Découvrir le Japon hors des villes : les Alpes japonaises et le mont Fuji (15-23 mai)


Des rizières au coeur des Alpes japonaises

[Les photos seront postées dès que j'aurai une meilleure connexion !]


Sans cette escapade nature, je crois que nous aurions conservé un très mauvais souvenir de notre voyage au Japon. Nous n’aimons pas particulièrement les villes, alors les villes japonaises, n’en parlons pas !


Le Japon ne se résume pas qu’à Osaka, Kyoto et Tokyo. Il serait dommage de ne pas découvrir les paysages alpins et le Fuji.


En route pour un autre visage du Japon !


1. Visiter Nagiso et ses environs en famille (15-17 mai)


Mercredi 15 mai – En préparant notre séjour au Japon, nous hésitions à rester plus de trois jours à Kyoto. Nous y avons renoncé et je ne regrette pas notre choix ! Nous trépignons d’impatience à l’idée de quitter la vie japonaise citadine et découvrir des provinces japonaises dépeuplées. C’est toutefois ce que nous espérons trouver.


Nous quittons Kyoto soulagés. Néanmoins, nous savons qu’une journée marathon nous attend : bus jusqu’à la gare, une heure de train jusqu’à Maibara, trente-cinq minutes jusqu’à Ogaki, trente-cinq minutes jusqu’à Nagoya, une heure et demie jusqu’à Nakatsugawa, un dernier trajet rapide en train jusqu’à Nagiso et une navette jusqu’à notre hôtel ! Si l’on oublie notre train manqué à Nagoya, cette journée de transfert est un succès !


Quel bonheur de retrouver de la verdure. Kyoto n’est pas la ville la plus étouffante, cependant, c’est déjà trop. Qu’il est agréable de découvrir les montagnes et les petits villages japonais. Ceux-ci ont bien plus de charme que leurs homologues sud-coréens. Les tuiles ont remplacé la taule, les couleurs criardes ont cédé la place aux tons uniformes, et les dégradés de vert n’ont rien à envier aux paysages pollués de certaines régions de Corée du Sud. Les touches chaudes des bambous dorés rehaussent l’ensemble. Les rizières s’invitent jusque dans les lotissements, au pied des maisons.


Lorsque nous arrivons à Nagiso, le ciel est couvert. Cela n’enlève rien à l’atmosphère particulière des lieux. Objectivement, le village n’a rien de renversant, mais il est tellement plaisant d’être entouré de montagnes, de ne pas croiser de touristes (ou peu), de savourer le calme, la tranquillité, la sérénité.


Notre hôtel à Nagiso se trouve dans les montagnes. Nous avions hésité à réserver une nuit dans un ryokan, ces auberges typiques dans lesquelles on dort sur des tatamis et où l’on déambule dans un kimono prêté pour l’occasion. Les prix sont exorbitants. En effectuant nos recherches, nous avons trouvé cette adresse, qui n’affiche pas le nom de ryokan, mais qui propose des prestations identiques, sans le côté folklorique du kimono. Petit détail non-négligeable : les tarifs sont tout à fait abordables.



Notre auberge est perchée dans les montagnes, à quelques kilomètres de Nagiso. La décoration intérieure répond à tous les codes japonais : portes coulissantes en bois, tatamis au sol, tables basses, futons, douches et bains communs, etc. Le jardin est charmant. Les enfants sont ravis ! Un peu moins lorsque les grenouilles nous font un concert juste avant de dormir… !


Jeudi 16 mai – Nous n’oublierons pas ce réveil face aux montagnes embrumées, allongés sur des futons. Nous nous souviendrons également de l’heure qu’il était : 5 h ! Et oui, encore une fois, point de volets aux fenêtres… Et lorsque la chambre compte trois immenses fenêtres, il est vain d’espérer dormir d’un sommeil de plomb jusqu’à 11 h.


Le shuttle de l’auberge nous dépose à 8 h à Nagiso. Nous prenons le temps d’acheter notre pique-nique et entamons notre randonnée du jour. Il est prévu que nous marchions jusqu’à Magome, en empruntant le Nakasendo, et rentrions en bus. Ce chemin est l’une des cinq voies que suivaient les habitants de l’époque d’Edo (1603-1868). Il reliait Edo (Tokyo) à Kyoto sur plus de cinq-cents kilomètres. Le revêtement de certaines portions du chemin est d’époque.



Nous traversons des forêts et avançons au rythme des cloches que nous croisons sur le chemin et que les enfants s’empressent de faire sonner. Elles servent à éloigner les ours. Véridique ! Le bruit de la rivière nous suit tout au long de notre randonnée. Elle alimente de nombreux moulins, dont Auden et Eylia se plaisent à observer le fonctionnement.


Nous longeons quelques rizières et traversons l’adorable village de montagne de Tsumago. Les enfants sont, encore une fois, l’objet de toutes les attentions. Une vieille dame offre même à Auden un petit dragon en origami !



Nous arrivons à 12 h à Magome, après une douzaine de kilomètres de marche. Depuis le mirador situé sur les hauteurs du village, la vue est superbe. Si Magome est plus touristique que Tsumago, son charme reste préservé. Nous pique-niquons puis montons dans le bus de 13 h 25, direction Nagiso.



Arrivés à destination, nous devons attendre le shuttle de notre auberge pendant deux heures. Une employée de la gare complète la récente collection de productions en origami. Auden et Eylia reçoivent des toupies !


Trajet en train Kyoto-Nagiso : 90 euros.

Hébergement à Nagiso : Hostel Yui-An : 211 euros pour deux nuits, une chambre de style japonais dans une jolie maison typique, perchée dans les montagnes, sanitaires et cuisine communs, wifi faible. Un shuttle est prévu pour aller chercher les clients à la gare.

Bus Magome-Nagiso : 13 euros.


2. Visiter Takayama en famille (17-19 mai)


Vendredi 17 mai – Nous quittons notre auberge de Nagiso et prenons le shuttle de 9 h 50. La journée de transfert sera longue, mais moins mouvementée que la précédente. Aujourd’hui, nous optons pour un trajet en car pour Takayama. La durée est moins importante qu’en train. Seul inconvénient : nous devons attendre l’unique départ de la journée, prévu à 15 h. Le car part de Tsumago ou de Magome. Nous préférons procéder en deux étapes : rester un temps à la gare de Nagiso pour y faire l’école et pique-niquer, puis prendre le bus pour Tsumago à 12 h 40, et patienter jusqu’à 15 h. À Tsumago, nous poursuivons la séance d’école, tandis que Momo part se promener.


Le trajet Tsumago-Takayama dure trois heures. Nous traversons les élégants paysages de haute montagne des Alpes japonaises. Cette région du Japon est vraiment superbe. Si elle n’a rien à envier à nos décors alpins, je n’imaginais pas trouver ici ce type de panorama.


Lorsque nous arrivons à Takayama, nous rencontrons un jeune couple de Français qui parcourent le Japon à vélo. Ce type de projet me plairait bien. Peut-être pas dans ce pays, mais je garde cette idée dans un coin de ma petite tête !


Notre auberge se situe dans le centre de Takayama. Elle sera parfaite pour deux jours. L’équipement de la cuisine est sommaire, mais ça fera l’affaire.


Samedi 18 mai – Nous avons choisi de visiter Takayama pour découvrir les habitats traditionnels de style gassho, construits durant la période d’Edo (1603-1868). Les plus beaux spécimens sont probablement ceux de Shirakawa-go, située à une heure de bus de Takayama. Afin d’éviter la foule et de perdre du temps dans les transports, nous préférons visiter le village folklorique d’Hida No Sato. Le terme « folklorique » peut faire peur ! On pourrait craindre un côté artificiel, exagéré, surexploité. Il n’en est rien. Cela signifie simplement qu’il est un village entièrement reconstitué, non habité, ayant pour but d’accueillir du public. De nombreuses habitations ont été déplacées et reconstruites à Hida No Sato.



Il est très facile de s’y rendre à pied. En moins de trois kilomètres, nous atteignons les portes du village. Nous sommes samedi et je crains que nous soyons noyés dans un flot de touristes. C’est tout le contraire ! J’ignore pourquoi. Les lieux sont agréables et la visite est très pédagogique. Le village est composé d’une cinquantaine de maisons, de styles variés. Chacun des métiers de l’ancienne campagne japonaise y est représenté : du bûcheron en passant par le tisseur, jusqu’à l’éleveur de vers à soie ou le potier. Il est plaisant de déambuler dans les petites allées et d’entrer, au hasard, dans l’une ou l’autre des maisons, dans l’un ou l’autre des sanctuaires, et de remonter le temps.



En prime : des jeux pour enfants à l’entrée du site (lance à eau en bambou, atelier d’origami, jeu de toupie, bilboquet, etc.) et une superbe vue sur les montagnes enneigées.


De retour en ville, nous parcourons quelques rues du centre de Takayama. Si l’on fait abstraction du millier de touristes, le quartier n’est pas dépourvu de charme. Toutefois, je préférais cent fois les chemins d’Hida No Sato ! Nous faisons notre petit tour, achetons une brochette de boules de riz, caressons deux ou trois chiens en poussette (oui, oui!), croisons quelques femmes en kimono et rentrons. Les enfants sont fatigués et Eylia veut se replonger dans sa collection de Tara Duncan.



Trajet en bus Nagiso-Tsumago : 4,87 euros.

Trajet en car Tsumago-Takayama : 78 euros. Enfants paient demi-tarif.

Hébergement à Takayama : Tomaroto : 160 euros pour deux nuits, dortoir de quatre lits, cuisine et sanitaires communs, wifi, près de la gare.

Village folklorique d'Hida No-sato : 12 euros. Enfants de moins de 7 ans ne paient pas.


3. Visiter Matsumoto en famille (19-20 mai)


Dimanche 19 mai – La matinée est consacrée au repos. Nous déjeunons à l’auberge, puis prenons un car pour Matsumoto. Cette étape nous permet de couper la route jusqu’au mont Fuji. La ville est également connue pour son château.


Il est assez rapide de rejoindre Matsumoto depuis Takayama. En moins de trois heures, nous arrivons à bon port. Nous croisons une pâtisserie et craquons sur quelques douceurs. J’aurais mieux fait de m’abstenir ! Il n’y a rien à dire, les Français sont vraiment les plus forts !


Afin de limiter nos dépenses, nous avons réservé une nuit en dehors de la ville. En attendant le TER, je réalise qu’il n’était pas très pertinent de s’éloigner à ce point pour si peu de temps. En arrivant à Hitoishiba, je ne regrette pas mon choix. Nous descendons sur le quai d’une adorable petite gare, perdue au milieu des rizières. Moi qui voulais que les enfants en voient de près, nous sommes servis ! La maison de notre hôte est située à deux kilomètres à pied de là. La marche avec nos gros sacs est difficile, d’autant que nous avons des provisions pour deux jours !Toutefois, la vue me fait oublier mon fardeau. Le soleil entame sa descente vers les montagnes et éclaire les rizières d’une douce lumière. L’ambiance est paisible. C’est parfait ! Le jeu en valait la chandelle.



Notre logement à Hitoishiba est à la hauteur de mes espérances. Nous renouons avec la tradition et avons à notre disposition une chambre encore plus typique que celle de Nagiso. Celle-ci est entièrement entourée de portes coulissantes et accueille en son centre quatre confortables futons posés sur des tatamis. Nous dînerons sur une table basse, assis sur des coussins. Pour nous mettre à l’aise, notre hôte nous a préparés un thé de riz, qui ne fait pas l’unanimité !



Lundi 20 mai – C’est mon anniversaire ! Et je viens de passer la pire nuit de ma vie ! Bon, j’exagère, mais des portes coulissantes épaisses comme du papier à cigarette, qui laissent passer la lumière et le chant des grenouilles, ça ne crée pas vraiment les conditions idéales pour un sommeil apaisé...


C’est injuste, j’ai le pire anniversaire de tour du monde de toute la famille ! Ou plutôt le moins époustouflant. Aujourd’hui, nous partons pour nous établir trois jours, au pied du mont Fuji. C’est plutôt sympa. Oui, sauf que la journée de transport risque de l’être un peu moins. Lorsque l’on se souvient qu’Auden a fêté ses quatre ans au Salar d’Uyuni (

Bolivie), qu’Eylia a soufflé ses bougies aux îles Uros (Lac Titicaca, Pérou) et que Momo a pris une année de plus sur les îles paradisiaques de l’archipel de San Bernardo (Colombie), je suis tout de même un peu perdante !


Notre hôte nous conduit à la gare TER d’Hitoishiba. Nous retournons à Matsumoto pour aller visiter le château, deux par deux, tandis que l’autre binôme garde les sacs à la gare. Le « Corbeau » est un édifice du XVIe siècle, connu pour son élégante couleur noire et son donjon de cinq étages. La visite est expresse : une photo, quatre ou cinq pas et demi-tour !



Trajet en car Takayama-Matsumoto : 65 euros. Enfants de moins de 6 ans ne paient pas.

Trajet en train Matsumoto-Hitoishiba AR : 8,50 euros.

Hébergement à Matsumoto : Tomosanchi guesthouse : Logement chez l’habitant, chambre de style japonais, cuisine et sanitaires communs, wifi.


4. Voir le mont Fuji en famille (20-23 mai)


Aujourd’hui, nous devons prendre trois trains différents, afin de nous rendre à Kawaguchiko. Le dernier est supposé être une attraction en soi. Nous ne comprenons pas bien pourquoi. Si le petit train touristique en lui-même n’est pas laid, le paysage, en revanche, l’est. Les montagnes sont oubliées derrière des villages sans âmes, à l’architecture qui n’en est pas une. Nous retrouvons les standards sud-coréens. Si l’on ajoute à cela que le Fuji joue le timide, je commence à me dire que j’aurai vraiment l’anniversaire le plus nul !


Nous marchons deux kilomètres jusqu’à l’auberge. Celle-ci est située non loin du lac Kawaguchi. En traversant la ville, je confirme ce que j’avais lu dans plusieurs blogs : elle est affreuse ! J’avais choisi cette destination en connaissance de cause. L’objectif était d’être le plus près possible du mont Fuji, quitte à tirer un trait sur les qualités architecturales. Nous ne voulions pas aller à Hanoke, autre ville célèbre pour la vue qu’elle offre sur le San, mais plus difficile d’accès et plus touristique.


Notre auberge de Kawaguchiko n’a rien d’exceptionnel. Toutefois, la fenêtre de notre chambre de style japonais donne sur le majestueux volcan. Ce n’est pas tous les jours que ça arrive. Enfin, à condition qu’il veuille bien se montrer ! Le temps est couvert et le Fuji aussi. C’est officiel : mon anniversaire ne vaut pas un clou ! Sans compter que l’hôtel ne possède pas de cuisine et que nous devons nous contenter de manger une salade composée, dans nos superbes assiettes « Père-Noël » en plastique, achetées au Panama… Zéro. Alors, oui, je sais, j’ai la chance de faire un tour du monde et d’être entourée de mon mari et de mes enfants. Certes. C’est pas faux. Je deviens un peu trop gourmande !


Mardi 21 mai – Dans la continuité de la veille : journée de m…. : il pleut comme jamais et le Fuji ne se montre pas. Bon. Ce sera une journée blanche.


Mercredi 22 mai – La journée d’aujourd’hui ne sera pas celle d’hier : place au sport ! Nous avons prévu de faire une randonnée. Auden voudrait faire le mont Fuji. D’une part, ce n’est pas la bonne période. D’autre part, malgré ses talents certains de randonneurs, je pense qu’il vise un peu haut. Dernier contre-argument, tout l’intérêt de ce volcan est de le voir, pas d’être dessus !


Nous quittons notre auberge à 8 h. Nous commençons notre randonnée sur le mont Mitsutoge. Il n’est pas particulièrement haut (1 786 mètres) et la balade n’est pas réputée comme étant particulièrement belle. Toutefois, nous devrions avoir une vue dégagée sur le mont Fuji.


Nous logeons le lac sur les premiers kilomètres. Si Kawaguchiko ne vaut pas le détour, son lac non plus. Moi qui m’imaginais une superbe étendue d’eau, entourée d’arbres et dominée par de belles montagnes. Celles-ci sont bien là. Toutefois, pour les arbres et le côté superbe, on repassera.



Il nous tarde de pénétrer dans la forêt, car les premiers kilomètres ne présentaient aucun intérêt. Je pense que cette randonnée ne détrônera pas celle du Tongariro ! Nous arrivons enfin dans les bois. Les enfants sont briefés : sept kilomètres de montée et autant de descente. Le dénivelé est important. Ce ne sera pas simple. Au bout de quelques mètres, Eylia commence déjà à se plaindre. Il est loin l’exploit de Nouvelle-Zélande. Elle qui affirmait qu’elle ne se plaindrait plus jamais pour marcher. Il ne faut jamais dire jamais ! Toutefois, en un sens, je la comprends. Elle a dû sentir que la motivation des troupes n’était pas vraiment au rendez-vous. En dehors de la vue sur le Fuji, la balade ne vaut pas celle du Tongariro, où l’on ne voit que splendeur à chaque pas.



Les gémissements d’Eylia ne tardent pas à gagner en intensité. En effet, notre chemin s’arrête net. Se perdre dans la forêt japonaise ? Check. Nous serions-nous trompés de sentier ? C’est étonnant, nous avons pourtant bien suivi les indications de Maps.me. Visiblement l’application a ses failles. Nous sommes face à un mur de branchages et de terre. Le chemin doit se trouver au sommet de la butte. Au vu de l’attitude d’Eylia, nous préférons gravir la colline plutôt que de rebrousser chemin et allonger le trajet. La pente est raide, le sol se dérobe sous nos pieds, les branches mortes compliquent notre passage. Dans quoi nous embarquons-nous ? Une fois en haut, nous avons le sentiment d’avoir retrouvé notre chemin. Toutefois, l’état d’entretien n’a plus rien à voir. Nous avançons sur un sentier à l’abandon. Sera-t-il mieux dans quelques mètres ? J’ai confiance et invite la petite troupe à continuer.


La nature du terrain n’est ne s’améliore pas. Nous enjambons d’immenses branches, et évoluons sur une étroite bande de terre recouverte de feuilles, avec, de part et d’autre, des fossés aux pentes abruptes. Il n’est pas prudent de continuer. Toutefois, au point où nous en sommes, il serait dangereux de faire demi-tour. Nous n’avons fait que monter et les enfants ne sont pas à l’aise en descente. Momo n’est pas d’accord. Il craint que nous nous perdions.


J’aurais dû écouter Momo. Effectivement, nous sommes officiellement perdus ! Notre signet de Maps.me a disparu. Depuis le début, nous suivons des repères roses situés sur les arbres, sans savoir vraiment à quoi ils correspondent. Nous n’avons croisé personne depuis que notre entrée dans la forêt. Je comprends mieux pourquoi ! Moi qui voulais un Japon sans touristes, je suis servie !


Je ne panique pas. Il n’est que 10 h du matin, nous avons de quoi manger et je sais que nous ne sommes pas en Amazonie. Nous finirons bien par rejoindre un sentier plus dégagé. Je m’inquiète davantage pour l’eau. Nous n’avons que deux petites bouteilles de 50 cl. Je crains également la chute. Le terrain est accidenté et il n’y a pas âme qui vive autour de nous. Au fond de moi, je crois que je suis excitée de vivre une telle situation. Je vais enfin pouvoir dégainer ma boussole ! Mine de rien, celle-ci nous permet de retrouver l’ancien sentier principal. Nous évoluons toujours sur un chemin à l’abandon. Toutefois, nous savons où nous sommes !


Il nous faut deux heures pour retrouver un terrain digne de ce nom. Entre temps, en vrais aventuriers, nous avons traversé trois ruisseaux, avons grimpé une quinzaine de côtes, avons failli dévaler une dizaine de pentes, et enjambé une centaine de branches ou troncs. Et tout ça, sans qu’Auden ne se plaigne une seule fois, si ce n’est lorsqu’il a tâché son beau short ! Eylia avait davantage conscience de la situation. Dans un premier temps, cela a redonné de l’intérêt à la ballade. Toutefois, ne voyant pas le bout du tunnel arriver, elle a eu quelques coups de mou.


Il est midi. Nous pique-niquons au pied d’un pylône électrique ! Décidément, cette rando aura été la plus dure et la plus inutile de toute ma vie ! Le ciel est couvert, le Fuji n’est pas au rendez-vous. Il ne sert à rien de poursuivre l’ascension. Nous risquons de nous perdre à nouveau, de nous fatiguer et de ne rien voir, une fois au sommet. Nous préférons être raisonnables et rentrer à l’auberge. Il reste encore huit kilomètres. Toutefois, sur un sentier entretenu, c’est de la gnognotte !


Jeudi 23 mai - Il est 6 h. Les enfants dorment encore, mais Momo et moi sommes réveillés. Mon adorable mari a l’heureuse idée de mettre le nez dehors : le volcan est sorti de son nid ! Nous réveillons les enfants et allons sur la terrasse pour admirer le Fuji. Ah, ben voilà ! Ce n’était pas compliqué ! Le temps est superbe. Dommage... Nous repartons ce matin pour Tokyo !



Trajet en train Matsumoto-Kawaguchiko : 75 euros. Auden ne paie pas.

Hébergement à Kawaguchiko : Hostel Fujisan FBH, chambre de style japonais, sanitaires communs, pas de cuisine, petit-déjeuner compris, wifi, près du lac.


Il est temps de retrouver la ville. L’idée de me rendre à Tokyo ne m’emballe guère. Nous verrons bien. Laissons-lui sa chance !


Si cet article vous a plu, likez, commentez, partagez ! Suivez-nous sur Instagram !

POSTS RÉCENTS :
PAR TAGS :
Pas encore de mots-clés.
Nous suivre

© 2023 par SUR LA ROUTE. Créé avec Wix.com

  • Facebook Vintage Stamp
  • Twitter Vintage Stamp
  • Instagram Vintage Stamp
Nous trouver