• Léo

Mon premier bilan après une semaine de voyage autour du monde en famille




Un bilan à une semaine ? Quel intérêt, me direz-vous ? ! Et bien, je trouve, au contraire, que c’est dans ce laps de temps que l’on peut déjà prendre conscience de beaucoup de choses, quant à l’organisation et au vécu du tour du monde.


Est-ce que tout ce que l’on avait prévu correspond à ce que l’on imaginait ? Est-ce que l’on vit bien le début du périple ? Je pense pouvoir dire que nous sommes prêts à affronter ce qui nous attend !


Bilan de l’organisation de notre tour du monde en famille à J + 7


Faisons un point sur chacun des aspects abordés dans mes différents articles. Reprenons dans l’ordre :


L'itinéraire prévisionnel


À ce jour, rien n’est encore modifié. Nos deux premiers stops, à Santiago et Valparaiso, m’ont ravie. Nous aurions pu rester bien davantage à Valparaiso, par exemple. Néanmoins, l’envie de poursuivre la route, de connaître la suite de l’aventure, nous titillait de trop ! Alors, Avanti !


Le mode de déplacement


Parfait ! Nous sommes à 100 % satisfaits de ce mode de déplacement. Oui, je sais, cela ne fait qu’une semaine que nous voyageons ainsi ! Toutefois, je perçois déjà ce que cela a de formidable et ce que cela a de difficile. Pour le moment, j’ai le sentiment que le premier l’emportera sur le second.


Prendre les transports en commun, vivre au milieu de la population locale, partager la vie quotidienne dans les auberges de jeunesse, échanger avec d’autres voyageurs de toutes les nationalités, changer de maison, de chambre, aller au supermarché, etc. C’est génial ! Les enfants adhèrent et adorent. Cela me conforte dans l’idée qui était la nôtre de travailler leur adaptabilité, à travers ce mode de vie.


L'équipement


Il est évident que l’on pourrait être mieux avec quelques bricoles supplémentaires. Pourtant, sans mauvaise foi, je crois que cela me soulage de ne pas avoir à réfléchir à la façon dont je dois m’habiller. Nous avons l’essentiel, et cela nous suffit amplement. En ce moment, c’est l’hiver austral au Chili. Nous vivons en polaire et doudoune le matin, parfois en short l’après-midi. L’association basket / tongs est parfaite et suffisante. La journée, je n’aurais pas envisagé de faire marcher les enfants en sandales. Une fois rentrés à l’auberge, nous sommes heureux de nous mettre en tongs. Enfin… tout dépend de la température !


Nous sommes équipés correctement. Toutefois, il y a certains musts que je tiens à souligner. Je ne m’en cache pas, j’ai eu trois idées de génie ! Idée de génie n°1 : je me félicite d’avoir emporté nos sacs à viande polaire. Ils nous servent en toute occasion, surtout au vu de la saison. Idée de génie n°2 : les serviettes de table avec élastique ! Nous les avons sur nous en permanence, et nous avons évité au moins 15 catastrophes en quelques jours ! Idée de génie n°3 : les sous-sacs de rangement. Dès que nous arrivons dans une auberge, je sors nos sous-sacs, et chacun y voit plus clair dans ses affaires. Et puis, hop, lorsqu’il faut partir, on remet tout en boule, et zou, dans le grand sac de rando !


Autres accessoires déjà incontournables : nos quelques pinces à linge, notre couteau-suisse, notre lot de trois couverts en plastique que je prends sur moi tous les jours, nos petits cache-cous qui font également bonnet et bandeau.


La trousse à pharmacie


Rien utilisé pour le moment. Heureusement !


Les affaires de toilettes


Nous n’avons toujours pas utilisé nos serviettes, notre gel douche et notre shampoing, car nous en avions à disposition dans nos trois premiers logements. Nickel. J’espère que cela continuera ainsi. Nous ferons des économies et éviterons de devoir faire sécher nos serviettes.


Les routes




Pour le moment, les axes chiliens semblent sûrs. Le premier car était très confortable. Le second un peu moins, mais très correct tout de même. Le deuxième trajet a duré 7 heures et est passé comme une lettre à la poste ! On papote, on regarde le paysage, on pique-nique, on dort, ils écoutent leur musique ou leurs livres racontés sur le lecteur MP3, et ça passe !


L’école en voyage


Pour Eylia, j’y vais petit à petit, tranquillement. Toute occasion est bonne pour faire un point : travailler les mesures de masses et de grandeurs en émettant des hypothèses : « Est-ce que cette tour se mesure plutôt en cm, m, km ? », « Est-ce que la masse de cette voiture se mesure plutôt en g, en kg, en tonnes ? », « La tour que tu vois mesure 264 m. Combien cela ferait en cm ? », etc. Nous avons entamé la révision des tables de multiplication et posé quelques calculs pour le budget. Nous travaillons la monnaie avec les achats quotidiens. Grâce au carnet de voyage d’Eylia, je fais un point sur l’étude de la langue. Par ailleurs, bien entendu, nous étudions le vocabulaire en espagnol. Enfin, je ne parle évidemment pas de tout ce qui concerne la géo et l’histoire, qui fait notre vie de tous les jours. Les leçons de sciences font partie de ses lectures de chevet. Je les avais téléchargées sur la liseuse. Elle les dévore avec plaisir.

Pour Auden, encore moins de pression. Graphisme, numération, quand cela s’y prête.


Les jeux


Parfait également. Les enfants se contentent de leur unique petit jouet perso. Pour le reste, ils n’ont même pas encore goûté à tous les jeux que j’ai apportés. Auden se concentre sur le mikado et le Tangram. Eylia a porté son dévolu sur les jeux de 7 familles anglais et espagnol, et sur la liseuse. Pour le reste, ils jouent tous les deux à tout et n’importe quoi !


Nous ne sommes pas dupes. Nous savons que cela ne durera pas. Je pense que l’on achètera un nouveau jouet, de rechange, tous les mois. Il faudra, par conséquent, donner ou abandonner l’autre.


Le couple et soi


Je suis assez optimiste. Nous avons déjà réussi à nous faire quelques courtes soirées, tous les deux, en couple. Non, nous n’avons pas laissé les enfants à Julio, 57 ans, borgne, alcoolique et voyageur de passage ! On ne sent pas encore suffisamment à l’aise. D’ici deux semaines, peut-être. Plus sérieusement, l’auberge de Valparaiso se prêtait parfaitement à une première tentative de soirée solo. Il y avait deux salons au bout du couloir où se trouvait notre chambre. Nous avons laissé la porte entrouverte et les enfants se sont endormis tranquillement. Nous avons fait de même dans notre auberge de La Serena.


Pour ce qui est des moments persos, nous avons trouvé un mode de fonctionnement qui correspond à notre façon, à Momo et à moi, de concevoir le voyage. Momo ne demande qu’à sortir se promener. Par conséquent, il sort se balader dès que possible, une heure ou deux. De cette façon, il n’a pas le sentiment que les enfants le bloquent, l’empêchent de faire ce qu’il veut. De mon côté, voyager, c’est aussi me poser, discuter, apprécier des moments de calme, et mettre par écrit ce que je vis et ce que je ressens. En seulement quelques jours, nous avons déjà pu nous retrouver seuls à plusieurs reprises. C’est plutôt bon signe !


Le budget


Nous sommes dans les clous ! Pas de mauvaise surprise. Nous avons eu la chance de pouvoir cuisiner dans nos logements depuis notre arrivée, ce qui est bien plus économique… et plus équilibré ! Cependant, nous avons décidé de nous octroyer un repas « en ville » (snack, restau pas cher) à chaque étape, ou chaque semaine. Par ailleurs, nous marchons le plus possible, afin d’économiser les transports. Enfin, vivre dans des auberges est ce qu’il y a de moins cher, et c’est ce qui nous plaît. Parfait.


L'aventure




Je n’ai pas réalisé tout de suite ce qui nous arrivait. C’est dans le vol Zurich-Sao Paulo que j’ai pris conscience que l’aventure commençait. Là, j’ai compris que je sortais de ma zone de confort, que je ne pouvais plus faire marche arrière. Nous étions embarqués, tous les quatre, pour plusieurs mois de vadrouille autour du monde. Je crois que c’est en les regardant dormir, la nuit, à l’arrache, alors que l’on survolait l’Atlantique, que je me suis dit : « Mais qu’est-ce qu’on leur a fait ?! »


À partir de cet instant, où nous avons franchi le seuil de l’appareil qui nous emmenait vers d’autres horizons, l’aventure s’est postée devant moi, et j’ai bien senti qu’elle n’allait pas nous lâcher de si tôt. Pour le moment, tout est nouveau, tout est excitant, tout est déroutant, tout est aventure, pour les enfants, et pour nous. Le premier avion, le premier long courrier, le premier vol de nuit, puis de jour, l’arrivée à Santiago, le premier bus, la première recherche d’hôtel en ville, le premier supermarché, le premier repas à l’extérieur, le premier square, le premier métro, les premières visites, le premier transfert en car, le premier changement de logement, etc. On pourrait penser que cela va rapidement prendre fin, que la routine va s’installer, mais non, pas tout de suite.


En effet, hier nous avons fait notre première petite rando. Tout à l’heure, nous ferons notre premier trajet en car, de nuit, d’une durée de 18h, nous vivrons nos premiers moments en altitude. Dans une semaine, nous changerons de pays, nous franchirons notre première frontière terrestre. Dans moins d’un mois, nous découvrirons un pays plus pauvre, la Bolivie, qui s’éloignera des standards que les enfants connaissent. Et puis il y aura les changements de climats, de végétations. D’ici deux mois nous quitterons les hautes altitudes pour découvrir le climat équatorial, la jungle et les moustiques qui vont avec ! Nous pourrons enfin nous baigner dans l’Océan pacifique.


Il est possible que la routine s’installe lorsque nous arriverons en Amérique centrale. Cela fera quatre mois que nous vadrouillerons en pays hispanophones, que nous mangerons le même type de plats, que nous nous baladerons dans des ruelles aux maisons colorées, etc. Cependant, ce sera aussi à ce moment-là que nous irons vivre quelque temps chez des locaux, amis de Momo, au Costa-Rica, puis au Mexique. Notre quotidien sera différent, moins routard, mais tout aussi intéressant.


En mars, nous devrions quitter le Mexique pour entrer aux Etats-Unis. Plus grand-chose à voir avec ce que l’on aura connu auparavant ! Ensuite, il y aura les premiers vols en avion depuis 7 mois, la Polynésie et ses plages, la Nouvelle-Zélande et sa sérénité. Enfin, l’Asie nous plongera dans une nouvelle aventure, dont le degré ira croissant : Bali, très touristique, mais très dépaysante, comme le sera Pékin. Nous terminerons par les pays d’Asie centrale, top de l’aventure : alphabet différent, peu de maîtrise de l’anglais, tourisme encore peu développé, etc. Mais à ce stade du voyage, nous seront rodés !


Baromètre d’une famille autour du monde


Mon ressenti perso


Comme expliqué plus haut, depuis une semaine, je vis une lente prise de conscience, aux sentiments ambivalents : celle de la durée du séjour, qui semble à la fois très courte et très longue ; celle du volume de nos bagages, qui semble à la fois ridicule et presque trop important ; celle du ressenti de nos enfants, qui laisse penser tantôt qu’ils partagent avec nous une expérience extraordinaire, tantôt qu’ils ne prennent pas la mesure de ce qu’ils vivent ; celle de la présence des enfants, qui est à la fois un grand bonheur et un grand handicap ; celle de la place de « l’école » durant le voyage, qui semble à la fois insuffisante et envahissante, etc.


Je me laisse beaucoup porter par Momo, étant donné que je n’ai rien suivi des préparatifs relatifs à l’itinéraire interne aux pays traversés ! Toutefois, pour ce qui est de la vie quotidienne, je prends bien mes marques, j’observe, j’ajuste.


Le froid est parfois un peu pesant. Les auberges ne sont pas chauffées, souvent ouvertes sur l’extérieur, et nous n’avons pas vraiment d’endroit où venir nous réfugier, sans subir les affres de l’hiver austral ! Néanmoins, cela reste supportable. Pour le moment, la température tourne autour de 8°C la nuit et le matin, et 16°C l’après-midi. Notre solution est de bouger au maximum, en allant nous promener le plus possible. Avec Momo, nous nous rassurons en nous disant que le froid a de bons côtés : il n’y a pas de moustiques, pas de bestioles, et l’on dort bien ! Nous regretterons sûrement ces températures, lorsque nous arriverons près de l’Equateur.


Le comportement des enfants




Je trouve que le comportement des enfants est exemplaire. Momo trouverait que j’exagère ! C’est simplement parce que j’essaie de me mettre à leur place. Ce tour du monde, nous le leur avons imposé. Ne l’oublions pas. Certes, ils ont une chance inouïe. Toutefois, seuls les adultes et grands enfants ont conscience de cela.


Ils auraient pu paniquer, être effrayés par une vie citadine, comme à Santiago, eux qui viennent d’une petite ville de province. Ils auraient pu détester ce mode de vie routard, vouloir davantage de jouets, refuser de marcher, ne rien apprécier, craindre les gens, être déboussolés par les langues étrangères, etc. Rien de tout cela. Nous souhaiterions parfois qu’ils marchent davantage. Néanmoins, je pense que parcourir 6 km par jour, à 4 et 7 ans, c’est déjà bien pour le début du périple.

Les Chiliens sont adorables avec Auden et Eylia. Ils les font rire et les étonnent. On les complimente, les félicite. Combien de fois a-t-on déjà entendu : « Que bonitos » ! Auden et Eylia n’hésitent pas à entrer en contact avec la population locale et ne sont pas avares de « Hola ! » et « Gracias ! », à tout bout de champs !


Eylia est fabuleuse ! Elle est égale à elle-même : curieuse et enjouée. Elle comprend tout ce qu’il se passe et s’intéresse à ce que l’on découvre. Elle sait apprécier ce que l’on voit et pose les bonnes questions. Elle a fait de tous les chiens, chats et pigeons du pays ses meilleurs amis. Ce comportement, je l’imaginais, je l’attendais, et cela ne m’étonne pas. Ce que je trouve formidable, c’est qu’elle prend également beaucoup sur elle. Elle marche plus qu’elle ne le voudrait, sans trop se plaindre. Elle supporte son petit frère et aide parfois à le calmer. Elle boit et mange après nous, alors que c’est une maniaque de la bave ! Pourvu que ça dure !


Auden est indescriptible ! Comme à son habitude… On a le sentiment qu’il n’a jamais quitté sa vie française. Il est imperturbable. Il s’est fondu dans le moule sans aucun souci. On le prendrait pour un petit Chilien ! Il n’a peur de rien. Et c’est un peu le problème ! Tout ce qui peut être escaladé est escaladé… et même ce qui ne le peut pas. Il saute, court, crie, hurle, chante, tape, tourne, tourbillonne, mange tout ce qu’il trouve. C’est assez usant, mais bon. Nous avons fait un pacte : pour ses 4 ans (dans trois semaines), il doit devenir un « grand ». On ne sait jamais, ça peut marcher. Suis-je naïve ?!

Il s’intéresse à sa nouvelle vie de voyageur, mais d’une façon quelque peu singulière ! Il se passionne pour les ascenseurs, les caniveaux, les chiens, les chats, les squares et, évidemment, les motos et les pompiers. Il a déjà réussi, avec un joli sourire, à arnaquer un Chilien, pour grimper sur sa moto ! Et tous les jours, il demande : « Mais, c’est le tour du monde, là ? » ou « C’est encore le tour du monde, aujourd’hui ? » ! Cela fait une semaine qu’il croit qu’on est en Chine. Bref, Auden, quoi.


Arrêtons-là le tableau enchanteur. En une semaine, nous avons déjà dû gérer des crises. Toutefois, rien d’inhabituel. Aucun lien avec le voyage. Des crises standards. Inévitables. Cela nous a confortés dans l’idée de bien adapter notre rythme de vie à celui des enfants. Nous visitons le matin, lorsqu’ils sont frais et de bonne humeur. Nous ne tardons pas trop à déjeuner. Nous rentrons faire une sieste, lorsque c’est possible. En fin de journée, nous en profitons pour rester à l’auberge, faire l’ « école » et les laisser jouer.

C’est également dans ces moments que je peux me poser et que Momo part, éventuellement, se balader seul. Comme ça, tout le monde est content ! Par ailleurs, nous ne poussons pas le bouchon trop loin. Lorsque l’on sent qu’il faut rentrer, nous rentrons. Lorsque l’on sent qu’il faut arrêter de marcher et prendre un taxi, un bus ou un colectivos, nous le faisons. Au-delà de notre budget et de notre santé, le nerf du tour du monde, c’est aussi, et surtout, les enfants ! S’ils pètent un plomb, nous pouvons dire au revoir au voyage…




Pour résumer, tout roule ! Le bémol du moment : le froid ! Il ne dérange aucunement les enfants, qui cavalent dans tous les sens et ressentent à peine les basses températures. C’est déjà ça. C’est simplement pénible pour faire sécher les vêtements, et pour nous, adultes, qui peinons à nous réchauffer. Mais rien de bien grave. C’est le jeu !


À +


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