Potosi – Bolivie (1-3 octobre)


Après notre périple dans le Sud Lipez et au Salar d’Uyuni, nous avons renoué avec la vie citadine en découvrant Potosi. Nous n’y sommes pas restés très longtemps, notamment en raison de l’altitude. Toutefois, cette ville ne manque pas de côtés sympas.


Bienvenue dans la plus haute ville du monde !



Récit de voyage à Potosi


La ville


Après quatre heures de car depuis Uyuni, nous arrivons enfin à Potosi. Cette ville de 164 000 habitants est située à une altitude de 4 070 mètres, ce qui fait d’elle la plus haute ville du monde.


Nichée au cœur des montagnes, ses habitants ont dû composer avec le relief, et comme de nombreuses villes des Andes, Potosi est brodée de rues qui montent et qui descendent. Toutefois, elle les bat à plate couture, avec des pentes qui avoisinent probablement les 20 %, pour certaines d’entre elles ! Voire plus.



La question délicate des mines


Potosi est évidemment connue pour ses mines. Le Cerro Rico a longtemps abrité des mines d’argent, parmi les plus grandes du monde. Après la raréfaction de ce métal, l’étain est devenu le nouvel enjeu du lieu. Toutefois, depuis la fermeture des mines d’Etat en 1985, les habitants de la ville ont perdu un travail salarié, et ont été contraints de se regrouper en coopératives pour subvenir à leurs besoins. C’est désormais dans ce cadre qu’ils exploitent les mines.


Alors qu’il s’agit de la curiosité principale de la ville, nous avons choisi de ne pas visiter mines de Potosi. D’une part, avec les enfants, c’était hors de question. La chaleur est importante et l’oxygène se fait encore plus rare que dans le reste de la région. D’autre part, le côté voyeuriste et attrape-touriste de la chose nous a rebutés. Je ne peux pas juger, je n’y suis pas allée. Toutefois, sur le papier, le tableau ne fait pas rêver : aller voir des gens travailler durement ; se prendre en photo dans leurs chariots, alors que les mineurs donneraient cher pour ne pas avoir à les pousser au quotidien ; faire exploser de la dynamite et grignoter la montagne, pour rigoler ; être contraint d’acheter des prétendus « cadeaux » pour les mineurs, etc. Bof, bof. Ce n’est pas de l’histoire, c’est la réalité. J’aurais un peu le sentiment d’aller observer, de loin, des soldats, en pleine guerre, sur un champ de bataille… Je préfère me documenter sur le sujet, et en parler aux enfants.


Notre logement


Nous décidons de séjourner chez l’habitant. Notre logement s’appelle Alojamiento Calor de Hogar con Altura. Nous sommes éloignés du centre, mais le tarif est attractif. Nous arrivons chez un couple d’une soixantaine d’années. Le fils loge également là-bas. Deux chambres, très simples, nous attendent. L’ensemble est correct, bien que nos hôtes ne soient vraisemblablement pas à cheval sur la propreté de la cuisine !

Qu’importe. Ils nous proposent de laver nos vêtements, moyennant une participation de 50 bolivianos (6 euros) Et ça, ça n’a pas de prix ! Après quatre jours dans les montagnes, le contenu de nos bagages n’est qu’un amas de poussière.


Le premier soir, je joue ma flemmarde et vais me coucher avec les poules. C’est Momo qui se charge du repas. Il échange avec nos hôtes sur des questions politiques. Ceux-ci lui confient que, sous couvert de progrès incontestables en matière d’infrastructures routières et sportives, ou d’intégration des populations indigènes, Evo Morales n’en est pas moins un « dictateur ». On le soupçonne de tisser des liens étroits avec des narcotrafiquants. Il est difficile pour nous d’avoir une opinion, et ce n’est pas le lieu. Sans parler de dictature, les libertés que prend le président avec la constitution et l’opinion publique, peuvent, donner des accents nettement autoritaires au régime, c’est certain.

La vie à l’appartement est très latino : télévision allumée dans toutes les pièces, amis ou membres de la famille qui vont et viennent pour prendre un verre, la maman en discussion téléphonique constante avec sa fille, en mode haut-parleur, etc.


Balade dans Potosi


Notre première sortie a pour objectif de faire le plein, pour cuisiner à domicile. Nous avons la chance de disposer d’une cuisine, il nous faut en profiter. Direction le marché. En sortant, nous découvrons les joies de l’altitude. Nous ne sommes pas à 8 000 mètres, en train de gravir l’Everest, sans oxygène. Certes. Toutefois, mettre un pas devant l’autre est assez intense. Les enfants sont rapidement essoufflés. N’oublions pas que les rues sont en pente. Or, pour se rendre au marché, il faut grimper !


Comme d’habitude, l’ambiance du marché est sympatique. Les enfants ont la cote et se font offrir des bananes. En revanche, une chose m’interpelle : la plupart des commerçants refusent de nous servir, si nous ne payons pas comptant. Dans un premier temps, je me dis qu’ils n’ont peut-être que très peu de monnaie ou qu’ils cherchent à nous faire acheter plus qu’il n’en faut. Après plusieurs expériences, je comprends en fait que la plupart d’entre eux ne sait pas compter… Ils souhaitent que l’on donne une très petite somme ou que l’on paie le bon prix, car ils ne parviennent pas à calculer ce qu’ils doivent rendre, si l’on donne un trop gros billet. C’est triste…


Le lendemain, nous partons à la découverte du centre-ville. Le bus ne coûte presque rien. Nous en avons pour 3 bolivianos l’aller, soit 40 centimes d’euros pour deux. Les enfants ne paient pas. Le trajet est très typique. Chaque bus a un circuit prévu, mais il n’y a pas d’arrêts officiels. On se poste sur la route et l’on arrête le véhicule. L’état des bus n’est pas exceptionnel. Néanmoins, ils ont l’air de rouler. C’est l’essentiel ! Durant le trajet, je suis surprise par les rapports tout à fait cordiaux qu’entretiennent les passagers. Les jeunes n’hésitent pas à laisser la place aux plus âgés. Tout le monde s’entraide. Les gens disent « Bonjour » en entrant ! Chose dingue pour la France ! Et, évidemment, comme d’habitude, chacun y va de sa petite caresse sur les cheveux d’Auden ou de son joli sourire (souvent édenté) à l’attention d’Eylia.



Une fois dans le centre, nous découvrons une jolie ville, colorée et agréable. Les nombreuses rues piétonnes permettent de faire une pause, dans ce jeu permanent qui consiste à ne pas se faire écraser par une voiture ! Au détour de plusieurs rues, on aperçoit souvent le Cerro Rico.



La ville s’organise, comme toujours, autour d’une place, qui est ici l’élégante Plaza 10 de noviembre.


Plaza 10 de Noviembre

Iglesia de San Francisco

Le retour en bus est tout aussi amusant qu’à l’aller. Nous faisons un gros détour involontaire, qui nous permet de terminer la visite de la ville de façon plus reposante. Pour descendre du bus, nous lançons un « Esquina ! », comme il est de coutume ici. Cela signifie : « au coin de la rue ». On paie le chauffeur, et l’on descend. Et je n’ai vu personne frauder. Etonnant, non ?!


Eglise San Francisco


Coup de gueule à Potosi


Le regret de ce court séjour à Potosi est la pollution, surtout dans le centre. La densité de dioxyde de carbone est encore plus importante au passage d’un bus, d’où s’échappe une voluptueuse fumée noire. C’est aussi pour cela que nous n’avons pas choisi de rester plus longtemps à Potosi. Si l’on cumule altitude et pollution, ça n’a rien d’agréable, même dans une jolie ville. En gros, si je dois vous dresser un tableau, vous êtes partagé entre l’envie irrépressible de respirer, d’autant plus que l’oxygène se fait rare, et la crainte d’inhaler le moindre cm³ d’air, composé à 98 % de CO2 !



J’ai fini par trouver une parade. J’ai terminé ma balade dans la ville en appliquant cette ancestrale technique : inspirer un bon coup dans ma manche, en tentant de faire le plein d’oxygène, puis de me retenir de respirer quelque temps. Venait ensuite le joyeux sentiment d’étouffer, lorsque je voulais reprendre mon souffle. Il me fallait retrouver mon calme, par petites séries d’inhalation dans ma manche, et je recommençais. Un peu pénible, au bout d’un moment ! Et aux dires d’autres voyageurs, j’étais loin d’avoir connu l’environnement pollué de La Paz… Pas hâte d’y être.


Et les enfants à Potosi ?


Les enfants ont été subjugués par les pentes vertigineuses de certaines rues ! Je reconnais que lorsque nous sommes arrivés en taxi, et que celui-ci a emprunté certaines rues, nous ne faisions pas les malins !


Là, c'est une pentounette ! J'ai oublié de prendre une photo des rues les plus pentues...

Ce n’était pas très agréable pour Eylia et Auden de se déplacer dans notre quartier, en raison de l’altitude. Toutefois, ils ont adoré le tour en bus.


Vient maintenant le « point relou » des enfants. Côté bouderies, Auden n’a pas placé la barre aussi haut qu’au Salar. En même temps, il pouvait difficilement faire pire. Il a simplement boudé une bonne heure dans le car Uyuni-Potosi, parce qu’il m’a montré un terrain de foot perdu dans la montagne, et que je n’ai pas réussi à le voir à temps. Quelle mauvaise mère je fais !


Côté tragédies, Eylia nous en a fait une bonne. Passionnée de lecture et totalement absorbée par la collection des Cabanes magiques, elle est devenue hystérique lorsqu’elle a découvert que j’avais oublié de télécharger le n° 39. Une heure de pleurs. Totalement inconsolable. Quelle mauvaise je fais, une fois de plus !


Anecdotes à Potosi


Chien errant


Depuis que nous avons débuté le tour du monde, les chiens errants font désormais partie de notre quotidien. Au Chili et en Argentine, ils n’étaient pas dérangeants, et si l’on écarte l’épisode de Valparaiso, où nous n’étions pas encore habitués, nous n’avons jamais eu peur. En Bolivie, je trouve les chiens plus hargneux. Il faut dire qu’au Chili ou en Argentine, les canidés sont chouchoutés ! On leur laisse des gamelles d’eau dans la rue, on leur apporte des restes de nourriture, etc.


En rentrant du marché, nous sommes passés devant un chien qui dormait non loin de la porte d’entrée de notre logement. En un clin d’oeil, il s’est levé et a sauté sur le sac de courses de Momo. Ce dernier s’est débrouillé tant bien que mal pour le faire fuir. Je suis rentrée très vite avec les enfants. Heureusement, personne n’a été blessé. La pastèque a fait office de bouclier. On y voyait la trace des crocs de chien ! Celui-ci n’avait pas de collier vert, donc pas de vaccin contre la rage. J’ai découpé la pastèque afin d’y retirer la partie croquée, mais j’ai tout de même mangé l’autre moitié.


Budget illimité


Lorsque nous sommes arrivés à Potosi, nous étions encore le jour de l’anniversaire d’Auden. Pour lui faire plaisir, Momo a accepté qu’il joue à un jeu de voiture sur son portable. Toutefois, le père aimant a fait une grave erreur : baisser sa garde et laisser Auden sans surveillance avec le téléphone. Bilan des courses : 35 euros d’achat de vies ! Et ça aurait pu être bien pire…


Trucs et astuces du voyageur

  • Chiens : Il paraîtrait que les chiens qui ont un collier avec un nœud vert seraient vaccinés contre la rage. Je n’ai pas demandé à une autorité officielle ou à un vétérinaire, mais les locaux ont l’air d’accord sur le sujet.

  • Eau : non potable.

  • Monnaie : faire attention à bien recompter lorsque l’on vous rend la monnaie. Non, pas parce que les arnaques sont fréquentes, mais parce que les commerçants ne savent pas tous bien compter.

  • Prises électriques : identiques aux prises françaises.


Budget


Taux de change : 1 euro = 8 bolivianos


Hébergement chez l’habitant


Alojamiento Calor de Hogar con Altura : 47 euros pour 2 nuits, 2 chambres, wifi, pas de serviettes de toilette, pas de petit-déjeuner, assez loin du centre, mais bus à proximité, supérettes et marché pas loin.


Nourriture


Nous ne sommes pas allés au restaurant. Nous avons profité de notre cuisine et n’avons consommé que des produits du marché ou de la supérette. Nous en avons eu pour 12 euros pour deux jours.


Transports

  • Car Uyuni-Potosi : 12,50 euros, compagnie American, 4 heures, correct, pas de clim, pas de toilettes.

  • Taxi pour aller jusqu’à notre logement : 1,88 euros.

  • Bus : 0,75 euros aller-retour. Les enfants ne paient pas.


Divers


Lessive chez l’habitant : 6,50 euros.


Total : 74,13 euros pour 2 jours.



Si Tupiza reste notre coup de coeur de Bolivie, Potosi n’en reste pas moins une ville intéressante à faire. En revanche, peut-être pas de là à y rester plusieurs semaines, contrairement à ce que l’on a entendu de Sucre. Ce sera notre prochaine destination, et avons décidé de nous poser, enfin, quelques jours.


Hasta pronto !


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