Circuit dans les villes coloniales : de Morelia à San Luis Potosi – Mexique (6-11 février)


Un des principaux objectifs de notre passage au Mexique est de nous arrêter un peu plus de deux semaines dans la famille mexicaine dans laquelle Momo a vécu une année, il y a seize ans. Notre principale étape mexicaine sera donc à Ciudad Mante, dans le Tamaulipas.


Pour nous y rendre, nous souhaitons couper le trajet, de façon à ne pas imposer aux enfants des heures supplémentaires de car, alors que nous en sommes presque à 300 heures ! Par conséquent, après notre étape au Sanctuaire des papillons monarques d’El Rosario, nous poursuivons notre périple par un petit circuit dans les villes coloniales du centre du Mexique.


Nos étapes : Morelia, Guanajuato, San Miguel de Allende et San Luis Potosi.



Récit de nos six jours dans les villes coloniales du centre Mexique



Je craignais que les villes traversées ne se ressemblent trop. Après cinq mois passés en Amérique latine, nous avons parfois un sentiment de déjà vu. En définitive, chacune d’entre elles se distingue des autres par son architecture, sa qualité de vie, son climat, l’identité de ses habitants, une atmosphère singulière ou un environnement particulier.



1) Morelia



Mercredi 6 février - Momo ne souhaitait pas particulièrement s’arrêter à Morelia. Il n’en avait pas un souvenir impérissable. Par conséquent, dans notre esprit, cette ville n’est qu’une simple étape pour se rendre à Guanajuato, la perle du Mexique. Si nous nous étions dirigés vers Queretaro, il n’était plus vraiment possible de passer par la ville aux mille couleurs.


Morelia nous a, Momo et moi, agréablement surpris. C’est une ville de plus de 680 000 habitants, située à près de 2 000 m d’altitude. La cité ne ressemble en rien à ce que nous avons pu découvrir jusqu’à présent. Les constructions sont en pierres brutes. Nous ne sommes ni à Granada (Nicaragua), ni dans le Casco viejo de Panama City (Panama) ou à

Carthagène (Colombie). Point de façades en crépis colorés. Elle me ferait davantage penser à Cuenca (Equateur) ou à Toulouse ! Comme cette dernière, on appelle Morelia « la ville rose ».





Morelia est une ville assez spacieuse, bâtie sur un plateau, ce qui permet de s’y déplacer facilement. C’est agréable pour les enfants.


J’y trouve enfin des tablettes de chocolat à plus de 85 % de cacao. Quel bonheur ! Depuis le temps...


À Morelia, nous logeons dans une auberge tenue par une famille mexicaine. Le confort y est sommaire, mais nous sommes transportés dans une ambiance beaucoup plus locale que notre hôtel de Zitacuaro ou dans notre studio de Mexico.



2) Guanajuato


Jeudi 7 et vendredi 8 février - Pour Momo et moi, Guanajuato est la plus belle ville du Mexique, et celle d’Amérique latine où nous nous sommes sentis le mieux. Sans exceller dans chacun des domaines, elle a toutefois le mérite de combiner un ensemble d’atouts qui lui permet d’accéder à la première place de notre classement : un climat de montagne (2 000 m d’altitude), un relief intéressant qui dessine les contours de la ville, une taille humaine (180 000 habitants), une vie étudiante, une histoire riche (passé colonial, point de départ de l’élan indépendantiste, ville minière, etc.), une vie culturelle (festival Cervantès, musée des momies, théâtres, etc.), une ambiance populaire, de superbes ruelles qui s’entremêlent, de jolies maisons aux façades colorées (des tons les plus vifs aux plus pales), une centaine de petites places qui se laissent découvrir au détour d’une rue, de nombreuses voies piétonnes, une vie traditionnelle et moderne à la fois, etc.




À Guanajuato, on flâne. Rien ne sert de prévoir un circuit. La ville est accueillante, mais se laisse découvrir, pas à pas. Elle s’effeuille, à mesure que l’on déambule dans les méandres de ses rues, à mesure que l’on tourne, que l’on se détourne, que l’on serpente, que l’on se laisse emporter dans les interminables séries de marches qui nous conduisent vers le cœur de ville ou vers les hauteurs de la cité.


Nous nous contentons de peu de choses : manger dans le marché Hidalgo (du nom du père de l’indépendance mexicaine), déguster un verre de fruits coupés à l’ombre des arbres d’une petite place, découvrir les trésors qui se cachent à l’intérieur d’une des multiples églises de Guanajuato, passer dans la rue du baiser, monter au Pipila afin d’admirer la ville depuis le mirador, et flâner, flâner, flâner...


Marché Hidalgo

Rue du baiser (non, ce n'est pas nous !)

Non loin de notre appartement.

Notre studio nous offre déjà une superbe vue sur Guanajuato. Situé dans un coin tranquille, dans les hauteurs de la ville, notre logement nous permet de vivre au calme, tout en restant à quelques minutes du centre.



3) San Miguel de Allende


Samedi 9 février - San Miguel de Allende est un véritable bijou architectural. Elle mêle architecture baroque brute et maisons traditionnelles aux crépis colorés. Toutefois, contrairement à Guanajuato ou à toutes les villes et villages que nous avons visités en Amérique latine, les tons sont incroyablement harmonieux. Tout est peint en rouge carmin ou dans les tons ocre. Le rendu est superbe.




Pour le Mexique, San Miguel de Allende, malgré ses 60 000 habitants, est davantage considéré comme un village. Situé à plus de 1 900 m d’altitude, il bénéficie d’un climat identique à celui de Morelia ou de Guanajuato.


La cathédrale est absolument sublime. On se croirait plongé dans la Belle au bois dormant de Walt Disney ! Les églises que l’on croise presque à chaque coin de rue sont tout aussi intéressantes du point de vue architectural.



Premier bémol : la concentration de touristes américains qui prive la ville de son authenticité. San Miguel de Allende est superbe, c’est un fait. Cependant, son côté aseptisé peut décevoir celui qui recherche du brut, du spontané, du local.


Second bémol : les tarifs. Difficile de trouver un hôtel bon marché dans un coin si touristique. Compliqué de dormir lorsque son hôtel est situé en plein centre, à deux pas des boîtes qui ferment à 6 h du matin ! Pas évident non plus de manger à sa faim sans y laisser un rein. La place principale regorge de petites restaurants qui proposent une carte aux prix indécents, justifiés par la vue imprenable sur les spectacles de mariachis et sur la cathédrale. Nous avons finalement dégoté un petit restaurant qui fonctionne sur la base d’un buffet à volonté à 8 euros. On y mange les plats mexicains typiques, on en sort repu, sans avoir trop allégé son porte-monnaie !



4) San Luis Potosi


Dimanche 10 février - Parmi les villes coloniales mexicaines traversées, San Luis Potosi est la plus densément peuplée. Elle compte plus de 700 000 habitants. Située à 1 800 m d’altitude, elle combine certains aspects des trois autres : ville spacieuse, comme Morelia, ville minière, comme Guanajuato, et ville aux tons rouge-ocre et à l’architecture élégante, comme à San Miguel.




Nous avons fait un passage exprès à San Luis Potosi. Par conséquent, il est difficile d’en dire davantage. Je le regrette. Toutefois, il est probable que j’y revienne un jour. Entre la passion de Momo pour le Mexique et le fait que San Luis soit un point nodal dans le réseau routier mexicain, je prendrais alors le temps de la visiter davantage.



5) Les points communs entre ces quatre villes coloniales


On l’aura compris, ces villes sont des bijoux. Les trois premières sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO. San Luis Potosi est candidate.


Autre point commun, outre leurs grandes qualités déjà évoquées : la propreté de leur centre-ville. On pourrait manger par terre ! On vantait les mérites du Costa Rica qui, sur le plan de la pollution des rues, fait figure de modèle en Amérique centrale. Je crois que les villes coloniales du centre du Mexique n’ont rien à envier à ce pays. En revanche, plus on s’éloigne du centre-ville, moins les efforts se ressentent.



Et les enfants?


Pour les enfants, Morelia restera la ville des quesadillas géantes, Guanajuato celle des ruelles et des grands verres de fruits coupés, San Miguel de Allende celle du buffet à volonté et des mariachis, et San Luis Potosi celle de l’achat de leurs nouvelles peluches (un raton laveur et un chihuahua) !


Ruelles de Guanajuato


Les mariachis de San Miguel de Allende

Du point de vue parental, pour moi, Morelia ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Il ne s’est rien passé de majeur dans cette ville, sur le plan familial.


En revanche, Guanajuato sera la ville dans laquelle Auden a eu le comportement le plus intolérable. J’ai mis du temps à comprendre pourquoi. Je ne cherche pas à trouver des excuses à mon fils, mais je pense que son traitement à la cortisone (pour son otite) a probablement accentué son côté survolté ! J’ai lu que cette hormone augmentait l’excitabilité. On n’avait pas besoin de ça !


San Miguel de Allende sera la ville de mon insomnie. Je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit à cause des douces notes qui s’échappaient des boîtes de nuit environnantes. La musique adoucit les mœurs ? Mon œil ! J’aurais pu commettre un crime cette nuit-là ! Afin d’éviter de finir en prison, j’ai détourné ma colère vers des projets plus constructifs et je me suis lancée dans la confection de mini-livres pour les enfants. J’en ai fait deux pour Auden, sur le son [?], c’est-à-dire « ch », et le son [u], c’est-à-dire « ou ». Cela me semble plus motivant pour lui que de déchiffrer des phrases qui n’aboutissent à rien. Les histoires que j’ai créées sont très courtes, personnalisées, et il sait qu’il y en aura une nouvelle pour chaque nouveau son. Il peut conserver les mini-livres et les relire tant qu’il le souhaite. Gros avantages : ils ne prennent que peu de place, sont légers, maniables et quasi-gratuits !


À San Miguel, Auden a eu son premier coup de blues. Il a crié haut et fort qu’il voulait rentrer en France. La cause : l’envie de retrouver ses jouets. La solution : lui en acheter de nouveau ! Il est vrai que nous n’avions pas renouvelé le stock de babioles depuis Noël. Or il est évident que les enfants ont besoin de changements plus fréquents, si l’on veut les tenir en haleine. Le masque de lucha libre de Mexico n’est pas vraiment un jouet, c’est davantage un souvenir. Conclusion : Nous leur avons acheté une petite peluche chacun à San Luis Potosi. Toutefois, le deal est toujours le même : un nouveau jouet, un ancien jeté ou donné.


San Luis Potosi sera la ville du dortoir. Après une nuit blanche à San Miguel, je n’étais pas loin d’en faire une deuxième à cause des lits ultra dangereux de l’auberge. Les lits superposés étaient extrêmement hauts et sans réelle protection (un simple tube en métal). Etant donné qu’il n’y avait qu’un seul lit disponible en bas, j’ai dû dormir avec Auden en haut, afin de lui éviter une belle chute. Oui, sauf que j’ai failli passer par-dessus bord à plusieurs reprises !


San Luis Potosi sera également la ville du énième exercice de charme d’Auden, afin d’obtenir de bonnes poignées de cacahuètes provenant des réserves d’un généreux voyageur canadien. Je reste toujours et encore sciée par son comportement. Sans aucune gêne, sans aucune réserve, il se pointe au pied de la personne, fait son grand sourire et obtient SYSTEMATIQUEMENT ce qu’il veut ! Nous avons beau intervenir, les gens cèdent. Jusqu’au jour où… ils auront compris son petit manège, le percevront comme un aimable manipulateur et la chute sera douloureuse. Là, Auden apprendra la vie! Vivement ce jour-là.


Enfin, San Luis sera la ville du déblocage linguistique. Ça y est ! Je crois qu’Eylia a enfin fait sauter le verrou, après cinq mois de voyage. Il était temps ! Elle n’hésite plus à parler aux étrangers en Espagnol, et s’intéresse de plus en plus à la langue. Je lui ai également confectionné des mini-livres, chacun sur un thème différent, afin de compléter son bagage de mots.



Trucs et astuces du voyageur


Eau : non potable ;



Quel budget pour un circuit de six jours dans les villes coloniales du centre Mexique?


Taux de change : 1 euro = 21 pesos mexicains


Hébergement (185 euros)

  • Morelia : Hostal the only backpacker in Morelia, 23 euros, 1 nuit, 2 lits doubles, très simple, cuisine commune assez petite, sanitaires communs, plus ou moins chez l’habitant, wifi, eau potable à disposition, proche du centre et du Mercado San Juan.

  • Guanajuato : Departamento Calicanto, 83 euros, 2 nuits, studio avec 2 lits doubles, cuisine, sanitaires, wifi, à 700 m du centre.

  • San Miguel de Allende : Hostel H 18, 47 euros, 1 nuit, chambre avec 1 lit double et 1 lit simple, sanitaires privatifs, pas de cuisine, wifi, en plein centre, eau potable à disposition, à éviter le samedi car proche des boîtes de nuit.

  • San Luis Potosi : Sukkha Hostel, 32 euros, 1 nuit en dortoir avec un lit chacun, sanitaires communs, cuisine commune très propre, petit déjeuner compris à volonté, wifi, très proche du centre, eau potable à disposition.



Nourriture (163 euros)

Le prix comprend tout type de repas : avec produits du marché, dans des comedors, dans des buffets, avec des produits d’épicerie, etc.



Transports (132,80 euros)

  • Car Zitacuaro-Morelia : 20 euros, 3 h, 140 km, Bien, toilettes, snack.

  • Taxi terminal-hôtel AR : 6,50 euros.

  • Car Morelia-Guanajuato : 42 euros, 4 h 30, 176 km, Primera plus, Très bien, toilettes, tablettes, snack.

  • Taxi terminal-hôtel AR : 6,50 euros.

  • Car Guanajuato-San Miguel de Allende : 20 euros, 2 h, 78 km, Très bien, toilettes, tablettes, snack.

  • Car San Miguel-San Luis Potosi : 35 euros, 4 h, 182 km, Primera Plus (Flecha Amarilla), Correct, Pas de toilettes.

  • Taxi terminal-hôtel : 2,80 euros.


Activités

Aucune.



Total : 480,80 euros


Hasta pronto !

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