• Léo

Pourquoi faire un tour du monde avec des enfants ? | Nos motivations

Mis à jour : 14 juin 2018


Dans un précédent article, j’avais expliqué pourquoi je considérais que le voyage pouvait donner un sens à la vie. Le faire en famille ne fait que renforcer ce sentiment. Pourtant, vous m’auriez dit cela il y a dix ans, je ne vous aurais pas cru ! Avoir des enfants n’était déjà pas un point acquis, mais alors voyager avec eux et aussi longtemps, encore moins !

Il n’est pas rare que nos interlocuteurs soient étonnés par le fait que l’on parte vivre un tour du monde en famille. Faire un tour du monde seul ou en couple, ok. Mais avec les enfants, si jeunes, on sent bien que le projet ne relèverait pas de l’évidence pour tout le monde. Pourtant, s’il est évident que c’est un défi qui implique sacrifices et prises de risques, nous avons tendance à ne garder en tête que le bon côté des choses.



Pourquoi avoir des enfants ?


Avoir des enfants, un sens pour l’humanité ?... À débattre !


Après une telle accroche, je me dois de me justifier ! Lorsque nous nous sommes rencontrés avec Momo, le fait d’avoir des enfants n’était ni une priorité ni une évidence. La justification était en partie individualiste. Nous avions envie de vivre pour nous. Et il n’y avait rien de mal, ou de condamnable, en cela.


Par ailleurs, de mon côté, mon besoin de trouver du sens dans tout ce que je fais n’a pas contribué à stimuler un quelconque instinct - s’il en est - de procréation. Où était le sens dans le fait de mettre un enfant au monde, d'ajouter une personne de plus sur une Terre qui dysfonctionne en grande partie, de lui imposer une vie qu'il n'a pas choisie, et qui ne sera pas forcément facile tous les jours.


Pouvions-nous avoir la prétention de penser que nous, Momo et moi, serions en mesure de lui offrir une vie merveilleuse. C’est ce qui me gênait et me gênera toujours : avoir décidé de l’existence d’un enfant, le contraindre à être là. C’est un sacré pari sur la vie, un sacré coup de poker, et j’ai toujours trouvé que jouer une vie humaine sur du hasard et une envie de pouponner ou de donner corps à un amour conjugal était trop osé. Mais comme il ne faut jamais dire jamais, nous sommes tombés dans le panneau !


Avoir des enfants : un sens pour sa propre vie ? Oui !


Notre envie de donner du sens à notre amour, ou simplement, il faut le dire, de « faire comme tout le monde », a pris le pas sur le reste, et a écarté ce que je trouvais peu pertinent sur le plan philosophique. Nous sommes donc tombés dans le panneau du « et si nous concrétisions cet amour par quelque chose de bien réel ? ». Un joli panneau, quoi qu’il en soit ! Un panneau bien bruyant, bien fatiguant, bien prenant, qui dans les premiers temps te fait dire : « Mon Dieu, pourquoi avoir voulu passer au stade du concret, et ne pas être resté dans le beau sentiment abstrait ?! ».


Ce cap des premières années a été compliqué, mais il était évident que l’existence de nos enfants avait donné un sens à notre vie. Une responsabilité, un devoir : nous assurer de leur bien-être, jusqu’à la fin de leurs jours. Nous étions, et nous sommes, sous contrat. Un contrat avec obligation de moyen ou de résultat ? Mon goût pour le perfectionnisme me ferait tendre vers la deuxième option. Toutefois, les enfants ne sont pas des objets, ils ont leur libre-arbitre, et l’on sait que l’éducation a ses limites. Elle ne peut pas tout faire. Leur vie sera déterminée par d’autres éléments, extérieurs au cercle familial. Les parents ne sont pas parfaits, nos enfants ne le seront pas, et tant mieux ! Mais, la question restait entière pour moi : comment faire de mon mieux pour leur donner le meilleur (selon mon point de vue) ?



Et si le voyage pouvait donner du sens à leur vie, à notre famille ?


Voyager en famille : du sens pour les enfants, un sens pour la famille


Un sens pour les enfants


Voici le compromis que nous avons trouvé : on leur impose une vie, dans un premier temps, et ce sera à eux de trouver son sens en grandissant. Toutefois, c’est à nous de les y aider. On doit s’efforcer de les guider dans le « joli bazar » dans lequel on les a mis ! Il a fallu attendre que notre aînée entre dans l’âge merveilleux de la parole, de la lecture et de la soif de connaissances clairement et intelligiblement exprimée, pour que notre tâche devienne évidente : nous avions le devoir d’étancher cette soif de connaissances, de lui faire tout découvrir, tout connaître, tout savoir de ce monde qui offre mille et unes possibilités, opportunités et beautés. C’était peut-être cela qui pouvait lui assurer le bonheur dans le futur : l’ouverture, la curiosité, la connaissance. Et pour nous, quelle belle mission !


Cela aurait pu tout simplement passer par des expos, des visites de musées et des livres de bibli ! Il est clair, soyons honnêtes : ce n’est pas POUR EUX que nous faisons ce tour du monde. C’est un projet personnel, de couple, et puisqu’ils sont là, ça tombe bien, on les emmène ! Et, coup de chance, ça se combine plutôt bien avec nos envies sur le plan de l’éducation.


Un sens pour la famille


Vivre ce tour du monde en famille prend tout son sens. C’est en famille que nous voulons avancer, ensemble que nous sortirons des sentiers battus, à quatre que nous nous émerveillerons, que nous nous ouvrirons, que nous découvrirons, nous perdrons, rirons, jouerons, chuterons, ensemble que nous savourerons, mais chacun à notre manière, dans le respect de nos différences. Pour nous, les parents, le voyage est avant tout un chemin qui peut mener à une prise de conscience de nos véritables besoins ou attentes. Pour les enfants, le voyage est un parcours initiatique qui les aide à grandir, stimule leur curiosité et leur permet d’être acteurs de leurs apprentissages en construction, dans ce vaste terrain de jeu qu’est le monde. Pour tous les quatre, c’est une façon de partager des moments uniques qui tisseront un lien puissant entre nous.


Voyager en famille. Ok. Mais pourquoi au bout du monde et pour plusieurs mois ?


Pour créer une vraie coupure


Je ne suis pas en mesure de répondre précisément à cette question pour le moment. Je n’en suis qu’au stade des suppositions. Je pense simplement qu’il n’est plus à démontrer que le voyage forme la jeunesse, et que le plus beau terrain de jeu et d’apprentissage est le monde réel. Peut-être que ce tour du monde ne sera pas le meilleur souvenir de leur vie, peut-être vivront-ils des événements traumatisants, peut-être ressentiront-ils un malaise, un manque, du fait de la distance que les sépare de leur vie habituelle. Toutefois, je crois ne pas m’avancer en affirmant que ce périple les fera grandir, leur apportera du positif, les « élèvera ».


Pourquoi si longtemps ? Pour les mêmes raisons que nous. Rompre avec le quotidien, afin de créer les conditions idéales permettant de baisser sa garde et de s’ouvrir réellement à ce qui nous entoure. Or, j’ai le sentiment que la durée du voyage aide à cela. Se recentrer sur l’essentiel, sur l’originel, sur ce qui donne du sens. Cela se résume selon moi à deux choses : d’une part, se centrer sur l’homme en tant qu’être vivant, et donc sur notre corps à travers ses sensations et ses besoins naturels, et, d’autre part, sur l’homme en tant qu’être social, et donc dans le rapport aux autres.


Donnons encore vie au cliché - pourtant pas si éloigné de la réalité que cela - d’une société moderne qui écarte l’homme de son essence, qui l’enserre dans différents cadres, différents rythmes auxquels il s’est adapté, car il sait évoluer, mais qui ne correspondent pourtant pas à sa nature profonde. Si l’on part de ce postulat, il serait alors plus qu’urgent de nous sortir, et de sortir les enfants, de ce traquenard dans lequel nous nous sommes nous-mêmes fourrés ! Il convient de se replacer dans une position nous permettant plus facilement, plus instinctivement de renouer véritablement avec certaines valeurs.


Pour mieux transmettre certaines valeurs


Au cours du voyage, un de nos objectifs sera de redonner force à des valeurs, et les transmettre à nos enfants. Nous ne sommes pas des bêtes, et nous n’avons pas attendus de partir en vadrouille pour leur inculquer un minimum de savoir-être social ! Et ce savoir-être peut évidemment être en grande partie transmis sans pour autant partir un an à l’autre bout du monde. Heureusement ! Quoi qu’il en soit, ce sera forcément plus marquant pour eux.


Quelles sont-elles ces valeurs auxquelles nous tenons ? Le sens du respect (de l’autre, des cultures, de l’environnement), le sens de l’effort (dépasser ses peurs, ses craintes, ses limites, ne pas baisser les bras, ne pas céder à la paresse), le sens du partage (donner et savoir recevoir), le sens de l’amitié et de l’entraide (avec les habitants des pays traversés, avec les autres voyageurs rencontrés sur la route, avec les personnes restées en France), le sens de la tradition, et le sens de la famille. Vaste programme !




Espérons que je ne sois pas trop à côté de la plaque ! Une de mes plus grandes craintes est que l’on découvre nos enfants blasés. Que rien ne les épate, ne les interpelle, ne les émerveille. Là, je me remettrais vraiment en question, en me demandant où est-ce qu’on a bien pu échouer... Je pesterais aussi contre la société dans laquelle nous vivons, qui asphyxie nos enfants, malgré nos efforts pour en limiter les effets, leur faisant préférer un paquet de bonbons à des mangues fraîchement cueillies, un dessin animé à un paysage de carte postale, un jeu vidéo à une partie de cache-cache dans les Andes péruviennes.


Nous nous efforçons déjà, au quotidien, de faire attention à ce qu’ils mangent, de ne pas les rendre dépendants des nouvelles technologies, de leur apprendre à jouer sans jouets. Toutefois, on ne peut les mettre sous cloche. Pourvu qu’il ne soit pas trop tard, et que nous puissions parvenir à les sevrer des quelques addictions dont on n’aurait pas conscience.


La suite au prochain épisode !


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