le lac, de poursuivre notre ascension jusqu’au mirador du début du sentier des crêtes, de nous approcher des ruines et de redescendre. Le tout prend 4 h 30.




Avant de rentrer à Copacabana, le bateau de 16 h fait une halte inattendue aux ruines incas, nous permettant de les visiter. Par peur de rater le départ, nous avions préféré nous contenter de les voir de loin. Les enfants ont terminé la balade en bateau sur le toit de celui-ci, pour leur plus grand bonheur !



5) Puno


Vendredi 19 octobre – Départ pour Puno et le Pérou. Copacabana est située à seulement 10 km de la frontière péruvienne. À peine montés dans le car, nous nous arrêtons à Kasani. Le passage de frontière est rapide et sans problèmes. Nous faisons tamponner les passeports côté bolivien, nous marchons quelques mètres, passons sous une arche, et arrivons au Pérou. Les tampons péruviens en poche, nous remontons dans le car et roulons encore trois heures jusqu’à Puno.


Puno n’a rien d’exceptionnel. Notre hôtel, l’Hostal sol Andina n’est pas situé dans le centre, mais près du port. L’objectif est simplement de nous rendre aux îles Uros. Nous profitons tout de même du marché. En effet, la ville se transforme en marché géant le samedi. C’est assez impressionnant !



6) Les îles Uros


Samedi 20 octobre – Pour l’anniversaire d’Eylia, nous avons décidé de passer une nuit sur les îles flottantes, situées à 30 minutes en bateau depuis Puno. Il existe plusieurs possibilités pour visiter cet endroit insolite. On peut y aller à la journée, y dormir une nuit, ou prolonger encore le séjour en passant une autre nuit sur les îles Amantani ou Taquile.


Nous avons choisi de ne visiter que les îles Uros. Pour se rendre sur les autres, il aurait fallu rallonger le trajet en bateau de deux heures. Cela nous semblait rude pour les enfants.

Pour organiser le tour, nous préférons passer par le gérant de l’hôtel. Grand bien nous en a pris. En effet, cela nous permet de faire de grosses économies et de vivre le moins possible la mascarade touristique qui tourne autour de ses îles. Nous n’en avons qu’un aperçu.


Une fois arrivés en bateau à l’île capitale des Uros, une jolie mise en scène orchestrée par le guide commence. Celui-ci nous donne quelques explications sur la construction, le fonctionnement des îles et sa population indienne aymara. C’est intéressant. La suite, beaucoup moins. Un petit groupe de visiteurs est pris en charge par une « famille », qui lui fait visiter sa maison. Avec Momo, on s’attend à pouvoir poser des questions sur leur vie quotidienne. Que neni ! La jeune fille nous dit à peine bonjour et nous déballe ses tentures, ses bijoux, ses mobiles, afin que nous les achetions. Gênés, nous finissons par prendre un collier à 5 soles pour chacun des enfants. Nous ressortons rapidement de la maison, un peu dégoûtés et inquiets pour la suite.



S’en suit une sympathique série de chansons entonnées par les femmes de l’île, tantôt en espagnol, tantôt en anglais, ou encore en français. La motivation et la sincérité des chanteuses sont palpables. C’est ironique, bien entendu.



Le guide propose enfin de faire une balade sur ce qu’ils appellent leur « Mercedès Benz », c’est-à-dire une belle embarcation entièrement réalisée en roseau, fixée à un petit bateau à moteur. L’idée est sympa, sauf que nous devons encore mettre la main au porte-monnaie. Hors de question. Nous demandons à rester sur l’île et à attendre le retour de nos compagnons de voyage. Le guide comprend rapidement qu’il ne tirera rien de nous et contacte la famille qui doit nous héberger. Ouf ! Nous quittons enfin cette ambiance déplaisante !



Luis arrive en bateau à moteur. Notre hôte nous conduit jusqu’à son île de roseaux. Elle est assez vaste. Elle abrite toute la famille de Luis : ses frères et sœurs, son épouse, sa fille et son papa. L’île se compose de plusieurs maisonnettes en roseaux : des chambres, une salle à manger et une cuisine. Les sanitaires sont construits en dur.



Les îles Uros sont des îles flottantes, uniques au monde, fabriquées à base de roseaux. En effet, la totora est l’unique matériau de construction, qui sert également à réaliser de jolies maisons, meubles et décorations diverses. Les îles sont constituées d’un sol de 3 mètres d’épaisseur, attaché par un pieu, au fond du lac. Plus de 2 500 personnes vivent sur cet archipel flottant. On y trouve des écoles, des églises, un stade de foot, un centre de soins et une île capitale où l’on peut se restaurer et faire des courses.


Les habitants de « notre » île ont l’électricité grâce à des panneaux solaires. Ils captent même le réseau de Puno et ont donc Internet ! Ils vivent essentiellement de la pêche et de l’élevage de poules qu’ils revendent au marché, sur le continent. Le tourisme est évidemment une nouvelle manne. Ils ne s’en cachent pas. En un sens, c’est un nouveau type de maison d’hôtes. D’ailleurs, afin d’économiser de l’argent et d’éviter la mascarade déplaisante des tours organisés, il est tout aussi intéressant de prendre contact directement avec les habitants, via Internet, et de réserver une chambre. L’hôte vient ensuite vous chercher à Puno.


Luis nous laisse le temps de nous installer et nous confie à son frère, Juan-Carlos, qui nous emmène en balade. À bord de son bateau, il nous explique comment couper du roseau et nous fait goûter différentes parties de la racine. Auden et Eylia sont enchantés !



De retour sur l’île, nous repartons quelque temps après, pour poser un long filet de pêche. Cette fois-ci, nous embarquons à bord d’une barque en roseau. Le moment est magique. Tout est calme.



Une fois sur la terre ferme, ou plutôt sur les roseaux fermes, j’aide Sylvia à préparer le dîner. Au menu : soupe et truite. Nous nous étions jurés de ne rien consommer provenant de ce lac surpollué, mais par politesse, nous nous plions au jeu. Il faut reconnaître que c’est très délicieux !


La nuit est glaciale, mais nous parvenons à nous réchauffer sous les trois ou quatre couvertures fournies pour l’occasion. Le lendemain, nous retournons lever le filet de pêche. Le butin est maigre. Toutefois, les enfants sont ravis !


Par la suite, notre hôte nous abandonne pour aider ses voisins à déplacer une maison de roseau. C’est une activité assez singulière ! L’habitation est placée en équilibre instable sur un bateau à rame, et Juan-Carlos la déplace jusqu’à un autre endroit de l’île.


Avant de partir, Luis réalise devant nous un petit bateau en roseau pour Auden. Eylia en avait déjà reçu un la veille, pour son anniversaire.


Vient l’heure du départ. Nous remercions chaleureusement nos hôtes et retournons à l’île capitale, afin d’embarquer sur le bateau qui nous ramène à Puno.


Et les enfants ?


Ce n’est pas un scoop si je vous dis que les enfants ont adoré ces quelques jours passés au bord ou sur le lac Titicaca. Tous les ingrédients étaient réunis : balade, restaurants, jolis paysages, bateau, îles incroyables, pêche, jeux, etc.


Auden et Eylia se sont montrés très résistants lors des deux balades à pied que nous avons faites. Ils m’ont vraiment bluffée à l’Isla del Sol. Ils ont marché près de 3 h 30, sous le soleil, sur des chemins escarpés, à 4 000 m d’altitude ! Nous-même, parfois, avions du mal.

Eylia a fêté son anniversaire aux îles Uros. Elle a garde un superbe souvenir. Nous avions acheté un gâteau à Puno, et l’avons partagé avec nos hôtes.


Trucs et astuces du voyageur

  • Eau : non potable ;

  • Prises électriques : identiques à celles de la France, quoique parfois un peu trop larges.

  • Isla del Sol : Je pense qu’il n’y a pas d’intérêt à passer par des agences pour s’y rendre. Il suffit d’acheter un billet de bateau soi-même.

  • Tour aux Uros : éviter les agences. Essayer de contacter directement les habitants des Uros, via leurs sites Internet.

  • Copacabana : Bien que ce soit tentant, mieux vaut s’éloigner du port pour trouver un hôtel. Les prix seront cassés.


Budget pour 5 jours autour du lac Titicaca (2 enfants, 2 adultes)


Taux de change : 1 euro = 8 bs et 3,82 soles.


Hébergement (33,50 euros)

  • Copacabana : Hostal Colonial, 17,50 euros pour 2 nuits. Un lit double et un lit simple, sanitaires privatifs, pas de cuisine, wifi. En plein centre.

  • Puno : Hostal Sol Andina, 26 euros, 2 nuits. Deux lits simples, sanitaires privatifs, serviettes de toilette, pas de cuisine, wifi. 500 m du centre et du port.

Nourriture (99 euros)

  • Restaurants à Copacabana : 42 euros. Nous nous sommes faits plaisir pour le dernier soir !

  • Restaurant à l’Isla del Sol : 16 euros ;

  • Pollerias à Puno : 27 euros ;

  • Marché à Puno : 5 euros ;

  • Menus du jour à Puno : 9 euros.


Transports (45, 75 euros)

  • Trajet La Paz-Copacabana : 15 euros. Compagnie Manco Capak, 4 h de route, pas de toilettes, pas de chauffage ou de clim.

  • Passage en bateau durant le trajet en car : 0,75 euros ;

  • Trajet en bateau pour l’Isla del Sol : 15 euros. Les enfants paient 1/2 place.

  • Trajet Copacabana-Puno : 15 euros. Compagnie Titicaca. Très correcte. 3 h de route.

Activités (81,50 euros)

  • Entrée à l’Isla del Sol : 2,50 euros. Les enfants ne paient pas.

  • Tour aux îles Uros : 79 euros.

Total : 259, 75 euros



Après ces quelques jours bien sympathiques, nous reprenons la route pour Cusco et ses ruines incas. Jusqu’ici, nous avons centré notre voyage sur les paysages et quelques rencontres. Place désormais à la culture ! Sans pour autant négliger le reste :)


Hasta pronto !

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