• Léo

Visiter en famille les villes de la Route de la Soie en Ouzbékistan (2-7 juin)

Mis à jour : 23 juin 2019


Boukhara, la mosquée Kalon

L’ Ouzbékistan est un pays culture avant d’être un pays nature. Dans le cadre de notre tour du monde en famille, nous voyions ce pays comme l’étape « mille et une nuits » ! En effet, comment passer en terre ouzbèke sans s’arrêter dans chacune des superbes villes de la Route de la Soie ?


De la merveilleuse Samarcande à la féerique Khiva, en passant par la chaleureuse Boukhara, il est difficile d’être déçu ! Les enfants ne peuvent qu’adorer se perdre dans les ruelles des vieux quartiers ou admirer les splendides mosquées et madrasas qui leur donnent le sentiment d’être les nouveaux figurants d’un remake d’Aladdin !


En route pour le pays des merveilles !


1. Visiter Samarcande en famille


Place du Registan

Comment se rendre à Samarcande depuis Tachkent ?


Quatre options s’offrent au voyageur qui souhaite se rendre à Samarcande depuis la capitale ouzbèke : le taxi privé, une marchroutka, l’avion ou le train. Nous avons choisi ce dernier moyen de transport, et ce, pour deux raisons. D’une part, il est plus confortable de voyager en train, et cela amuse les enfants. D’autre part, s’il est évidemment moins onéreux de voyager en marchroutka, le prix d’un voyage en train reste tout à fait accessible. Enfin, l’attente et le voyage sont moins longs en train qu’en marchroutka.


Récit de notre trajet Tachkent-Samarcande


Train Tachkent-Samarcande

Dimanche 2 juin – Nous quittons notre auberge de Tachkent . Le gérant nous a commandé un taxi. Cela permet d’éviter les quiproquos et d’être sûr de ne pas se faire arnaquer.


La gare sud de Tachkent est très élégante. D’un blanc éclatant et bien dessinée, elle trône au milieu de pelouses fleuries. Décidément, après le métro de Tachkent, les Ouzbeks ont l’air d’avoir tout misé sur l’architecture de leurs infrastructures de transports !


Nous pique-niquons à la gare, puis rejoignons le compartiment de notre train pour Samarcande. En effet, nous voyageons dans un train qui me rappelle ceux que je prenais étant enfant pour me rendre au plus profond de la Creuse. Un long couloir traverse le wagon et dessert une dizaine de compartiments ouverts. Ceux-ci sont aménagés très simplement : deux banquettes en bas, deux en haut et une petite tablette. J’adore ! Auden et Eylia aussi ! Cerise sur le gâteau : nous sommes seuls dans le wagon, ou presque. Auden pourra faire tout le bruit qu’il souhaite et courir dans tous les sens sans déranger personne.


Durant le trajet, nous observons les paysages défiler sous nos yeux : steppes et villages sur fond de montagnes enneigées. Nous passons à quelques kilomètres du Kazakhstan et du Tadjikistan.



Où loger à Samarcande?


Notre auberge de Samarcande

L’offre de logements ne manque pas à Samarcande. Reste à savoir quel budget on souhaite allouer à ce poste de dépenses. Il est possible de loger dans le centre à des tarifs tout à fait décents. Le plus difficile est de trouver un établissement avec cuisine commune.


Nous avons réservé une auberge en plein centre de l’ancienne capitale ouzbèke. Pour nous y rendre, nous refusons les offres des taxis et préférons attendre un bus, en compagnie d’une Polonaise rencontrée à la sortie de la gare. Trente minutes plus tard, nous déclarons forfait et nous tournons vers le premier taxi trouvé. Il est déjà plus de 20 h et nous ne pouvons nous permettre d’attendre indéfiniment, d’autant que le vendeur d’une épicerie voisine semble nous faire comprendre que le bus ne passera pas.


La périphérie de Samarcande et les quartiers autres qu’historiques n’ont rien de renversant. Toutefois, dès que l’on s’approche de la place du Registan, on perçoit enfin la richesse architecturale de la ville.


En arrivant à notre auberge, nous réalisons qu’Auden a oublié son sac à dos sur le banc de l’arrêt de bus. Super… En début de séjour, cela ne m’aurait que très peu contrarié. En fin de tour du monde, son sac est rempli de jouets et de souvenirs. Auden est au fond du trou. Je me refuse à baisser les bras. Je remonte dans le taxi et retourne sur les lieux du crime. On ne sait jamais. J’ai confiance en l’honnêteté ouzbèke ! Le chauffeur tente de comprendre mon objectif. Il ne parle pas anglais et ne sait pas exactement pourquoi je suis remontée dans son véhicule ! Tout en conduisant, il me fait écrire sur le traducteur de son téléphone. Le résultat n’est pas vraiment probant, mais nous parvenons à nous mettre d’accord. Lorsque nous arrivons à l’arrêt de bus, le sac n’est plus là. Damn it ! Mue par un élan d’espoir, je descends tout de même du taxi et me rends dans la petite épicerie qui jouxte l’arrêt. Miracle ! Le vendeur a le sac ! Yes ! Je savais bien que je le retrouverais !


Notre auberge de Samarcande est toute récente. Les propriétaires viennent de racheter un vieil hôtel qu’ils tentent de remettre au goût du jour. Notre chambre est spacieuse et élégante. De longs rideaux masquent d’immenses fenêtres qui éclairent une pièce aérée d’une hauteur sous plafond de plus de trois mètres. Des grands tapis courent sur le sol. Après le carrelage d’Amérique latine, la moquette du grand Ouest américain et de Nouvelle-Zélande, le parquet de Corée du Sud et les tatamis du Japon, voici venu le temps des tapis d’Orient !


C’est en écoutant l’orage que nous nous endormons pour notre première nuit à Samarcande.


Quelques mots sur Samarcande


Ancienne cité fortifiée de l’empire achéménide, perchée sur la colline d’Afrosyab, Samarcande est passée entre les mains d’Alexandre le Grand, puis des commerçants sogdiens au IIe siècle avant J.C., qui contribuèrent au développement de la Route de la Soie. Le bel oasis passe ensuite aux mains des Arabes au VIIe siècle, puis des Samanides au IXe siècle, avant d’être conquise par le grand Mongol Gengis Khan en 1220, pillée et abandonnée. Samarcande retrouve de sa superbe sous le règne de Tamerlan (1336-1405), célèbre empereur timouride. Il en fait un nœud commercial sur la Route de la Soie.


Samarcande devient russe à la fin du XIXe siècle. En tant que nation et république, l’Ouzbékistan naît en 1924. Partie intégrante de l’URSS, le pays sort gagnant au jeu du tracé des frontières, puisqu’il obtient Boukhara et Samarcande, au détriment des Tadjiks. En 1930, Samarcande perd son statut de capitale.


Que faire à Samarcande?


Lundi 3 juin - Notre auberge est située à deux pas de la célèbre place du Registan. C’est donc par celle-ci que nous commençons notre visite de la belle Samarcande. Ancien cœur marchand de la cité timouride et place des exécutions sous l’ère soviétique, le Registan est absolument superbe. L’immense place est encadrée par trois madrasas (Oulough Begh, Chir Dor et Tilla Kari).


Nous poursuivons notre visite par la mosquée Bibi-Khanum, la plus grande d’Asie centrale, érigée sous le règne de Tamerlan, en l’honneur de son épouse préférée.


Mosquée Bibi-Khanum

Non loin de là, Auden et Eylia entrent pour la première fois dans une mosquée, la mosquée Khazret Khizr ou mosquée des voyageurs. Eylia s’assoit et regardent longuement les musulmans prier. Auden observe les lieux et reste captivé par les décorations du plafond de la mosquée ! La vue sur Samarcande est superbe depuis la terrasse de l’édifice religieux.


Vue depuis la mosquée Khazret Khizr

La balade continue en direction du cimetière de la nécropole Shah I Zinda. Les tombes ont une forme singulières et chaque défunt est dessiné sur sa stèle. L’endroit est apaisant. Par ailleurs, la vue sur les dômes de la nécropole vaut le détour.



Pour se rendre à la nécropole, il faut ressortir du cimetière et reprendre l’artère principale. Le site est somptueux. Le mausolée du XIe siècle de Qassim-ibn Abbas, cousin de Mahomet devenu saint musulman, fut entouré de nouveaux mausolées de familles nobles timourides, aux XIVe et XVe siècles. Bien que le lieu ne s’y prête pas, Eylia parvient encore à se faire kidnapper par des Ouzbèkes, pour un improbable selfie !


Nécropole Shah I Zinda

C’est sous la pluie que nous regagnons notre hôtel et décidons de repousser la visite du mausolée de Gour Emir au lendemain.


Mardi 4 juin – C’est cette fois-ci sous un beau soleil que nous marchons jusqu’au mausolée de Gour Emir, dédié à Tamerlan et ses descendants. Le site est à l’image des autres : lumineux, élégant, éclatant.


Gour Emir

Incontestablement, Samarcande recèle des joyaux architecturaux que tout voyageur de passage en Ouzbékistan devrait venir visiter ou, à tout le moins, dont on devrait apprécier la beauté depuis l’entrée. Nous qui préférons de loin les sites naturels aux sites culturels, nous avons pris un réel plaisir, les enfants, Momo et moi, à découvrir ses perles de l’Orient, d’autant que l’affluence touristique est réduite, voire inexistante !


Il est vrai que les allées piétonnes qui conduisent du Registan, jusqu’à la nécropole, en passant par tous les sites stratégiques, sont dépourvues d’âmes, car trop modernes et aseptisées. Toutefois, il est agréable de se perdre dans les vieux quartiers de Samarcande, où l’on quitte la pierre et la mosaïque pour retrouver la vie et l’humain. Les rues sont en terre et suivent un tracé irrégulier, mais les portent des humbles maisons qui bordent les routes laissent entrevoir des habitants bien vivants, aux préoccupations fort éloignées de celles des touristes du centre historique.




Hébergement à Samarcande : Hotel Ramon, 63 euros pour deux nuits, une chambre avec cinq lits simples, cuisine et sanitaires communs, wifi faible.

Trajet en train Tachkent-Samarcande : 25 euros. Auden ne paie pas et Eylia 1/2 tarif.

Entrée au Registan : 8,50 euros pour 2 adultes.

Entrée à la mosquée Bibi-Khanum : 2,60 pour un adulte.

Entrée à la mosquée Khazret Khizr : 4,20 pour deux adultes.

Entrée à la nécropole Shah I Zinda : 3,16 euros pour deux adultes.



2. Visiter Boukhara en famille



Comment se rendre de Samarcande à Boukhara?


Mardi 3 juin – Après notre visite du mausolée de Gour Emir, nous retournons à notre hôtel et nous dirigeons tranquillement en taxi vers la gare ferroviaire. Nous n’avons rien réservé et nous ignorons l’heure du prochain départ pour Boukhara. Toutefois, je suis confiante. Si cela se passe comme en Amérique latine, nous ne devrions pas attendre longtemps. Erreur ! Nous ne sommes pas en Amérique latine ! Lorsque nous arrivons à 10 h, le train du matin vient de quitter la gare et le prochain est à plus de 21 h ! Que faire ? Attendre ? Rentrer à l’hôtel ? Se rendre à Boukhara en taxi ou en marchroutka ?


Un rabatteur vient nous trouver et nous propose les services d’un taxi qui nous conduirait à Boukhara pour 60 dollars. Nous négocions le trajet à 35 dollars. C’est plus cher et plus long que le train, mais moins pénible que d’attendre jusqu’à 21 h, ou de perdre une journée, en retournant à notre auberge. Le véhicule doit être plus vieux que moi, comme la plupart des voitures du coin ! Le pare-brise est fissuré, comme toutes les voitures d’Ouzbékistan ! Peu importe, nous avons un moyen de locomotion et le chauffeur a l’air sympa.


Il nous faut quatre heures pour atteindre Boukhara, pause comprise. Nous nous souviendrons de celle-ci ! Nous avons bien cru rester sur le bord de la route, lorsque le chauffeur nous a demandés de descendre et nous a déposés sur un banc, en nous invitant à attendre, le temps qu’il prenne de l’essence. Nous ne comprenons pas bien pourquoi nous ne pourrions pas venir avec lui. C’est certain : il veut nous voler nos affaires et nous laisser en plan ! En réalité, c’est la procédure à suivre lorsque l’on s’arrête dans une station service. Ouf !


D’élégantes dames en tenue traditionnelle attendent avec nous. Elles portent une longue tunique qui recouvre un pantalon léger. Leurs cheveux sont relevés et couverts par un foulard de soie aux couleurs chatoyantes. Le chauffeur nous propose du thé, fume une cigarette et reprend la route qui serpente à travers des paysages désertiques. La température grimpe. Les prochains jours risquent d’être fatigants !


Où loger à Boukhara?


Auden dans le quartier juif

Nous avons trouvé une sympathique petite auberge, située dans le quartier juif de Boukhara, et tenue par une famille, dont les enfants parlent français comme vous et moi ! Lorsque nous arrivons, la fille vient tout juste de revenir d’un grand voyage en Océanie et en Asie. Forcément, nous tissons rapidement des liens.


Comme à Tachkent, le petit-déjeuner est compris dans le prix de la chambre. Celui-ci est suffisamment copieux pour nous rassasier jusqu’au goûter : samosas, crêpes, gâteaux, thé, riz au lait, œufs et pommes de terre. Inutile de déjeuner !


Notre chambre est simple : quatre lits simples et deux petits bureaux. Détail obligatoire : la climatisation ! La salle de bain est commune, mais seulement avec la chambre d’à-côté.


Quelques mots sur Boukhara


Boukhara, l’oasis du désert du Kyzyl Kum est toute aussi splendide que Samarcande, mais dans un style différent. Etape incontournable de la Route de la Soie à l’époque sogdienne, la ville tombe ensuite entre les mains des Arabes. Boukhara est divisée en deux cités fortifiées : l’Ark et Shahristan. La « Perle de l’Islam » gagne progressivement en rayonnement dans tout l’Orient. Pillée par Gengis Khan, puis assiégée par les troupes de Tamerlan, Boukhara subit de rudes épreuves. C’est sous la dynastie des Chaybanides, que la ville connaît ses heures de gloire. Le khanat de Boukhara naît au XVIe siècle et perdure jusqu’à l’invasion russe. Durant l’ère soviétique, la ville sainte est délaissée et perd de sa splendeur, faute d’entretien.


Que faire à Boukhara ?


Tchor Minor

Mercredi 5 juin – Le petit-déjeuner est délicieux. C’est l’estomac bien rempli que nous entamons notre balade dans Boukhara. La chaleur est pesante, mais c’est encore supportable.


Notre circuit est simple et assez court. Nous commençons par la visite d’un monument étonnant, souvent boudé par les touristes, car éloigné des principales attractions du centre historique. Il s’agit de Tchor Minor, l’ancienne porte d’entrée d’une madrasa du XIXe siècle qui n’existe plus aujourd’hui. Le monument se compose de quatre minarets. L’endroit est particulièrement agréable, car totalement désert !


Pour notre plus grand plaisir et celui des enfants, nous déambulons dans les ruelles du vieux Boukhara.


Vieux Boukhara

Nous poursuivons la découverte de la ville par l’ensemble Liab-I-Khaouz. Les lieux appellent à la détente. Deux madrasas des XVIe et XVIIe siècles encadrent une grande place sur laquelle se trouve un grand bassin entouré de pelouses et de mûriers. Le site est touristique, ça, c’est certain. Glaciers, cafés et restaurants se sont implantés autour de cette petite oasis au cœur de l’oasis. Toutefois, cela reste encore vivable. Il est possible que nous revenions tout à l’heure nous prendre une petite glace ! Avec la chaleur, nous n’avons envie de rien d’autre !


Bassin Liab-I-Khaouz

Boukhara est un véritable musée à ciel ouvert. Il suffit de faire quelques pas pour passer sous de superbes coupoles marchandes datant du XVIe siècle. Celles-ci abritaient les juifs, changeurs de monnaie, qui étaient les seuls, du point de vue religieux, à pouvoir exercer ce métier. Nous passons ensuite devant la madrasa Abdul Aziz Khan.


Plafond de l'entrée de la madrasa Adul Aziz Khan


Quelques mètres plus loin, nous arrivons à l’ensemble Poy Kalon, composé du minaret Kalon, de la mosquée Kalon (XVIe siècle) et de la madrasa Mir-I-Aran (XVIe siècle). Construit au XIIe siècle, c’est depuis le haut du minaret que l’on jetait les condamnés à mort au XVIIe siècle ! La fonction n’était donc pas uniquement religieuse...


Minaret Kalon

Nous terminons notre petite excursion dans la ville sainte par la visite de la forteresse des anciens seigneurs de Boukhara, l'Ark.


Remparts de l'Ark

De retour au bassin Liab-I-Khaouz, nous décidons de manger, pour la première fois depuis des mois, dans un vrai restaurant ! Nous choisissons une belle table surélevée, typiquement ouzbèke. Nous commandons le plat national, le osh, et des glaces. C’est tout ! Il fait trop chaud pour manger davantage. Nos voisines de table tombent sous le charme d’Auden et d’Eylia. Elles les prennent sur les genoux et tentent de communiquer avec eux.


En quittant le restaurant, nous nous laissons tout de même tenter par des coupes de glace supplémentaires. Il faut dire qu’à 4 euros les douze boules, on ne culpabilise pas trop !


Une fois à l’auberge, nous réservons nos billets de train pour Khiva, ainsi que notre retour en train de nuit entre Ourgentch et Tachkent. Comme ça, c’est fait ! Nous ne risquerons plus de nous retrouver dans la même situation que la veille.


Hébergement à Boukhara : Rumi Hostel, 65 euros pour deux nuits, une chambre avec quatre lits simples, cuisine et sanitaires communs, peti-dej compris, wifi.

Trajet Samarcande-Boukhara en taxi : 36 euros.


3. Visiter Khiva en famille


Khiva

Comment se rendre de Boukhara à Khiva ?


Jeudi 6 juin – Nous quittons notre auberge de Boukhara à 11 h. Notre train est à 12 h 20 et il n’est pas question de le rater ! Le gérant nous commande un taxi. C’est parfait. Nous n’aurons pas à négocier les tarifs.


Nous avons hâte de reprendre le train. Notre première expérience nous a plu. Toutefois, nous déchantons rapidement. Cette fois-ci, ce ne sera pas un train-couchettes désert, mais une sorte de TGV, tout aussi désert, mais bien moins authentique. La chaleur ambiante n’arrange rien. Le trajet doit durer plus de cinq heures. Ça risque d’être sympa !


Lorsque nous sortons de la gare de Khiva, les taxis nous sautent dessus et nous proposent la course à des tarifs exorbitants. Il n’y a que deux kilomètres à parcourir. Bien qu’il fasse chaud, nous décidons de marcher.


Les rues qui mènent à l’entrée de la ville fortifiée sont désertes. C’est assez étrange. Un nombre incalculable d’hôtels bordent l’allée principale. Toutefois, il n’y a pas âme qui vive. On a le sentiment que l’Ouzbékistan se prépare à devenir un pays ultra-touristique, mais n’en est pour le moment qu’à ses balbutiements.


Entre la gare et les remparts de Khiva

Quelques mots sur Khiva


Khiva a plus de 2 500 ans. Comme ses sœurs du désert, elle fut une ville commerçante de la Route de la Soie, dernière étape des caravaniers avant la traversée du désert. Elle subit ensuite les conséquences des tempéraments conquérants mongol et timouride. Au XVIe siècle, Khiva est en pleine expansion. Toutefois, cette glorieuse période est de courte durée et la ville est désertée au milieu du XVIIIe siècle, à la suite d’une grave épidémie de choléra. Quelques décennies plus tard, le dirigeant du khanat de Khiva entreprend la reconstruction. Rattachée à l’Ouzbékistan en 1924, la capitale de l’ancienne république du Khorezm est restaurée par les Soviétiques dans les années 1970.


Où loger à Khiva ?


Le salon de notre auberge de Khiva

Malgré la taille de la ville, l’offre de logements de manque pas. Du petit établissement de cœur de ville au grand hôtel de luxe en périphérie, on trouve de tout. Nous choisissons de loger chez l’habitant et ne le regrettons pas. Lorsque nous découvrons le salon, la table est remplie de douceurs en tous genres ! Je ne suis pas particulièrement ravie, mais Auden et Eylia le sont à ma place !


Une fois installés, la maîtresse de maison nous apporte une collation qui prend rapidement des airs de véritable dîner. Nous n’avions pas prévu cela et pensions cuisiner nous-même. Le repas n’était pas compris dans le prix de la nuit. Suspicieux, nous craignons que nous ne nous soyons pas bien compris et qu’elle nous facture ensuite le dîner, alors que nous n’avions rien réclamé. En réalité, il s’agit simplement d’une manifestation de l’hospitalité ouzbèke ! Il est également possible qu’elle veuille bichonner ses clients, afin d’avoir une « good review » sur Booking. L’établissement est récent et la concurrence risque de devenir rude.


La maison est agréable. On est dans le typique ! La décoration est kitch et surchargée à souhait, mais c’est sympa ! Une jolie terrasse offre une belle vue sur une des places de Khiva et sur les remparts.


Que faire à Khiva ?



Que faire à Khiva ? Flâner ! De jour comme de nuit, cette ville est une véritable perle architecturale. Alors, oui, certes, on pourrait dire qu’elle est trop belle pour être vraie. Ce n’est pas faux. L’entreprise de rénovation a été telle que l’on a le sentiment d’évoluer dans un décor de cinéma. Toutefois, je trouve que l’ensemble reste cohérent et que l’on n’est pas non plus à Disney. Je suis conquise !


Aux dires d’un touriste espagnol croisé sur notre route, la ville ne ressemblait en rien à cela il y a trente ans. J’imagine bien. Aujourd’hui, les rues sont pavées. Hier, elles étaient en terre. Aujourd’hui, l’afflux de touristes se fait plus importante chaque jour. Hier, les lieux étaient encore préservés. Toutefois, la proportion de visiteurs me semble encore raisonnable. Nous avons rencontré plus de locaux que de voyageurs.


Le simple fait de me promener dans les rues, à la nuit tombée, sous une douce chaleur, m’a littéralement transportée ! On ne sait plus vraiment où l’on est ni à quelle époque. C’est assez indescriptible. C’est Khiva ! Au pays des mille et une nuits ! Peu importe le nom, l’époque ou le style des monuments que l’on admire. On se laisse porter. Simplement. Et lorsque l'on croise, en plus, un dromadaire, alors là, c'est le pied !




Hébergement à Khiva : Khiva Hostel, 34 euros pour une nuit, une chambre avec quatre lits simples, cuisine et sanitaires communs, petit-déjeuner compris, wifi.

Trajet en train Boukhara-Khiva : 22 euros pour deux adultes et 1/2 tarif pour Eylia.


Et maintenant, c'est parti pour une petite nuit en yourte dans le désert dans le désert !


Si cet article vous a plus, likez, commentez et partagez !

© 2023 par SUR LA ROUTE. Créé avec Wix.com

  • Facebook Vintage Stamp
  • Twitter Vintage Stamp
  • Instagram Vintage Stamp
Nous trouver
Nous suivre