Chiclayo et Mancora – Pérou (9-16 novembre)


Avant de quitter le Pérou et de découvrir les Andes équatoriennes, nous avons prévu une dernière pause détente et farniente. Chiclayo permet de couper la route qui nous conduit de Chachapoyas à Mancora, repaire de surfers et de Péruviens en vacances.


Chiclayo a été, pour moi, au Pérou, le pendant de Cochabamba, pour Momo, en Bolivie : la ville de la loose... Bilan des courses : nous n’y avons rien fait. C’était prévu, mais pas à ce point-là !


Nos quelques jours à Mancora ont permis que nous quittions le Pérou sur une note agréable.


Mancora

Récit de notre séjour sur la côte nord du Pérou


Chiclayo


Le trajet Chachapoyas-Chiclayo


Jeudi 8 novembre, 20 h 15 – Cela fait maintenant plus de trois heures que nous nous gelons dans le patio de notre hôtel de Chachapoyas, en attendant le top-départ pour la gare routière. Notre car de nuit pour Chiclayo part à 20 h 15. Je rectifie, nous ne nous gelons pas, JE suis congelée ! Les autres pètent la forme. J’ai le sentiment de couver une grippe, doublée d’une gastro. Sympa.


Juste avant de partir, nous retrouvons nos copains français, qui auraient normalement dû récupérer leur van en réparation, et poursuivre leur route vers Kuelap.


Malheureusement, un nouveau problème technique leur a imposé de repasser quelques nuits en auberge. Discuter avec eux me soulage un peu. J’en oublie ma faiblesse passagère.


Nous quittons notre auberge à 18 h 30. Marcher jusqu’à la gare m’aide à me réchauffer. Nous laissons nos sacs de rando et partons chercher une bricole à nous mettre sous la dent. Un chicharron plus loin, nous revenons au terminal de bus et embarquons pour dix heures de route.


Nous naviguons avec la compagnie Movil Tours. Heureusement que Momo a pu négocier des places en « présidentielle », pour un tarif dérisoire. Le car est quasi-vide et les sièges s’inclinent à 160 °. J’abandonne lâchement les enfants à Momo, me cale dans mon cama et souhaite la bonne nuit à tout le monde. Je ne touche même pas à la petite collation offerte par la compagnie.


Étonnamment, le trajet ne se passe pas trop mal pour moi. Le confort du véhicule doit y être pour quelque chose.


Vendredi 9 novembre - Nous arrivons à 5 h 45 à Chiclayo. Afin de ne pas nous ajouter un souci supplémentaire, nous avions réservé un hôtel. Nous ne le faisons plus depuis plus d’un mois. L’expérience nous a montrés qu’il était souvent plus intéressant de repérer des logements en amont sur Booking, puis de négocier les prix une fois sur place. Cette fois-ci, je suis heureuse que nous n’ayons pas à parcourir des mètres supplémentaires à la recherche de la bonne affaire.


Quand Chiclayo rime avec gastro… ou gourmandise de trop


Au programme de la première journée : douche, recherche de laverie, courte balade en ville, grosse sieste et repas. Rien de transcendant, mais ce sont les incontournables !


Ce que nous voyons de Chiclayo – et surtout ce qu’en a vu Momo – correspond à la description que l’on nous en avait faite. C’est une ville vivante, mais loin d’être éblouissante. En dehors de la place d’Armes, il n’y a rien de notable sur le plan architectural.



L’essentiel des curiosités se situe à l’extérieur de la ville. Lambayeque et Tucume sont les sites archéologiques qu’il est de coutume de visiter lorsque l’on s’arrête à Chiclayo. Il était question que nous allions voir l’un des deux le lendemain. Mes intestins en ont décidé autrement...


En fin de soirée, je me sens patraque. Gros dilemme : mon corps me dit « Jeûne et va te coucher ! », mon esprit, lui, m’invite à engloutir toutes les bêtises qui me passent sous la main. Ce que je fais… Belle erreur. Je suis persuadée qu’une bonne diète m’aurait permis d’éviter le pire. En ajoutant un ceviche, quelques frites et une glace sur mon début d’indigestion ou d’intoxication de l’avant-veille, je ne risquais pas d’arranger les choses.


Résultat : au lit pendant plus de 24 h. Enfin, en alternance avec les toilettes…


Lorsque j’émerge le dimanche 11 novembre, il s’agit de savoir si je suis en mesure de prendre le car pour Mancora. Nous n’avons réservé que deux nuits à Chiclayo et le prix de la nuit supplémentaire est plus élevé. Par ailleurs, nous avions tellement hâte de passer ces quelques jours au bord de la mer, dans un joli hôtel, sous le soleil… Je n’ai aucune envie de rester moisir ici, en écoutant les enfants tourner en rond et s’entre-tuer dans cette chambre de Chiclayo, où il n’y a rien à faire. Et, puis, ça va déjà mieux.

Je prends mon courage à deux mains - et à deux pieds -, et je suis la petite famille jusqu’à la gare routière. Un car part pour Mancora deux heures plus tard. C’est parfait. À ce stade du voyage, ce n’est pas quelques heures d’attente qui nous font peur ! Le trajet dure six heures, mais il a le mérite de nous éviter une autre halte dans une ville sans intérêt particulier.


Mancora


L’auberge


Nous arrivons en début de soirée à Mancora. À peine descendus du car, un rabatteur nous saute dessus. L’auberge qu’il nous propose ne semble pas trop mal. Nous tentons le coup et montons dans sa moto-taxi. Après trois tentatives non concluantes, nous décidons de nous passer de ses services et de poursuivre nos recherches, seuls.


Mancora est difficile à décrire. C’est une petite ville de 10 000 habitants, située au nord du Pérou, sur la côte pacifique, à deux heures de la frontière équatorienne. Prisée des surfers et kite-surfers de tous horizons, mais aussi des Péruviens venus s’y détendre, elle a tout de la petite station balnéaire décontractée, voire totalement roots !


La panaméricaine la traverse, essaimant bars et restaurants sur toute la longueur de la ville. Les motos-taxis règnent en maître. Si l’on se dirige vers la mer, l’asphalte disparaît et laisse place à un quadrillage de petits chemins de terre, de cailloux et de sable.


Chaque cuadra possède son lot de tiendas, d’auberges, de campings et d’hôtels. D’un bout à l’autre d’une rue, on peut se croire tantôt dans une favela, tantôt dans un petit quartier bourgeois d’une ville côtière.


Il est incontestable que le coin est touristique, pourtant, l’ambiance est globalement tellement à la cool que l’on a presque le sentiment que les touristes qui s’y trouvent vivent là depuis des lustres.


Nous finissons par mettre la main sur le gros lot. L’auberge est quasi-déserte et possède une piscine hors-sol, une jolie cour ombragée, des chambres propres et spacieuses, un petit salon perso, une cuisine commune bien équipée, un jeune chien fou, et tout cela, à 200 m d’une plage de sable doré.



Lorsque nous nous installons, je suis loin d’être dans l’état d’esprit positif que je dépeins ici. Je suis patraque et j’ai un mauvais pressentiment. Fatiguée, je capitule et signe pour cette auberge. Momo négocie un bon prix et les enfants sont ravis. Banco, on reste.


Une première nuit difficile


Je me calme et enclenche le mode « arrivée dans une auberge » : rangement des affaires, repérage de la première tienda du coin, courses rapides, préparation du repas, repas, dodo !


Je comprends très vite pourquoi je ne sentais pas cette auberge : c’était trop beau pour être vrai ! Il devait forcément y avoir quelque chose qui cloche.


On a trouvé : c’est la teuf en permanence ! Impossible de fermer l’oeil : la voisine met sa TV à fond et il y a un concert péruvien à deux pas. On se croirait sur le site d’un festoche. Un cauchemar ! 1 h, 2 h, 3 h… Je vois les heures défiler sur mon portable et j’hallucine. Quand est-ce qu’ils comptent mettre un terme à cette vaste blague ?! Ce n’est qu’à 6 h du matin – soit au lever du jour – que le chant du coq remplace les voix de crécelle des chanteurs à bout de force.


Si l’on ajoute à cela quelques piqûres de moustique et une bonne dose d’énervement, je n’ai évidemment pas fermé l’oeil de la nuit. Parfait pour un séjour consacré au repos et à la détente… Les enfants, eux, ont dormi comme des loirs ! Incompréhensible… Mais tant mieux.


Hors de moi, je demande à Momo d’obtenir une explication auprès du type qui gère l’auberge. Est-ce exceptionnel ou rituel ? Dans le second cas, il nous faudrait demander le remboursement des nuits réservées et nous tirer de là au plus vite. Ce ne sera pas le cas. Nous apprenons qu’il s’agissait d’une fête donnée en l’honneur des 110 ans du district de Mancora. Par ailleurs, la voisine s’excuse platement pour le volume de la télévision. À cause de la musique, et parce qu’elle est un peu dure de la feuille, elle n’a pas réalisé qu’elle était à deux doigts de percer nos pauvres tympans…


Nous décidons de rester et de tenter le coup pour une nuit supplémentaire. Nous ne le regrettons pas. Les lieux sont vraiment chouettes… et très calmes !


Qu'avons-nous fait à Mancora ?


Lundi 12 novembre - Comme prévu, nous ne faisons rien ! Les enfants profitent de la piscine, je vais au marché, Momo court, Auden joue, on fait l’école, on fait un tour à la plage, Eylia lit, j’écris, on mange, on fait la sieste, je fais un peu de sport, etc.


La plage est plus belle que celle de Huanchaco. Le sable a une jolie couleur doré, les quelques déchets que l’on trouve sur la plage sont des légumes et non des couverts en plastique (soyons positifs!) et le front de mer est plus harmonieux. Néanmoins, il faut être honnête, elle n’a rien d’extraordinaire. Toutefois, après avoir longé les côtes durant des heures interminables de car, je comprends pourquoi ces plages sont un must pour les Péruviens !



Il existe des plages plus jolies à quelques kilomètres, mais nous nous contenterons de celle-là.


Gastro sous les cocotiers


Mardi 13 novembre – C’était trop beau pour durer… Auden a vomi cette nuit. Est-ce l’eau de la piscine qui, j’imagine, ne respecte pas vraiment les normes de désinfection traditionnelles ? Est-ce un virus ? A-t-il attrapé ce que j’avais eu ? Impossible de savoir. Quoi qu’il en soit, pour lui, ce sera repos toute la journée. Cela ne nous empêche pas de profiter.


La piscine n’ayant plus la cote, j’emmène Eylia à la plage après le goûter. Les kites sont de sortie. Nous les observons virevolter au-dessus des vagues. Le soleil rejoint progressivement l’horizon, tandis que les cocotiers battent des ailes, malmenés par le vent qui s’abat sur le rivage. Des enfants jouent dans le sable, un vieux bâtiment tagué en toile de fond. Le décor est inhabituel et tout en contradictions. Je l’aime bien cette plage, finalement !


Sur le chemin du retour, nous entendons des cris d’oiseaux peu familiers. Je suis sûre que des perroquets se cachent dans le coin. Le nez en l’air, nous guettons le moindre mouvement. C’est finalement le gérant d’un hôtel qui nous met sur la piste. Les volatiles sont en fait enfermés dans une grande cage à l’intérieur de la propriété. Il nous invite à entrer. La captivité fait moins rêver que la liberté, mais Eylia est tout de même ravie de pouvoir observer d’élégants aras de près !


Et si on restait un peu plus longtemps à Mancora ?


Mercredi 14 novembre – Auden n’a pas passé la meilleure nuit de sa vie, et nous non plus. Nous décidons de reporter notre départ d’une journée. Cela laissera le temps au petit malade de reprendre des forces et de profiter de la plage avant de partir. Et, honnêtement, ce n’est pas pour nous déplaire !


Une bonne matinée de repos, quelques cuillerées de compote maison et dix grains de riz plus tard, j’accompagne Auden tremper ses pieds dans l’océan. Mon attachement à cet endroit va grandissant. C’est assez étrange. En quelques jours, je suis passée de l’envie de quitter cette ville au plus vite, au désir d’y rester un mois – au moins !


C’est ce que j’ai apprécié également à Huanchaco. Ce sont des lieux qui ne se donnent pas à voir si facilement. Il faut laisser son regard évoluer, changer d’angle de vue. Si l’on en reste à la première impression, on tourne les talons et on passe son chemin. Il faut persévérer, creuser, sentir que quelque chose d’autre se cache derrière une apparente insipidité ou une provocante exubérance.


Ces villes ont ce côté que j’aime chez certaines personnes : une complexité, une opacité qui dissuaderont le plus grand nombre de se risquer à explorer les lieux. Pourtant, il est plaisant de s’entretenir avec une personne souriante et affable, comme il est plaisant de passer quelques jours dans un joli village propret. C’est doux, c’est calme, c’est coloré. La lecture est claire. On sait où l’on met les pieds. Néanmoins, le côté lisse et aseptisé en réduit le charme. Point d’aspérités, point d’intérêt sur le long terme. On a le sentiment d’en avoir rapidement fait le tour. En outre, si on gratte le vernis, on est parfois déçu.


Et bien, Mancora, pour moi, c’est une ville qui ne s’est pas immédiatement montrée à moi sous son vrai jour. Elle s’est effeuillée progressivement, je me suis laissé apprivoiser. C’est assez difficile à expliquer. C’est ce qui prouve ce que je viens d’avancer. Il est des personnalités indescriptibles que l’on ne peut cerner qu’en les rencontrant. Il est des lieux indescriptibles que l’on ne peut comprendre qu’en les vivant. J’arrêterai donc là mon explication. Venez faire un tour à Mancora, vous vous ferez votre opinion !


Quoi qu’il en soit, c’est dans ces moments-là que je voudrais être une nomade digitale et venir m’établir ici quelque temps !


Nos derniers moments sur la côte pacifique sud-américaine


Jeudi 15 novembre - La dernière journée se passe bien. Auden a repris du poil de la bête. Le programme est toujours aussi simple : plage, repos, détente, etc. Nous nous risquons à tenter un restaurant, afin de marquer notre dernier soir au Pérou. C'est un petit rituel que nous essayons de conserver.


Cela nous permet de nous balader dans le quartier plus touristique de Mancora, avec ses petits marchés de souvenirs et ses bars en pagaille. C'est sympa. C'est différent de notre coin, plus roots, plus brut, mais ça change. Il y en a pour tous les goûts.


Quel budget pour 2 jours à Chiclayo et 5 jours à Mancora ?


Hébergement : 169 euros


Hostal Costa Cielo : 39 euros pour 2 nuits, deux chambres avec 1 lit double et 2 lits simples, sanitaires privatifs, wifi, proche du centre.


Mancora house : 130 euros pour 5 nuits, chambre avec 2 lits superposés et 1 lit double, sanitaires privatifs, cuisine commune ouverte sur le jardin, table de billard, babyfoot, trampoline, piscine hors-sol, salon de jardin, terrasse, propre, wifi mauvais, à 300 m de

la plage, à 300 m du centre.


Nourriture : 188 euros


Épicerie : 28 euros

Marché : 64 euros

Restaurant : 55 euros

Comedors : 41 euros


Transports : 73 euros


Car Chachapoyas-Chiclayo : 42 euros, Movil Bus en classe présidentielle, très correct, TV, Toilettes, repas.


Car Chiclayo-Mancora : 31 euros. 6 h de trajet avec la compagnie Transportes Chiclayo. Correct. Toilettes, TV.


Total : 430 euros



Le séjour à Mancora fera partie, je pense, de nos meilleurs souvenirs. Il sera vraiment important, par la suite, que nous pensions à nous prévoir, une fois par pays, une bonne pause de cette nature.


Nous sommes fins prêts pour l'Equateur !


Hasta pronto !


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