• Léo

Voyager en famille en Ouzbékistan (31 mai- 10 juin)

Mis à jour : 23 juin 2019



Mosquée Bibi-Khanum, Samarcande

Si les pays d'Amérique latine ou certaines destinations, comme Pékin, font souvent partie du tracé des itinéraires de tourdumondistes, c'est moins le cas de l'Ouzbékistan. C’est encore moins le cas pour ceux qui voyagent en famille. Pourtant, le coût de la vie est très bas, le pays n’est pas dangereux, les monuments et les paysages sont superbes, et les habitants, absolument adorables. Que demander de plus ? L’Ouzbékistan est un de nos coups de cœur du tour du monde !


Aller simple pour le cœur de l’Asie centrale :)


1) Petite présentation de l’Ouzbékistan


Où se situe l’Ouzbékistan ?


Le désert du Kyzyl-Khoum

Situé en plein cœur de l’Asie centrale, l’Ouzbékistan est le pays le plus enclavé du monde. Sans accès à la mer, il est également entouré d’un ensemble de pays dépourvus de côtes maritimes (Afghanistan, Turkménistan, Kazakhstan, Kirghizistan et Tadjikistan). Ce n’est que les états de la deuxième couronne qui offrent une ouverture sur le Golfe Persique (Iran), la mer d’Oman (Pakistan) ou l’océan glacial Arctique (Russie).


Les paysages de l’Ouzbékistan sont variés. Le désert du Kyzyl-Koum occupe une grande partie du pays. Toutefois, la végétation n’est pas inexistante à l’Est : les steppes de la région de Tachkent laissent ensuite place aux montagnes de la vallée de Ferghana. Si le pays n’a pas d’accès à la mer, une partie de la mer fermée d’Aral est située sur son territoire. Le lac Aydar Kul, situé au sud-est du désert, est suffisamment imposant pour ne pas être oublié dans une description des paysages ouzbeks.


Attention ! L’Ouzbékistan se situe sur une zone à forte activité sismique.


Un (tout petit) peu d’histoire et de sociologie


La place du Registan, Samarcande. Un retour vers la grande époque de la Route de la soie

Les voyageurs sont attirés par la richesse culturelle de l’Ouzbékistan, qui s’explique par une histoire associée à celle de la Route de la soie, mais également à celles des grands empires, comme celui du Macédonien Alexandre le Grand (IVe siècle avant J.-C.), du Mongol Gengis Khan (XIIIe siècle) ou du Timouride Tamerlan (XIVe siècle), sans oublier l’empreinte laissée par le passé soviétique (1924-1991).


L’Ouzbékistan est un pays musulman sunnite à près de 90 %, mais dont la pratique répond à des codes très différents de ceux des pays comme l’Arabie Saoudite ou le Maroc. Nous sommes arrivés en fin de période de ramadan, et nous n’en avons pas vu la couleur. L’Aïd el-Fitr est également passé inaperçue. On dit souvent que les Ouzbeks ont le Coran dans une main et un verre de vodka dans l’autre !


Bien que le pays ait acquis son indépendance en 1991, en même temps que les quatre autres républiques en « stan » et se soit dégagé de la tutelle soviétique, ce n’est pas pour autant que l’Ouzbékistan s’engage immédiatement dans une voie démocratique. C’est même tout le contraire. Depuis la mort du président-dictateur Karimov, son successeur, Shavkat Mirziyoyev, laisse entrevoir quelques espoirs d’améliorations. Toutefois, le chemin sera long.


Quelle langue parle-t-on en Ouzbékistan?


Il est difficile de savoir quelle langue parler en Ouzbékistan ! Le russe reste la langue de base. Toutefois, en raison du découpage arbitraire effectué par le pouvoir soviétique pour casser l’identité des peuples qui composaient l’ex-URSS, il est impossible de trouver une unité dans les origines ethniques et, par conséquent, dans les langues parlées. On trouve des Tadjiks dans le Sud, des Kazakh dans le Nord, des Turkmènes et même des Coréens !

Pour nous, ce fut l’anglais. Il n’est pas rare de pouvoir trouver un interlocuteur qui maîtrise l’anglais. Toutefois, ce n’est pas toujours le cas. Il est bon de connaître quelques mots de russe, afin de pouvoir négocier et échanger avec les taxis. Les auberges comptent toujours une personne qui possède de bonnes bases en anglais. De nombreux Ouzbeks ont un traducteur audio ou une application sur leur smartphone. Elle est loin l’époque des bons vieux dicos en format papier !


Argent et formalités en Ouzbékistan


Les formalités


Depuis peu, les Français n'ont plus besoin de visa pour entrer en Ouzbékistan. Le tampon des services de l’immigration de l’aéroport est suffisant et gratuit.


Lorsque l’on séjourne en Ouzbékistan, il est important de se faire enregistrer auprès de l’OVIR, organisme qui contrôle les flux migratoires internes. Vous devez prouver où vous avez dormi pour chacune des nuits de votre séjour. Lorsque l’on séjourne dans un hôtel, ce sont les gérants qui s’en occupent. Il est important de conserver l’attestation qu’ils fournissent. On peut nous la demander à tout moment (retrait d’argent, douane, etc.). L’ensemble des pièces nous a été demandé à l’aéroport, le jour de notre départ. Toutefois, nous n’avions aucune attestation pour notre nuit passée dans le train entre Ourgentsh et Tachkent, et cela n’a pas posé de problèmes. Je pense que ce système d'enregistrement vise plus les journalistes que les particuliers qui voyagent avec des enfants !


L’argent


Mieux vaut arriver en Ouzbékistan avec des dollars en poche. Nous avions les poches vides et il n'a pas été aisé de trouver des deniers, une fois sur place. En règle générale, il faut se tourner vers une agence NBU, la banque nationale ouzbèke. Lorsque l’on a trouvé le Graal, il est assez simple de changer les dollars en soums. Attention ! Il est théoriquement interdit de le faire au coin de la rue, sous le manteau.


Veillez à avoir une Visa et une Mastercard. Les cartes Visa sont plus fréquemment acceptées en Ouzbékistan. La Mastercard peut servir à dépanner. Dans tous les cas, où que l’on voyage, mieux vaut toujours avec les deux types de cartes.


Le plus gros billet ne vaut que 5 euros. Vous risquez donc de vous retrouver avec une énorme liasse de billets, si vous retirez trop d’un coup. D’un autre côté, mieux vaut anticiper les retraits, au risque de se retrouver sans argent !


L’écologie en Ouzbékistan


Même dans les quartiers les plus pauvres, pas un déchet au sol !

L’Ouzbékistan n’est pas le meilleur élève en matière de protection de l’environnement. Toutefois, on ne peut demander à un pays qui figure parmi les plus pauvres de monde, qui peine à se reconstruire après des dizaines d’années de présence soviétique, de se préoccuper des questions d’écologie.


Entre la disparition de la mer d’Aral, les stigmates laissés par la culture du coton et par une mauvaise gestion de l’irrigation, la pollution de l’air et des sols due aux déchets radioactifs, la déforestation, etc. le pays a de nombreux progrès à faire. En revanche, les rues sont propres ! Même dans les endroits les plus reculés et les plus pauvres, il est rare de trouver des détritus par terre. Les habitants passent de nombreuses heures à nettoyer devant leur porte, afin de retirer le sable et la poussière qui s’introduit partout. J’imagine que, par la même occasion, ils en profitent pour ramasser ce qui traîne.


Le tourisme en Ouzbékistan


Le tourisme en Ouzbékistan est en plein essor. De nombreux pays peuvent désormais y voyager avec un visa gratuit de trente jours, délivré à l’aéroport. C’est une aubaine pour les Ouzbeks. Nombreux sont ceux qui se reconvertissent dans le tourisme. Certains n’en sont qu’aux balbutiements, tandis que d’autres parlent parfaitement anglais et maîtrisent les codes du milieu.


Il est encore temps de visiter l’Ouzbékistan, sans souffrir d’une surexploitation touristique des lieux. Le touriste trouvera sur place tout ce dont il a besoin, à des prix parfaits pour les petits budgets : logements, moyens de transport, activités diverses. En tant que voyageur, on se sent véritablement privilégié. Il n’est pas rare de se retrouver seul face à un monument superbe, d’une valeur historique inestimable. Je ne suis pas certaine que ce sera encore le cas dans dix ans. Lorsque l’on voit le nombre incalculable d’hôtels et de complexes touristiques qui sont en construction, il est assez aisé de prédire que le pays sera bientôt envahi d’une horde de touristes.


2) Mon ressenti sur l’Ouzbékistan


La beauté renversante de Khiva

L’Ouzbékistan m’a conquise, et je ne pense pas me tromper si j’ajoute, « nous a conquis ». Nous ne savions pas vraiment quoi en attendre, qui y trouver. Rien ne nous a déçus, si ce n’est les degrés affichés sur le thermomètre !


Les habitants sont les plus agréables que nous ayons rencontrés. On retrouve la générosité, l’hospitalité et l’ouverture latino-américaines, conjuguées au respect et à la retenue japonaise ou sud-coréenne. L’histoire et la tradition sont à chaque coin de rue et se mêlent subtilement à une modernité qui permet au voyageur d’avoir accès à tout le confort nécessaire.


On ne s’est jamais sentis épiés, jugés, enviés ou en danger. Auden a oublié son sac sur un banc, dans la rue et l’a retrouvé une heure plus tard. Sur le plan de l’hygiène, aucun d’entre nous n’a été malade (hormis quelques petits inconforts). Pourtant, nous avons mangé de tout et partout.


Les innombrables mosquées, madrasas, minarets et mausolées sont absolument sublimes et les styles diffèrent d’une ville à l’autre, ce qui évite d’être lassé.


Coup de foudre assuré !


3) Notre itinéraire en Ouzbékistan


Boukhara

Nous avions un mois pour découvrir l’Ouzbékistan et le Kirghizistan. Nous avons choisi de consacrer davantage de temps à ce dernier, où les déplacements sont plus lents et plus longs.


Notre parcours n’a rien eu de très original. Nous sommes arrivés et repartis de

Tachkent, la capitale. L’objectif n’était pas de découvrir l’ensemble du pays, mais de nous concentrer sur les grandes villes de la Route de la Soie : Boukhara et la belle Samarcande. Un autre point d’intérêt du pays était de se rendre dans le désert. Depuis Khiva, nous sommes allés passer la nuit dans un camp de yourtes, au pied de la forteresse d’Ayaz Kala.


Nous avons hésité à nous rendre au Kirghizistan par la vallée de Ferghana. Toutefois, de façon à ne pas nous épuiser dans des trajets interminables en mini-bus ou attendre trois jours pour prendre le prochain train de nuit via le Kazakhstan, nous avons finalement opté pour un vol Tachkent-Bichkek.


4) Comment se déplacer en famille en Ouzbékistan?


Train de nuit Khiva-Tachkent. Il y a plus confortable, mais les enfants ont adoré !

Il est assez simple de se déplacer en Ouzbékistan. On trouve des taxis à tous les coins de rue. Certains sont officiels. Néanmoins, en règle générale, chaque habitant s’improvise chauffeur.


Il existe également des marchroutkas dans des sortes de gares routières qui leur sont dédiées. C'est ce qu'il y a de meilleur marché. Nous n’avons pas testé ce dernier mode de déplacement, qui est le pendant des colectivos d’Amérique latine. Pour les petits déplacements en ville, ces mini-bus accueillent un maximum de voyageurs et ne partent qu’une fois pleins à craquer! C’est moins, voire pas, le cas pour les longs trajets.


Le train est un moyen de transport pratique et dont les tarifs sont tout à fait abordables, surtout si vous choisissez un Sharq plutôt qu’un Afrosiab. C’est de cette façon que nous nous sommes déplacés le plus souvent. Le train de nuit Khiva-Tachkent permet de moins sentir le poids des seize heures de trajet ! Toutefois, il ne faut pas être trop regardant sur le confort. C'est à l'ancienne !


Est-ce que les enfants paient pour les transports ? Pour les marchroutkas, les enfants ne paient pas, à condition de les avoir sur les genoux. Pour le train, Auden n'a jamais payé, sauf pour le train de nuit.


Pour les plus pressés ou les budgets moins serrés, il existe des lignes aériennes intérieures.


5) Où loger en Ouzbékistan?


Notre auberge de Boukhara

On trouve de tout en Ouzbékistan : de l’auberge de jeunesse au logement chez l’habitant, en passant par l’hôtel de luxe ou le petit établissement familial. N'oublions pas la possibilité de passer une nuit dans une yourte. Pour les enfants (et pour les plus grands !), c'est une expérience fabuleuse !


Dans les hôtels et auberges bas de gamme, il n’est pas rare que l’on dorme sur un matelas très fin, posé sur un sommier de bois. Dos fragiles s’abstenir !


Il n’est pas nécessaire de réserver, surtout si l’on souhaite négocier le prix de la nuit.


Le wifi était disponible dans tous les logements où nous avons séjourné. Toutefois, le débit n’est pas toujours extraordinaire et les coupures d’électricité ne sont pas rares.


6) Que manger et où manger en Ouzbékistan?


Le osh ou plov, plat national ouzbek

Les marchés et stands de rue ne manquent pas. C’est là que l’on fera les meilleures affaires. On peut facilement manger pour 3000 soums par personne, c’est-à-dire 30 centimes d’euro ! Pour les moins aventureux, il est possible de trouver des supermarchés dans les grandes villes et de petites épiceries un peu partout.


Les auberges et hôtels proposent souvent de partager la cuisine familiale ou improvisent une petite kitchenette avec une plaque et quelques ustensiles.


Nous avons testé le osh (riz sauté accompagné de mouton et de carottes), les samosas (beignets fourrés), le lait de chamelle, le pain traditionnel (appelé non) et d’innombrables fruits secs. Nous avons eu la chance d'arriver pour la saison des abricots et des cerises. Un vrai délice !


Les auberges proposent souvent un petit-déjeuner compris. Ces derniers sont de véritables repas ! Voici, en vrac, ce que nous avons pu trouver au menu : omelette, pain, fromage, charcuterie, fruits secs, beurre, fruits, samosas, crêpes, gâteaux, biscuits, bonbons et, bien entendu, du thé.


Il est difficile de résister à l'appel d'une glace lorsqu'il fait une chaleur pareille ! Les prix n'aident pas à calmer les fringales. Pour douze boules à quatre, nous en avons eu pour moins de quatre euros ! Auden et Eylia étaient aux anges !


7) Que faire en Ouzbékistan en famille ?


Passer une nuit dans un camp de yourte dans le désert du Kyzyl-Khoum. Un incontournable !

L’Ouzbékistan est un pays de culture et de nature. Sur le plan culturel, difficile de passer à côté des multiples mosquées, madrasas et marchés de chacune des grandes villes de la Route de la Soie. Côté nature, si le désert n’est pas celui du Sahara, il est intéressant de montrer aux enfants ce type de paysage. Une nuit dans un camp de yourtes et une balade en dromadaire séduiront petits et grands !


En revanche, il est important de faire attention à la saison. Début juin, la chaleur était déjà difficilement supportable aux portes du désert. Je n’imagine pas ce que ça doit être en juillet et août!


8) Et les enfants ? Auden et Eylia en Ouzbékistan


Quoi de mieux qu'une balade en dromadaire ?

Eylia a apprécié la gentillesse des habitants. Elle a trouvé qu’ils étaient tout aussi agréables qu’en Amérique latine et moins collants qu’en Asie de l’Est! Le plus beau souvenir sera, bien entendu, nuit dans un camp de yourtes dans le désert et la balade en dromadaire ! Le point négatif du séjour a été la chaleur. Je suis assez d’accord avec elle !


Une balançoire en plein désert, au coucher du soleil. Le truc improbable... et inoubliable !

Du côté d’Auden, celui-ci s’est, comme toujours, fondu dans la masse assez rapidement. Dès le premier jour, il jouait au cricket dans les rues de Tachkent avec le gérant de l’hôtel ! Par ailleurs, il s’est découvert une âme de nomade et ne voulait plus quitter le désert. « C’est trop bien, on peut y faire ce qu’on veut ! » C’est certain qu’en terme d’espace, il était servi !


Une petite partie de cricket dans les rues de Tachkent !

9) Trucs et astuces du voyageur en Ouzbékistan


  • Eau du robinet : non-potable, sauf à Tachkent.

  • Prises électriques : comme en France.

  • Argent : Mieux vaut arriver en Ouzbékistan avec des dollars en poche et les changer ensuite.

  • Conduite : Les Ouzbeks conduisent comme des fous ! Mais, bon, après un tour du monde, on ne se laisse plus impressionner par ça ! Par ailleurs, les routes ne sont pas dans un état terrible...

  • Ovir : Lorsque l’on voyage en Ouzbékistan, il faut obtenir de chaque hôtel un papier attestant que l’on a bien dormi chez eux. Ces documents peuvent être demandés à tout moment par les autorités locales.

  • Prix d’un taxi : le tarif normal est de 20 centimes environ le km, soit 2 euros les dix kilomètres.

  • Stations service et taxi : Ne pas s'inquiéter si un taxi vous oblige à descendre du véhicule et vous dépose sur un banc pour aller prendre de l'essence. Il ne vas pas s'enfuir avec vos bagages ! C'est simplement obligatoire.

  • Salon VIP dans les gares ferroviaires : Si vous avez de nombreuses heures à attendre entre votre check-out à l'hôtel et le départ de votre train, sachez qu'il y a presque toujours une salle VIP dans les gares. Le tarif est dérisoire (autour de 2 euros) et vous avez un grand espace et la climatisation ! Dans celui d'Ourgentsh, nous avions des toilettes privées et un thé offert !


10) Quel budget pour 10 jours en Ouzbékistan en famille ?


Taux de change : 1 euro = 9 500 soums ouzbeks


Hébergement : 273 euros pour 8 nuits, car nous avons passé une nuit en yourte et une nuit en train.


Nourriture : 104 euros, soit 10 euros par jour.


Transports : 155 euros. Nous avons essentiellement voyagé en train.


Activités : 184 euros, dont 160 euros pour une nuit en yourte dans le désert et une balade en dromadaire.


Total : 716 euros, soit 71,60 euros par jour.



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