• Léo

Passer une nuit en yourte en famille dans le désert en Ouzbékistan (7-8 juin)

Mis à jour : 22 juin 2019



Passer une nuit en yourte dans le désert ? Le rêve ! Nous l’avons réalisé, pour le plus grand bonheur de nos enfants.


Certes, le désert du Kyzyl Kum n’est pas le Sahara, et notre camp de yourtes était plus touristique qu’authentique. Toutefois, cela reste une expérience unique !


Après villes de la Route de la Soie, en route pour les portes du désert !


1. Quel camp de yourte choisir ?


Le camp de yourtes d'Ayaz Kala

À ma connaissance, mais je pense qu’il y en a d’autres, les deux camps de yourtes les plus connus sont ceux d'Aïdar, situé à l'ouest du lac Aïdar-Kul, et d’Ayaz Kala, au nord d'Ourgentch.


Nous ne souhaitions pas particulièrement vivre cette expérience en yourte dans un camp très fréquenté. Au contraire ! Toutefois, à moins d’avoir des contacts privés en Ouzbékistan ou d’y aller au culot, en débarquant chez les gens, il est difficile de pouvoir passer directement par une famille et éviter les structures touristiques.


Se rendre à Nourrata supposait de faire un crochet vers le désert entre Samarcande et Boukhara. Le trajet aurait été long et fatigant. Depuis Khiva, il est moins compliqué d’accéder au camp de la forteresse du désert d’Ayaz Kala. C’est ce que nous avons fait.


La forteresse d’Ayaz Kala est située sur la rive droite du fleuve Amou-Daria, dans la république autonome du Karakalpakstan. Construite au IIe siècle, durant la période de domination de l’immense empire Kushan, l’édifice faisait probablement partie d’une ligne défensive servant à surveiller les portes du désert du Kyzyl Kum et à protéger l’oasis d’éventuelles attaques.


2. Où réserver sa nuit en yourte dans le désert?


Une fois à Khiva, nous peinons à trouver une personne pouvant nous aider à réserver notre nuit. Les propriétaires de notre hôtel, faisant leurs premières armes dans le tourisme, nous proposent bien un tour dans le désert, mais ne semblent pas être en mesure de nous présenter autre chose.


Nous entrons dans une librairie qui propose également des excursions. La nuit en yourte a Ayaz Kala est possible, mais à la vue de nos enfants, le propriétaire freine des quatre fers ! Trop jeunes ! Bon, ça commence mal...


Ne baissant pas les bras, nous reprenons notre marche, faisons le tour de la ville et trouvons l’office du tourisme. C’est là que nous réservons notre nuit.


Nous avons découvert après coup qu’il était possible de réserver une nuit dans le camp d’Ayaz Kala via Booking. Et oui, le tourisme gagne tous les secteurs !


3. Quel budget pour une nuit en yourte dans le désert ouzbek ?


Le prix d’une nuit en yourte est dérisoire ! Cela nous a coûté 126 euros ! Le prix comprend le transport, l’hébergement pour la nuit, le dîner et le petit-déjeuner. De mémoire, les enfants ont payé demi-tarif.


Il était difficile de comparer les prix avec d’autres agences, puisque nous n’en avons trouvé qu’une ! Toutefois, après quelques visites sur différents blogs, les prix proposés semblaient tout à fait corrects, voire en-deçà de ce que nous avions budgété.


À cela, il faut ajouter 10 dollars pour trente minutes de balade en dromadaire, si on le souhaite. C’est évidemment hors de prix, mais pour le souvenir, je me voyais mal refuser ça aux enfants. Ils ne revivront pas tous les jours cette expérience !


4. Que faut-il emporter pour passer une nuit en yourte dans le désert du Kyzyl Kum ?


Pour une nuit, voici ce qui me semble nécessaire et suffisant :


  • de l’eau ! Ils offrent du thé, mais je ne suis pas sûre qu’ils aient de l’eau. Certaines boissons sont payantes : bière, vin. Ils en profitent !

  • de la crème solaire (on est quand même dans le désert !), casquette, lunettes de soleil.

  • un petit vêtement chaud, pour le soir (pas besoin non plus de la polaire)

  • des affaires de toilettes : le camp est équipé d’une douche et de toilettes tout à fait correctes.

  • de quoi grignoter, si vous n’êtes pas fan de cuisine ouzbek. Nous n’en avons pas eu besoin, tellement nous avons mangé !

  • une petite trousse à pharmacie. On ne sait jamais !

  • Et, bien sûr, vos passeports, pour l’enregistrement auprès de l’Ovir.


5. Récit de notre nuit en yourte à Ayaz Kala


Le trajet Khiva-Ayaz Kala


Vendredi 7 juin – Nous quittons notre hôtel de Khiva aux alentours de midi et patientons à l’office du tourisme. Le départ n’est prévu qu’à 16 h et nous nous voyons mal demander à nos hôtes de rester chez eux après le check-out, alors que nous n’avons pas booké notre tour dans le désert avec leur fils !


L’office du tourisme est tout à fait agréable pour patienter. Nous avons la climatisation, de l’espace et un brin de wifi.


Notre chauffeur arrive à l’heure. Nous chargeons les bagages et filons vers le désert. Le trajet est long. Il faut d’abord traverser Ourgentch, puis s’enfoncer dans la campagne, avant d’arriver aux portes du désert du Kyzyl Kum. L’état des routes est catastrophique, lorsque l’on s’éloigne des axes principaux. Nos vertèbres en prennent un coup !


Nous approchons du camp de yourtes. Celui-ci est situé à quelques kilomètres après la fin de l’oasis. Dans un premier temps, alors que je suis encore entourée de végétation et que je vois au loin apparaître les contours de la forteresse, je m’inquiète un peu pour le côté désertique de notre environnement. Certes, nous sommes à l’entrée du désert, mais je pensais tout de même me sentir davantage isolée.


Le camp de yourtes d’Ayaz Kala


La forteresse d'Ayaz Kala

En définitive, lorsque nous arrivons au camp à 18 h, nous nous sentons véritablement dans le désert. Nous apercevons des tâches vertes à l’horizon, signe que nous ne sommes pas loin de la civilisation. Toutefois, en balayant les alentours du regard, on se sent tout de même perdu dans le désert !


Le Kyzyl Kum n’est pas un désert de sable comme le Sahara. Le sol est surtout recouvert de terre, de cailloux et de quelques plantes rases éparses.


Le camp de yourtes se compose d’une dizaine de tentes. Cinq ou six sont destinées à l’habitation, deux autres aux repas. Deux véritables maisons en forme de yourte s’ajoutent à l’ensemble. C’est ici que vivent les gérants du site. Et, oui, nous ne sommes pas vraiment dans un camp de nomades, mais dans une structure touristique, qui simule l’authentique. Un bâtiment en dur abrite une douche et des toilettes.


Le camp est installé sur une petite colline qui domine les environs. La forteresse d’Ayaz Kala est située sur un promontoire, à une centaine de mètres de là. Celle-ci peut être admirée depuis les balançoires du camp, qu’Auden et Eylia s’empressent de monopoliser !



Je craignais que le camp ne soit envahi de touristes. Il n’en est rien. Seules deux Américaines et leur guide complètent la liste des pensionnaires. Si l’on fait exception des chameaux, des dromadaires, d’un lapin en cage et du petit agneau noir, nous sommes presque seuls! Enfin, disons que j’aurais bien brûlé le drone des Américaines...


Notre soirée au camp de yourte


Notre yourte pour le dîner !

Nous prenons nos marques rapidement. Auden et Eylia vont saluer nos amis camélidés, jouent avec l’agneau, courent dans le désert, grimpent sur les balançoires, partent à la recherche de scorpions, de lézards, de gerboises et de renards qui vivent dans les environs. Le paradis !


C’est l’heure du dîner ! Nous entrons dans une tente, invités par un homme qui se tient assis à côté d’une des tables basses de la yourte. Comme d’habitude, la table est recouverte de coupelles aux mille douceurs. L’Ouzbékistan est le pays du sucre !


Nous nous installons et entamons notre « apéritif ». Nous ne savons pas bien ce qui est au menu. Notre commençons par déguster des légumes crus trempés dans une sorte de sauce, dont les ingrédients restent indéterminés. Pourvu que nous ne tombions pas malades !


Un groupe de cinq ou six hommes entrent dans la yourte. Nous ne les avions pas vus lors de notre arrivée au camp. Qui sont-ils ? Restent-ils dormir ici ? Sont-ils des amis ou de la famille des habitants du camp ? Nous l’ignorons. Ils ont l’air fort sympathiques et entament la conversation. Ce n’est pas simple, étant donné qu’ils ne parlent presque pas anglais. Nous nous débrouillons avec les moyens du bord.


Notre hôte nous apporte une soupe, accompagnée d’une bouteille de vodka. Curieuse association, mais pourquoi pas ! Nous comprenons rapidement que nous n’aurions pas dû nous trouver dans cette yourte. Celle-ci est normalement réservée aux Ouzbeks et nous devions manger dans la yourte pour touristes. Nous sommes ravis de notre erreur !

Un convive sert sa première tournée de vodka. Moi qui n’aie presque pas bu d’alcool depuis le début du tour du monde, je sens que la soirée risque d’être animée ! Je me vois mal refuser et prends en main mon petit bol rempli à ras bord du célèbre alcool russe. Si nous avons bien compris la marche à suivre, on ne sirote pas sa vodka tranquillement, à son rythme, tout au long du repas. Celui qui sert les autres convives doit porter un toast, puis tout le monde boit son nectar cul-sec. Il faut ensuite avaler un bol de thé ou de soupe, et croquer dans une petite tige d’oignon. Pas simple !


Nos compagnons de soirée ouvrent ensuite une petite boîte en verre qui trônait sur la table depuis le début du repas. Je rêve, c’est du caviar ! Je confirme, nous avons bien fait de nous tromper de yourte pour le dîner ! Nous commençons à comprendre que l’on doit être assis à la table d’hommes d’affaires ouzbeks, venus ici célébrer un événement quelconque.


Les plats s’enchaînent sans que l’on parvienne à faire une pause. Les toasts aussi se succèdent les uns après les autres. Mon tour est venu de trinquer. Je les remercie pour leur hospitalité et leur sens du partage. Mes belles paroles sont vaines, ils ne comprennent pas un mot de français ! Mais leur cœur y est ! Je sens que les convives sont amusés d’avoir une femme à leur table. Ils sont bien résolus à me soûler et multiplient les photos !


Il est près de 21 h, lorsque nous quittons la yourte. Les Ouzbeks n’ont pas terminé leur repas. Je pense qu’ils en ont pour la nuit !


Les enfants et moi partons nous promener. C’est tellement agréable… Il fait bon, nous sommes seuls, un vent tiède nous enveloppe. Auden et Eylia sautillent, et me remercient de les avoir conduits ici. Les chameaux et dromadaires galopent en direction du camp pour prendre leur repas. Magique !


C’est à cet instant que je prends conscience que la fin du tour du monde approche. Des moments comme celui-ci, nous en revivrons, mais ils auront une saveur différente. J’ai le sentiment que notre arrivée à Santiago du Chili remonte à hier. C’est étrange.


Un cri me sort de mes pensées. C’est un des Ouzbeks qui nous somme de revenir à table ! Je crois que nous n’en avons pas fini. L’hospitalité ouzbèke est une réalité. Ils ne nous lâcheront pas tant que nous ne roulerons pas par terre ou ne ferons pas sauter le bouton de notre short !


Nous retournons dans la yourte des Ouzbeks, un peu moins emballés qu’une heure auparavant. Un nouveau plat de mouton arrive, accompagné d’une énième bouteille de vodka. Nous mettons en avant le fait que les enfants sont fatigués et qu’il est temps que nous allions nous coucher. Nos nouveaux amis trouvent une parade et demandent à ce que l’on apporte deux couettes. Ils invitent Auden et Eylia à s’allonger sur les coussins qui encadrent les tables et à commencer leur nuit. Notre joker vient de partir en fumée...


Auden se relève et trouve ça plus sympa de grignoter quelques bricoles avec nous. Eylia a les larmes qui montent. En bonne mère indigne, je ne cherche pas à calmer son chagrin. Je me dis qu’en la voyant pleurer, les Ouzbeks nous laisseront peut-être partir ! J’attends quelques instants et la pauvrette éclate en sanglots. Je saute sur l’occasion et fuis cette cage dorée ! Ouf ! Nous sommes sauvés ! Merci Eylia !


Nous regagnons notre yourte en courant et n’en sortons plus ! Nos matelas sont confortables et il ne fait pas trop chaud. C’est parfait. Avec ce que nous venons de manger, je pense que nous devrions bien dormir. Ou pas...


Une balade en dromadaire


Samedi 8 juin - La nuit ne fut pas si bonne que cela. Mon estomac et mon foie n’ont pas conservé un bon souvenir de la soirée qu’ils ont passée et me l’ont fait payer !


À peine levée, je demande à notre hôte si les enfants peuvent faire une balade en dromadaire. Cela nous occupera avant le petit-déjeuner et nous ne souffrirons pas trop de la chaleur.


Sara et Kala nous attendent bien gentiment. Les enfants grimpent sur leur monture et partent pour une petite promenade d’une trentaine de minutes dans le désert. Ils sont heureux comme tout !


À la fin, notre hôte propose à Momo et moi de monter à notre tour sur les dromadaires. Je dois admettre que je suis contente. En effet, c’est une première pour moi. Nous ne voulions pas payer quarante dollars pour quatre montures. Quelques minutes suffisent.


La visite des forteresses du désert


Nous prenons notre petit-déjeuner dans la yourte pour touristes. Cette fois-ci, nous ne sommes plus à même le sol, mais sur des tables comme chez nous. C’est tout de suite moins traditionnel. Mais au moins, il n’y a pas de vodka !

Nous quittons ensuite le camp et allons à la découverte des forteresses de Toprak Kala et Kizil Kala.


Toprak Kala

Kizil Kala

Le retour jusqu’à Tachkent


Notre chauffeur nous dépose à la gare d’Ourgentch. Il n’est que 12 h 30 et notre train de nuit est à 19 h 30. Heureusement, nous découvrons avec joie qu’il existe des salons VIP dans les gares ouzbèkes. Nous n’y avions pas prêté attention jusque-là, mais nous sommes heureux qu’une employée de la gare nous propose d’y entrer. Pour seulement 18 000 soums, nous avons accès à une immense salle climatisée, composée de deux confortables salons, d’une grande table et de toilettes privées. C’est du luxe ! C’est parfait. Nous serons bien. Les enfants jouent, nous faisons l’école et je m’assoupis un instant.


Il est 19 h 00. Nous nous dirigeons vers le quai. J’ai hâte de passer la nuit dans le train. Ça risque d’être amusant !


Je déchante rapidement. Les couchettes que nous avons réservées sont toutes situées en hauteur et ne sommes pas dans le même compartiment. Ça ne va pas être pratique du tout. Par ailleurs, je pense que les enfants vont se tuer en dormant sur de si petites banquettes, sans barrière, à deux mètres du sol ! La vue de nos visages déconfits touche nos compagnons de chambrée, qui s’organisent pour nous laisser un compartiment rien qu’à nous. Trop sympa !


Une fois ce problème résolu, nous pouvons enfin prendre le temps de réaliser où nous nous trouvons. L’ambiance est moins plaisante que durant notre trajet Tachkent-Samarcande où nous avions le train pour nous. C’est loin d’être le cas ! Le moindre centimètre carré du wagon est occupé par une valise, une couette, un sac, une chaussure, un paquet de chips ou un passager ! On se sent un peu à l’étroit, mais au moins, on est dans du typique ! Je ne sais pas si j'ai préféré cette nuit en train en Ouzbékistan ou les nuits en car en Amérique du Sud...


Nous discutons avec une Ouzbèke qui parle très bien anglais. C’est son premier voyage en train. Sa mère et elle reviennent d’un court séjour à Khiva.


Il est l’heure de dormir. Momo et moi grimpons dans notre grenier et les enfants s’installent en bas. Ils s’endorment en un rien de temps. De mon côté, je ne me sens pas très bien. J’ignore si le repas en yourte me reste sur l’estomac ou si j’ai attrapé une bricole, mais je commence à m’inquiéter pour la nuit à venir. Avoir une gastro dans un train de nuit en Ouzbékistan, ça risque d’être sympa! J’ouvre les fenêtres en grand et tente de prendre sur moi.


Dimanche 9 juin - Au petit matin, je réalise que j’ai survécu ! Je ne suis toujours pas au mieux de ma forme, mais j’ai limité la casse. Il n’est que 7 h du matin et il reste encore cinq heures de trajet. Nous qui avions prévu de nous rendre prochainement en train au Kirghizistan, je crois que nous allons laisser tomber. Un trajet de seize heures est déjà difficile à supporter, alors un de plus de vingt heures, très peu pour moi. En cette fin de tour du monde, je deviens moins courageuse !


Nous arrivons à Tachkent vers midi. Nous retournons dans notre auberge de début de séjour et prenons une journée de repos, avant de nous envoler demain pour le Kirghizistan.


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