Partir faire un tour du monde en famille | Mon ressenti à J - 8 !



J - 8. Dans quelques heures, nous quitterons notre maison. Dans quelques jours, nous nous envolerons pour 10 mois de voyage autour du monde. Nous y sommes presque ! Et alors, dans quel état suis-je ? Angoissée ? Stressée ? Excitée ? Paniquée ? Déprimée ? Sans aucune hésitation : la troisième solution ! Et d’autres sentiments s’ajoutent à cette excitation. Venez faire un petit tour dans mon cerveau bien survolté !


L’excitation de partir en voyage


Je pense qu’on connaît tous ce sentiment que l’on ressent lorsque l’on part en vacances, que ce soit en week-end, au ski, à la plage, à l’étranger, en camping ou à hôtel, avec son chien, son mari, sa sœur ou sa meilleure copine. On est tout fou ! Surtout lorsque nous étions enfants. Ce degré d’excitation est moindre à l’âge adulte. Et bien, là, j’ai l’impression d’être un enfant de 8 ans qui part à la mer le lendemain, qui regarde cinquante fois sa nouvelle valise qu’on vient de lui acheter, qui a envie de dormir en maillot de bain avec son seau et sa pelle, qui n’arrive pas à trouver le sommeil, qui s’imagine toutes les glaces qu’il va manger et tous les copains qu’il va rencontrer, etc. Enfin, il y avait peut-être que moi qui voyait les choses comme ça quand j'avais 8 ans... Bref, en tout cas, je suis dans le même état aujourd’hui ! Ça y est, j’ai déjà commencé à rêver que je ne me réveillais pas à temps pour prendre l’avion, ou que je ratais mon train pour Paris, etc. La positive attitude, quoi.


Et, pourtant, cette excitation, ce stress, tous ces petits pia pia pia dans mon corps (Mia Frye, on pense à toi), et bien ce n’était pas gagné que je les ressente. En effet, lorsque je me mets en mode robot, c’est-à-dire en mode organisatrice, je frise l’indifférence, et mon cœur se minéralise. Ainsi, telle une belle toile cirée, fleurie de pivoines et de bégonias, les émotions me glissent dessus. Et oui, lorsque l’on a une fâcheuse tendance à vouloir tout anticiper, il n’est pas rare que les événements perdent en saveur ou en fraîcheur. À force de les avoir envisagés, cent fois, imaginés, mille fois, contrôlés, dix-mille fois, on finit par perdre sa virginité, avant d’avoir consommé le moment. Le sentiment de surprise est moindre. L’excitation a perdu de sa force, car elle a vu le jour trop en amont.


Au contraire, ce mois d’août 2018 est riche de sensations et d’émotions qui ne me sont pas familières. Je pense avoir réussi l’impossible : organiser et cadrer, tout en préservant la magie et la force de l’instant. Ce fut le cas pour notre mariage au début du mois, et ça l’est encore aujourd’hui pour le tour du monde. Le premier événement doit également sa réussite à la justesse avec laquelle nos témoins ont conduit les festivités, et à l’affection que nos proches nous ont apporté durant ces quelques jours. Je les remercie encore au passage. Pour notre grand voyage, le côté insipide et sans âme que peut parfois avoir une phase d’organisation d’un projet, n’a pas existé. Que ce soit les demandes de passeport ou la session de vaccins, chacune des étapes, mêmes les moins funkies, nous laisseront de bons souvenirs.


Durant des mois, j’ai éteint le bouton « anticipation » de mon cerveau. À tout le moins, j’en ai ralenti la cadence. C’est comme si j’avais rénové l’extérieur d’une maison, sans jamais avoir visité l’intérieur. Je me suis préservée. Et aujourd’hui, je suis presque aussi excitée qu’en 2008. En effet, il y a dix ans, j’avais décidé, le 4 septembre 2008 (je m’en souviens encore), de partir vivre un an en Nouvelle-Zélande, pour un départ seulement un mois plus tard ! Je me sentais libre, et aussi survoltée qu’un jeune enfant le 24 décembre. Rien n’a changé aujourd’hui !


La curiosité quant à la réaction qu’auront les enfants le jour du départ




Identifier les sentiments que l’on ressent n’est déjà pas toujours simple. Réussir à percevoir cela chez les enfants l’est encore moins. Que se passe-t-il dans la tête d’un petit d’Auden de 3 ans et demi ? Comment Eylia vit-elle le fait d’avoir quitté ses copains d’école, de passer ses derniers moments avec ses cousins, de savoir qu’elle va vivre loin de ses grands-parents durant plusieurs mois ? On en parle, on échange, mais elle ne se livre pas entièrement. La connaissant, je sais qu’elle garde des choses en elle. Je suis certaine qu’elle s’empêche de penser à tout cela. Pourtant, je ne m’en fais pas. Une fois envolée pour le Chili, elle n’y songera plus. À tout le moins, pendant quelque temps.


Quoi qu’il en soit, si j’essaie de ne pas m’engouffrer dans le vice de l’anticipation en m’imaginant chacun des instants que l’on vivra le mois prochain, je ne peux éviter de nous voir à l’aéroport et dans l’avion. Dans mon article sur les 11 choses auxquelles je rêve lorsque je pense à notre tour du monde, je racontais ces moments de l’arrivée à l’aéroport et du décollage. J’y songe tous les jours ! Je suis tellement curieuse de voir quelle sera réaction, d'observer leurs yeux ronds, de sentir leur excitation, etc. !


La satisfaction d’avoir mené la préparation du tour du monde à bien


Nous n’y sommes pas encore, et tout peut capoter d’une minute à l’autre, mais nous pouvons être fiers d’en être là aujourd’hui. On a voulu ce tour du monde, on l’a préparé... et on y est presque ! C’est un gros projet. On aurait pu l’abandonner, le repousser, le revoir à la baisse. Ce que nous en avons fait aujourd’hui correspond à ce que nous avions en tête en mai 2016. Aucun regret. C’est l’essentiel. Mais je m’arrête là. La véritable satisfaction ne sera là qu’en juillet 2019 lorsque nous atterrirons à Roissy, tous les quatre et heureux !


La sidération quant à la singularité de ce voyage




Singulier ? D’aucuns diront que notre projet n’est pas si singulier. Certes. J’ai pris toute la mesure de cela lorsque je me suis inscrite sur un groupe Facebook, qui met en lien les familles qui vadrouillent autour du monde. Une vraie mine d’informations, au passage. À une vache près, plus d’une cinquantaine de familles sont en train de vivre la même chose que nous. Tout de suite, l’on se sent moins unique.


Pas plus tard que dimanche dernier, nous pique-niquions, Momo, les enfants et moi, avec des familles issues de ce groupe, dans le cadre d’un rassemblement organisé dans le Grand-Ouest. Près de quatre-vingts personnes étaient présentes, et chaque membre avait une histoire différente à raconter. Il n’était pas question de rivaliser d’originalité et de faire la course au meilleur aventurier, au « vrai » voyageur.


Toutefois, dans ce contexte, plus encore que derrière son ordinateur en lisant des posts du groupe Facebook, on réalise que certaines familles vivent ou vivront des expériences encore plus extraordinaires, notamment celles qui ont décidé de devenir nomades. Et dimanche dernier, de par la forte concentration de personnes au vécu incroyable, être une famille nomade devenait presque un statut ordinaire.


Et bien non. Non, non et non ! Je dois quitter cet état d’esprit qui me conduit à penser que, finalement, nous allons vivre quelque chose de banal. C’est faux. Totalement faux. Néanmoins, ce ressenti se comprend. J’imagine que lorsque l’on gravite dans les hautes sphères de la société, un salaire mensuel de 30 000 euros semble bien banal en comparaison à celui des autres. Or, lorsque l’on sait que le salaire médian français est de 1800 euros, ça remet les choses à leurs places. Mais ces millionnaires oublient cette information.


Dans notre cas, c’est un peu pareil sur le plan du tour du monde. Nous sommes des nantis du voyage. Être en contact, au quotidien, avec des familles de tourdumondistes, nous conduit à oublier la singularité du projet. Quand bien même une centaine de familles ferait le tour du monde chaque année, soit un total de quatre-cents personnes environ, et bien, sur 67 millions de Français, cela reste malgré tout résiduel. Cela fait du 5 pour un million...


Je dois l’admettre, et ce n’est pas prétentieux, oui, notre projet est extra ordinaire, au sens premier du terme. Il sort de l’ordinaire. Non comparé aux autres tours du monde, mais par rapport à une vie standard. Et ce, sur tous les plans. Sur le plan du budget : nous allons dépenser plusieurs dizaines de milliers d’euros en peu de temps. Sur le plan de la durée : nous partons pour dix mois, dix longs mois durant lesquels nous n’irons plus travailler, nous n’aurons plus de réveil (ou peu), nous n’aurons plus d’obligations, plus de ménage, de cuisine, de rangement à faire, etc. Sur le plan des distances parcourues : nous parcourrons plus de 30 000 km en transports en commun et plus de 50 000 en avion. Sur le plan de la quantité de matériel : nous vivrons avec seulement 25 kg de bagages, pour quatre, en dix mois. Sur le plan du nombre de tout : nombre de pays traversés au vu de l’itinéraire prévisionnel (autour de 20), nombre d’hôtels dans lesquels nous dormirons (près de cent), niveau d’altitude atteint (5 000 m), sans compter l’altitude cumulée, etc. Et tout ça, vécu en famille, avec des enfants de 4 et 7 ans.


L’envie de profiter des derniers instants en France


Il reste encore huit jours et je veux en profiter, ne pas brûler les étapes. Je ne revivrai jamais ces moments, et ils sont tout aussi importants que ceux qui suivront. Cela peut s’apparenter à la phase de séduction, avant que le couple ne se forme, ou à la grossesse, avant que le bébé n’arrive. Ce sont des instants uniques, forts, qu’il faut vivre pleinement. Je vais prendre le temps de dire au revoir à chacun, de savourer les plats français que j’adore, de flâner dans les rues, de profiter de l’été en France, etc. Et aussi de dormir, de passer du temps avec Momo, et de m’accorder des moments sans les enfants !


La sérénité face au départ





Partir, pour moi, relève de l’évidence. Pas un soupçon de regrets, pas une once de doute, pas une seule trace d’amertume. Je suis engagée corps et âme dans ce projet, et je veux plus que tout aller au bout. La préparation du voyage touche à sa fin, plus rien ne me retient en France. Des gens que j’aime y restent, mais l’on sait tous que je les retrouverai dans 10 mois, et que peu de choses auront changé, sur le plan matériel, et vraisemblablement rien, sur le plan des liens qui nous unissent. Sauf si l’on pense au pire... Et même dans ce cas, en quoi ma présence en France empêcherait-elle une catastrophe d’arriver ? Autant partir et vivre sa vie !


Je ressens de la crainte, c’est vrai. Mais qui n’en ressent pas au quotidien ? Dans mon article sur les 11 choses que je redoute quand l’imagine notre tour du monde, j’évoquais des peurs qui portent essentiellement sur le déroulement du voyage. En revanche, rien ne m’angoisse dans le fait de partir. Enfin, si. Ou plutôt, je redoute de ne pas pouvoir partir ! Je suis pétrifiée à l’idée qu’il nous arrive quelque chose de très grave et que nous soyons bloqués à quai. Et j’appréhende également le retour, avant même d’être partie...


L’appréhension du retour


L’anticipation... grrr ! Et oui, chassez le naturel, il revient au triple galop ! Comme je me suis empêchée de penser au voyage, il fallait bien que je me focalise sur autre chose. Je le reconnais, le retour me travaille. Aura-t-on envie de rentrer ? Si c’est le cas, tant mieux. Cela signifiera que nous avons eu notre dose, et que notre vie peut reprendre son cours normal.


Si l’on n’a pas envie de rentrer, il faudra voir à quel point notre état est critique. Est-ce juste un petit coup de déprime de fin de vacances, que tout le monde ressent à la fin de l’été, et qui s’en va aussi vite qu’il est apparu ? Ou est-ce que ce sera un véritable mal-être, qui nous imposera de faire le point, et de prendre des décisions en conséquence ? Où se situera le problème ? Un besoin de repartir ? Une envie de redéfinir les contours de notre vie en France (changement de travail, de lieu de résidence, etc.) ?


Nous connaissant, je pense que nous n’attendrons pas le mois de juin pour nous poser ces questions. Elles occuperont notre esprit dès le début du périple. Non comme interrogations angoissantes, mais davantage comme des sujets nourrissants. Lorsque l’on voyage, on l’a expérimenté en Nouvelle-Zélande, on a le temps, cent fois, de refaire le monde. Il y a dix ans, nous passions nos journées, dans le van, en trek, en wwoofing, à imaginer ce que nous ferions lorsque nous serions rentrés en France. Et c’était purement jouissif.


Nous étions dans une dynamique de projet, sans pour autant nous empêcher de vivre ce que nous avions à vivre. Il est fort probable que nos discussions interminables reprennent du service ! Entrecoupées, cette fois-ci, de rires et de cris d’enfants ! Je l’avais expliqué dans un précédent article, ce tour du monde va donner du sens à ma vie. Je le sais. Je le sens. Ce voyage a aussi pour but de faire le point et de savoir où j’ai, où nous avons, envie d’aller, par la suite. Ce n’est donc pas en rentrant qu’il faudra se poser les bonnes questions. Le retour sera d’autant mieux vécu que nous aurons déjà nos réponses.




Voilà quel est mon état d’esprit. Un savoureux mélange d’excitation et de curiosité. À 800 % motivée, à 800 % prête à partir ! Je me sens plus que jamais maître de ma vie, j’en tiens les rennes, et c’est exactement ce pour quoi j’œuvre chaque jour : réaliser tout ce dont je rêve, et accorder mes désirs avec ceux de Momo. Ce voyage en famille en faisait partie. Alors, faisons-le. Rendez-vous dimanche prochain pour le départ ;)


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