Quel budget pour un tour du monde en famille ? | Notre budget prévisionnel


Quel budget pour un voyage en famille autour du monde durant plusieurs mois ? Vaste question ! Il existe autant de budgets que de voyageurs. Tout est possible, tout est envisageable. Tout dépend, de votre itinéraire, de votre mode de déplacement, de votre façon de voyager, des sacrifices que vous êtes prêts à faire, des habitudes de vos enfants, de leur âge, de ce que vous attendez du voyage, etc. Le prix du voyage peut aller du simple au... quadruple, voire plus ! Bref, cet article ne va pas vous donner la solution, mais peut-être vous ouvrir quelques pistes.

Deux façons de calculer votre budget : Soit l’on part d’un budget, soit l’on part d’un projet. Dans le premier cas de figure, vous disposez (ou d’ici peu) d’une somme non extensible, arbitraire, prédéfinie, et vous bâtissez votre circuit en fonction. Dans l’autre cas de figure, vous n’êtes pas pressés, et capables de patienter, d’économiser sur de nombreuses années, afin atteindre le budget nécessaire pour le voyage de vos rêves.

Quoi qu’il en soit, il faut de l’argent. Lorsqu’on envisage de faire un tour du monde en famille, on se pose de nombreuses questions concernant le budget : comment allons-nous nous y prendre pour le financer ? Quelles sont les types de dépenses à prendre en compte pour définir le budget ? Comment le réduire au maximum ? Et les autres, comment font-ils ? Combien dépensent-ils ? Tentons de donner quelques pistes, avant que de présenter notre budget prévisionnel.



1) Partir au bout du monde en famille ? Génial ! Mais où trouver l’argent ?


Économiser


La magie ne fait malheureusement pas partie de mes talents. Par conséquent, technique de base pour trouver de l’argent : bosser et économiser ! C’est de cette façon que nous avons procédé. Cela peut prendre plusieurs longues années ou seulement deux ou trois. Tout dépend évidemment de vos salaires et de votre train de vie.


Souscrire un prêt


Cela peut effrayer. Toutefois, emprunter pour voyager, c’est un projet comme un autre. Pourquoi s’endetter pour acheter une belle voiture, et pas pour un voyage inoubliable ? D’autant que le prêt peut simplement servir à combler une partie du budget.


Se faire financer son voyage


Il existe quelques « potions magiques » qui peuvent financer une partie de votre projet. Le site tourdumondiste vous présente notamment deux modes de financement intéressants, que je vous présente brièvement ici. Il s’agit du sponsoring et du crowdfunding. Toutefois, ne nous emballons pas. Sachez qu’aujourd’hui, le principe d’un tour du monde, même en famille, n’a rien de très original. Pour qu’il le devienne, il faut l’associer à une idée inédite. Or, les voyageurs au long cours se sont appliqués à faire fonctionner leurs neurones depuis quelques années, et ont déjà trouvé un bon nombre d’idées extraordinaires, ce qui réduit vos chances de dégoter LE concept fou.


Le sponsoring


Première potion magique : trouver un sponsor qui financera tout ou partie de votre projet. Pour que ce soit le cas, celui-ci doit être une vitrine intéressante pour l’entreprise ou l'organisme. Vous devez véhiculer des idées fortes, percutantes, fédératrices, qui permettront au sponsor de se mettre en avant, et de vous utiliser pour ses propres intérêts. Quel projet monter ? Les tourdumondistes ont utilisé tous les modes de transports possibles. Le développement durable et l’humanitaire ont un goût de déjà vu.

Par conséquent, quand bien même vous auriez une idée lumineuse, faut-il encore qu’elle soit rémunératrice pour vous. Il va falloir que vous trouviez une entreprise qui a une politique de partenariat de ce type, et qui a de l’argent à donner. Sinon vous ne récolterez que quelques centaines d’euros. En gros, il faut vous tourner vers les grands groupes. Or je ne suis pas certaine que votre joli projet de famille soit une vitrine rentable pour eux. À moins d’axer très clairement sur un défi sportif, par exemple.


Si vous n’êtes pas trop gourmand, et que vous avez arrêté de croire au Père-Noël, mieux vaut vous diriger vers de petites entreprises locales, et glaner quelques euros en échange d’une petite publicité minime. Et oui, n’oubliez pas que les sponsors ne sont pas de gentils samaritains, ils attendent quelque chose en retour. Si vous vous faites sponsoriser à un niveau important, il va falloir donner de votre personne ! Peut-être serez-vous contraints dans le choix de votre itinéraire, peut-être aurez-vous des visites imposées à faire à tel ou tel endroit, devrez-vous porter tel logo en permanence, réaliser des vidéos, des entretiens, faire des conférences après votre retour en France, etc.


Le jeu en vaut-il la chandelle ? La liberté que vous recherchiez n’est-elle pas en train de s’envoler ? D’autant plus que monter un dossier de partenariat ne se fait pas en claquant des doigts. Il se présente plusieurs mois à l’avance, voire plus d’un an avant le départ, et les fonds ne sont pas versés de suite. De notre côté, nous avons simplement obtenu 20 % sur un panier d’achat chez Décath ! C’est déjà ça ! Et nous restons libres de nos mouvements, et de ce que nous voulons faire de notre voyage.


Le crowdfunding ou financement participatif


Pour faire simple, des personnes vont faire un don pour financer votre projet. Vous pouvez proposer une récompense en échange, une fois le projet abouti (exemples : T-shirt, photo, etc). Là encore, il faut que votre idée soit originale, séduisante, que vous fassiez rêver les gens, que vous les touchiez.


Travailler durant le voyage


Deux cas de figure sont possibles. Premier cas : vous avez déjà un emploi qui vous permet de travailler à distance. Alors, c’est parfait ! L’organisation sera différente d’un voyage au cours duquel vous n’avez aucun souci professionnel, cependant vous aurez le souci financier en moins.


Deuxième cas : vous comptez trouver du travail en route. C’est déjà plus aléatoire. Si l’on est jeune, fou, et sans enfants, pourquoi pas ?! Avec enfants, travailler sur la route autrement que sur un ordi me semble compliqué. Si vous êtes de jeunes parents et que vous êtes toujours éligibles au visa Vacances-Travail, cela ne vous coûte pas grand chose de vous le procurer, et vous verrez une fois sur place. Toutefois, pour avoir essayé le cherry-picking en Nouvelle-Zélande, je vois difficilement ce que j’aurais fait de mes enfants durant mes six ou huit heures de ramassage de fruits. En revanche, cela peut vous permettre de faire du wwoofing en toute légalité. J’y reviendrai.


Quel que soit le mode de financement envisagé, prévoyez une marge


Ce conseil est surtout valable pour les low budget. Peut-être avez-vous calculez trop juste ? Peut-être ne parviendrez-vous pas à travailler sur le chemin ? Peut-être ne trouverez-vous pas d’opportunités de wwoofing ou peut-être ne pourrez-vous pas honorer les exigences du sponsor ? Visez large ! Prévoyez-une rallonge pour votre budget.


2) Quels sont les postes de dépenses pour un tour du monde en famille ?


Avant le départ


  • Achat du camping-car, des vélos, ou tout autre mode de transport qui doit être acheté en amont ;

  • Billets d’avion ;

  • Matériel (vêtements, matériel de camping, matériel informatique, etc.) ;

  • Papiers administratifs (passeports, permis de conduire international, photos d’identité, etc.) ;

  • Visas ;

  • Vaccins ;

  • Assurance voyageur.

Pendant votre absence

  • Frais fixes divers ou frais de gardiennage si le logement n’est pas loué ;

  • Prêt immobilier ;

  • Assurance voiture (mise hors circulation) ;

  • Suivi du courrier.

Durant le séjour

  • Transports en commun ;

  • Frais particuliers propres au camping-car (réparations, essence, shipping, etc.) ;

  • Hébergement ;

  • Alimentation ;

  • Activités ;

  • Frais médicaux ;

  • Frais de paiement et de retrait ;

  • Souvenirs ;

  • Frais d’envois de colis ;

  • Abonnement téléphonique ou carte ;

  • Frais d’imprévus (perte, vol, etc) : évidemment difficile à chiffrer (ayez toujours une réserve d’argent en plus de votre budget tour du monde, histoire de pallier les difficultés rencontrées qui peuvent induire des coûts allant du simple au centuple...).


3) Sur quels leviers de dépenses jouer pour réduire le budget ?


Avant le départ

  • Abandonnez le projet camping-car et voyagez à pied ! ;

  • Billets d’avion : voyagez en Eurasie ;

  • Matériel : partez avec un maximum de choses que l’on avait déjà ;

  • Papiers administratifs : pas d’autre choix que de les changer lorsqu’ils ne sont plus à jour ;

  • Visas : ne voyagez pas dans les pays pour lesquels un visa est obligatoire. De nombreux pays s’ouvrent au tourisme et n’exigent plus de visas courte durée ;

  • Vaccins : hormis pour les vaccins obligatoires (fièvre jaune dans certains pays d’Afrique, par exemple), c’est un choix personnel et éthique ;

  • Assurance : ne rognez pas sur ce poste, vous pourriez le regretter.

Pendant votre absence

  • Louez ou vendez votre logement ;

  • Suspendez votre prêt immobilier, sinon, louez ou vendez ;

  • Vendez votre voiture ;

  • Suivi du courrier : pas trop le choix.

Durant le séjour

  • Choisissez bien vos destinations : celles dans lesquelles le coût de la vie est bas (Evitez : l’Europe du Nord, le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Amérique du Nord, etc.) ;

  • Voyagez lentement, déplacez-vous peu. Ou passez par le stop ;

  • Choisissez les hébergements les moins chers :

  • le camping ;

  • le camping sauvage ;

  • le couchsurfing (un habitant vous propose son canapé de façon gratuite et temporaire) ;

  • le wwoofing (vous êtes nourri, blanchi et logé dans une ferme, en échange de vos services) ;

  • le house-sitting (vous gardez la maison d’une personne partie loin de chez elle) ;

  • Faites-vous inviter chez l’habitant (pour camper dans leur jardin ou pour dormir chez eux).

  • Mangez dans la rue, sur les marchés, optez pour le wwoofing (vous êtes nourris), faites-vous inviter ;

  • Éviter les zones touristiques, ne tombez pas dans le panneau du « tout activité », du « tout dépenses » ;

  • Frais médicaux et imprévus : pas trop le choix ! C’est là que l’assurance peut éviter les trous colossaux dans le budget ;

  • Renseignez-vous bien sur les frais de paiement et de retrait prévus par votre banque. Changez de banque si nécessaire ;

  • Contentez-vous de vos photos et d’un petit souvenir par pays. De plus, vous limiterez les frais d’envois de colis ;

  • Contentez-vous d’un abonnement téléphonique très simple, sans Internet. Ou bien passez par les cartes prépayées dans chaque pays.


4) Une estimation du budget pour 11 mois ?


En moyenne, pour une famille de quatre


En temps normal, on considère qu’un tour du monde coûte 13-15000 euros par tête. Dans ce cas de figure, il est question d’une personne qui voyage en mode routard, c’est-à-dire sac au dos, et qui parcourt trois ou quatre continents maxi (7-8 vols en avion). Il s’agit d’un voyageur qui fait attention à ses finances, mais qui sait se faire plaisir ponctuellement (plongée, visites, quelques bons restos, etc). Prenons le moule de ce voyageur, mais ajoutons un adulte et deux enfants de 6-12 ans. Le fait d’être à plusieurs réduit certains coûts. On peut alors considérer qu’un voyage, à quatre, revient à 45-50 000 euros en moyenne.


Au plus bas, pour une famille de quatre


Je pense qu’il est difficile de descendre en dessous de 20-25 000 euros (toujours pour deux adultes, deux enfants, pour 11 mois). Comment atteindre ce seuil ? Très « simple » : il faut se serrer la ceinture sur tous les postes de dépenses, démultiplier les combines, être inventif, culotté, et peu exigent ! Les règles de bases qui reprennent des conseils déjà évoqués plus haut :

  • Ne rien laisser en France : tout vendre ! ;

  • Se faire financer une partie de son voyage ;

  • Ne pas prendre l’avion ;

  • Utiliser un maximum de transports gratuits ou peu coûteux : stop (même pour une famille, c’est possible), transports en commun ;

  • Se déplacer au minimum ! La formule magique pour dépenser peu est de voyager lentement, de ne pas être trop gourmand.

  • Ne rien dépenser en frais d’hébergement, ou peu : déjà évoqué plus haut (camping sauvage, couchsurfing, wwoofing, house-sitting, invitation chez l’habitant) ;

  • Manger dans la rue ou cuisiner soi-même ;

  • Ne faire aucune activité payante.


Vivre avec peu ne signifie pas vivre mal. Il suffit d’être débrouillard. Si vous parvenez à enchaîner wwoofing sur wwoofing ou house-sitting sur house-sitting, vous pourrez séjourner dans des conditions très agréables, sans débourser un centime (ou presque). Cependant, toutes les fermes n’acceptent pas les familles. D’autres sont au contraire très enthousiastes lorsque les fermiers ont eux-mêmes des enfants. Il faut le préciser lorsque vous effectuer vos recherches. Faites attention à une autre chose. Le wwoofing est considéré par certains Etats comme du bénévolat, donc du travail, quoique travail gratuit. Par conséquent, avec un visa touriste, vous n’êtes pas autorisé à wwoofer. C’est le cas, notamment, des Etats-Unis. Pour les pays qui ont adhéré au programme, le visa Vacances-Travail peut dans ce cas se révéler utile.


Le wwoofing et le couchsurfing ont l’avantage non négligeable de permettre d’entrer en relation avec les locaux. Le house-sitting peut se révéler très sympathique, mais moins en accord avec une dynamique de voyageur qui cherche les rencontres.


Vivre avec peu durant le voyage est un défi que j’aurais aimé relever. Cependant, notre côté boulimique nous conduit à multiplier les vols et à nous déplacer énormément par voie terrestre. Si l’on supprimait ces postes de dépenses, on économiserait déjà une dizaine de milliers d’euros. Notre rythme nous empêche de rester très longtemps au même endroit, et par conséquent, il sera sûrement difficile de trouver un wwoofing pour quelques jours. En général, les fermes attendent que l’on reste au moins une semaine.

Le délire low budget, ce sera pour une autre fois, un autre projet, une autre année ;)


Au plus haut, pour une famille de quatre


No limit ! Il est évident qu’à partir du moment où l’on ne se donne pas de limite, tout est possible ! Si l’on ferme les yeux sur le nombre de vols, que l’on ne court pas après les low-cost, que l’on voyage dans les pays où le coût de la vie est important, que l’on dort dans des hôtels haut de gamme, que l’on mange au restaurant, qu’on loue une voiture ou que l’on prend le taxi, que l’on fait toutes les activités payantes possibles et inimaginables, que l’on s’est acheté le top du matériel avant de partir, que l’on dévalise les boutiques de souvenirs pour les envoyer ensuite en France et remplir des containers pleins à ras-bord, etc. On peut vite dépasser les 100 000 euros !


Je pense que sans tomber dans tous les excès énoncés plus haut, on peut choisir d’être confortable en lâchant la bride sur un ou deux postes de dépenses, tout en restant raisonnable sur d’autres :

  • choisir des destinations coûteuses, ne pas compter le nombre de vols, mais rester dans l’esprit routard pour le reste du voyage ;

  • préférer de bons hôtels et de bons restaurants, mais faire attention sur le reste ;

  • souhaiter se déplacer en voiture de loc afin de ne pas avoir à prendre les bus locaux, mais dormir dans des auberges et manger dans la rue ;

  • Vouloir faire toutes les activités payantes, mais se serrer davantage la ceinture sur les autres postes, etc.


En gros, si l’on sort de la moyenne sur un ou deux postes, le budget augmente forcément, et peut, dans ces cas là, tourner plutôt autour de 70-75 000 euros.



5) Quel est notre budget estimé pour 300 jours (10 mois) autour du monde ?


De par notre mode de déplacement (routard), notre itinéraire (trois continents, 7-8 vols, une quinzaine de pays), et l’âge de nos enfants (4 et 7 ans), voici ce que nous avons prévu :


Avant le départ : 6210 €

  • Billet d’avion Paris-Santiago : 2 260 € ;

  • Matériel : 1000 € (informatique : 800 € ; vêtements, divers : 200 €) ;

  • Papiers administratifs : 250 € ;

  • Vaccins : 1 000 € ;

  • Assurance : 1 700 €.

Pendant notre absence : 4346 €

  • Frais d’entretien de la maison : 4000 € ;

  • Assurance voiture (hors circulation) : 300 € ;

  • Suivi du courrier : 46 €.

Durant le séjour : 52840 €

  • Billets d’avion : 9 800 € ;

  • Visas : 240 € (Chine) ;

  • Transports en commun : 6 000 € ;

  • Location de voiture : 2 500 € ;

  • Hébergement : 12 000 € ;

  • Alimentation : 10 000 € ;

  • Activités : 10 000 € ;

  • Frais médicaux : 1 000 € ;

  • Frais de paiement et de retrait : 100 € max, avec la carte N 26 ;

  • Frais de matériel divers : 500 € ;

  • Souvenirs : 300 € ;

  • Frais d’envois de colis : 300 € ;

  • Abonnement téléphonique ou carte : 100 €.


TOTAL : 62 000 € environ


C’est un budget ! Mais, encore une fois, c’est un choix. Nous aurions pu définir un budget bien inférieur, et adapter notre itinéraire en fonction. Toutefois, je pense que nous avons vu large. J’espère dépenser moins. À condition que nous n’ayons pas d’imprévus trop coûteux... Nous verrons bien. Je vous ferai un compte-rendu détaillé en rentrant du tour du monde.



Si votre désir est de voyager, vous saurez trouver la solution financière pour le faire. Encore une fois, il existe autant de budgets que de voyageurs. Ce ne sera peut-être pas un « tour du monde ». Et alors ? Ce sera simplement votre voyage, votre coupure, votre parenthèse, adaptée à votre porte-monnaie.


Pour vous aider à définir votre budget, vous pouvez vous tourner notamment vers le site « planificateur de voyage ».


À vos calculettes !



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