• Léo

Quel itinéraire pour un tour du monde en famille ?

Mis à jour : 10 juil. 2018


Une fois que la décision de partir est prise, que le budget est globalement évalué, et que le choix du mode de déplacement est fait, il est plus aisé de déterminer les destinations de son voyage autour du monde. Plusieurs questions se posent alors : Combien de pays ? Combien de temps dans chaque pays ? Quels continents ? Que veut-on découvrir ? Que souhaite-t-on éviter ? Quels sont les critères de « sélection » ? Laisse-t-on aux enfants la possibilité de choisir une destination ? De nombreuses questions auxquelles nous n’avons pas encore répondu entièrement aujourd’hui !

1) Le "parfait voyageur" ou l’éloge de la lenteur


Si l’on ne veut pas être logés dans la catégorie « touriste » - l’insulte suprême pour tout voyageur qui se respecte ! -, le voyage doit être conçu comme un chemin, et non être vu uniquement pour la destination à laquelle il conduit.

Il est évident que ce choix est le plus pertinent si l’on ambitionne de connaître un pays de manière plus approfondie, si l’on veut prendre le temps de vivre, de s’établir longtemps quelque part, et de s’imprégner de l’atmosphère d’un lieu qui nous a tout particulièrement séduit.

Apprendre à Eylia et Auden à ne pas courir après le temps, dans ce monde où tout va si vite, ce serait une belle leçon de vie. Oui, mais voilà, visiblement, en plus d’être de mauvais voyageurs, nous sommes donc de mauvais parents !


2) Le "mauvais voyageur" (c’est-à-dire nous !) ou l’envie d’aller partout


Des voyageurs en construction


Quel joli tableau que celui du paragraphe précédent ! Ne vous y trompez pas, nous ne sommes pas des saints, et manquons encore de sagesse dans le domaine du voyage. Nous ne sommes plus des nourrissons, car nous avons appris de nos voyages passés. Toutefois, je nous qualifierais tout de même de gamins capricieux. Allez, je dirais que l’on a autour de 6-7 ans d’âge mental de voyage. En un sens, c’est parfait ! Cela signifie qu’il nous reste encore de belles années devant nous pour mûrir en voyageant !


Des boulimiques de découverte


Vous l’aurez compris, nous ne sommes pas les Confucius du voyage, à tout le moins, en théorie, mais pas en pratique. En effet, si notre volonté est de se détacher au maximum des travers du tourisme de masse, nous reconnaissons notre échec sur un point : nous aimons zapper... Victimes consentantes - quoique de moins en moins - de notre société actuelle qui veut tout, tout de suite, nous n’avons pas résisté à l’envie de traverser un maximum de pays.


De notre point de vue, le contraire de « prendre son temps » n’est pas vraiment « ne pas prendre son temps », mais plutôt « voir le plus de choses possibles ». C’est une toute autre logique. Ce qui y préside, c’est une volonté de faire le tour de tout ce qui attire le plus, dans l’hypothèse où nous ne pourrions pas y retourner plus tard. Un peu pessimiste comme façon de voir les choses, j’en conviens ! Néanmoins ce qu’il faut comprendre dans ce choix, c’est surtout le besoin d’étancher une curiosité intarissable.


C’est cette option que nous avons choisie. Ce n’est pas pour autant que nous voulons rogner sur la qualité et la tranquillité du séjour. Nous prendrons notre temps... à notre manière ! Nous ne resterons parfois que quelques jours à un endroit, parfois davantage.


Un soupçon de culpabilité...


L’idée n’est pas d’ajouter un maximum de punaises sur notre planisphère, mais de découvrir en famille des paysages, des animaux, des cultures, des climats très différents. On le sait, notre bilan carbone en prend un coup ! Nous en avons conscience, et, personnellement, je culpabilise beaucoup... En revanche, notre choix de mode de déplacement et notre façon de voyager à l’intérieur des pays devraient contribuer à compenser nos excès de consommateurs de kilomètres ! Quoi qu’il en soit, nous n’avons plus qu’à assumer notre choix, et déterminer notre itinéraire.



3) Définir un itinéraire : un vrai casse-tête pour des boulimiques de découverte !


Le cerveau en ébullition


Maintenant que je me suis confessée et que j’ai avoué notre péché d’envie, voyons comment nous avons envisagé les choses sur le plan de l’itinéraire. Où irons-nous ? Vaste question. Trop de choix, tue le choix ! Demander à un voyageur boulimique de découverte de devoir tempérer ses ardeurs et faire des choix, c’est comme imposer à un enfant de 6 ans (c’est notre âge mental de voyage, ne l’oublions pas !) de choisir trois jouets à emporter sur une île déserte, alors qu’il en a près de deux-cents dans sa chambre ! Mission impossible ! Enfin, difficile.


Une vingtaine de pays en dix mois


Si nous voulions jouer les voyageurs raisonnables, nous ne choisirions que deux, trois, voire quatre pays à découvrir en dix mois. Malheureusement, ce n’est pas le cas. Par conséquent, nous savons que le saint Pierre des voyageurs ne nous enverra pas au paradis. Et pour cause : nous souhaitons traverser une vingtaine de pays ! Une honte ! Surtout au regard du bilan carbone de notre voyage. Sans commentaires...


En revanche, j’ai été honnête, j’ai écris « traverser » une vingtaine de pays. En si peu de temps, nous avons conscience que nous ne pourrons aller partout. Comme dit plus haut, nous ne cherchons pas à cocher des cases, mais à démultiplier les expériences, à changer d’atmosphère, de paysage, de langue, de culture, etc. À l’intérieur de chaque pays, nous adopterons une toute autre façon de voyager. Nous ne serons plus dans la course à la diversité, mais dans le lâcher-prise. Maintenant, reste à déterminer quels seront les pays au programme !



4) Notre itinéraire prévisionnel | Les détails de sa conception


Nous souhaitons aller partout, on l’aura compris. Toutefois, nous ne sommes pas masos. Loin de nous l’envie de battre le record de Cassandra de Pecol, qui a traversé les 193 pays reconnus par l’ONU, en seulement 15 mois !


Quel(s) continent(s) ?


Deux continents écartés d'office : nous n’irons pas en Europe, car nous considérons que la proximité géographique nous permettra d’y aller facilement, lorsque nous serons plus âgés ; nous irons en Amérique du Sud, car cette région du globe nous attire tous les deux. Le champ des possibles reste néanmoins large. Il est difficile, une fois les évidences écartées, de trancher véritablement. Et ce, pour plusieurs raisons.


Minimise-t-on les frais et réduit-on le nombre de billets d’avion ? Ou persiste-t-on dans cette volonté de réaliser nos rêves ? En gros, est-ce que l’on voyage sur un seul continent, sans vols internes, ou est-ce que l’on va sur les quatre continents (Europe exclue, comme on l’a dit plus haut, et Antarctique exclu, pour des raisons écologiques et financières). La question est surtout de savoir si l’on veut exploser notre budget, quitte à rentrer plus ou moins à sec, mais vivre pleinement nos rêves, ou être raisonnables. Nous nous sommes positionnés à mi-chemin entre ces deux voies. Nous avons écarté l’Afrique car le coût aurait été trop important, ainsi que certaines destinations d’Asie, car à un moment donné, on n’a que 10 mois devant nous, et il y a tout de même 98 pays à voir (une fois ceux d’Europe et d’Afrique exclus) !


Autre aspect qui a été pris en compte dans notre décision : la sécurité durant notre voyage. Nous voyageons avec des enfants, qui n’ont pas fait le choix de ce tour du monde, et il est hors de question que nous leur fassions prendre des risques. Cette logique explique notre volonté d’écarter certaines régions du globe. Bilan des courses : nous avons prévu de nous concentrer sur l’Amérique, l’Océanie et l’Asie du Sud-Est.


Dans quel sens on tourne ?


Cela semble bête, et je ne m’étais pas vraiment posé la question au début, mais la direction que l’on suit au départ est déterminante. Deux points à ne pas négliger : la prise en compte des saisons et les zig-zag inutiles sur le planisphère. Je commence par ce dernier aspect, qui, une fois connu et intégré, n'engendre pas de grandes complications dans la conception de l'itinéraire. Pourquoi ne pas revenir en arrière lorsque l'on prend une direction ? Parce que, d'une part, c'est plus coûteux, et, d'autre part, peu écologique.


Se pencher sur la question des saisons nécessite déjà un peu plus de réflexion. Il faut, d'une part, connaître les bonnes périodes pour chacune des destinations envisagées, et, d'autre part, avoir une idée de la date à laquelle on y sera. Il est difficile que tout concorde parfaitement. Toutefois, faire l'effort de creuser le sujet peut éviter de déchanter. Aller en Polynésie durant la saison des pluies, ou au Chili durant l'hiver austral, sont des choix tout à fait respectables. Faut-il encore que ce fusse des choix !

Nous avions initialement prévu de commencer par l’Asie du Sud Est. Problème : de septembre à novembre, c’est la fin de la saison des pluies et c’est surtout la saison des typhons ! Ne dramatisons pas, ce n’est pas l’Apocalypse tous les jours. Toutefois, je reconnais que je suis peureuse sur ce plan et que je suis à l’origine de notre changement d’itinéraire. Qui plus est, entamer le voyager par l’Est nous faisait arriver autour du mois de janvier aux Etats-Unis. Or, visiter Monument Valley en hiver ça doit sûrement avoir son charme, mais c’est tout de même moins pratique pour rouler et camper ! Ok. Bon.


Et si nous commencions alors par l’Ouest, et donc par les Etats-Unis ? En septembre, sur la côte ouest, la saison des cyclones est passée et ce n’est pas comparable à ce que peut connaître la côte est à l’automne. Très bien. Alors débutons notre périple depuis Los Angeles. Problème : c’est en Amérique centrale et du Sud que cela coince : saison des pluies pour certains pays (la Bolivie notamment, autour de janvier-février) et coût du billet trop important pour aller du Chili ou d’Argentine jusqu’en Polynésie. Or, supprimer la Polynésie nous contrariait. Ok. Bon.


Et si nous commencions par l’Ouest, mais en partant du Sud ? C’est la solution la plus pertinente. Tout concorde sur le plan des saisons. Seul petit hic : ce sera le début de la saison des pluies en Asie du Sud-Est, mais au moins il n’y aura pas de typhon ! De plus, au début de la saison des pluies, l’air est probablement un peu moins irrespirable qu’à la fin. Parfait ! Oui, mais en discutant avec quelques personnes qui ont confirmé l’atmosphère assez pesante de ces destinations à cette période, nous avons, pour le moment, fait le choix de renoncer à l’Asie du Sud-Est en fin de voyage. Bon...


Comment terminer le périple ? L’option que nous avons choisie est de nous tourner vers la Chine du Nord et l'Asie centrale (Ouzbékistan, Kirguizistan et Kazakhstan). La saison sera idéale. Parfait ! On sait globalement où l’on va et dans quel sens on tourne : arrivée au Chili, remontée par l'Ouest jusqu'à Los Angeles, Iles Cook, Nouvelle-Zélande, Bali, Pékin et Asie centrale.


Et l’avis des enfants dans tout ça ?!


On les oublie un peu, je trouve ! Toutefois, précisons une chose. Lorsque l’on s’engage dans un tel projet, il semble évident que la prise de décision s’est faite du côté des parents. Ou alors vous êtes des parents très à l’écoute des envies de vos progénitures et prêts à tout pour les satisfaire ! Bref, comme l’impulsion vient de nous, et les pépettes, de notre joli compte en banque et non de leurs petites tirelires, nous avons essentiellement défini l’itinéraire sans les consulter. Quels vilains parents nous sommes... encore une fois !


À notre décharge, deux arguments. D’une part, étant donné leur âge, il aurait été plus frustrant d’accepter que, non, nous n’irions pas, au vu de notre budget : au pôle Nord voir les pingouins, puis au pôle Sud voir les manchots ; en Afrique pour faire un safari ; en Chine pour marcher sur la Grande muraille, puis câliner les pandas ; au Pérou pour cracher sur les lamas ; au Canada ou au Chili pour saluer les baleines ; et dans les Caraïbes pour croiser le fer avec Jack Sparrow !


D’autre part, de peur de les décevoir dans l’hypothèse où l’itinéraire défini ne serait pas suivi (ce qui est fort probable), nous ne voulions pas trop leur donner l’opportunité de laisser libre cours à leur imagination, et prendre ainsi le risque qu’ils soient déçus. Nous souhaitons qu’ils vivent ce tour du monde sans idée préconçue, sans trop de représentations en tête.


Toutefois, il leur faut une motivation, c’est sûr. Mais nous préférons jouer sur les modalités du voyage, plutôt que sur les destinations. Où que nous allions, nous prendrons les transports en commun, nous découvrirons de nouveaux plats, nous nous baignerons, nous rencontrerons de nouvelles personnes, nous serons 24h/24 ensemble, nous ferons la fête, ils n’iront pas à l’école, nous prendrons l’avion, etc. Voilà de quelle façon nous les préparons au voyage, et nous ne prenons pas trop de risques en les laissant rêver à ces aspects-là.


Nous intégrons toutefois Eylia à la plupart de nos discussions sur le tour du monde. Elle a connaissance de nombreux aspects du voyage, et nous lui avons demandé ce qu’elle aimerait voir par-dessus tout. « La Grande muraille de Chine » a-t-elle répondu. Elle sait toutefois que nous n’irons peut-être pas en Chine. En ce qui concerne Auden, je suis la première à affirmer qu’un enfant en bas âge peut tout comprendre. Pourtant, je pense qu’il ne serait pas judicieux de lui donner de faux espoirs en le laissant croire qu’il verra tel ou tel animal. Nous tablons plutôt sur une valeur sûre : l’avion ! Il trépigne d’impatience à l’idée de monter à bord ! Aujourd’hui, c’est à peu près la seule chose qui soit certaine.



5) La liberté comme maître-mot de notre voyage en famille


Prévoit-on tout le trajet à l'avance, dans ses moindres détails ? La réponse est claire et unanime : non. Il est évident que pour budgétiser, nous avons travaillé sur plusieurs options, afin de ne pas avoir de mauvaises surprises, une fois sur place. Cependant, hormis quelques passages obligés qui nous tiennent à cœur, il n’y a pas grand chose d’absolument figé. C’est pour cela que malgré l’existence d’un « parcours », il n’est pas certain que nous le suivions véritablement dans son intégralité.


Nous n’écartons aucune possibilité. Nous savons qu’il est tout à fait probable que pour X raisons nous décidions de nous arrêter à un endroit lambda en Amérique du Sud, et d’y rester jusqu’à la fin du séjour. Il est également possible de supprimer une ou deux destinations en Amérique centrale, en prenant un petit vol de dernière minute. Il n’est pas inenvisageable que la fin du séjour soit totalement modifiée, et que notre organisation du périple change du tout au tout. C’est là, toute la saveur d’un voyage de cette nature : limiter les contraintes, se sentir libre, laisser l’imprévu venir à nous, ne pas avoir de planning, de calendrier, d’échéance (si ce n’est la date du retour en France), de pression...




Pour nous, cette question de l’itinéraire n’est donc toujours pas résolue. Ceci, vous l’aurez compris, à dessein. Là encore, c’est notre choix. D’autres familles préfèreraient sûrement avoir un parcours prédéfini, plus rassurant et plus pratique pour évaluer un budget. À l’heure qu’il est, notre premier billet est pris pour Santiago du Chili, et par la suite, advienne que pourra !


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