• Léo

San Pedro de Atacama - Chili (10-16 septembre)

Mis à jour : 8 oct. 2018


San Pedro de Atacama a été la dernière étape de notre voyage au Chili, et pas des plus moches ! Nous avons connu les villes avec Santiago, Valparaiso et La Serena. Nous avons vu la mer, place au désert !


Mon ressenti général


San Pedro de Atacama

Mardi 11 septembre, après une nuit passée dans le car, seize heures de trajet et un petit vomi d’Auden, nous avons vu le soleil se lever sur le désert. Un bien beau cadeau de bienvenue. San Pedro de Atacama est un village de 4 000 habitants, situé à 2400 m d’altitude, à une centaine de kilomètres des frontières bolivienne et argentine. Lorsque l’on descend du car, le dépaysement est total ! Au petit matin, le froid est saisissant, surtout lorsque la nuit a été courte, et que notre corps est encore au repos. Le ciel est d’un bleu éclatant. Aux abords du terminal de bus, la plupart des rues sont en terre. Les constructions sont sobres. Quel que soit l’endroit où se porte notre regard, on aperçoit la découpe dentelée de la Cordillère et l’on devine l’immensité du désert qui enserre le village.


Il était grand temps de trouver notre auberge ! La centaine de mètres parcourus a confirmé ce sentiment de vivre un moment irréel. Nous étions arrivés aux portes du désert, lorsque l’enseigne de l’Hostal Millantu s’est dessinée au loin, masquée par un rayon de soleil. Le volcan Licancabur se dressait en toile de fond, laissant courir à ses pieds des kilomètres de terre sèche et de plantes rases. Sacré terrain de jeu pour les enfants ! Une nouvelle fois, nous avions tiré le gros lot ! En effet, notre logement était un petit studio, avec deux chambres, un petit salon, une cuisine et une salle d’eau. Cerise sur le gâteau : le petit-déjeuner compris, très copieux, différent chaque jours, et apporté à l’avance tous les soirs ! L’auberge n’était pas située dans le centre de San Pedro. Toutefois, nous avions tout le confort souhaité : un beau logement, une « superette » à 100 m, le calme et l’authenticité des lieux, la nature à porter de main, et seulement un petit kilomètre à parcourir pour nous rendre dans le centre historique.


Le désert d’Atacama est un vrai bijou. Je comprends désormais pourquoi certains voyageurs passent plusieurs semaines dans le coin. Les possibilités sont infinies. Le climat désertique n’est pas dérangeant, à tout le moins en septembre. Il fait froid le matin, autour de 6 degrés. L’après-midi, le soleil fait son œuvre, et l’on peut finir la journée en short et débardeur. En revanche, les nuits sont très fraîches, et les auberges ne sont pas toujours chauffées. Quoi qu’il en soit, le bleu profond du ciel en journée n’a pas son pareil. C’est dans ce cadre que nous avons découvert quelques petits trésors : les lagunes de Cejar, dont le bleu turquoise joue avec le jaune de la flore environnante ; la Laguna de Tebenquiche, perdue dans le salar d’Atacama et habitée par des flamants ; la Laguna Miscanti, perchée à 4300 ; la Valle de Jere et son mini canyon ; la Valle Arcoiris (Arc-en-ciel), où la roche a des teintes magiques ; la Valle de Marte et de la Luna, dont les noms n’ont rien d’exagéré, surtout au coucher du soleil, etc.


Laguna Cejar

Laguna Miscanti

Mon coup de coeur


Il est presque impossible de donner la palme à un site plus qu’à un autre, dans ce magnifique désert d’Atacama. Pas de coup de cœur précis. Un simple bien-être permanent ! Je crois que ce que nous avons trouvé saisissant est le simple fait de rouler au milieu du désert, dans notre super pick-up loué pour l’occasion ! Bon, je l'admets, cela a contribué à faire gonfler le bilan carbone de nos séjour ;)


Ce road-trip dans le désert était un pur sentiment de liberté : avaler les kilomètres, au milieu de rien, sur des routes interminables ou des pistes caillouteuses au cœur du salar, en traversant des rivières où viennent s’abreuver des lamas ou des vigognes, le tout sous le regard sage de la Cordillère et du Licancabur. C’est tout ce dont je rêvais. Pour moi, c’est là que le tour du monde a vraiment commencé, avec les grands espaces.


Routes interminables du désert d'Atacama

Salar d'Atacama

Mon coup de gueule


Et, oui, une critique est possible ! Pour ceux qui sont allés au Népal, le centre de San Pedro me rappelle beaucoup le quartier touristique de Thamel, à Katmandou. C’est-à-dire, une sorte de Disneyland où tout est fait pour le touriste : des hostals tous les 3 m, des agences proposant des excursions tous les 2 m, de petits restaurants présentant une carte très « locale » (pizzas, spaguettis, poisson de mer, et éventuellement des empanadas), des bars, des boutiques de souvenirs, des superettes offrant des produits que l’on pourrait trouver en France, etc.


Pourtant, le petit centre historique est très mignon. C’est du gâchis. Je comprends que le tourisme soit une manne pour les locaux. Toutefois, eux-mêmes ne peuvent plus y vivre ou y manger. Les tarifs y sont trop élevés. Par conséquent, au nom du tourisme, ils sont exclus de leur propre village. De notre côté, nous étions tout aussi bien à l’extérieur de ce quartier artificiel, allant faire nos courses chez notre petit marchand du coin. Nous avons mangé une fois au restaurant, juste à côté de notre auberge. Nous en avons eu pour 20 000 pesos (25 euros) pour quatre, pour une soupe typique et un plat standard. Dans le centre, le plat était à 12 000 pesos par personne…


Nous sommes heureux d’avoir pu éviter les excursions en groupe, proposées par les agences du centre. Tout nous semblait indigeste : devoir s’arrêter uniquement aux stops prévus, prendre les mêmes photos, tous, alignés comme des soldats face à notre cible, et surtout payer une blinde ! Prenons l’exemple de la fameuse Vallée de la Lune, qui a un charme particulier lorsqu’on la voit au coucher du soleil. Pour photographier, nous y sommes allés avec notre pick-up, seuls, et avons préféré choisir un spot moins parfait, afin d’éviter l’attroupement de pas moins de 50 personnes, perchées en masse au-dessus de la vallée...


Valle de la Luna, version non payante !

Et les enfants ?


En bonne amoureuse de la nature, Eylia s’extasie devant les magnifiques paysages chiliens. Les lagunes du désert d’Atacama et la Vallée Arc-en-ciel ont su la conquérir. Je ne parle évidemment pas des étincelles dans ses yeux lorsqu’elle a pu approcher des lamas de près !



Auden a enfin pu courir, grimper et sauter sans limites ! La ville n’est définitivement pas faite pour lui. Il a besoin d’espace. Il a été servi !


De façon générale, ils apprécient toujours autant notre mode de vie, et ne se plaignent pas du rythme. Les trajets en car sont bien supportés, malgré un petit moment de moins bien du côté d’Auden en arrivant dans le désert. Le changement permanent ne les perturbe pas. Ils sont comme nous. Ils ont la bougeotte. Plus de quatre jours au même endroit, et l’envie de découvrir un nouveau lieu, une autre maison, se fait sentir !

Auden et Eylia passent leur temps à jouer ensemble, en s’inventant des histoires tout à fait improbable. Ils se disputent aussi. Toutefois, je trouve que ce tour du monde les rapproche, pour le moment. Ils savent qu’ils n’ont que l’autre comme copain de jeu, ça doit aider !


Anecdote


A seulement quelques mètres de notre auberge, nous avions une petite superette, tenue par une famille très sympa. Le premier jour, le gérant a gentiment donné quelques bonbons aux enfants. On a tous trouvé cela gentil. Le deuxième jour, Auden, à peine rentré dans le magasin, s’est posté sous le bac à sucreries, et notre nouveau copain a de nouveau sévi, en offrant une sucette a chacun des enfants. Sympa, mais mon cœur de phobique du sucre a commencé à faire des bonds !


Le troisième jour, je suis venue seule. C’est le fils du gérant qui était présent. Je m’apprêtai à sortir et à régler ma note, lorsque le père est arrivé, a demandé gentiment où étaient les enfants, a plongé généreusement sa main dans le pot de bonbons, et m’en a donné une poignée. Une fois rentrée à l’auberge, je me suis bien gardé de montrer mon butin à Auden et Eylia !


Le quatrième jour, je n’ai pu éviter d’y retourner sans eux, et j’ai capitulé. Rien à faire. Le gérant s’était visiblement fait la promesse de couvrir tous les enfants (de touristes) de bonbons ! Quoi qu’il en soit, il était quand même vachement sympa :) Ce n’est sûrement pas dans le centre de San Pedro que les marchands auraient fait cela.


Trucs et astuces du voyageur au Chili

  • Repas : définitivement, c’est bien plus rentable de faire ses courses au supermarché et de cuisiner dans les auberges. Pour le moment, même à San Pedro, nous nous en sortons avec 15 000 pesos max (moins de 20 euros), par jour, pour deux adultes et deux enfants. A moins de manger uniquement des snacks, type empanadas, midi et soir (1000 pesos l’empanada), je vois difficilement comment se nourrir pour moins cher.

  • Altitude : nous avons réussi tous les quatre à monter jusqu’à 4300 m, sans problèmes. Est-ce le hasard ? Est-ce grâce à nos petits bonbons à la coca ? Aux granules d’homéopathie pris la veille ? A l’acclimatation à San Pedro ? Je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, nous savons désormais que c’est possible. Heureusement, car la route que nous emprunterons pour nous rendre en Argentine, a un passage à 4800 m !

  • Equipement pour le froid : nous ne regrettons pas d’avoir acheté nos doudounes Decath. Elles sont légères, fines, se rangent facilement et tiennent bien chaud. Ce n’est pas du luxe dans le désert ! Nous sommes également très contents de nos pantalons de rando qui se transforment en short. Que ce soit à Vicunia ou dans le désert, nous étions heureux de débuter la journée bien couverts, et de pouvoir nous aérer les gambettes l’après-midi !

  • Eau du robinet à San Pedro de Atacama : elle n’est pas potable, contrairement à celle de La Serena, de Valparaiso ou de Santiago.

  • Location de voiture pour découvrir le désert : Je vous l’expliquais plus haut, les offres d’excursions ne manquent pas à San Pedro. Seul problème : il n’est pas rare qu’ils refusent d’emmener les jeunes enfants. En effet, les agences craignent que les petits aient le mal des montagnes, et que cela contraignent tout le groupe à redescendre en basse altitude, afin de ne pas aggraver le cas de l’enfant. Par conséquent, vous serez peut-être obligés de louer une voiture. En définitive, c’est plutôt une chance : les prix sont plus intéressants et l’on est bien plus libre !

  • Parcs du désert d’Atacama : pensez à prendre vos passeports (ou des copies) pour entrer dans les parcs. Le prix des entrées est plus cher l’après-midi. Les enfants de moins de 6 ans ne paient pas.

  • Santé et commerces à San Pedro : pour les hypocondriaques et les amoureux du confort matériel, sachez que le désert n’a rien à envier au centre-ville de Valparaiso ! J’exagère, à peine… Dans le coin Disneyland, vous avez des pharmacies avec tout le nécessaire, des magasins de vêtements de sport, un hôpital, une poste, des restaurants, des bars, etc. S’en est même déprimant. Je ne sais plus où est-ce qu’il va falloir aller pour se couper de la société de consommation !


Budget pour 5 jours à San Pedro de Atacama : 823 euros


  • Hébergement : Hostal Millantu, 400 euros (320 000 pesos) pour 5 nuits ;

  • Nourriture : 74 euros ;

  • Activités : 56 euros (laguna Cejar, laguna Miscanti, laguna Tebenquiche, Valle de Jere, Valle Arcoiris) ;

  • Transports : 292,50 (car La Serena-San Pedro : 112,50 euros (90 000 pesos) avec Turbuss ; location de voiture : 180 euros (location + gasoil).


Hasto pronto !


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