• Léo

Ma liste noire | Les 11 choses que je redoute lorsque je pense à notre tour du monde

Mis à jour : 10 juil. 2018




Dans ma liste bleue, je vous racontais les moments qui me font rêver, lorsque je pense à notre voyage. Dans l’esprit des gens, « tour du monde » rime souvent avec « bonheur ». Pourtant, si c’est loin d’être faux, ce n’est pas l’entière vérité. C’est aussi une épreuve, un défi sur soi. En effet, par amour du voyage et de la découverte, le tour du monde nous conduit à repousser nos limites, à surmonter nos peurs, à tordre le coup à certaines de nos habitudes, et à sortir de notre zone de confort.


Malgré tout, l’impatience me gagne et je veux entamer cette aventure ! Je sais que, pour l’avoir vécu, le voyage me conduira à me dépasser. Au quotidien, je peine parfois (souvent) à lutter contre mes démons et à faire certaines concessions. Le tour du monde sera une sorte de parenthèse spatio-temporelle dans laquelle tout devient possible. Je serais prête à tout ! Le jeu en vaut la chandelle.


Voici quelques-unes des choses que je redoute, voire qui me terrifient, mais qui ne me feront pas renoncer au projet. Bienvenue en Enfer !


1) Me retrouver face une mygale


En bonne arachnophobe que je suis, il s’agit de mon pire cauchemar. En comparaison, la crainte n°12 est du pipi de chat ! Ok. J’exagère. À peine... Avec l’âge, je me suis pourtant grandement améliorée. Auparavant, la présence d’une araignée de la taille d’une fourmi pouvait me faire hurler, jusqu’à briser les vitres de l’ensemble de la maison ! Aujourd’hui, la vision d’une araignée métropolitaine traditionnelle, même un peu grosse, un peu noire, et un peu poilue, sans m’indifférer, ne m’émeut pas plus que cela. Quelques frissons me parcourent, au moment où je l’écrase frénétiquement. Toutefois, j’y parviens. Je garde mon calme, et me montre mature et responsable !

En revanche, durant 70% de la durée du voyage, je risque de me retrouver nez à nez avec des mastodontes. Ou plutôt yeux à yeux. Ou je ne sais pas quoi à je ne sais pas quoi, et je ne veux pas le savoir. Ça me débecte. J’ai même tenté l’hypnose, afin de me préparer à cette entrevue ! Il est possible que cela ait fonctionné un chouïa. Je me sens moins fébrile en imaginant la scène.


Au cours des séances, je devais associer l’image de la mygale à une image mentale neutre. J’ai choisi de penser à une table. En gros, quand je verrai une araignée géante, il faudra que je la transforme mentalement... en table. Ok. Facile. Problème réglé ! Ouf. Pourquoi se faire un monde de tout ça. C’était si simple. Je suis cynique, je sais. La pauvre hypnothérapeute n’y est pour rien. Ces conseils étaient loin d’être idiots. Elle m’a invitée également à dédiaboliser l’araignée, en l’imaginant colorée ou rigolote, comme dans les dessins animés. Pas bête. Autre voie : la documentation. En apprendre davantage sur le fonctionnement de la mygale pourrait me conduire à la voir sous un autre jour. Plus utile, plus intéressante, moins répugnante. Certes.


Je pense que ces séances m’ont aidée. Je redoute ce moment, mais j’accepte le fait que cela puisse arriver. Et puis, vis-à-vis des enfants, je dois être forte ! Eylia est prête à affronter sa peur des serpents, alors je ne vais pas faire ma chochotte avec des bébêtes poilues à huit pattes. Beurk...


2) Devoir composer avec le comportement détestable des enfants



Ah, les enfants ! Ces doux agneaux qui nous font craquer, pour qui on se plie en quatre, et à qui on veut faire découvrir le monde... Ces petits anges attachants, mais qui sont capables de se transformer en de terribles créatures, ambiance Le village des damnés ! Pourtant, durant le tour du monde, on espère plutôt avoir avec nous Carrie Ingalls et un petit Le Quesnoy, plutôt que Nellie Oleson et Joffrey Baratheon ;)


Imaginons qu’ils n’adhèrent pas au projet, qu’ils ne perçoivent pas en quoi ce voyage leur apportera beaucoup, et qu’ils nous le fassent payer. Imaginons que le changement de cadre de vie ne modifie en rien leur comportement de tous les jours, qui, sans être absolument insupportable, gagnerait à être amélioré. Comment, dans un contexte sans contraintes, sans école, riche en rencontres, en découvertes, en activités diverses, pourraient-ils encore trouver à se plaindre ?!


Nous le savons, les enfants restent des enfants et ne sont pas aussi rationnels que nous. Ils sont dans la sensibilité, dans l’impulsivité, et il sera difficile de les raisonner, lorsqu’ils auront perdu le capuchon de leur feutre, même si c’est en haut du Grand canyon ! Toutefois, j’espère que ces moments seront rares. Attention, lorsque je dis rare, j’entends une fois par jour ;)


Espérons également qu’il n’y aura pas de moment de grande déprime, de réelle envie, récurrente, de rentrer en France. Nous ferons de notre mieux pour être à l’écoute de leurs attentes et besoins. Nous nous efforcerons de les préserver, de leur apprendre à supporter les imprévus, les changements constants, à se séparer des personnes rencontrées sur la route pour en découvrir de nouvelles, à vivre loin de ceux qui sont restés en France, à se supporter toute la journée entre frère et sœur, etc. Toutefois, nous ne sommes pas magiciens. Tout le monde n’est pas prêt à faire un tour du monde. Peut-être ne l’étaient-ils pas ? Pourquoi nos enfants n’auraient-ils pas le droit d’être différents de nous ?


3) Perdre nos papiers et cartes bleues




Plus d’identité, plus d’argent. Panique ! Cela n’a rien de très grave. Il n’y a pas mort d’homme. Toutefois, c’est le genre de petits désagréments qui peut nous faire passer quelques mauvais jours, le temps que tout rentre dans l’ordre. Et puis, cela nous empêche d’avancer. Et pour nous, c’est fâcheux ! Déjà que notre planning est chargé, au vu de l’itinéraire que nous avons prévu, il ne s’agit pas de prendre du retard ! Plus sérieusement, si notre tour du monde n’est pas une course au passage de frontières, il est clair que nous sommes affamés de découvertes, et cela nous chagrinerait de devoir tirer un trait sur telle ou telle destination, non par choix, mais par contrainte administrative.


4) Faire face à des événements politiques ou sociaux qui mettent notre sécurité en péril


Une émeute, des manifestations musclées, des règlements de compte entre narcotrafiquants, etc., voilà ce que je redoute. Les événements récents au Nicaragua ont montré qu’un événement politique pouvait conduire un pays à s’enliser dans une véritable crise. Le pays pouvait être traversé sans trop de problèmes il y a encore quelques mois, et le contexte a convaincu certains voyageurs de contourner la zone.

Nous sommes loin du climat qui règne au Proche-Orient. Toutefois, lorsque l’on vadrouille en famille, il serait téméraire de s’engouffrer dans des contrées sujettes aux accès de violence, où la présence policière ou militaire peut impressionner de jeunes enfants - et des adultes !


5) Emprunter des transports en commun dangereux


La sécurité est un de mes soucis premiers, et sur la route, le problème reste entier. Je l’avais déjà évoqué dans mon article sur les modes de déplacements durant un tour du monde. Dans certains pays, et dans la plupart de ceux que l’on va traverser, la qualité des routes est parfois désastreuse, et la conduite des locaux laisse à désirer. C’est sans compter l’état de certains véhicules ou les conditions de travail critiquables de la majorité des chauffeurs de car. Ces derniers sont souvent seuls, pour de longs trajets, de nuit, sur des routes de montagne étroites et sinueuses.


Nous ne ferons aucune concession sur le choix de la qualité des compagnies de transports. S’il faut faire des économies, ce ne sera certainement pas sur ce poste-là. Or, tous les prix existent. La compagnie Cruz del Sur est, je crois, plus coûteuse, mais assez sûre pour l’Amérique du Sud.


6) Ne pas pouvoir aller en altitude




Nous rentrons ici dans la catégorie « santé ». Nous projetons de passer quatre mois environ en pays andins. Si ces destinations offrent également des paysages de vallées, voire de jungle, nous souhaitons nous concentrer essentiellement sur les zones d’altitude. Par conséquent, si l’un d’entre nous ne supporte pas les hautes sphères, nous serons contraints de redescendre, voire de modifier complètement notre itinéraire. Les enfants sont plus sujets au mal des montagnes, mais parfois ce peut être les parents qui se retrouvent bien plus mal en point que leurs marmots !


Il faudra respecter, tant que cela sera possible, les règles de bonne conduite en haute montagne : commencer l’ascension en partant d’une altitude inférieure à 2500 m, passer plusieurs jours à 3000 m avant de monter plus haut, ne pas dépasser 900 m de dénivelé par jour entre 2500 et 3500 m, et de 300 à 500 m au-delà de 3500 m, dormir toujours plus bas que le plus haut point atteint dans la journée, éviter les efforts physiques intenses, bien se reposer, bien s’hydrater, et avoir ce qu’il faut dans sa trousse à pharmacie.


Toutefois, nous ne pourrons pas toujours respecter ces règles. Par exemple, je crois que si l’on souhaite faire le Salar d’Uyuni (Chili), on démarre à 2800 m pour finir à 4000 m, sans de véritables possibilités de s’arrêter passer une nuit sur la route. Le dénivelé en une journée sera donc important. Nous essaierons toutefois de redescendre pour dormir.


7) Devoir composer avec une fracture osseuse


Cet aspect rentre dans la case « santé ». Toutefois, j’ai souhaité le traiter à part, pour deux raisons. D’une part, cela est, hormis cas extrême, moins grave qu’une infection rare et délicate à traiter. D’autre part, et c’est pour cela que la fracture a toute sa place dans ma liste noire, ce type de désagrément peut modifier considérablement le cours de notre voyage.


Si Momo ou moi nous fracturons un os de la jambe, nous sommes cuits ! En un sens, cela nous contraindra à prendre notre temps. À être de vrais voyageurs ! De ceux qui font l’éloge de la lenteur. Et qui ont bien raison. Voyons les choses avec optimisme. Si nous nous cassons un bras, il sera toujours possible de répartir le poids sur l’autre parent, et/ou d’investir dans une valise à roulettes en supplément. Si les enfants se cassent une jambe, là, encore, ce sera compliqué. En revanche, si ce n’est « qu’un » bras, tout va bien ! Eylia a déjà vécu l’expérience durant des vacances d’été, et nous avons pu passer de bonnes vacances, riches en souvenirs. Bref, espérons que nos os soient forts et ne nous lâchent pas. Cure de calcium et de vitamine D tous les jours à partir d’aujourd’hui !


8) Me sentir démunie face à l’état de santé de Momo ou de mes enfants





Qu’est-ce qui nous effraie le plus lorsque l’on part faire un tour du monde en famille ? Réponse : qu’il arrive quelque chose de grave à l’un d’entre nous et/ou que l’on doive rentrer en France. La sécurité est alors à prendre en compte, on l’a vu. La santé est une autre question importante. Je ne m’inquiète pas d’une légère otite ou de vagues maux de gorge, mais de soucis bien plus sérieux.


Malgré tout, une petite infection bénigne peut suffire à me pétrifier, si les premiers symptômes sont alarmants, ou que le cadre dans lequel l’un d’entre nous tombe malade n’est vraiment pas rassurant. Par conséquent, je crois que je redoute la situation dans laquelle nous ne parviendrons pas rapidement à améliorer l’état de celui qui est malade.


9) Apprendre qu’il s’est passé quelque chose de grave pour l’un de nos proches en France


Lorsque l’on fait un tour du monde, des proches restent à quai. Nous le savons et y sommes préparés. Notre moral sera soumis à rude épreuve et, parfois, la parole réconfortante d’un proche nous manquera. Toutefois, ce sera passager. Je l’espère ! Nous sommes habitués à vivre loin de nos amis et familles, et les appels téléphoniques ne font pas partie de nos passe-temps favoris.


En revanche, une différence doit être faite entre la crainte de ne plus participer aux échanges WhatsApp de notre groupe d’amis, et apprendre que l’un de nos proches est malade ou traverse une rude épreuve. Outre l’inquiétude ou la douleur que nous ressentons, une question se pose. Une question taboue. Taboue parce qu’elle nous oblige à faire des choix qui, dans un sens ou dans un autre, seront mal perçus ou mal vécus. Doit-on rentrer ou veut-on rentrer ? Devons-nous poursuivre notre tour du monde, le projet de notre vie, ou soutenir nos proches dans l’adversité ? Tournons les choses de façon différente : notre présence en France est-elle nécessaire, sera-t-elle profitable à la personne intéressée, ou se révélera-t-elle être inutile ? J’espère ne pas avoir à me poser cette question. Chaque cas appelle une réponse qui lui est propre.


10) Rentrer en France à la fin du tour du monde



Le sujet a déjà été abordé plus haut. Cependant, je souhaitais revenir sur ce point. Je redoute deux choses : devoir rentrer prématurément, pour les causes évoquées dans les paragraphes précédents ; et rentrer en France à la fin du tour du monde. Dans le premier cas de figure, le voyage aura, par définition, un goût d’inachevé. Ce sentiment ne nous quittera pas. C’est le projet d’une vie, et ne pas aller au bout serait difficile à supporter, quelle qu’en soit l’explication.


Dans le second cas de figure, le retour est alors inévitable. Il y aura une fin à ce voyage. À moins que l’on se transforme en famille nomade, et que l’on décide de tout plaquer en France. Le pied ! Mais bon, ne rêvons pas... Par conséquent, nous devrons retrouver notre vie, notre quotidien, nos habitudes, et tout cela, sans projet. C’est pour cette raison qu’il en faudra un, de projet ! Aussi modeste soit-il. Un voyage d’une semaine, un changement professionnel, un déménagement, un chien (mon Dieu, non !)... Bref, quelque chose : un projet, un objectif, une nouvelle petite parenthèse stimulante, qui fait avancer.


11) Perdre Eylia et Auden


Je n’envisage même pas une seconde de perdre les enfants pour de vrai et pour de bon. Vous imaginez bien ! Je pense simplement, et c’est déjà trop, au moment où nous aurons perdu tout contact, visuel ou autre. Un moment qui ne durera peut-être que quelques minutes, mais des minutes interminables, pour eux et pour nous. Je crois que cette situation m’inquiète encore davantage pour eux. De leur point de vue, ce court laps de temps aura vite des airs de cauchemar.


C’est pour cette raison que nous avons réfléchi à plusieurs règles de bonne conduite à tenir, pour éviter ces problèmes. Ambiance militaire dès le début du voyage ! « Garde à vous ! Respectez les règles : donnez la main dès que nous sommes dans la rue, ne vous éloignez pas lorsque nous faisons les courses, ne sortez jamais de l’hôtel seuls, ne suivez personne pour quelque motif que ce soit, etc. »


Puisqu’il est évident que ces règles élémentaires ne seront pas systématiquement suivies, nous avons prévu (j’ai prévu) tout un arsenal de sécurité. Tout d’abord, ils porteront un bracelet d’identification autour du poignet, avec leur nom et mon numéro de téléphone. Ils auront également toujours sur eux, à chaque sortie, un petit papier indiquant le nom de l’hôtel et son numéro. En outre, au cas où ils auraient retiré ou perdu leur bracelet, ils auront appris à dire en espagnol et en anglais « Je m’appelle Machin, je suis Français ». Eylia connaîtra par cœur mon numéro de téléphone, qu’elle pourra écrire. Enfin, il est possible que nous leur achetions un petit sifflet de randonnée, qu’ils porteront dans des contextes particuliers, lorsque nous risquons d’évoluer dans la foule.


Oui, je sais, je suis tarée. Ce n’est pas un scoop ! Et oui, je sais, ce ne sont pas des chiens ! Il ne manquerait plus qu’on leur mette une balise GPS. Ne rigolez pas, ça existe. Et franchement, j’y ai pensé ! Pour me justifier, il faut quand même se dire qu’ils n’ont que 4 et 7 ans, sont relativement sensibles, ne parlent pas la langue des pays traversés, que Auden est un électron libre, et que ça nous est tous arrivés de perdre de vue nos enfants dans un rayon de supermarché ! Par conséquent, je préfère les équiper comme des chiens d’aveugle, et leur laisser davantage de liberté, que de leur briser les poignets à force de m’agripper à eux ! Et puis, le tour du monde avançant, je m’apaiserai sûrement, baisserai ma garde, et ils iront seuls à Bogota chercher des bonbons au supermarché !





Fin de la liste noire. Mais je crois que j'oublie ma peur principale : ne pas partir, devoir annuler le tour du monde, pour x raisons. Soyons optimiste : cela n'arrivera pas !


Peut-être n’auriez-vous pas dressé une liste identique. Les craintes sont propres à chacun, à chaque histoire, à chaque famille, et à chaque itinéraire. Pour avoir sondé plusieurs voyageurs, la santé et la sécurité sont des craintes récurrentes. Nous sommes unanimes sur ce point. Cela semble logique. Les enjeux sont vitaux, et le tour du monde peut être rapidement compromis.


Au contraire, certaines choses ne me dérangent-elles pas et ne m’effraient-elles pas, alors qu’elles pourraient inquiéter d’autres voyageurs : vivre en mode routard, l’imprévu, ne pas toujours pouvoir me laver, laisser au port des personnes que j’aime, dépasser (de peu, évidemment) le budget prévu, la barrière de la langue, etc.


Et vous ? Quelles sont ou seraient vos craintes les plus importantes, et vos inquiétudes plus secondaires ?


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