• Léo

Partie 3 - Récit de notre road-trip dans le grand Ouest américain (la Death Valley, Las Vegas)

Mis à jour : 26 avr. 2019


Nous quittons la Sierra Nevada (Sonora, Yosemite), pour nous diriger vers le Nord-Est de la Californie. Au programme, des paysages tout en contrastes : désert et montagne, températures hivernales et chaleur estivale, nature extrême et démesure urbaine.


Zabriskie Point (Death Valley)

Jour 8 : Yosemite Valley-Lone Pine (14 mars)


Nous quittons Mariposa sous la pluie et dans le froid. Une longue journée de route nous attend. Nous avions initialement prévu de couper les 600 km en faisant une halte à Bakersfield. En définitive, nous pensons qu’il est préférable de prendre sur nous et d’éviter une étape sans grand intérêt.


La route jusqu’à Bakersfield est à se pendre ! De longues lignes droites, interminables, monotones, déprimantes. Les premiers champs, trains de marchandises et vergers attirent l’oeil. Les suivants, et ceux d’après, donnent la nausée !


En revanche, après Bakersfield, lorsque l’on bifurque vers le Lake Isabella, sur la 178 East, les paysages changent et c’est un vrai régal. La route longe la Kern River en suivant ses méandres et ses rives rocailleuses. La région est vallonnée. Les collines vertes sont constellées de petites fleurs jaune et orange, qui osent percer à l’approche du printemps. Je ne regrette pas d’avoir choisi ce chemin.




Nous pique-niquons sur les hauteurs du Lake Isabella qui, pour le coup, ne vaut pas particulièrement le détour ! Peu importe, il fait beau et nous savourons ces températures printanières. Nous déjeunons en compagnie d’un écureuil vorace que rien n’effraie. Monter sur nos genoux pour mieux humer l’odeur du poulet rôti ne le dérangerait pas ! À force de persévérance, il parvient à nous délester de quelques morceaux de gâteaux. Ce pique-nique restera un souvenir en demi-teinte : des rires et des pleurs. Après le spectacle de notre ami rongeur, Auden a perdu, on ne sait où, son doudou… Si quelqu’un trouve un panda en peluche aux abords du Lake Isabella, contactez-moi en MP !



À partir du Lake Isabella, le paysage se dépouille petit à petit. Nous commençons à croiser des arbres de Josué. Une fois sur la 395 north, nous arrivons bel et bien dans le désert. Les neiges éternelles des sommets de la Sierra Nevada à l’Ouest et les terres aux teintes rougeâtres donnent une certaine allure au décor. Cependant, nous savons que cet enthousiasme soudain à la vue de ce tableau disparaîtra à mesure que le nombre de kilomètres affiché au compteur augmentera. C’est non sans soulagement que nous arrivons à Lone Pine. La journée fut longue.


Notre motel est idéalement situé : dans le centre de la bourgade, à 50 m du musée et au pied de la partie Est de la Sierra Nevada.


Hébergement : Trails Motel, Lone Pine, 176 euros pour deux nuits, une chambre avec deux lits doubles, sanitaires privatifs, réfrigérateur, micro-ondes, wifi, en plein centre.


Jour 9 : Lone Pine (15 mars)


Lone Pine est une petite ville de 2 000 habitants. Située sur une plaine, à 1 136 m d’altitude, elle fait face au versant oriental de la célèbre chaîne de montagnes californienne. Le mont Whitney, du haut de ses 4 421 m, domine l’ensemble.


Nous faisons les courses dans la petite supérette du coin et partons à l’assaut des Alabama Hills. Ces amusants petits rochers se laissent découvrir à l’occasion d’un tour d’une dizaine de kilomètres, qui part de la Whitney Portal Road, une route perpendiculaire à l’artère principale de Lone Pine. Le Visitor centre propose des plans de ce tour et localise les ensembles rocheux, en les associant à des formes amusantes. C’est ainsi que vous pouvez croiser Batman… Honnêtement, à part un éléphant, nous n’avons rien reconnu. Quoi qu’il en soit, la balade vaut malgré tout le détour, sans avoir besoin de recourir au subterfuge des animaux ou super-héros. La vue sur le mont Whitney et la Sierra Nevada est superbe.



Si l’on est amateur de westerns ou de films de science-fiction, la Movie Road est l’antichambre d’Hollywood. Elle se prend depuis la Whitney Portal Road, à seulement 5 km du centre de Lone Pine. Citons quelques exemples de films ayant été tournés ici : des westerns (Rio Bravo, 1959 ; Django Unchained, 2012 ; The Lone Ranger, 2013), des films de science-Fiction (Star Wars épisode V, 1980 ; Star Trek V, 1989 ; Iron Man, 2008 ; Godzilla, 2014) et d’autres (Gladiator, 2000).


Une fois au bout de la Movie Road, nous nous arrêtons pour faire une courte balade et pique-niquer à quelques pas de la Mobius arch, à l’abri des rochers, afin de nous protéger du vent.



De retour au motel, Momo part faire un footing. De notre côté, les enfants et moi décidons de visiter le musée de l’histoire du film de Lone Pine. Le coût est modique. On peut y voir des extraits de film, des costumes et éléments de décor, ainsi qu’une courte vidéo sur l’histoire des tournages à Lone Pine.


Lone Pine Film history Museum : 5 dollar l’entrée pour les adultes, gratuit pour les enfants.


Jour 10 : Death Valley (16 mars)


Lorsque nous roulons d’une étape à une autre, nous essayons toujours de prévoir des haltes, afin de rendre le trajet plus supportable. Plutôt que débourser une somme indécente pour dormir à Furnace Creek, au beau milieu de la Death Valley, nous préférons découvrir les points de vue majeurs de ce désert en journée, et poursuivre notre route jusqu’aux abords de Las Vegas.


La Death Valley appartient au désert de Mojave. Il existe encore quelques tribus indiennes par endroits, notamment autour de Furnace Creek.


Lorsque nous quittons Lone Pine, nous empruntons la 136 puis la 190 East. Après un bref arrêt en bord de route, nous roulons jusqu’à la Badwater Road, qui se prend juste après la sortie de Furnace Creek, petit village aux airs d’oasis. Cette région du désert est située au-dessous du niveau de la mer.


Depuis la Badwater Road, il est possible d’emprunter l’Artist Palette drive, qui serpente entre des formations rocheuses aux couleurs étonnantes.



À quelques centaines de mètres, le Golden canyon nous sert d’abri pour notre pique-nique. Cette fois-ci nous ne nous protégeons ni du vent ni du froid, mais de la chaleur ! La température oscille entre 26 et 30° C. Les enfants sont assommés. Nous renonçons à faire la balade jusqu’au mirador du canyon.


Nous remontons dans le mini-van et roulons jusqu’au point de vue majeur de la Death Valley : le Zabriskie point. Nous ne sommes pas les seuls au rendez-vous. Nous ne parvenons pas à trouver les raisons de cette forte affluence. Est-ce la fin de l’hiver qui attire les touristes ? Je l’ignore. Quoi qu’il en soit, je ne me souviens pas d’avoir croisé autant de monde lors de mon dernier road-trip de 2009.



Lorsque nous arrivons à notre hôtel de Primm, il est déjà 17h. Le trajet aura duré 9 heures. Cela fait beaucoup pour les enfants. Heureusement, les prochains jours devraient être moins chargés. Primm est une petite ville située à une cinquantaine de kilomètres au Sud de Las Vegas. On n’y trouve rien hormis un casino et des outlets. C’est irréel. Nous nous sommes retrouvés ici par dépit. En effet, arriver à Las Vegas un samedi soir n’est pas vraiment une bonne idée sur le plan financier ! Par conséquent, entre payer une nuit d’hôtel à 150 euros (au minimum) ou s’éloigner un peu et débourser trois fois moins, le choix est évident.


Auden et Eylia découvrent leur premier casino : le Buffalo Bill ! Bienvenue dans le monde des cow-boys et des Indiens ! Je ne suis pas une adepte de ce genre d’attractions. Toutefois, je trouve que d’un point de vue sociologique, il est intéressant pour les enfants de découvrir un monde auquel appartiennent plusieurs milliers de personnes. Nous ne nous approchons pas des machines, mais il suffit d’observer cette vie de loin pour en comprendre déjà certains codes.


Nous logeons à l’intérieur du casino, mais notre nid douillet n’a rien d’une suite grand luxe. Afin de nous inviter à consommer, la chambre n’a ni réfrigérateur ni micro-ondes. Par ailleurs, l’eau est imbuvable, à moins que l’on aime l’eau ultra chlorée. Peu importe, la chambre est spacieuse et les lits sont confortables.


Hébergement : Buffalo Bills, Primm, 60 euros la nuit, une chambre avec deux lits doubles, sanitaires privatifs, wifi.


Jour 11 : Las Vegas (17 mars)


Nous n’avons qu’une journée pour visiter Las Vegas, ou plutôt l’observer, l’analyser. Cette ville ne se visite pas. On l’approche, on l’allonge sur un canapé et on lui fait sa psychanalyse !


Las Vegas est située dans le Sud du Nevada, en plein coeur du désert, et compte près de 650 000 habitants, ce qui ne va pas sans poser des problèmes d’alimentation en eau. Elle est fondée en 1855 par des mormons, en raison de la présence d’eau dans son sous-sol. Les Mormons veulent convertir les Indiens, mais échouent. La ville est ensuite reprise par les Américains, et fait le lien entre la Californie et le Nouveau-Mexique, grâce à une ligne ferroviaire. La légalisation des jeux d’argent en 1931 favorise le développement de Las Vegas. Après la Seconde Guerre mondiale, la mafia et d’autres personnes fortunées y construisent des casinos.


En arrivant à Las Vegas, nous pique-niquons sur le parking du supermarché, remontons le Strip en voiture et découvrons notre chambre pour la nuit. Nous ne dormirons pas au coeur même du casino, le Circus Circus, mais dans ce qu’ils appellent des « manoirs », c’est-à-dire tout bonnement de petites résidences très simples. La soirée risque d’être longue et les enfants ne sont pas habitués à veiller tard. Par conséquent, nous renonçons à découvrir Las Vegas de jour et préférons faire une bonne sieste.



Nous quittons notre chambre à la tombée de la nuit. Nous commençons notre découverte des lieux par le show du Circus Circus que nous manquons de peu. Nous avons davantage de chance pour celui du Wynn, nommé le Lake of Dream. Il s’agit d’un spectacle de sons et lumières autour du bassin du casino.



De mauvaises informations nous conduisent ensuite au Treasure Island, afin d’assister à un show qui n’est plus à l’affiche depuis des années. Vive Internet… Nous nous contentons des bateaux pirate illuminés à l’entrée.


Le show du Mirage est impressionnant. Auden est resté stupéfait par l’éruption volcanique.



Le Venitian vaut le détour si l’on aime les décors en carton-pâte. Il est déjà 21 h lorsque nous arrivons devant le Bellagio et son spectacle de fontaines. C’est peut-être ce que j’ai préféré. Il est simple et élégant.



Malgré tout, les enfants sont épuisés. Nous avons déjà marché près de sept kilomètres, si l’on compte tous les détours faits pour pénétrer dans les casinos et accéder à chacun des shows. Nous faisons une dernière halte au Rainforest, situé dans le Miracle shop du Planet Holliwood, afin de voir quelques animaux automates et une simulation d’orage sur le plafond du restaurant. Mouais, bon. Il est temps de rentrer. Nous sautons dans le Deuce, dont nous ne paierons pas le billet (j’ignore encore pourquoi), et filons nous coucher.


Las Vegas n’est définitivement pas fait pour des enfants. Je n’en doutais pas, mais je pensais que les différents spectacles auraient pu les captiver. Ce fut le cas au début. Toutefois, ils ont vite épuisé leurs forces : marcher dans la foule, démultiplier les pas afin de trouver le lieu exact de chacun des shows, accélérer lorsque l’heure d’un show approche, attendre cinq minutes à chaque passage piéton, etc. Tout cela est épuisant nerveusement et physiquement. Par ailleurs, ils n’ont pas le recul suffisant pour comprendre en quoi Las Vegas est intéressante, car unique en son genre, et affligeante, car en tout point inhumaine.


Le Strip de Las Vegas

Nous n’aurons pas vu le quartier de Fremont Street ni la partie sud du Strip de nuit (Luxor, Excalibur, New York New York). Peu importe, cet aperçu est amplement suffisant. Et nous n’aurons pas déboursé un centime dans la ville du vice !


Vivement un peu de nature ! Nous partons demain pour la Valley of fire et remontons ensuite vers l'Utah (Zion NP, Bryce Canyon NP), puis l'Arizona (Lac Powell).


Hébergement : Circus Circus, Las Vegas, 58 euros la nuit, une chambre avec deux lits doubles, sanitaires privatifs, wifi, au Nord du Strip.


See U :)


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