• Léo

Quel est l'âge idéal des enfants pour faire un tour du monde en famille ? | Notre choix

Mis à jour : 10 juil. 2018


Bon, je le dis tout de suite : je n’ai pas la réponse ! Il est évident que tout cela est très subjectif. À moins de voyager en mode nomade depuis des années avec ses enfants, d’avoir vécu ce qu’est un voyage au long cours tant avec un bébé qu’avec un ado, il est assez difficile de trancher. Et même avec l’expérience, les points de vue divergeront d’une famille à l’autre. Je vous livre ici les raisons qui nous ont poussés à partir faire un tour du monde avec des enfants de 4 et 7 ans. Quels ont été nos critères ?



Pourquoi ne pas être partis plus tôt, avec un Auden bébé ? Nous voulons...


1) ... des enfants qui marchent


Là était notre critère déterminant : un enfant qui marche tout seul. Et pas branlant. Non. Robuste, solide sur ses appuis. Si, bien motivée, j’aurais pu être capable de me lancer dans un projet de tour du monde avec un nourrisson, en revanche, la perspective de voyager avec un enfant qui ne maîtrise pas la marche était peu attrayante. Sans être trop à cheval sur l’hygiène, l’idée qu'Auden se balade à quatre pattes dans des bus boliviens ne nous enchantait guère. Evidemment, c’est assez séduisant de se dire qu’il aurait pu faire ses premiers pas dans la pampa argentine ou sur les bords du Grand canyon (chaud...), mais... non.


Par ailleurs, voyager avec un enfant qui doit être porté suppose de revoir toute l’organisation des bagages. En effet, il faut bien un parent qui porte l’enfant, et un parent qui porte les bagages. C’est donc ce dernier qui doit supporter la quasi intégralité des affaires de la famille. Hard. Ou alors il faut voyager très, très léger.


Ensuite, devoir aider l’enfant de 10-14 mois à marcher tous les 3 mètres, en se rompant le dos déjà bien amoché par le portage des sacs ; devoir le mettre dans le porte-bébé parce qu’il est fatigué, puis dans les bras parce qu’il fait une crise, puis par terre parce qu’il veut marcher (faisant baisser notre moyenne de marche à 0.5 km/h), puis dans le porte-bébé parce que c’est quand même plus sympa... : euh, bof. Et puis, il y a l’âge très pénible de l’enfant qui sait marcher, qui est déjà grand, mais qui est paresseux (et lourd..., dans les deux sens du terme).


En revanche, je reconnais que le fait de voyager avec un enfant qui peut être transporté en porte-bébé facilite les randonnées. En effet, autant il nous sera difficile avec un enfant de 3-4 ans de planifier des treks de plusieurs jours, autant cela est plus qu’envisageable avec un enfant de 0-2 ans que l’on porte. Eylia aime marcher, mais rechignera à le faire sur plus de 6-7 km. Quoique, peut-être nous surprendra-t-elle ? Et peut-être découvrira-t-elle les plaisirs de la marche ? Auden est davantage sportif, mais n’aura que 4 ans. Il est capable de faire près de 10 km à vélo, mais n’apprécie guère la marche. Ce n’est pas assez stimulant pour lui. Là encore, espérons qu’il nous surprenne. Et puis nous partons 10 mois. À cet âge-là, il y en a des évolutions.


2) ... ne pas transporter de matériel de puériculture


Nous voyagerons en mode routard, alors le critère du volume de matériel est à prendre en compte. S’il est vrai que la poussette peut être remplacée par un porte-bébé, que l’on peut trouver des lits parapluie dans les auberges, que l’on peut aussi s’en passer, que la table à langer, c’est surfait, et que les plus beaux jouets seront autour de lui, toutefois, un enfant de 0 à 2 ou 3 ans tout de même besoin de davantage de choses qu’un enfant légèrement plus âgé. Il faut bien un stock de couches, des lingettes, un biberon, du lait de réserve sur soi, un peu plus de médicaments, etc. Pour Eylia et Auden, nous n’aurons que leurs doudous. Certes, nous emporterons quelques éléments pour l’école, mais cela reste très peu volumineux.


3) ... que nos enfants sachent parler


Dans le cadre d’un tel voyage, nous avons envie que nos enfants puissent exprimer tout ce qu’ils ressentent avec des mots. Tant le bon que le mauvais. Nous souhaitons qu’ils puissent facilement s’ouvrir à nous, pour mieux comprendre ce qui les entoure. Nous avons envie d’entendre leurs remarques amusantes, leurs discussions déconcertantes, leurs questions déroutantes.


Par ailleurs, la parole est bien utile lorsque ça ne va pas. Je n’ai peut-être pas l’instinct maternel, ou j’ai loupé l’option décodage quand j’étais enceinte, mais perso, je n’ai jamais lu dans mes bébés comme dans un livre ouvert ! Or, s’il est parfois frustrant de ne pas comprendre son enfant dans un contexte quotidien, cela l’est d’autant plus lorsqu’on a le sentiment qu’il cherche à dire un truc en hurlant à la mort à l’autre bout du monde ! Me connaissant, je pense que je serais livide si je voyais mon enfant de 1 an se réveiller en sursaut en pleine nuit, dans une auberge à 4h de route de Cuzco au Pérou, sans savoir si c’est simplement un cauchemar, si un moustique l’a piqué, s’il travaille ses cordes vocales, si une mygale a fait son nid dans sa gorge, ou s’il souffre le martyr parce qu’il a une angine blanche.


4) ... qu’il soient douer de raison


Nous aspirons à partir avec des enfants « raisonnables », que l’on peut raisonner. Exit les enfants qui se roulent par terre parce qu’ils veulent monter dans un train rouge et pas dans un bleu, parce qu’on leur a mis la viande à droite de l’assiette alors qu’ils la voulaient à gauche, parce qu’aujourd’hui on met le pantalon et pas le short, etc. Bon, on n’est pas tout à fait sortis de cette phase-là avec Auden. Mais il reste quatre mois avant le départ. C’est beaucoup quatre mois, non ?! Il ne se roule plus par terre. Toutefois, on peut vraiment perdre 30 min le matin parce qu’il veut mettre tel T-shirt et pas un autre. Quoi qu’il en soit, nous sommes tout de même sortis de la grosse période des crises totalement irrationnelles. Et ça, c’est fabuleux !


5) ... qu’ils puissent avoir des souvenirs


Il est évident qu’un voyage ne peut pas faire de mal à un enfant, au contraire ! Même pour un très jeune bébé, la multitude de visages croisés, de regards échangés, de mains posées sur lui, la diversité des bruits, des goûts, des climats, des animaux croisés, ne peuvent que contribuer à éveiller l’enfant. Toutefois, il n’en conservera aucun souvenir. Peu importe, ce n’est pas l’essentiel. L’important est de vivre des moments magiques avec sa famille. C’est vrai.


Cependant, nous souhaitions que Auden ait atteint un âge qui lui permette de pouvoir participer aux discussions sur le tour du monde lorsque nous en reparlerons dans dix ou vingt ans. Il aura seulement 4 ans au début du voyage, et c’est encore très jeune pour les souvenirs. Il n’en conservera que très peu, nous le savons. Nous aurions dû - et c’était ce que nous avions initialement prévu - attendre qu’il ait 5 ou 6 ans. Mais l’impatience était trop grande ! Nous avons attendu l’âge minimum, selon notre point de vue.


Je sais qu’il me reste en mémoire plusieurs images de moments vécus lorsque j’avais 3 ou 4 ans. Ce devrait être la même chose pour lui. À plus forte raison, les événements marquants restent d’autant plus gravés dans la mémoire. Surtout si nous la stimulons en regardant fréquemment les albums et en visionnant régulièrement les vidéos du tour du monde.


Nous ne voulions pas partir trop tôt. Nous ne voulions pas attendre plus longtemps, de peur que certains éléments viennent troubler notre voyage.



Pourquoi ne pas attendre qu’ils soient plus grands ? À cause...


1) ... du défaut de curiosité


Attention ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Je ne prétends pas que les adolescents ont des QI de bulots. Non, je n’irais pas jusque-là. De loutre, peut-être ?! Non, mais sérieusement, on ne peut pas nier que, passé un certain âge, et de façon heureusement temporaire, l’appétit intellectuel des pré-ados et des ados perd en vivacité. Je connais des exceptions, bien sûr, toujours.


Je suis enseignante et je vois combien la curiosité s’émousse entre la 6e et la 3e. En 6e on voit encore de nombreux doigts levés lorsque l’on pose une question, on voit encore des étincelles dans les yeux de plusieurs enfants lorsqu’on leur annonce que l’on va traiter de tel ou tel thème, on trouve des élèves qui sont heureux de venir en cours pour apprendre des choses. Et, plus ils grandissent, moins les doigts se lèvent, mois les yeux s’illuminent, moins les sourires s’affichent. Les centres d’intérêt changent. Les préoccupations extra-scolaires prennent le dessus.


Je ne vais pas entrer dans une réflexion sur les causes de ce phénomène. Elles sont multiples. J’ajouterai simplement qu’à mon sens, l’Institution y est pour quelque chose. C’est pourquoi, extraire les ados de l’école durant quelques mois, pourrait aussi leur permettre de renouer avec leur curiosité en état végétatif. Les confronter au monde, au vrai, les sortir de leur salle de classe, les faire lever de leur chaise, les rendre acteurs, actifs, leur rappeler combien être en prise direct avec le réel est passionnant.


Ne pas attendre qu’ils soient trop âgés ne signifie pas que nous ne souhaiterions pas repartir, si cela était possible, dans quelques années, avec nos enfants de 11 et 14 ans. Toujours partants ! Et puis, il y a de nombreux autres avantages à voyager autour du monde avec des ados. Toutefois, nous trouvons qu’il est tellement adorable d’entendre un jeune enfant s’émerveiller... La curiosité est consubstantielle à l’être humain dans les premières années de sa vie. Un jeune enfant est enthousiaste, excité, se satisfait d’un rien. Nous voulons à la fois attiser et satisfaire cette curiosité, entretenir et stimuler cette flamme.


2) ... de l’attachement à la famille et aux amis


Plus l’enfant grandit, moins il se satisfait uniquement de son petit cocon familial. Entre 0 et 8-10 ans, un enfant est heureux par-dessus tout lorsqu’il est avec ses parents et ses frères et sœurs. Il s’en contente. Il est attaché à d’autres membres de sa famille et à des amis de classe, mais il lui est plus facile de s’en séparer, à condition d’être avec papa et maman. Il y a des exceptions, lorsque des relations particulières se nouent entre un enfant et un membre extérieur à la cellule familiale. Toutefois, dans la majeure partie des cas, un jeune enfant est pleinement épanoui simplement au contact de ses parents.

En grandissant, les amitiés se renforcent, les enfants se détachent peu à peu de leurs parents, de leur fratrie, et nouent des relations qui leur tiennent à cœur. La séparation pour plusieurs mois peut se révéler douloureuse et entacher le voyage.


3) ... de la crise d’ado


Il paraît que de nos jours, la crise d’ado dure de 10 ans à 24 ans ! Alors profitons-en tant qu’il est encore temps ! J’ai parfois le sentiment que Eylia est déjà entrée dans sa crise. Je pense que je suis loin du compte. Ce n’est pas vraiment rassurant ! Bref. Nous préférons partir à un moment où les enfants ne seront pas en opposition permanente, ne déprécieront pas le voyage tous les quatre matins, ne traîneront pas des pieds juste pour nous agacer, etc. Nous ne sommes pas naïfs. Bien sûr qu’un enfant de 7 ans peut nous pourrir la vie autant qu’un ado de 15 ans. Cependant, je pense que les crises d’ados avant l’âge sont plus rares, moins longues, et sont plus de l’ordre de l’impulsion qu’à dessein.


4) ... du niveau scolaire


Voyager avec des enfants de niveau maternelle ou élémentaire laisse davantage de temps libre, génère moins de stress que pour des enfants de niveau collège ou lycée. Je ne sais même pas si nous organiserons de véritables plages horaires d’ « école » pour Eylia qui sera en CE2. Nous disséminerons des moments d’apprentissage lorsque la situation s’y prêtera. Il n’y aura rien de formel, de scolaire. C’est en tout cas de cette façon que je vois les choses aujourd’hui. Quoi qu’il en soit, il est évident que ce sera moins chronophage que pour un ado qui doit préparer son Bac français avec le CNED réglementé. Nous comptons bien en profiter !


5) ... du budget


Voyager avec deux ados coûte plus cher que de voyager avec des enfants en bas-âge. C’est physique et mathématique. Deux enfants de 3-8 ans mangent comme un adulte, tandis que deux ados mangent comme... trois adultes ! Ce n’est pas cela qui va faire exploser le budget, et ce n’est évidemment pas la raison qui me ferait renoncer à un tour du monde ! Cependant, c’est à prendre en compte.



Pour conclure, le critère essentiel : peu importe l’âge, tant qu’on aime voyager !


Je ne vous aide pas là... Pourtant, c’est, je pense, ce qu’il faut se dire lorsque l’on commence à débattre avec son conjoint, ses amis, sa famille, de l’âge idéal. Chacun y va de son argument, et tous sont défendables. Chacun a vécu la pire ou la meilleure expérience de sa vie avec un enfant de tel ou tel âge, et vous encourage ou vous dissuade de faire de même. Tout conseil est bon à prendre. Toutefois, il est rare que les contextes, les périodes de l’année, les itinéraires, les durées, les budgets, les modes de transports soient identiques d’une famille à l’autre, d’un périple à l’autre. Conclusion : autant se lancer !


On veut partir ? On part. On verra bien. Ce que l’on veut avant tout, c’est vivre une expérience unique en famille. Point. De ce fait, je pense que les fondations sont assez solides pour que les considérations autour de l’âge ne viennent pas totalement (juste un petit peu) obscurcir l’horizon. Si l’on se cherche des excuses pour ne pas partir, on les trouvera toujours. Chaque âge a des inconvénients. Si, au contraire, le désir de voyager est plus fort que tout, alors les quelques désagréments envisagés seront minimisés et balayés du revers de la main.


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