Quelle place pour le couple et pour soi dans un tour du monde en famille ? | Mes appréhensions




« Vous avoir pour eux durant un an, c’est extraordinaire pour vos enfants », nous affirme-t-on souvent. J’en conviens. Les avoir à nos côtés 24h/24, c’est une chance aussi. Cela ne fait pas de doute. Enfin, si, ça fait douter. Un peu... Beaucoup... Même passionnément ! Et notre couple dans tout ça ?! Et nous ?


J’aime mes enfants. C’est dit. Qu’on s’en souvienne. Toutefois, je n’exclus pas la possibilité de faire, au bout de quelques mois de vadrouille, la une des journaux équatoriens : « Un couple de Français paient pour laisser ses enfants à des marchands ambulants ». Comment ne pas en arriver à cette extrémité séduisante ? Comment préserver son couple dans ce contexte particulier de tour du monde ? Peut-on espérer avoir des moments à soi ?


La famille, oui. Et le couple dans tout ça ? Ce qui m’effraie...




Pas de travail, peu de contraintes, du temps en famille, de la découverte, des rencontres, des souvenirs, des joies, des frayeurs, des anecdotes, etc. Et tout ça pendant 10 mois... ça fait rêver, un tour du monde ! Oui, mais, c’est aussi du 24h/24, les uns sur les autres, avec les qualités ET les défauts de chacun. Il faut composer, sans relâche, afin que le séjour reste une belle aventure, et ne tourne pas au double infanticide, au crime passionnel ou, plus basiquement, au retour en France et au divorce ;)


Nous avons déjà voyagé en couple durant plusieurs mois, avant d’avoir nos chers et tendres marmots. Ce n’était pas simple tous les jours. On pourrait penser que le contexte de vacances transforme les êtres humains, les rende heureux, zens, généreux et ouverts. Non. Erreur. Pas tous les jours. Cela peut être vrai pour une ou deux semaines de vacances d’agrément, dans un hôtel 4 étoiles, all inclusive, aux Seychelles. Mais, lorsque tu voyages au Népal, que tu te laves avec de l’eau marron, que tu n’as plus d’électricité après une certaine heure, que tu entends des bruits bizarres de bestioles derrière ton matelas (qui n’en est pas un), que tu peux potentiellement passer une nuit sur deux aux toilettes à cause du lassi douteux que tu as consommé la veille, et bien c’est nettement moins glamour et propice à la décontraction. Je caricature. Mais, à peine.


Dans un tour du monde en famille, la donne est la même, sauf qu’on ajoute deux « handicaps » supplémentaires ! Reprenons le tableau poétique du Népal. Ajoutons une Eylia qui boude en tapant des pieds, parce que c’était à elle de fermer les rideaux et pas à son frère, et un Auden qui se sert du matelas comme trampo, en chantant (hurlant) la dernière des Kids United. Tu te pends. Enfin, tu finis de vomir ton lassi, puis tu te pends.

À quel moment pourrons-nous espérer être tous les deux ? Jamais ! Nous nous réveillerons ensemble, nous lèverons ensemble, mangerons, marcherons, nagerons, rêverons, crierons, ferons nos courses, nous endormirons à quatre. Bien sûr, c’est aussi ce qui est magique dans cette aventure. Avoir enfin ses enfants rien qu’à soi, toute la journée. Être en famille, heureux. Toutefois, nous sommes humains, nous avons besoin de répit. Où et quand le trouver ?


Avoir des moments à soi durant un tour du monde en famille. C’est gérable ?




Réussir à se retrouver seul nous semble possible. Se ménager des moments de pause, c’est envisageable : rester à l’auberge lorsque les autres vont faire des courses, s’octroyer une soirée en ville tandis que le reste de la famille est allé se coucher, se séparer durant une visite afin de laisser l’un des adultes se faire sa ballade tout seul, se réserver une journée de « congé » de temps à autre, pour avoir une coupure plus longue, etc.


De mon point de vue, ce sera plus que vital. J’ai besoin de me mettre dans ma bulle, de ne parler à personne rien qu’un instant, de rester au calme, de pouvoir réfléchir sans que des cris familiers viennent parasiter mes pensées, d’écrire mes articles posément, de contempler, simplement.


J’ignore si ces moments seront fréquents, quotidiens, ou rares. Je crois qu’il sera de notre devoir de nous les imposer, avant le trop-plein, avant la rupture, avant le burnt out (le comble, vu le contexte !). Ne pas se croire plus fort que tout le monde, ne pas penser que l’on gère, ne pas tout encaisser, rester humble, connaître ses limites, et celles de l’autre. C’est tout cela que l’on va devoir apprendre, également.


Les enfants aussi devront avoir des moments à eux. Eylia est comme moi. Elle a besoin de se retrouver. La lecture l’y aide grandement. Cela l’apaise. Auden est moins de cette nature. Non parce qu’il n’en ressent pas le besoin, mais parce qu’il est encore trop jeune pour l’identifier. Branché sur 2000 volts comme il l’est, il sera nécessaire de l’inviter régulièrement à couper le contact. Sinon la surchauffe sera fatale... pour nous quatre !

Les enfants aiment être avec leurs parents, mais apprécient aussi les moments avec l’un des parents, en tête-à-tête. Ils le réclament déjà en France. Ce sera d’autant plus important dans ce contexte. Lorsque l’on est en permanence à quatre, on n’est avec personne véritablement. Certes, ce sont des contacts qui restent riches et qui sont primordiaux : créer un esprit de famille. Toutefois, les relations duales doivent être entretenues. Il nous faudra par conséquent penser à nous ménager des instants, rien qu’à deux, avec l’un ou l’autre de nos enfants.



Avoir des moments en couple. Plus compliqué...




Lorsque je parle de « moments », je pense à plus de 5 min pour prendre une douche ou régler la note du backpacker. Dans mon esprit, je rêve d’une ou deux heures. Pour y parvenir, cinq solutions me viennent à l’esprit. Et c’est déjà pas mal ! Première possibilité : les contacts que nous avons à l’étranger. Au cours du voyage, nous aurons la chance de pouvoir faire deux courts séjours, au Costa Rica et au Mexique, chez des amis de Momo, qui vivent à l’étranger. Ceux sont des personnes de confiance. Peut-être pourrons-nous envisager, si les enfants se sentent à l’aise, de les laisser quelques heures, le temps d’un repas ou d’une ballade à en couple.


Deuxième piste : des rencontres sûres. Je ne parviens pas à imaginer si cela est vraiment possible, mais peut-être rencontrerons-nous d’autres voyageurs, ou familles de voyageurs, avec qui nous aurons partagé un bout de chemin, que nous aurons croisé à plusieurs reprises, et en qui nous auront suffisamment confiance, au point de pouvoir leur confier Eylia et Auden. Je suppose que dans le cadre d’un tour du monde où l’on est isolé des siens, les liens se nouent très rapidement avec les gens que l’on croise sur la route. Un peu, pour ceux qui l’ont vécu, comme dans colonie de vacances, où en quelques jours, on a le sentiment d’apprécier et de connaître quelqu’un, autant que si on le côtoyait depuis des années. Serai-je pour autant capable de confier mes enfants à des gens, certes très sympathiques, mais que je ne connais que depuis deux jours ? À l’heure qu’il est, je ne peux m’avancer. Seul l’avenir nous le dira.


Troisième piste : des hôtes de rêve. Personnellement, et je pense que Momo sera partant si nous y parvenons, je souhaiterais tenter le wwoofing dans l’un ou plusieurs des pays traversés, afin d’être au maximum en contact avec la population locale. Ce ne sera pas toujours possible, évidemment. Toutefois, je garde cela dans un coin de ma tête. Si, dans ce cadre, nous vivons quelques jours dans une famille ou chez une personne ou un couple avec qui nous entretenons des rapports de confiance, ce peut être une nouvelle occasion. Là, encore, il faudra que les enfants soient tout à fait partants.


Quatrième solution : les laisser seuls. Il est évident que, dans ce cas précis, nous ne laisserions les enfants que quelques minutes. Si nous logeons dans un backpacker depuis quelques temps, que le cadre nous semble sûr, pourquoi ne pas leur proposer de regarder un petit film sur l’ordinateur ou de jouer tranquillement dans notre chambre, tandis que nous allons boire un verre ou discuter dans la salle commune ? Autre hypothèse : si la salle commune est proche de notre chambre, rester avec eux le temps qu’ils s’endorment, et une fois dans les bras de Morphée, nous retrouver tous les deux à quelques pas de là. Bien entendu, nous aurons prévenu Eylia et Auden en amont. Hors de question qu’ils se réveillent en sursaut, ne nous voient pas et paniquent.


Cinquième piste : l’autonomie. Si nous passons quelques jours à endroit qui commence à devenir familier, nous leur laissons un budget pour la journée, et ils se gèrent. Pendant ce temps, nous en profitons pour aller faire une petite rando en amoureux. Et là, vous vous dites : « Non, mais, elle est folle ? » ! Oui, bien entendu, je plaisante ;) Quoique... Bon, 4 et 7 ans, c’est peut-être un peu jeune... Ok.


Des voyageurs ayant déjà fait un tour du monde en famille auraient peut-être d’autres pistes. Les conseils sont les bienvenus !




Penser à préserver son couple et à ne pas s’oublier fera partie des défis que nous devrons relever durant ce tour du monde. Un de plus ! Oui, c’est vrai. Cependant, celui-ci est un des plus importants. En effet, le moral des troupes est en jeu. Or, si Momo et moi perdons pied, c’est le tour du monde qui s’écroule.


C’est tout à notre honneur de vouloir nous fixer certains objectifs tels que voyager tout en préservant l’environnement, minimiser nos dépenses, voyager léger, dénicher des coins peu connus des touristes, renforcer les liens familiaux, etc. Toutefois, si nous nous épuisons à atteindre ces buts ou à relever ces défis, nous risquons d’oublier que nous sommes aussi un homme, une femme, un couple, et pas uniquement des parents ou des voyageurs. Troquer notre sac à dos contre un bon bouquin ou un restau en amoureux ne serait pas du luxe de temps à autres ! Y a-t-il un(e) baby-sitter parmi les lecteurs... ?!


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