Ma liste rouge | Les 11 choses que j’essaierai de ne pas faire durant notre tour du monde



Mes listes bleue et noire étant dressées, vient désormais le tour de ma liste rouge. Rouge, couleur de l’interdit ! Attention, je ne vais pas vous livrer mes secrets et fantasmes les plus intimes. Ce serait l’objet d’une liste rose... qui ne verra jamais le jour sur ce blog ;) Désolée de vous décevoir. Mes interdits de voyages sont davantage de l’ordre du pragmatique, moins du sulfureux.


Il s’agit de toutes les choses que je souhaiterais parvenir à ne pas faire, durant notre tour du monde. Je ne tiens pas compte des comportements irrespectueux ou dangereux, qui ont implicitement leur place dans cette liste. Je pense surtout aux attitudes qui ne correspondent pas à la philosophie de notre voyage, mais qui ne sont pas à condamner en soi, loin de là. Chacun a sa façon d’envisager son tour du monde. Chaque voyageur aura sa propre liste rouge. Voici la mienne !


1) Faire des dépenses trop importantes qui ne nous semblent pas essentielles




Le budget de notre tour du monde n’est pas négligeable. Nous avons fait des choix de destinations qui engendrent des coûts importants, et réduire au maximum nos dépenses ne fait pas partie de nos défis. Toutefois, il est des postes budgétaires sur lesquels nous souhaitons rester raisonnables. C’est le cas, notamment des dépenses relatives à l’hébergement et à la nourriture. Sans dormir sur des matelas moisis, dans des pièces infestées d’insectes, nous ne visons pas les hôtels 3 ou 4 étoiles. Les backpackers, guesthouses, ou autres auberges de jeunesse, feront tout à fait l’affaire. Si l’occasion de camper se présente, nous investirons volontiers dans du matériel, notamment lorsque nous serons aux Etats-Unis. Dans le même ordre d’idées, le coachsurfing nous séduirait. Malgré tout, il n’est pas impossible que, sur l’ensemble du séjour, nous nous offrions trois ou quatre nuits d’un autre standing, pour le délire, par nécessité, par besoin, ou pour souffler, se faire un petit plaisir.


En ce qui concerne les repas, les motivations sont identiques. Manger dans la rue ne nous impressionne pas, et si nous en avons l’opportunité, cuisiner les produits locaux dans notre auberge de jeunesse sera un plaisir... pour moi ;). Ponctuellement, nous offrir un petit menu gastro nous réconciliera avec notre estomac, qui n’aura pas toujours eu la chance de consommer des produits de toute première fraîcheur ! Toutefois, ce ne sera pas la règle.


À ces principes budgétaires de base, s’ajoute celui de vouloir éviter les dépenses non essentielles : A-t-on besoin de s’encombrer de ce souvenir ? Cette activité est-elle vraiment nécessaire ? Pourquoi acheter cette nouvelle veste, alors que la mienne tient encore la route ? Ce comportement est déjà le mien en France. Il prend d’autant plus sens dans le cadre d’un tour du monde, quand l’addition peut grimper rapidement et compromettre certains projets. Je crois que sur ce point, si l’ordre des priorités n’est pas le même pour toutes les familles voyageuses, j’imagine que les budgets ne sont pas extensibles à l’infini, et que le souci du calcul est une préoccupation commune.


2) Être obsédés par le budget


S’il est important de calculer, il faut aussi savoir lâcher prise sur les questions financières. Comme dit plus haut, nous n’avons pas pour défi de faire un tour du monde à 25 000 euros. Notre budget est confortable, et conçu ainsi pour que nous puissions vivre sereinement, tout en adoptant un comportement raisonnable. Nous ne passerons pas notre vie, prêts à dégainer notre calculette ! Surveiller ses dépenses, c’est une chose. Ne pas oser se payer un jus d’orange, parce que ça risque de faire exploser la moyenne de la journée, c’en est une autre... Le budget s’équilibrera naturellement, entre les postes, et entre les pays.


3) Fréquenter des lieux touristiques




Ne pas fréquenter des lieux touristiques, je sais, cela peut étonner. Deux raisons expliquent ce choix. La première : nous frisons l’agoraphobie ! Momo et moi (et les enfants suivent notre voie), sommes allergiques à la foule. Nous fuyons les grandes manifestations, les centres commerciaux, les rues qui grouillent. D’aucuns diront que ces lieux sont emplis de vie. Personnellement, ils me donnent plutôt des nausées ! Seconde raison : nous sommes tout aussi allergiques aux arnaques. Tu veux visiter un site ? Tu paies l’entrée. Normal. Oui, mais la plupart du temps, tu mets la main au porte-monnaie... encore une dizaine de fois : une fois pour t’y rendre ; une autre fois pour stationner ; encore une fois pour te restaurer, car les pique-niques sont interdits ; une énième fois pour y loger, car il est trop tard pour revenir à ton point de départ ; et, comme si cela ne suffisait pas, pour remercier le guide, pour aller aux toilettes... et pour avoir le droit de respirer ! Bilan : dépenses inconsidérées + foule étouffante = souvenir atroce.


Le Macchu Picchu, le Taj Mahal, la Cité interdite, l’opéra de Sydney, etc., n’ont plus de secrets pour nous, avant même de les avoir vu. Les revues, la télévision, les brochures et ouvrages documentaires divers ont le mérite de nous faire voyager, alors que nous restons assis sur notre canapé. Toutefois, ils contribuent à rendre familiers ces monuments et sites, mettant à plat l’effet de surprise. J’en conviens, se trouver devant les pyramides de Gizeh doit être autre chose que de les regarder sur son téléphone portable. Cependant, je craindrais que le moment soit pollué par la horde de touristes, par le bruit des cars, et par un léger sentiment de déception dû au décalage qui existe entre la photo sur papier glacé du dernier Géo, et la réalité. Et loin de nous l’envie de nous lever à 3h du matin pour espérer être les premiers sur les lieux.


Pourquoi, dans ce cas, ne pas fonctionner autrement, par opposition ? Pourquoi ne pas chercher d’autres bijoux de notre patrimoine, qui seront considérés tels quels, non pas parce qu’ils figurent sur la liste de l’UNESCO, mais parce qu’ils nous aurons bouleversé, d’une autre manière. Ce peut être le cas d’une petite église mexicaine de l’époque coloniale, d’un temple indonésien éloigné du tumulte des stations balnéaires, d’un autre col d’une montagne andine, offrant une vue imprenable, d’une petite crique au sable moins blanc et à l’eau moins transparente, mais au charme intact, etc. Je crois que nous préférerons fonctionner ainsi, et tirer un trait sur les sites touristiques, trop fourmillants, trop épuisants, trop coûteux, trop tout...


À travers mes articles de récits de voyage, j’essaierai tant que possible de mettre à l’honneur des lieux inconnus du public, non pour qu’ils le deviennent, mais pour présenter les pays traversés sous un angle différent. Je sais que cette démarche n’a rien d’inédit. Bon nombre de tourdumondistes, de voyageurs au long cours, et de voyageurs occasionnels ont cette philosophie. Cheminer, errer, s’arrêter au hasard, s’imprégner d’une atmosphère, ne pas courir après les croix sur une check-list. Bien que notre itinéraire soit (trop) ambitieux, et que la logique qui préside à notre voyage semble davantage être celle d’une course contre la montre, nous adopterons un tout autre comportement une fois dans le pays. Prendre notre temps, quitte à ne rester découvrir qu’une infime partie du pays.


4) Voyager avec des tours operators


La volonté de ne pas avoir recours aux tours operators découle tout naturellement des principes évoqués plus haut : ne pas faire des dépenses inconsidérées et fuir les sites touristiques. Tant qu’il sera possible d’organiser une visite par nos propres moyens, nous le ferons. Lorsque le jeu n’en vaudra pas la chandelle, et que l’agence de voyage proposera une formule alléchante, pour un programme loin des standards habituels, pourquoi pas. À l’opposé, si un site est accessible uniquement par le biais d’un circuit, proposé par un prétendu spécialiste aux dents acérées, hors de question de nous y laisser prendre.


Toutefois, je n’exclus pas la possibilité, qu’un jour, lassés de devoir tout mener de front, nous nous jetions volontiers dans la gueule du loup, afin d’être pris en charge, promenés, cajolés, et embobinés par un des prédateurs rencontrés sur notre chemin ! C’est reposant, parfois, de quitter la posture du félin aux aguets, pour entrer dans le corps d’un joli pigeon ;)


5) Forcer les enfants à faire une visite


Faire un tour du monde a été notre décision, pas celle d'Eylia et Auden. Toutefois, il est évident que ce voyage est en grande partie pensé pour nos enfants. S’ils ne sont pas réceptifs, s’ils ne s’y retrouvent pas, ils nous le feront payer, inconsciemment... ou non. Par conséquent, si Momo et moi voulons mener ce projet à bien, nous nous devons de tenir compte de leurs envies, de leurs souhaits, de leurs refus. Qui veut voyager loin, ménage sa monture ! Ce ne sont ni des chevaux, ni des dromadaires, mais ils portent, sans le savoir, le tour du monde sur leurs épaules, autant que nous.


Souvent, il suffit de les motiver. Ils prétendent que cette sortie, cette promenade ou cette visite ne les satisferont pas. Pourtant, en leur ôtant leur a priori, tout se passe à merveille, et ils pleurent lorsqu’il faut quitter les lieux. Cependant, parfois, leurs réticences sont justifiées, car l’activité n’est pas adaptée. Pourquoi les forcer ? C’est injuste. En revanche, de temps à autre, lorsqu’une visite nous tient à cœur, ils doivent apprendre à faire des efforts, à s’adapter, et à faire plaisir à leurs parents chéris ! C’est ça, la vie en communauté ! Et, en plus, qui c’est qui paient les glaces ? ;)


6) Faire des activités qui ne respectent pas les animaux




Je ne veux pas me la jouer BB. Ma volonté de protéger les animaux s’explique davantage par mon aversion pour les conséquences néfastes de l’industrie du tourisme, que par un amour inconditionnel pour nos amis à quatre ou deux pattes. Et puis, j’ai la future directrice de WWF à la maison. Elle n’attend qu’une chose de son tour du monde, comme de nombreux enfants : voir des animaux. Toutefois, si elle apprenait qu’on l’a emmenée câliner des koalas, alors que l’on sait, de source sûre, que leurs conditions de captivité ne sont pas idéales, elles nous abandonneraient sur le bord de la route !


Par conséquent, nous avons prévu de bannir les zoos, les réserves, les plongées pour nager avec les dauphins ou autres, etc. C’est dommage, je sais. Et je sais également que, dans une optique de préservation de la planète, nous ferions mieux de moins voyager en avion, que d’empêcher notre fille d’être photographiée avec un panda. « C’est pas faux », comme dirait notre ami Perceval. Toutefois, je veux éviter d’aggraver encore notre cas, et souhaite pouvoir me présenter devant le Saint-Pierre des écolos, en limitant les réprimandes...


Eylia a bien compris. Elle sait que les animaux sauvages doivent le rester, et qu’il est injuste de les retirer de leur milieu naturel, pour les beaux yeux des humains. Venir les observer dans leur environnement est une meilleure option, mais cela les perturbe tout de même. Pourtant, j’aimerais réaliser le rêve de mes enfants. Je souhaiterais pouvoir trouver un compromis. Si quelqu’un a un tuyau, je suis preneuse !


7) Se laisser enfermer dans notre itinéraire prévisionnel


Notre itinéraire prévisionnel est ambitieux : pas moins de 21 pays en 10 mois... Bon, certains sont minuscules, comme le Bélize. D’autres ne seront vus qu’à travers leur capitale, comme la Chine. Pour tous les autres, il est évident que nous n’en verrons qu’une infime partie. Et nous savons que la liberté doit rester notre maître-mot. Ce serait dommage que l’on s’épuise à suivre ce plan de route, alors que la Colombie, par exemple, est un vrai coup de cœur.


L’objectif de ce tour du monde est de découvrir... le monde. Certes. Mais, l’autre objectif, tout aussi louable, est de nous retrouver tous les quatre, heureux et épanouis. Pourquoi, alors, sacrifier le bien-être de la famille pour une obsession du planning ? Parce que je suis une maniaque des plannings, justement ! Ainsi va-t-il falloir que je fasse un immense travail sur moi-même, pour parvenir à lever le pied, à perdre le contrôle, à me laisser aller, quand il le faudra.


8) Se laisser influencer par l’avis des voyageurs rencontrés




Un tour du monde est fait de rencontres. Etant donné que nous voyagerons en mode routard, nous côtoierons de voyageurs, ne serait-ce que dans les auberges de jeunesse. Lorsque l’on échange, chacun raconte ses aventures. C’est enrichissant et instructif. Les informations pratiques sont intéressantes. Elles sont objectives. Toutefois, je me méfie des avis.

En effet, lorsque chacun y va de son opinion sur telle ou telle activité, tel ou tel endroit, ce ne sont que des points de vue. Chaque famille a son fonctionnement, ses centres d’intérêt, sa philosophie, et les angles de vue seront probablement différents. Par conséquent, si des voyageurs nous donnent des infos sur les tarifs d’une guesthouse ou sur l’itinéraire pour se rendre sur une plage particulière, je suis preneuse. En revanche, si cette même personne nous précise que le gérant de l’auberge est imbuvable, ou que la plage est la plus belle qu’il n’ait jamais vu, je ne prendrai pas ces remarques pour argent comptant, et préférerai attendre d’y être.


9) Se laisser effrayer par l’actualité ou les sites officiels


Se tenir informé de l’actualité est essentiel lorsque l’on voyage. Se forger sa propre opinion l’est tout autant. N’oublions pas que la presse peut parfois être alarmiste. Après les attentats du Bataclan, aux yeux de la presse étrangère, la France entière était en état de guerre civile. Je ne cherche évidemment pas à minimiser la gravité de l’événement. Cependant, un touriste qui serait venu se ressourcer dans les campagnes françaises durant cette période, n’aurait pas perçu le même degré d’anxiété et de panique qu’en passant trois jours à Paris ou à Lyon.

Dans un même ordre d’idées, le Mexique est souvent pointé du doigt comme une zone de non-droit, du fait de la présence de cartels de la drogue qui y sèment la terreur. Pourtant, des amis mexicains de Momo soulignent bien que, d’une part, les problèmes touchent seulement certains états, ainsi que les zones frontalières et les grandes villes, et que, d’autre part, les narcos ne s’en prennent que très rarement aux touristes. Ils n’ont aucun intérêt à cela. Au contraire.


Se tourner vers les sites gouvernementaux comme diplomatie.gouv, onglet « conseils aux voyageurs » n’est pas une meilleure solution. Je l’ai fait une fois... et j’ai cru que j’allais annuler le tour du monde ! C’est simple, chaque recoin de la planète devient un décor de polar ou une scène de guerre ! Les articles postés alternent entre conseils évidents et conclusions alarmistes. Il est toutefois normal, pour un site gouvernemental, d’infantiliser les ressortissants de son pays, afin d’éviter de fâcheux incidents et de se prémunir contre tout recours. Un voyageur averti en vaut deux. Je trouve le site intéressant en tant que mine d’informations. Toutefois, je ne suivrais pas l’ensemble de leurs recommandations à la lettre.


10) Être en contact avec la France en permanence


Lorsque l’on quitte sa famille et ses amis pour plusieurs mois, le besoin peut se faire sentir d’être en contact régulier avec eux. C’est humain. Cependant, je trouve que le tour du monde doit aussi jouer le rôle de coupure. Pourquoi décider de partir à l’autre bout de la planète, si c’est pour rester un membre actif du groupe WhatsApp de notre bande de copains, passer deux heures au téléphone avec notre soeur chaque semaine, ou checker ses mails tous les jours ? Rompre avec son quotidien, c’est également couper avec ceux qui sont restés en France. C’est notre point de vue.


Nous donnerons des nouvelles, c’est évident. Nous souhaiterons en recevoir, cela va sans dire. Toutefois, les contacts seront peu fréquents, et brefs. Il n’y aura pas de règle strictement établie. Notre famille recevra probablement un mail ou un message une fois par semaine, à peu près. Nous tenterons un Skype ou un appel téléphonique toutes les deux ou trois semaines, environ. Le blog aura vocation à faire le lien avec nos proches. Je pense écrire assez régulièrement, et y indiquer notre position. Cependant, cette activité ne doit pas devenir chronophage et liberticide. J’y viens.


11) Me laisser happer par le blog




Plusieurs raisons m’ont conduite à créer ce blog : 1. L’envie de laisser une trace écrite de notre aventure. 2. La volonté de permettre aux proches de suivre notre périple. 3. Le besoin d’écrire. 4. L’occasion de faire partager notre expérience à d’autres voyageurs ou amoureux du voyage. Toutefois, je ne suis pas blogueuse. Si porter cette casquette ne me déplairait pas, la réalité est tout autre, et il n’est pas question que ce hobbie devienne un travail à temps plein, qui m’empêche de vivre pleinement notre rêve.


C’est pour cette raison que je ne me fixe aucun objectif. Si j’écris un article par semaine, ce sera formidable. Si je ne publie rien pendant trois semaines, peu importe. Le blog doit rester un outil et un plaisir, non un but en soi et une contrainte. Lorsque le timing sera trop serré pour rédiger, nous nous contenterons d’envoyer un mail rapide à nos proches, et ce sera suffisant.





Je pense que je devrais pouvoir honorer ces engagements. Rappelons qu’il ne s’agit pas d’interdits, mais plutôt des choses à éviter. Disons que si le tour du monde était un repas de Noël chez les parents d’un nouveau petit copain, et bien l’interdit serait de s’y rendre avec des bas-résilles, un string apparent, et un haut panthère au décolleté plongeant. Pas bien. Pas bien du tout. Interdit ! Le truc à éviter, ce serait de porter le pull-over renne de Marc Darcy dans Briget Jones. Pas top, mais tu n’es pas foudroyée sur place. Cette comparaison chamarrée traduit-elle correctement ma pensée ?!


J’en ai fini avec mes listes colorées. Mes rêves, mes peurs, mes refus sont désormais extériorisés. Je peux poursuivre, l’esprit clair, la préparation de notre tour du monde :)


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