• Léo

Passer deux jours en famille dans un camp de yourtes dans les steppes kirghizes (14-16 juin)

Mis à jour : 26 juin 2019


Notre camp de yourtes, au bord du lac Song-Kul


Après notre nuit en yourte dans le désert ouzbek, changement de décor ! Place aux steppes kirghizes !


Ancienne mordue d’équitation, si on m’avait dit qu’un jour je galoperais dans les steppes du Kirghizistan, je ne l’aurais pas cru ! Eylia et Auden, qui suivent les pas de leur mère, ont également vécu un moment unique.


Passer quelques jours dans un camp de yourtes au Kirghizistan, c’est aussi vivre avec une famille semi-nomade et découvrir leur quotidien, le tout dans un cadre idyllique, entre lac et montagnes. Quoi qu'il en soit, c'est un must d'un voyage en famille au Kirghizistan.


À cheval !


1. Où dormir en yourte avec ses enfants au Kirghizistan ?


Lac Song-Kul

Les Kirghizes sont un peuple de semi-nomades. Par conséquent, vous pouvez trouver des camps de yourtes qui accueillent des touristes à peu près partout dans le pays. On en découvre au détour de chaque sentier !


Un des endroits les plus réputés pour vivre une expérience de vie en yourte est le lac Song-Kul. En effet, le cadre est superbe et combine paysages de steppes et de montagnes. Ce n’est pas le cas partout ailleurs au Kirghizistan.


Certains camps sont plus authentiques que d’autres. Nous n’en avons testé qu’un. Par conséquent, il est difficile de comparer. Toutefois, nous avons tout de même une petite idée sur la question. En effet, au hasard d’une balade, nous avons pu juger du degré d’exploitation du filon touristique de plusieurs camps. Ceux qui sont situés dans les hauteurs de Jeti-Ogüz ne donnent pas vraiment envie. Tout se monnaie, même les photos prises avec les enfants du coin. Au revoir l’authenticité...


Au lac Song-Kul, ce n’est pas tout rose non plus ! Les semi-nomades profitent de l’été et de leur migration pour accueillir des touristes. Certes. Toutefois, on n’a pas le sentiment d’être un porte-monnaie ambulant. Nous avons été accueillis au sein de la famille et avons participé à leur vie quotidienne. Celle-ci ne donnait pas le sentiment d’être mise en scène.


J’imagine que le plus sûr moyen de vivre l’expérience d’un séjour en yourte, sans avoir le sentiment d’être un énième visiteur qui investit les lieux, c’est d’y aller au culot et de demander l’hospitalité dans le premier camp trouvé sur sa route. Ce sera sûrement plus roots, mais plus authentique !


2. Où réserver sa nuit en yourte dans les steppes kirghizes ?


Nous avons booké notre séjour depuis la ville de Kochkor. Les petites agences et CBT pullulent. Nous avons comparé les prix de deux agences. C’était suffisant. Notre deuxième tentative nous a semblé tout à fait honnête.


L’agence Plus Eco, qui se résume à un petit cabanon donnant sur la rue, est située en plein centre de Kochkor, à côté de la gare routière. La dame qui nous a reçus était fort aimable et parlait correctement anglais.


3. Quel budget pour deux nuits en yourte en famille au Kirghizistan ?


Le prix d’une nuit en yourte au Kirghizistan est tout aussi dérisoire que celui de notre nuit en yourte dans le désert ouzbek ! Cela nous a coûté 115 euros pour deux nuits ! Le prix comprend le transport, l’hébergement pour deux nuits, deux déjeuners, deux dîners et deux petit-déjeuners. Les enfants n’ont pas payé.


Une autre agence du centre nous avait proposés un tarif 25 % plus cher. Par conséquent, il est important de comparer les prestations des différents acteurs du secteur.


Deux options sont possibles : soit l’on se rend au camp en voiture jusqu’à un point où l’on troque le véhicule contre un cheval pour terminer le trajet, soit l’on effectue tout le trajet en voiture et l’on reporte la balade à cheval une fois sur place. Nous avons choisi cette dernière option. En effet, nous craignions que la randonnée équestre ne soit trop longue et lasse les enfants, d’autant qu’il aurait fallu les prendre avec nous sur nos montures. Niveau confort, il y a mieux !


Si vous souhaitez vous payer le rêve d’une balade à cheval dans les steppes kirghizes sur une belle monture locale , il faut ajouter 250 soums au budget, par cheval et par heure. Nous en avons eu pour 10 euros.


4. Que faut-il emporter pour passer deux nuits en yourte en famille au Kirghizistan ?


L'intérieur de notre yourte !

En temps normal, on vient au camp avec ses gros sacs. Toutefois, dans l’hypothèse où l’on décide de laisser l’essentiel de ses affaires dans une auberge et ne prendre que le strict nécessaire, voici ce qui me semble incontournable :


  • de l’eau ! Du thé est servi à table, mais ce n’est pas suffisant pour étancher sa soif en dehors des repas. Si l’on est amateur de lait de jument, les hôtes proposent souvent un petit bol. J’ai trouvé ça ignoble!

  • des tonnes de vêtements chauds ! Début juin, les températures nocturnes descendent en dessous de zéro. Un petit poêle est installé dans les yourtes. Toutefois, j’ignore si tous les camps en sont équipés. Par ailleurs, ils ne fonctionnent pas toute la nuit et les couettes fournies ne sont pas toujours suffisamment chaudes pour assurer notre survie ! Un petit plaid ou duvet n’est pas du luxe.

  • un K-Way, car le temps est très changeant.

  • de la crème solaire (on est en altitude), casquettes, lunettes de soleil.

  • affaires de toilettes : le camp est équipé d’une douche et de toilettes. Je décerne un prix à qui osera se laver par ces températures glaciales ! Nous n’avons pas tenté...

  • de quoi grignoter, si l’on n’est pas fan de cuisine kirghize. Les repas sont copieux, mais pour les enfants, ce peut-être plus raisonnable d’avoir quelques bricoles en plus.

  • une petite trousse à pharmacie. Lorsque l’on est à deux heures de route du premier médecin et que l’on est nourri avec des aliments qui ont été cuisinés dans des conditions d’hygiène qu’il vaut mieux ignorer, ce n’est pas superflu d’emporter avec soi de quoi se soigner en cas de problème ! Il peut être important de prévoir de quoi traiter le mal des montagnes. Le camp se trouve tout de même à 3 000 m d’altitude.

  • une batterie externe, car il peut ne pas y avoir d’électricité. Nos hôtes avaient de petits panneaux solaires permettant de recharger quelques appareils. J’ignore s’il y a cela dans tous les camps.


5. Présentation de notre camp de yourtes


Notre camp de yourtes

Les semi-nomades arrivent chaque année à la fin du mois de mai ou au début du mois de juin et repartent vers le 10 septembre. Le reste de l’année, ils vivent dans des maisons, aux alentours de Kochkor. Les conditions de vie aux environs du lac Song-Kul entre septembre et mai sont trop difficiles. Je veux bien le croire ! Quand je vois le froid qu’il a fait début juin et la neige qui est tombée à quelques kilomètres de là, j’imagine que l’on ne peut vivre ici en dehors des beaux jours.


Autrefois, les habitants migraient vers Kochkor, tout en restant en yourtes. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Atenaï, une des filles du camp, me confiait qu’elle préférait la vie en yourte. J’imagine que cela correspond au fait que cette période est associée aux vacances scolaires et qu’elle retrouve de nombreux amis établis dans d’autres camps situés au bord du lac. Pour elle, c’est un peu une grande colonie de vacances qui dure trois mois !


Le camp est situé à 3 000 m d’altitude, au bord du lac Song-Kul, dans le centre du Kirghizistan, à deux heures de route de Kochkor.


Il se compose de six ou sept yourtes réservées à l’habitation, d’une destinée aux repas et de deux dans lesquelles la famille cuisine et vit.


Chaque yourte est équipée de plusieurs matelas et couettes, ainsi que d’un petit poêle qu’ils alimentent avec du crottin de cheval séché.


Sur notre camp, nous avions à disposition deux cabanons de toilettes. Les deux se résument à un trou creusé dans le sol. L’un est recouvert d’un socle et d’une cuvette, l’autre est un toilette à la turque. Un troisième cabanon abrite une douche. Entre le camp et les toilettes, un grand réservoir avec un évier permet de se laver les dents et les mains. Une pompe à eau est située à une centaine de mètres du camp. Il faut aimer l’eau glacée !


Nos toilettes !

Nous avons peiné à comprendre l’identité des personnes présentes sur le camp de semi-nomades. Rosa était la maîtresse de maison et Atenaï, l’une de ses filles, son bras droit essentiel. Autour d’elles gravitaient plusieurs enfants de tous âges, deux ou trois hommes d’une cinquantaine d’années et la grand-mère. Mes interlocutrices principales étaient Atenaï et sa sœur aînée, qui parlaient toutes deux très bien anglais. Du haut de leurs quinze et dix-huit ans, elles faisaient preuve d’une grande maturité dans la gestion du camp et de l’accueil des touristes. Nos enfants français sur-couvés devraient en prendre de la graine !


Nos hôtes étaient vêtus de vêtements modernes, exception faite du foulard des femmes d’un certain âge et des chapeaux des hommes.


Le chapeau kirghize

N’oublions pas les autres habitants du camp, qu’Auden et Eylia n’oublierons pas : un chat, trois chiots, une chienne, des moutons, des vaches, des veaux, des poulains et des chevaux !




Sur le camp, les enfants ont pu jouer à la balançoire et au ballon. Décidément, les balançoires situées dans des lieux extraordinaires et offrant un panorama incroyable sont un fil rouge de ce tour du monde : celles de la Casa del Arbol à Baños (Equateur), celles d’Amazonie, celle du désert ouzbek, sans compter les hamacs de Rincon del Mar (Colombie), de Bocas del Toro ou des San Blas (Panama), et j’en oublie...



6. Le trajet vers le camp de yourtes


Vendredi 14 juin – Il est 9 h lorsque notre chauffeur vient nous chercher à notre auberge de Kochkor, où nous avons passé la nuit, après trois jours de repos à Bichkek.


Le trajet dure deux heures. Les paysages sont superbes : un lac d’un bleu profond ; des structures rocheuses proches de certains canyons rencontrés dans le Nord-ouest argentin ; des montagnes pelées, aux tons qui varient du vert profond au plus acidulé, en passant par des déclinaisons de rouges et d’ocre (comme dans le Sud Lipez en

Bolivie) ; des paysages de prairies qui se transforment progressivement en steppes ; des maisonnettes ou yourtes perdues dans la montagne ; des troupeaux de moutons, de chevaux et de yaks ; d’immenses vallées fleuries ; des cols enneigés, etc.


Difficile d'imaginer que l'on trouve des montagnes si colorées quelques kilomètres avant d'arriver dans les steppes !

Quelques montagnes pelées. La végétation disparaît progressivement.

Yak kirghize

Lorsque nous arrivons à quelques kilomètres du lac Song-Kul, le panorama est somptueux. Nous sommes encore à 3 500 m et avons une vue plongeante sur le lac et la steppe environnante.


Une fois au bord du lac Song-Kul, le temps est magnifique. Le rêve absolu!


7. Que faire au camp de yourtes de Song-Kul avec des enfants ?


Jouer avec les animaux


Je crois que ce fut l’occupation préférée d’Eylia. Elle a passé les deux jours à jouer avec les chiots, à les aider à manger, à les observer. Elle a également adoré caresser les chevaux du camp et aller voir les poulains et veaux du coin.


Jouer avec les habitants du camp


Lorsque nous sommes arrivés, trois touristes étaient déjà sur place. Une partie de volley endiablée s’est engagée, à laquelle Auden a participé, faisant montre d’une grande détermination ! Le lendemain, il a joué au foot à plusieurs reprises avec les enfants du camp, non sans chouiner dès que la balle lui échappait ! La balançoire fut une autre activité qui a séduit tant Eylia qu’Auden. Il faut dire que le cadre donnait envie !


Se promener dans les steppes



Le premier après-midi, nous sommes allés à la découverte des environs. La balade fut de courte durée, car le ciel s’est couvert rapidement et la grêle est tombée.


Momo n’a pas renoncé et a poursuivi son chemin. Il y est retourné avant le dîner, lorsque la lumière du soleil couchant caressait les collines et sublimait le lac. La steppe est immense. Ce n’est pas un scoop ! On a le sentiment que l’on n’atteindra jamais les collines et les montagnes qui semblent pourtant si proches ! Les couleurs sont superbes, lorsque les nuages n’obscurcissent pas le ciel. Le matin, le temps est correct. L’après-midi, mieux vaut prévoir de quoi s’occuper dans sa yourte !


Faire une balade à cheval


Me balader à cheval au Kirghizistan : mon rêve !

Dans chaque camp de yourtes, il est toujours possible de louer un cheval. C’est entre 200 et 250 soums l’heure, pour une monture. Si l’on souhaite prendre un guide, son cheval est compté comme une monture louée supplémentaire.


Nous chevaux étaient très calmes, même un peu trop ! Le premier jour, nous avons fait une balade tous les quatre. Momo a pris Auden sur son cheval, tandis qu’Eylia est montée sur le mien. Etant donné que les enfants n’ont jamais vraiment pratiqué l’équitation, nos hôtes ne préféraient pas leur confier un cheval à manier tout seul.


Le lendemain, j’ai préféré louer un seul cheval et prendre les enfants une demi-heure chacun. C’est suffisant et cela nous a permis de trotter et galoper, ce qui n’était pas possible la veille. Momo n’est pas un grand fan d’équidés et il aurait été dangereux de s’engager dans une folle cavalcade !


Qu’est-ce que c’est grisant de galoper dans les steppes ! On se sent libre, sans barrière, sans limite. Le sentiment est indescriptible.


Participer à la vie du camp de yourtes


Lorsque le soleil n’est pas au rendez-vous, on peut vite tourner en rond. Plutôt que de rester enfermer dans sa yourte, autant participer à la vie du camp. Eylia et moi avons aidé à la préparation des repas (beignets aux légumes, salade composée) et au dressage de la table. Cela nous a donné l’occasion de discuter avec les ados. En revanche, il était compliqué d’échanger avec les anciens, qui ne parlent pas du tout anglais.


Le premier matin, Momo a assisté à un spectacle bien triste, mais qui fait partie de la vie quotidienne de nos hôtes. Il a vu un mouton partir au paradis des bébêtes ! En gros, il été témoin d’un meurtre exécuté de sang-froid ! Quand Auden a appris cela, il a mis deux bonnes heures à s’en remettre… Il a tout de même souhaité voir ce qu’il restait de la bête : les entrailles dans des bassines, la peau dans un coin et la tête au pied de la yourte. Bizarrement, ça l’a apaisé ! Je crois que le fait de découvrir de nouvelles pratiques et de pouvoir nous assommer avec un nouveau flot de questions lui a fait oublier ses grands principes de protection animale !


Feu le mouton...

Après la peau, on passe aux boyaux ! Pauvre mouton...

J’aurais bien voulu pouvoir aller traire les vaches, mais nous avons loupé le coche...


Rester cloîtrer dans sa yourte parce que l’on meurt de froid !


Sur nos deux jours, nous n’aurons eu que quelques heures de vrai beau temps. En dehors de ces parenthèses ensoleillées, ça n’a été que ciel nuageux, grêle, neige fondue et vent ! Difficile de s’occuper autrement qu’en restant blotti sous sa couette et en faisant la sieste ! Bien que je n’aime pas rester cloîtrée à ne rien faire, je reconnais que ces petites heures de répit nous aurons permis de nous requinquer.


Et manger !


Petit-déjeuner au camp de yourtes

On ne va pas se mentir, la vie en yourte n’est pas folichonne ! Une fois passées les quelques heures de contemplation, de balades à cheval, de promenade et de jeux, on s’ennuie ! Alors on mange !


Si j’ai adoré ces deux jours, je ne me verrai pas vivre cette vie, ou bien, comme eux, trois mois par an et entourée de tous mes amis. N’ayant pas ramené ma tribu avec moi, j’ai apprécié les repas qui ont permis de rythmer notre séjour !


Les repas en yourte sont copieux : une entrée à base de crudités ou une soupe, un plat de résistance avec du riz et du mouton, sans oublier les multiples coupelles de bonbons et de fruits secs ! Honnêtement, nous n’avons pas eu faim une seule seconde et les enfants ont réussi à y trouver leur compte.


8. Le retour vers Kochkor puis Bokonbayevo


Dimanche 16 juin – Notre chauffeur est de retour. Après une dernière balade à cheval, nous faisons route pour Kochkor. La neige a habillé les montagnes et les paysages sont encore plus beaux qu’à l’aller, si l’on fait exception du ciel nuageux.

Une fois à Kochkor, notre saluons notre chauffeur et prenons un taxi pour Bokonbayevo. L’atmosphère se réchauffe. Nous frôlons même les 29 ° C aux abords du lac Issyk-Kul ! Cela change des températures négatives de cette nuit !


Nous longeons le lac jusqu’à notre destination. Auden décrète qu’il veut y faire construire sa maison, lorsqu’il sera plus grand ! Ok. Pas de problème. Tu nous inviteras, alors ?!


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