Bilan de notre séjour dans le Sud-Ouest du Nicaragua (21-30 janvier)


Aller au Nicaragua n’était pas une certitude. Nous attendions d’abord d’être sûrs de ne rien risquer en nous rendant dans ce pays fraîchement touché par une crise politique d’importance.


Ce n’est que mi-janvier que nous avons pris la décision de passer quelques jours dans le Sud-Ouest du Nicaragua. Initialement, il était prévu que l’on traverse tout le pays et le reste de l’Amérique centrale, afin d’atteindre le Nord du Mexique en car. Nous avons révisé nos plans et préférons laisser de côté le Nord du Nicaragua, le Honduras, le Guatemala et le Sud du Mexique, et rester davantage de temps dans le Nord de ce dernier. Notre vol pour Mexico part le 1er février de San José, capitale du Costa Rica.

Il est difficile de dresser un bilan d’un pays où nous ne sommes restés que neuf jours, et dont nous n’avons découvert qu’une toute petite région. Il ne faut pas généraliser cette analyse qui suit.


Petit tour dans le Sud-Ouest du Nicaragua !


[Nos étapes : L'île d’Ometepe, Granada, San Juan del Sur].


Notre meilleur souvenir : le volcan Masaya

Quelques infos sur le Nicaragua



Le Nicaragua est un pays de 6 millions d’habitants, situé en Amérique centrale. Il est bordé par la mer des Caraïbes à l’Est et l’océan Pacifique à l’Ouest. Le pays est frontalier avec le Honduras au Nord et le Costa Rica au Sud.


L’histoire ancienne du Nicaragua est mal connue, comme au Panama ou au Costa Rica. Aucune tribu amérindienne n’est parvenue à s’imposer au point de créer un empire d’une renommée équivalente aux empires inca, maya ou aztèque.


En 1502, Christophe Colomb est le premier Européen à découvrir le Nicaragua par la côte caraïbe. Ce n’est que vingt ans plus tard que Davila y aborde, côté pacifique. Le Nicaragua est envahi par les Conquistadors dès 1524. Il acquiert son indépendance en 1821 pour intégrer la République fédérale d’Amérique centrale. Le pays ne devient véritablement souverain qu’en 1854.


Par la suite, le Nicaragua est convoité par le flibustier William Walker, mais son emprise n’est que de courte durée.


Les Etats-Unis ne s’avouent pas vaincus et cherchent à contrôler la politique nicaraguayenne en soutenant des candidats conservateurs au pouvoir. C’est ainsi qu’ils font tomber un président libéral et aident Adolfo Diaz à devenir président. Au début du XXe siècle, les Etats-Unis finissent par contrôler la Banque nationale et les douanes nicaraguayennes. Ils épongent les dettes du pays en échange de territoires, et laissent en place une armée, de façon à éviter toute révolte libérale.


Dans la fin des années 1920, le libéral Augusto Sandino appelle les Nicaraguayens à se rebeller contre l’impérialisme américain. La guérilla sandiniste parvient à ses fins. Les troupes américaines évacuent le Nicaragua en 1933.


Sandino est assassiné en 1934, avec le soutien des Etats-Unis. L’assassin pro-américain, Somoza, prend le pouvoir et met en place une dictature, comme le feront ses fils.


Une nouvelle guérilla sandiniste est fondée en 1961. Celle-ci entre en action en 1978. Le dernier des Somoza quitte le pays en 1979. Une coalition sandiniste prend le pouvoir, dont l’actuel président de la République (ou dictateur), Daniel Ortega, fait partie. Ce dernier accède seul au pouvoir en 1984, jusqu’en 1990. Il revient à la tête du pays en 2006.


Le courant sandiniste a une aura puissante au Nicaragua. Il est celui qui est parvenu à mettre un terme à l’ingérence américaine, tandis que d’autres pays, comme le Panama, ne parviennent pas à s’en défaire. Toutefois, les agissements du sandiniste Daniel Ortega inquiètent les moins aveuglés. En 2014, celui-ci change la constitution, afin de pouvoir se représenter autant qu’il le souhaite. L’épouse du président, Rosario Murillo, est réputée comme tenant les ficelles de la politique nicaraguayenne.


Le 18 avril 2018, le pays entre en crise, à la suite d’une manifestation contre une réforme de la sécurité sociale très durement réprimée. La mesure visait à baisser les régimes de retraites de 5 %, afin d’aider à financer la sécurité sociale. Les manifestations étudiantes débutent à Managua, mais la police et l’armée leur font face. On compte une trentaine de morts parmi les manifestants. C’en en trop. Ortega a dépassé les bornes. De nouveaux venus gonflent les rangs des opposants au pouvoir et demandent le départ du couple de dictateurs. Le pays est paralysé par les manifestations qui se multiplient aux quatre coins du pays. Au plus fort de la crise, l’été dernier, on compte plusieurs centaines de morts civils.


Les répercussions économiques de la crise sont importantes : problèmes d’approvisionnement, tourisme en forte baisse, pertes d’emplois, etc.


Aux dires des personnes avec qui nous avons parlé durant notre séjour au Nicaragua, le pays aura du mal à se relever si le couple présidentiel ne quitte pas le pouvoir. Si les manifestations sont aujourd’hui moins nombreuses, le peuple nicaraguayen ne cédera pas. Seul hic : Ortega a augmenté le salaire des fonctionnaires, notamment de police et de l’armée, afin de s’en assurer le soutien. Le bras de fer risque de se poursuivre encore longtemps.



Mon ressenti général après 9 jours au Nicaragua



Nous aurions été déçus de ne pas aller au Nicaragua. Heureusement que nous n’avons pas suivi les conseils du site Diplomatie.gouv, qui donnent le sentiment que le pays est à feu et à sang, alors que le climat s’est apaisé, et qu’il est peu probable que l’on s’en soit pris aux touristes.


Le Sud-Ouest du Nicaragua est très agréable. J’ai trouvé les habitants particulièrement gentils, plus encore que dans le reste de l’Amérique latine. Est-ce en raison du contexte économique ? Peut-être chouchoutent-ils les touristes ? Quoi qu’il en soit, j’imagine qu’il y a tout de même du naturel dans tout ça !


La région est très jolie et l’on s’y déplace facilement. Il est agréable de pouvoir passer en peu de temps d’un volcan à un lac, d’un lac à l’océan pacifique.


Le coût de la vie est faible et c’est un point positif pour le porte-monnaie d’un voyageur.



Le Nicaragua en 10 points



1) Les paysages du Sud-Ouest nicaraguayen


Nous n’avons vadrouillé que dans une toute petite partie du pays. Je sais que le Nord nicaraguayen est très montagneux, mais nous n’aurons pu découvrir cette région. Il en est de même de la côte caraïbe et des Corn Islands.


Toutefois, en très peu de kilomètres, les paysages traversés offrent déjà de beaux panoramas. Le Sud-Ouest est une région de plaines et de volcans, comme le volcan Masaya . C’est aussi là que se trouve le superbe lac Nicaragua, où trône l’île volcanique d’Ometepe. N'oublions pas les plages du Pacifique qui, si elles sont probablement moins belles que celles du Costa Rica, n'ont rien de déplaisant.


Puenta Jesus Maria, Ile d'Ometepe

2) L’écologie au Nicaragua


En matière de pollution atmosphérique, le pays est loin d’être un mauvais élève. Ses émissions de gaz à effet de serre sont minimes, en comparaison à d’autres pays.


En revanche, sur le plan de la pollution des sols, c’est une autre histoire… On se rapproche davantage de la Bolivie que du Costa Rica.


Toutefois, le Nicaragua est un des seuls pays à avoir une sorte de « police » de l’environnement.


3) Le tourisme au Nicaragua


En janvier 2019, le tourisme au Nicaragua est mal en point. La machine ne tourne qu’à 70 % de ses capacités. La gérante de notre auberge de Granada nous confie qu’une nuit en dortoir, pour une personne, coûtait 9 dollars avant la crise, alors qu’elle est aujourd’hui à 6 dollars.


Quoi qu’il en soit, le tourisme reste développé. Nous n’avons eu aucun problème pour trouver des activités. Au contraire, les Nicaraguayens nous attendent et nous bichonnent! Nous n’avons d’ailleurs pas cherché à négocier autant qu’à notre habitude, histoire d’encourager la reprise de l’activité touristique.


4) Le climat nicaraguayen en janvier


Le climat nicaraguayen est un climat tropical humide. Cela se ressent moins sur l’île d’Ometepe et sur la côte pacifique. C’est déjà plus inconfortable à Granada. Les températures diurnes dépassent les 30° C.


En janvier, c’est le début de la saison sèche, qui dure de décembre à avril.


Mieux vaut éviter de voyager dans le pays après le mois d’avril. Aux dires des habitants, la chaleur devient insupportable.


5) Sécurité et hygiène au Nicaragua


Notre séjour au Costa Rica nous avait habitués à baisser notre garde sur le plan de l’hygiène. Nous avons repris nos bonnes vieilles habitudes au Nicaragua. L’eau n’est pas potable et mieux vaut suivre les règles élémentaires d’hygiène relatives à la consommation des fruits et légumes (peler, bouillir, cuire).


6) Les Nicaraguayens et la culture nicaraguayenne


En neuf jours, il est difficile de faire un point complet sur la culture nicaraguayenne. Sans rentrer dans les détails, je peux évoquer quelques aspects :

  • Sur le plan historique, comme c’est le cas au Costa Rica, l’histoire précolombienne n’est pas aussi connue qu’au Pérou ou au Mexique. En revanche, l’histoire coloniale est riche à Granada.


Granada

Cathédrale de Granada


  • La population métisse est la plus nombreuse. La population noire réside, comme au Costa Rica ou au Panama, essentiellement sur la côte caraïbe. Sa présence s’explique par l’histoire esclavagiste de cette région du globe.

  • Question sport, si les Nicaraguayens aiment le foot, ils jouent également beaucoup au base-ball.

  • La musique fait toujours partie de la vie quotidienne, comme dans le reste de l’Amérique latine.


7) Les transports au Nicaragua


Le Nicaragua est assez bien desservi. Toutefois, niveau confort et organisation des cars, il ne faut pas être exigent ! C’est pourquoi nous nous sommes tournés quelques fois vers les taxis. Ils sont partout et proposent des tarifs corrects, quoique plus élevés que ceux des cars. Ce qui est normal.


8) Le coût de la vie au Nicaragua


Le Nicaragua est le pays qui nous aura coûté le moins cher sur le plan du logement et de la nourriture, et talonne de près la Bolivie, sur le plan des transports.


9) Voyage culinaire en terre nicaraguayenne


Les ingrédients de base sont : le riz, les haricots rouges, les bananes plantains, les œufs et les pommes de terre.


Sur la côte, on mange des ceviches et de la langouste. Les Caraïbes ajoutent la touche de coco.


Le gallo pinto est le plat le plus répandu, comme au Costa Rica. C’est un plat à base de… tous les ingrédients les plus répandus : riz, haricots rouges, plantains et éventuellement œufs ou viande ! On en mange dès le petit-déjeuner.



Le vigoron est un autre plat typique. Granada est réputée pour proposer les meilleures versions. Le plat est à base de salade de chou, de tomates, d’oignons, de piment, de yuca bouilli et de chicharron.


10) Les logements au Nicaragua


Nous n’avons testé que des auberges de jeunesse. Dans des styles très différents, chacune avait ses avantages. Hormis dans celle qui était tenue par des Français, les cuisines communes n’étaient pas d’une propreté irréprochable. En revanche, on y trouve des bonbonnes d’eau potable.


Au Nicaragua, pas de climatisation dans les logements bon marché. Seuls des ventilateurs sont fournis. Personnellement, je préfère.


Attention aux moustiques ! Les moustiquaires ne sont pas de toute première fraîcheur...



Notre séjour au Nicaragua est terminé. Nos repassons au Costa Rica pour prendre notre vol pour le Mexique !


Et les enfants ?


Un volcan actif, une balade en calèche à Granada, du bateau, une balade à cheval à Ometepe, l’océan, des animaux, des logements agréables… what else ?!


Plage de San Juan del Sur

Le seul point noir est l’otite d’Auden qui l’a empêché de se baigner.



Trucs et astuces du voyageur au Nicaragua

  • Eau : non potable. Toutefois, il est fréquent que les auberges fournissent des bonbonnes d’eau potable.

  • Electricité : 110 volts, fiches plates parallèles (adaptateur de type A) ;

  • Budget : bon marché ;

  • Taxe de sortie du Nicaragua vers le Costa Rica pour deux enfants et deux adultes : 10 euros (entrée depuis le Costa Rica : 42 euros).

  • Transports : cars moyennement fiables, mais bon marché. Les taxis peuvent être une bonne option.

  • Banque : Ne surtout pas allez chez Lafise. Les frais sont importants.

  • Décalage horaire : sept heures de moins qu’en France (heure d’hiver).


Quel budget pour le Nicaragua ?


Taux de change : 1 euro = 37 cordobas


Hébergements : 141,30 euros, pour 9 nuits en auberges de jeunesse.


Nourriture : 141,19 euros (aucun restau).


Transports : 66,22 euros, pour autant que car que de trajets en taxi ou en colectivos.


Activités : 143,81 euros (Balade à cheval sur l’île d’Ometepe, tour de l’île d’Ometepe en taxi, entrée à l’Ojo de agua, Tour en taxi aux alentours de Granada, Mirador de la lagune d’Apoyo, Entrée au parc du volcan Masaya, balade en calèche dans Granada, mirador du Christ à San Juan del Sur). Divers : 52 euros (taxes entrée et sortie du Nicaragua : 42 euros d’entrée depuis le Costa Rica, 10 euros de sortie).

Total : 544,52 euros


Hasta pronto !


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Le tour du monde de Léa et Zaja – Chapitre 1 (fiction écrite par Eylia)

Le tour du monde de Léa et Zaja – Chapitre 2

Le tour du monde de Léa et Zaja – Chapitre 3 (en Argentine)

Le tour du monde de Léa et Zaja – Chapitre 4 (en Bolivie)

Le tour du monde de Léa et Zaja – Chapitre 5 (au Pérou)

Le carnet de voyage d’Eylia

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