• Léo

Voyager en famille au Kirghizistan (10-28 juin)

Mis à jour : 26 juin 2019


Au bord du lac Song Kul

Comme l’Ouzbékistan, et probablement encore davantage, le Kirguizistan ne fait pas partie des destinations de prédilection des tourdumondistes. Avec des enfants, c’est encore plus rare. Et en mode routard, n’en parlons pas !


Le Kirghizistan est pourtant un pays qui gagne à être connu. Pays nature, accueillant, safe, et très bon marché, il a de nombreux atouts !


Au paradis des steppes, des montagnes et des chevaux !


1. Petite présentation du Kirghizstan


Pays de steppes, le Kirghizistan est aussi un pays de montagnes.

Où se situe le Kirghizistan ?


Le Kirghizistan se situe en Asie centrale, au sud du Kazakhstan, à l’ouest de l’Ouzbékistan, à l’est de la Chine et au nord du Tadjikistan. Sur le plan des paysages naturels, le Kirghizistan est un pays de montagnes et de steppes.


Attention ! Le Kirghizistan se situe sur une zone à forte activité sismique.


Un (tout petit) peu d’histoire et de sociologie


L’histoire kirghize antérieure au XVIe siècle est moins connue que celle de l’Ouzbékistan. C’est à cette période qu’un peuple nomade turcophone commence à peupler la région.


Tombé sous le joug des plus grands empires (mongol, timouride, chaybanide, ouzbek) qui ont successivement dominé l’Asie centrale entre le XIIe et le XIXe siècle, le Kirghizistan est intégré à l’empire russe en 1876. Ce n’est qu’en 1926 que naît la République socialiste soviétique de Kirghizie.


Le pays gagne son indépendance en 1991. Le nouveau régime prend rapidement un accent autoritaire. Aujourd’hui, Sooronbay Jeenbekov est le président du Kirghizistan, anciennement Premier ministre sous son prédécesseur. Son arrivée au pouvoir est jugée bien plus démocratique que les précédentes.


85 % de la population est musulmane sunnite, tandis que 15 % est chrétienne (essentiellement orthodoxe).


Peuple nomade, les Kirghizes tendent aujourd’hui à se sédentariser. Toutefois, ils conservent une mentalité nomade et certains continuent à migrer dans les montagnes, une fois l’an, pour la belle saison. C’est ce que l’on appelle le pastoralisme semi-nomade.


Quelle langues parle-t-on au Kirghizistan ?


Les Kirghizes parlent kirghize et russe. Il est amusant de voir que lorsqu’un Kirghize parle français, il maîtrise relativement bien la langue. Il n’ont que très peu d’accent.


La nouvelle génération possède les bases d’anglais, voire le parle couramment. Vous pouvez vous enfoncer dans les steppes et vous perdre en montagne, vous croiserez toujours des enfants et des adolescents qui chercheront à entrer en contact avec vous en anglais ! C’est évidemment moins vrai pour les anciens, ce qui n’est pas vraiment pratique pour les trajets en taxi.


Argent et formalités au Kirghizistan


Depuis 2012, les Français n’ont plus besoin de visas pour les séjours touristiques inférieurs à soixante jours.


Niveau argent, nous n’avons pas eu de problèmes pour retirer des soums kirghizes une fois sur place. Il faut veiller à avoir une Visa et une Mastercard, car ces dernières sont moins facilement acceptées.


Au Kirghizistan, contrairement à l’Ouzbékistan, il n’y a pas de système de suivi par un organisme équivalent à l’Ovir ouzbek. Par conséquent, nul besoin de demander les coupons d’enregistrement auprès des hôtels.


L’écologie au Kirghizistan


Un des problèmes majeurs du Kirghizistan est celui de la gestion des déchets. Celle-ci pose la question d’une alternative à la technique de l’enfouissement, qui engendre une concentration importante de métaux lourds (uranium, par exemple), polluant le sol et donc l’eau. Les dépôts ont en grande partie été construits sous l’ère soviétique.

Certains particuliers choisissent de brûler les déchets, ce qui est tout aussi néfaste pour l’environnement et la santé.


La lutte contre le gaspillage de l’eau est un autre dossier que le pays devra tôt ou tard mettre sur la table. Le Kirghizistan ne manque pas de cette ressource, au point qu’il a passé un accord avec l’Ouzbékistan pour le fournir en eau, en échange de gaz. Toutefois, le pays ferait bien gérer sa ressource et d’éviter d’en gaspiller.


La pollution de l’air est un autre fléau dans les villes kirghizes.


Le tourisme au Kirghizistan


Le tourisme prend progressivement son envol. Si les infrastructures sportives, routières ou, tout simplement, touristiques, sont loin d’être de toute première fraîcheur, on sent qu’un changement est en train de s’opérer.


Si l’on aime sa tranquillité, il faut venir au Kirghizistan ! Même dans les endroits les plus visités, on ne se sent pas à l’étroit. C’est peut-être moins vrai à la haute saison. Quoi qu’il en soit, on est loin de l’affluence touristique du Japon !


2. Mon ressenti sur le Kirghizistan


Mon ressenti est très personnel et s’explique par le contexte dans lequel nous avons passé nos derniers jours au Kirghizistan. Si nos deux jours en yourte resteront à jamais gravés dans ma mémoire, le reste du séjour ne me laissera pas un souvenir impérissable. Le pays n’y est pour rien ! Je crois qu’au moment où j’écris cet article, j’ai déjà un pied en France. Je me suis préparée au retour et l’ai tellement bien fait que je ne parviens plus à savourer nos derniers moments à leur juste valeur !


Essayons un temps d’être objective. Les paysages kirghizes sont absolument superbes et me rappellent, en certains points, les montagnes du Sud Lipez, en Bolivie. Les habitants sont faciles d’accès, surtout cette nouvelle génération qui maîtrise bien l’anglais et qui fait preuve d’une grande curiosité.


En revanche, niveau infrastructures, ce n’est pas le Pérou ! Ou plutôt si ! C’est même plutôt le Népal. Que ce soit sur le plan de l’état des routes ou des voitures, de la pollution, du niveau de modernité du réseau de transports, le Kirghizistan ressemble en plusieurs points au pays du toit du monde.


Le gros avantage de ces retards techniques, c’est que le pays est encore préservé du tourisme de masse. Vous voulez avoir le sentiment de vivre une expérience singulière ? Venez passer une ou deux semaines au Kirghizistan ! Vous serez sûr de ne pas croiser une horde de touristes sur votre route !


Enfin, pour les amoureux des chevaux, le Kirghizistan est the place to be ! Quel mordu d’équitation n’a jamais rêvé de galoper dans les steppes, cheveux au vent (ou calvitie au vent, pour les moins fournis d’entre nous) ? Moi, je l’ai fait ! Nananère !


3. Notre itinéraire au Kirghizistan


Entre une montagne et un lac, se cachent parfois ce genre de structures rocheuses incroyables, dignes des plus beaux sites du grand ouest américain ! (Canyon de Skaska)

Après nos dix jours en Ouzbékistan, nous avons pris un vol depuis Tachkent pour Bichkek. Durant notre séjour de dix-huit jours, nous sommes partis de Bichkek, avons passé deux nuits dans un camp de yourtes au bord du lac Song-Kul. Par la suite, nous avons fait une boucle autour du lac Issyk Kul (Bokonbayevo, Karakol et Cholpon Ata), avant de retourner à Bichkek.


En venant d’Ouzbékistan, il était initialement prévu que nous traversions la vallée de Ferghana, passions la frontière à Och, remontions par Arslanbob, avant de nous arrêter au lac Song Kul, poursuivre vers Bobonbayevo, et revenir en arrière, pour terminer à Bichkek. En définitive, nous avons trouvé dommage de ne pas faire le tour du lac Issyk-Kul en entier, et avons craint que le trajet par Och et Arslanbob ne soit long et fatigant. Rétrospectivement, je ne sais pas si notre choix a été le bon, car ceux qui l’ont fait nous ont dits que la région était très belle. Bon. C’est fait, c’est fait !


Nous aurions pu aussi passer à Naryn, mais cela supposait de faire un aller-retour et nous n’aimons pas trop cela.


4. Comment se déplacer en famille au Kirghizistan ?


Un des voitures les plus récentes du Kirghizistan ;)

Au Kirghizistan, les taxis et les marchroutkas sont rois et reines ! Adieu le train ouzbek. Bonjour l’anarchie kirghize ! Il ne faut pas avoir peur de négocier et de dégainer son téléphone portable en mode calculatrice, afin d’afficher clairement les prix proposés. C’est alors qu’une bataille enragée s’engage ! J’ai trouvé les chauffeurs plus audacieux, pour ne pas dire arnaqueurs, qu’en Ouzbékistan ou en Amérique latine. Certains n’hésiteront à annoncer un tarif élevé. Ils tentent leur chance. Normal ! Toutefois, il est très facile de leur faire baisser leurs prix.


Sachez au passage que tout un chacun peut s'improviser taxi, comme c'est le cas en Ouzbékistan.


En dehors des taxis et des marchroutkas, le stop fonctionne bien. Nous avons expérimenté la chose à deux reprises. Le fait d’être à quatre n’a pas posé problème. Je précise tout de même que nous n’avions pas les bagages.


5. Où loger au Kirghizistan ?


Le jardin fleuri de notre auberge à Bokonbayevo

Vaste question ! Nous versons dans le bon marché. Par conséquent, je ne sais pas vraiment à quoi ressemble une prestation haut de gamme ou de gamme moyenne. Toutefois, l’offre de logements est tellement faible et les équipements souvent très médiocres, que je me demande même si des nuits à soixante-dix euros correspondent vraiment à une prestation de luxe. Je craindrais de me faire avoir. En effet, même un logement haut de gamme ne peut pas lutter contre une coupure d’eau ou d’électricité ni contre un débit Internet trop faible. Les gérants peuvent simplement jouer sur les repas proposés. Sur ce point, en général, ils ne loupent pas le coche !


La plupart des logements bon marché sont des logements chez l’habitant.

Nous avons trouvé une auberge de jeunesse sympa à Bichkek, et à un prix tout à fait correct.


Il faut se méfier des présentations Booking, car elles sont rarement le reflet de la réalité, surtout lorsqu’il s’agit de logements proposés par des personnes maîtrisant mal l’anglais et/ou par des particuliers. On a le sentiment qu’ils cochent toutes les cases, sans comprendre ce qu’ils font. Par conséquent, vous pouvez penser arriver dans un logement avec piscine, billard et spa, mais ce n’est que poussière, gravas et douche sans pression ! Mieux vaut donc s’imaginer le pire ! Au moins on n’est pas déçu en découvrant la triste réalité !


Il est très difficile de trouver un logement avec une cuisine correcte. Soit elle est à partager avec la famille et l’on comprend rapidement que l’on dérange un peu, soit la cuisine se résume à une plaque et deux casseroles posées sur une étagère. Après plus de neuf mois de tour du monde, j’ai cuisiné dans de nombreux endroits, mais je crois que le Kirghizistan détient la palme de la cuisine moisie ! Ce qui est surtout regrettable, c’est que ce n’est pas du tout transparent sur Booking.


6. Que manger et où manger au Kirghizistan ?


Un énième petit-déjeuner de roi !

Hormis à Bichkek, je n’ai pas vu beaucoup de stands de rue. Toutefois, les petits restaurants du coin ne manquent pas.


Les marchés sont les meilleurs endroits pour trouver fruits et légumes. Pour les plus aventureux, il est bien sûr possible d’y acheter sa viande. Pour ma part, j’ai tout de même préféré me tourner vers les épiceries. C’est stupide, car leurs produits viennent très probablement du marché ! Toutefois, les conditions de conservation inspirent davantage confiance !


Cuisiner à l’auberge n’est pas simple au Kirghizistan. Comme expliqué plus haut, la qualité des équipements des établissements laisse souvent à désirer. On peut s’estimer heureux s’il y a plus d’une casserole. On est chanceux s’il y a un réfrigérateur. On est béni des dieux s’il y a plus d’une plaque électrique. Et il faut immédiatement aller jouer au loto si on trouve une passoire !


Sur le plan culinaire, nous n’avons pas testé grand-chose. La cuisine kirghize est essentiellement à base de mouton, de mouton et de mouton ! Ajoutons du riz, quelques crudités, du fromage et du lait.


Nous sommes arrivés au Kirghizistan avec l’estomac dans les talons et nous n’avons pas voulu tenter le diable. Nous l’avons malgré tout provoqué en passant deux jours dans un camp de yourtes, nourris par nos hôtes. We’re alive !


La spécialité nationale ressemble au osh ouzbek : du riz, des carottes finement coupées et du mouton. Nous avons d’ailleurs eu la chance (ou pas) de déguster une bébête tuée le matin même. Beurk ! Rien que d’écrire cela me donne la nausée !


J’ai également eu l’insigne honneur de partager un bol de lait de jument avec les ados du camp de yourtes. Là, encore, j’ai des hauts le cœur en écrivant ! Honnêtement, c’était infâme. J’avais apprécié le lait de chamelle en Ouzbékistan. Au contraire, le lait de jument a une saveur aigre. Moi qui termine toujours ce que l’on m’offre à boire ou à manger, là, j’ai déclaré forfait, en me confondant en excuses !


En dehors de cela, nous avons profité, à nos risques et périls, des cerises et abricots de la région du lac Issyk-Kul. Comme en Ouzbékistan, nous avons fait le plein de fruits secs.


Lorsqu’on loge chez l’habitant, les auberges proposent souvent un petit-déjeuner compris. Le déjeuner et le dîner le sont parfois également, ou sont présentés dans les prestations, moyennant un supplément C’est généralement assez copieux. Que ce soit le matin ou en journée, les plats sont souvent salés, à base de riz, de sarrasin, de mouton ou d’oeufs, le tout accompagné de tomates crues et de concombres. Comme dans de nombreux pays du monde, les Kirghizes ne mangent pas de desserts. En revanche, de grandes coupelles remplies de sucreries et de confiture trônent toujours en milieu de table ! Elles servent à adoucir le thé, qui est la boisson phare au Kirghizistan.


7. Que faire au Kirghizistan en famille ?


Les plaines fleuries des environs de Karakol

Le Kirghizistan est un pays nature. Que celui qui cherche de beaux palais ou de merveilleuses mosquées passe son chemin ! Sur le plan architectural, il ne faut rien attendre. Les villes n’ont aucun attrait. Vous ne passerez pas des heures à déambuler dans les ruelles et à vous laisser surprendre et séduire par de superbes édifices. Vous n’êtes pas en Ouzbékistan ! Cela s’explique par la tradition nomade qui n’a pas conduit au développement des villes.


Si le pays ne peut jouer la carte culture, en revanche, il remporte haut la main le défi nature. Vous voulez vous aérer ? Fuyez les villes, ce qui n’est pas compliqué, et venez vous mettre au vert à la montagne, dans les steppes ou au bord d’un des multiples lacs du pays.


Lorsque l’on vient au Kirghizistan, il y a trois incontournables : passer un ou plusieurs jours en yourte, faire une randonnée à cheval et trekker. Cette dernière activité était difficile à mettre en place avec les enfants. Marcher sur une journée, c’est tout à fait faisable, quoique parfois compliqué selon l’humeur d’Auden et Eylia. Randonner sur plusieurs jours était risqué. Or, la plupart des sites les plus extraordinaires ne sont accessibles qu’à pied. Mieux vaut ne pas visiter le Kirghizistan avec de jeunes enfants, si l’on ne veut pas passer à côté des must-see du pays.


Quand visiter le Kirghizistan ? En ce qui concerne la saison, mieux vaut découvrir le pays durant l’été. En effet, le pays est essentiellement montagneux et dans cette zone du globe, les températures commencent à remonter au tout début du mois de juin. Lorsque nous avons passé nos deux nuits en yourte, il a gelé la nuit ! En revanche, à Bichkek, l’été est torride. Toutefois, ce n’est pas bien contraignant, car la capitale n’a pas vraiment d’intérêt. Celui qui viendrait au Kirghizistan pour rester à Bichkek aurait une curieuse façon de concevoir son séjour !


8. Et les enfants ? Auden et Eylia au Kirghizistan


Une petite balade à cheval dans les steppes kirghizes ? Le rêve d'Eylia !

Lorsque je demande à Eylia et Auden ce qu’ils ont préféré de leur séjour au Kirghizistan, le séjour en yourte arrive en premier ! Ce n’est pas une grande surprise. C’était véritablement le paradis, exception faite des températures nocturnes glaciales !


En dehors de cela, Eylia a, encore une fois, réalisé que les habitants étaient adorables. Auden est resté bloqué sur notre première mauvaise expérience ouzbèke où nous nous étions fait arnaquer par un taxi de Tachkent. Par conséquent, depuis lors, dès que nous montons dans un taxi, Auden nous demande immédiatement si c’est un traquenard !


Les enfants ont adoré : faire du stop, manger des fruits secs et des cerises, déguster les copieux petits-déjeuners compris de notre auberge de Bokonbayevo, séjourner dans notre appartement de Karakol, crapahuter dans le canyon de Skaska, jouer au Monopoly dans l’auberge de Bichkek et observer le maréchal-ferrand du marché aux bestiaux de Karakol.


Le marché aux bestiaux de Karakol

9. Trucs et astuces du voyageur au Kirghizistan


  • Eau du robinet : non-potable.

  • Prises électriques : comme en France.

  • Argent : Il est assez facile de retirer. Les retraits chez Demir Bank sont sans frais, ainsi que chez KICB.

  • Prix d’un taxi : Le tarif normal d'un taxi au kilomètre est de 80 soums (un euro) pour 4 ou 5 km.

  • CBT : Les CBT sont des agences (ou des particuliers pouvant s'improviser CBT), qui aident les touristes à organiser leurs activités et à trouver un logement sur place. Nous ne sommes jamais passés par eux et je pense que ce n'est pas plus mal. Mieux vaut faire seul, car ils prennent de bonnes commissions.


10. Quel budget pour 18 jours au Kirghizistan en famille ?


Taux de change : 1 euro = 80 soums kirghizes


Hébergement : 476 euros pour 16 nuits, car nous avons passé deux nuits en yourte (comprises dans le budget activités). Cela fait 30 euros de moyenne par nuit, pour quatre.

Nourriture : 200 euros pour 16 jours (car les repas du séjour en yourte sont compris dans le budget activités). Cela fait 12,50 euros de moyenne par jour.

Transports : 127 euros, soit 7 euros de moyenne par jour.

Activités : 126 euros, dont 115 euros pour deux nuits en yourte et 7 euros de balade à cheval (deux heures).


Total : 929 euros, soit 51,60 euros par jour.


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