• Léo

Visiter Osaka, Nara et Kyoto en famille (9-15 mai)

Mis à jour : 11 juin 2019


Le sanctuaire de Sumiyoshi Taisha à Osaka

[Le débit étant mauvais dans notre auberge d'Ouzbékistan, je n'ai pu charger les photos. Je le ferai dès que possible.]


Le Japon ne faisait pas partie de notre itinéraire prévisionnel. Les économies réalisées dans les destinations précédentes nous ont permis de nous offrir le luxe de visiter ce pays, qui fait rarement partie des plans de tourdumondistes.


Alors, heureuse ? Euh, moyen moyen ! J’avais hâte de découvrir le Japon. Après coup, je dois reconnaître que ce pays ne me laissera pas un souvenir impérissable. C’est en tout cas, mon ressenti dans les zones urbaines.


Je vous raconte notre première semaine passée entre Osaka, Nara et Kyoto.


1) Visiter Osaka en famille (9-11 mai)


Jeudi 9 mai - Le vol Busan-Osaka se passe bien. Dans l’avion, les enfants s’amusent comme des fous ! Momo et moi en profitons pour nous reposer. Le trajet est court. En moins de deux heures, nous arrivons à destination.


L’arrivée à l’aéroport d’Osaka est assez mouvementée ! Nous devons comprendre quel pass miraculeux ou quelle carte de transports nous devons acheter. Ce n’est pas une mince affaire, lorsqu’il en existe une bonne dizaine ! Chacune formule est différente. Laquelle sera la plus avantageuse ?


Je ne vais pas entrer dans les détails. Chaque voyageur doit faire son choix en fonction de son trajet, de son budget et de ses préférences. Nous optons pour l’achat d’une carte Icoca combinée avec un ticket pour la ligne Haruka. La première est une carte rechargeable qui permet de se déplacer en bus, tramway et métro, dans la plupart des grandes villes du Japon. Le ticket Haruka sert simplement à se rendre dans le centre d’Osaka, depuis l’aéroport.


Nous avons renoncé à acheter le JR Pass. Celui-ci doit se commander avant d’arriver dans le pays, et n’est réservé qu’aux touristes étrangers. Il n’était absolument pas dans notre intérêt de l’utiliser. Heureusement, nous ne sommes pas tombé dans le piège de toutes ces annonces qui ne jurent que par ce pass. Sur 17 jours, nous avons économisé plus de huit-cents euros! Par conséquent, se déplacer au Japon sans JR Pass n’est pas une hérésie !


Près de deux heures après notre arrivée, nous montons enfin dans le train qui nous mène en trente-cinq minutes jusqu’à la gare de Tennoji. Nous aurions pu prendre un train moins rapide et moins coûteux, mais nous sommes fatigués et souhaitons arriver à l’hôtel le plus tôt possible.


Les alentours de la gare de Tennoji sont calmes. Cela ne correspondait pas à l’image que j’avais d’un Japon vivant à cent à l’heure. Toutefois, ça me va très bien !


Nous passons par un convenience store et arrivons à notre auberge de jeunesse. Celle-ci occupe un immeuble entier. L’accueil se trouve au deuxième étage et les chambres aux étages supérieurs. À peine sommes-nous entrés que nous devons immédiatement nous déchausser. Nous récupérons les clés et montons au quatrième. Nous dormirons dans une chambre typiquement japonaise : tatami, futons et couettes épaisses.

N’oublions pas les superbes claquettes en plastiques, qui nous attendent à l’entrée !

Nous nous couchons assez tard (21 h 30, wouhou!), mais apprécions nos futons bien épais. Cela nous change du confort spartiate des chambres coréennes.



Vendredi 10 mai – Debout à 8 h ! Du jamais-vu ! Momo et les enfants profitent du petit-déjeuner (léger) compris. Au programme de la matinée : aller-retour en tramway ancien pour visiter le paisible sanctuaire shinto de Sumiyoshi Taisha, petite photo de la tour Abeno Harukas, balade dans les jardins botanique du parc Tenno-ji, passage au temple bouddhiste de Tenno-ji et retour au parc. Nous ne visitons pas ce dernier, mais nous contentons de le contempler de l’extérieur.


Le sanctuaire Shimiyoshi Taisha

Le jardin botanique du parc Tenno-ji

Nous arrivons dans le quartier de Shinsekai à l’heure du déjeuner. L’atmosphère qui y règne est plus populaire, plus authentique. Ce quartier est réputé comme dangereux… pour les Japonais ! Je trouve qu’on s’y sent plutôt bien ! C’est un joli bordel organisé. L’ambiance est détendue, mais tout reste sous contrôle.




Nous marchons en quête d’un restaurant. Toutefois, il est difficile de concilier les envies de poisson d’Eylia et moi, les envies de viande de Momo, et les envies de tout et n’importe quoi d’Auden ! Ce sera pique-nique pour tout le monde !


Après le déjeuner, nous marchons dans le quartier de Namba. La densité de population augmente. Cela devient pesant. Nous fuyons à travers le marché de Kuromon Ichiba. Je profite de l’occasion pour croquer à pleines dents dans une petite brochette de poulpe ! Ma petite famille se laisse tenter par l’expérience et personne ne semble traumatisé.



Dernière balade de la journée : la visite du château d’Osaka. Ce déplacement nous donne l’occasion de monter dans un superbe métro marron. On est loin des vieilles rames du RER C ! Les Japonais font la queue devant l’entrée de chaque wagon, sans qu’aucun d’entre eux n’ait l’idée de déroger à la règle. De vrais petits soldats ! Je dois reconnaître que c’est assez plaisant. Une fois à bord, les passagers se battent pour laisser la place aux enfants ! Toutefois, c’est assez rassurant de se dire que cette gentillesse existe partout à travers le monde. En effet, depuis le début du tour du monde, les jeunes et les adultes ont toujours (ou presque) cédé leur place à Eylia et Auden. Je ne suis pas certaine que ce serait le cas en France...


Nous hésitions à traîner les enfants jusqu’au château d’Osaka. Je ne regrette pas. Il est vraiment superbe. Eylia et moi sommes sous le charme de cet édifice aux tons doux et élégants. Malgré la beauté des lieux, nous ne nous attardons pas. La chaleur devient difficilement supportable.



Hébergement à Osaka : Osaka Guest nest house : 75 euros pour deux nuits, chambre de style japonais, cuisine peu équipée et sanitaires communs, petit-déjeuner compris, wifi.

Carte Icoca combinée avec le ticket Haruka : 73 euros (demi-tarif pour Eylia, Auden ne paie pas).

Jardins botaniques du parc Tenno-ji : 2,44 euros.


2) Visiter Nara en famille (11-12 mai)


Samedi 11 mai – Le trajet pour Nara est très rapide. En une trentaine de minutes, nous descendons du train et traversons cette jolie petite ville. Je ne suis pas mécontente de quitter l’effervescence de la ville.


Nous marchons un peu plus d’un kilomètre pour nous rendre à notre auberge, en passant par le marché. Le gérant accepte de nous donner accès à notre chambre avant l’heure. C’est parfait ! Nous pourrons déjeuner au calme et à table.


Juste après le déjeuner, nous partons à la découverte du parc de Nara. Les enfants ignorent qu’une sympathique surprise les attend : des daims par milliers ! Ceux-ci ne sont guère farouches. Il est très facile de les approcher. C’en est même triste. Encore un exemple d’espèce qui ne sait plus ce qu’est la vie sauvage. Nourris et choyés par les touristes, nos amis à quatre pattes en deviennent parfois agressifs, exigeant de chaque passant le paiement d’une taxe en nature ! Auden a failli y perdre une phalange… Il voulait simplement caresser la bête, mais celle-ci en attendait davantage. C’est assez triste. Passons.



Nous tentons d’admirer le Todaji-Temple. Je dis « tentons », car la marée humaine me donne plutôt envie de fuir en sens inverse. Je crois que notre séjour au Japon risque d’être compliqué pour nous. Les sites touristiques ne sont pas simplement « très fréquentés », ils sont littéralement noyés sous le flot des visiteurs. Nous nous laissons le temps de la réflexion. Toutefois, il est fort probable que nous revoyions notre plan de bataille et, qu’à l’avenir, nous évitions les sites stratégiques.



Le Todaji-Temple est notamment connu pour son grand Bouddha en bronze de 15 mètres de haut. Il y a dix ans, Momo et moi avions déjà vu celui de Lantau, à Hong Kong, qui est deux fois plus grand que son homologue japonais. Je n’ai guère envie aujourd’hui de me jeter corps et âme dans la fourmilière, pour quelque chose qui ne m’impressionnera pas tant que ça.


Nous tentons d’emprunter des chemins de traverse pour nous rendre au Kasuga Taisha Shrine. Etant situé à l’autre bout du parc, le nombre de visiteurs est moins important.


Toutefois, nous ne nous éternisons pas. Je ne rêve que d’une chose : être à la campagne!

Momo et les enfants ressortent après le dîner pour apprécier la beauté du parc de nuit. Les lieux sont déserts. Les daims ont repris leurs droits. Je ne me joins pas au groupe. Après une telle journée, mon cerveau a besoin de se mettre sur off !


Trajet en train Osaka-Nara : 10 euros.

Hébergement à Nara : Mini inn self guesthouse : 46 euros pour une nuit, très bien, chambre avec quatre lits superposés, sanitaires privatifs, cuisine commune, wifi, tout près du parc de Nara.


3) Visiter Kyoto en famille (12-15 mai)


Dimanche 12 mai – Nous prenons le temps de faire l’école et nous dirigeons vers la gare de Nara. Une fois à Kyoto, nous passons l’après-midi en compagnie d’un ami français et de sa femme japonaise. Nous déjeunons en souterrain, dans une sorte de hall où se concentre une grande quantité de restaurants. Chacun choisit ce qu’il souhaite et il est ensuite possible de s’installer ensemble sur des tables communes. Nous poursuivons par la visite du temple d’Higashi Honganji. Il n’y a que très peu de monde : parfait ! Ce temple est supposé être la construction en bois la plus grande du monde. C’est assez étrange, j’ai déjà l’impression d’avoir lu ça pour de nombreux autres temples, à Nara, notamment. Il serait bon que les Japonais se mettent d’accord !



Nous quittons mes amis et prenons le bus jusqu’à notre hôtel où le check-in est assez tardif. Eylia oublie son raton-laveur acheté au Mexique… C’est la cata ! Elle finit par prendre sur elle.


Le quartier est très paisible. J’adore ! Lorsque nous arrivons, nous assistons à une cérémonie. J’ai beau tenter d’en savoir davantage sur cette dernière, je n’obtiens aucun renseignement. Mes interlocuteurs y mettent pourtant du leur. Toutefois, sans anglais, je ne comprends pas un traître mot.


Notre studio est parfait : deux lits doubles, une petite cuisine équipée, une table, des poufs, une salle de bain avec tablette au mur, un lave-linge et des toilettes à jet ! Il est nécessaire de consacrer quelques lignes à ces dernières. Les Japonais sont friands de petits gadgets et je crois que les toilettes sont la cible de toutes leurs attentions ! Siège chauffant, jet d’eau orienté vers l’arrière-train, robinet incrusté dans la chasse pour économiser l’eau : les toilettes ont tout pour plaire !


Lundi 13 mai – Cette journée marque un tournant dans notre séjour au Japon et dans notre tour du monde. Non, il ne nous est rien arrivé de grave ! Toutefois, ce lundi est celui-ci d’une réelle prise de conscience.


Nous tentons le diable et décidons d’aller visiter le Pavillon d’Or. Ce temple bouddhiste, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco et bâti au XIVe siècle, est célèbre pour sa couleur et ses superbes jardins. Pourtant, c’est un vrai cauchemar ! Si le temple est incontestablement superbe et qu’il est aisé de le prendre en photo sans que l’on y voit le moindre touriste, ceux-ci sont bien là, par centaines, par milliers ! C’est la première fois de ma vie que je visite un site en marchant à la queue leu leu. Une horreur. Les enfants sont dégoûtés. Qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi est-ce que je participe à cette mascarade ? Quel est l’intérêt de découvrir de superbes monuments dans ces conditions ? C’est un véritable crime. Cela devrait être interdit. Des quotas devraient être imposés pour chacun des sites touristiques d’envergure, quitte à ce qu’il faille s’y prendre cinq ans à l’avance pour espérer les visiter. C’est ce qui se fait pour le Machu Picchu, et c’est encore insuffisant.



Je ne veux plus participer à cela. Je suis écœurée. Je crois que ces voyages seront nos derniers. Une fois en France, nous nous contenterons de circuler dans notre pays ou en Europe et de fuir les sites touristiques, quels qu’ils soient. Une simple balade, une simple église, une simple forêt. Peut-être avons-nous su respecter ces convictions en

Amérique latine ou en Nouvelle-Zélande. Nous n’avons que très rarement eu ce sentiment d’imposture. Au Japon, c’est insupportable. Nous devons modifier nos plans.


De retour au studio pour le déjeuner, nous évacuons l’idée de visiter d’autres temples. Ça suffit. Nous décidons d’aller nous balader du côté du quartier de Gion. Celui-ci est touristique, mais si l’on s’évade dans les rues adjacentes, l’atmosphère est beaucoup plus respirable.



Nous marchons ensuite jusqu’à la gare, où nous devons retrouver nos amis. Nous dînons dans un restaurant d’okonomiyaki. Nous commençons par un apéritif obligatoire. En effet, c’est une sorte de prix à payer pour avoir le droit de s’asseoir. On choisit ce que l’on souhaite, mais on est tenu de commander. Nous poursuivons par des okonomiyakis qui sont des sortes de « pizzas » à base de chou mélangé à d’autres ingrédients (fromage, viande, sauce, etc.) que l’on fait réchauffer sur une plaque située au centre de la table. Tout le monde adore !



Mardi 14 mai – Nous ne referons pas la même bêtise que la veille. Aujourd’hui, nous fuyons la foule ! Nous nous contentons de marcher jusqu’au parc impérial. Celui-ci n’a rien d’extraordinaire, mais il a le mérite d’être calme. Nous pouvons voir les Japonais vivre normalement : faire du vélo, promener le chien, se rendre au travail. C’est un tantinet plus authentique que le Pavillon d’Or ! Nous aurions aimé visiter le palais impérial, mais celui-ci est exceptionnellement fermé. Nous décidons de rentrer et d’évoluer au hasard des ruelles de Kyoto. Nous croisons de superbes petites maisons tout aussi typiques et charmantes que celles de Gion. Cette journée est parfaite ! Cela me réconcilie (un tout petit peu) avec le Japon ! De retour au studio, chacun vaque à ses occupations.



Si l’on fait abstraction de l’épisode du Pavillon d’Or, j’ai tout de même été agréablement surprise par la ville de Kyoto. Elle n’a rien à voir avec Tokyo. Très aérée, on ne s’y sent pas à l’étroit. Les collines qui encerclent la ville sont visibles depuis le centre et renforcent ce sentiment d’évasion. On sait qu’il est possible de se retrouver à la campagne en quelques arrêts de bus ou de train. Par ailleurs, la hauteur des habitations est raisonnable. À quelques pas au sud de l’immense gare de Kyoto, on se croirait en banlieue.


Toutefois, lassés de cette agitation urbaine, nous filons nous mettre au vert dans les

Alpes japonaises !


Trajet Nara-Kyoto en train : 14,50 euros.

Hébergement à Kyoto : Ebisu Imadegawa : 120 euros pour 3 nuits, studio avec deux lites doubles, sanitaires et kitchenette privatifs, wifi, quartier calme.

Pavillon d’Or : 6, 50 euros. Enfants de moins de 7 ans ne paient pas.


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