Vivre dans une famille mexicaine (Ciudad Mante – Tamaulipas, Mazatlan – Sinaloa) (11 février-7 mars)


Après notre périple dans le centre du Mexique (Mexico,

Sanctuaire des papillons monarques, Villes coloniales), et grâce aux contacts de Momo, nous avons eu la chance de vivre plusieurs semaines, successivement, dans deux familles mexicaines. Cette expérience nous aura permis, aux enfants et à moi, de découvrir deux façons de vivre au Mexique.


Dans un premier temps, nous sommes restés deux semaines et demi dans le Tamaulipas, à Ciudad Mante, là où Momo avait passé une année scolaire après son année de terminale. Il y retourne régulièrement, mais cette fois-ci, il a présenté les enfants. Notre deuxième port d’attache a été Mazatlan, dans l'état de Sinaloa,chez une autre amie mexicaine de Momo.


Comment avons-nous vécu durant ces quelques semaines ?



Une dimanche soir, sur la place principale de Ciudad Mante

1) Quelques mots sur le Mexique, Ciudad Mante et Mazatlan


Tout d’abord, un petit mot sur le Mexique. Situé entre les Etats-Unis, au Nord, et le Guatemala et le Belize, au Sud, le pays est bordé par l’océan Pacifique, à l’Ouest, et le Golfe du Mexique, à l’Est. Fort de ses 130 millions d’habitants, le Mexique est désormais davantage rattaché, sur le plan économique et politique, à l’Amérique du Nord, qu’à l’Amérique centrale. Il est apprécié des touristes pour ses sites archéologiques mayas ou aztèques, pour ses plages de la côte est, pour ses villes coloniales et pour sa gastronomie. On oublie souvent de visiter le Nord du pays. Pourtant, cette région du Mexique possède de nombreux attraits : d’immenses déserts, de jolies forêts, une vieille ligne de train, des points de migration de baleines, de petites villes typiques, une nourriture délicieuse, et un climat plus agréable que dans le Sud.


Ciudad Mante est une ville de l’état du Tamaulipas, située dans le Nord-Est du Mexique. Son agglomération compte un peu plus de 100 000 habitants. Ciudad Mante est une ville sans attrait touristique, mais qui a le mérite de nous plonger dans un Mexique que l’on connaît peu. La région gagne pourtant à être découverte. Elle possède un climat agréable et de petites perles inconnues du grand public.


Toutefois, il est vrai que l’état est le théâtre de nombreux règlements de comptes entre narcotrafiquants. Les états du nord du Mexique sont aujourd’hui les plus actifs en la matière. Lorsque nous y étions, le calme était revenu à Ciudad Mante, mais ce n’était pas le cas, il y a encore quelques mois, et la situation peu de nouveau changer en très peu de temps. Les habitants craignent également les séquestrations, qui ne sont vraisemblablement pas rares. Malgré tout, j’ai adoré cette ville !


Mazatlan est une ville de plus de 650 000 habitants, située dans l’état de Sinaloa, dans le Nord-Ouest du pays, sur la côte pacifique. L’état a donné son nom au cartel dirigé par le célèbre narcotrafiquant surnommé « El Chapo », considéré comme le plus puissant et dangereux du monde. Arrêté pour la troisième fois au Mexique en 2016, il est actuellement détenu aux Etats-Unis. Sa peine sera prononcée au printemps 2019. En dehors de cette réputation sulfureuse, la ville de Mazatlan est une destination touristique très prisée des Mexicains et des Américains. Elle est connue pour son carnaval, sa promenade de plus de vingt kilomètres au bord du Pacifique et ses belles plages bordées de palmiers. Elle sert également de point de départ pour des excursions en Basse-Californie. Certes, il faut aimer le côté « Miami », mais pour une semaine, cela ne nous a pas dérangés.



2) Nos « familles d’accueil » mexicaines


Chez Soledad


À Ciudad Mante, nous avons vécu chez Soledad, une femme d’une cinquantaine d’années, chez qui Momo avait passé une année scolaire après le lycée. Elle a deux enfants de nos âges. Momo a conservé de très bons liens avec la famille, et notamment avec le fils aîné, Uriel, qu’il retourne voir régulièrement. Celui-ci vit à quelques pas de la frontière américaine, à Ciudad Gustavo Diaz Ordaz, et revient occasionnellement à Mante. Au Mexique, les employeurs ne sont pas aussi généreux en congés payés qu’en France. Lorsqu’ils ont deux semaines de vacances, ils peuvent déjà s’estimer heureux ! Soledad a également une fille, Marisol, dont elle est voisine. Chaque famille mexicaine n’est pas au complet sans ses chiens. Soledad a cinq chihuahuas, dont un sourd et un aveugle. Très pieuse, la maîtresse de maison consacre une grande partie de son temps à dans l’une des paroisses de Mante.


La maison de Soledad se trouve dans une « colonie », c’est-à-dire un quartier, située à trois kilomètres du centre-ville, près du Rio Mante. La rue n’est pas bitumée et donne le sentiment d’être laissée à l’abandon. Le tableau n’a rien d’enchanteur, pourtant il est attachant et l’on s’y sent bien.



Soledad mène une vie simple, qui nous correspond. D’une générosité sans limites, je me suis sentie gênée, tant elle nous a accueillis à bras ouverts.



Chez Rosinela


Rosinela a passé une année scolaire en France. Momo a gardé des liens avec elle. J’avais déjà rencontré Rosinela à Guadalajara, il y a dix ans. Désormais, elle vit à Mazatlan. Elle a trois enfants : Mia, 9 ans, Carlo, 5 ans et Antonella, 2 ans. Sa famille a longtemps été à la tête de deux entreprises, dans lesquelles les enfants travaillent aujourd’hui : une de spectacles et une autre qui organise des excursions pour les touristes qui descendent des paquebots de croisières entre les Etats-Unis et le Mexique. Ainsi peut-on considérer que l’on a évolué dans le monde de la bourgeoisie de Mazatlan.


Rosinela vit dans ce que l’on appelle un « fraccionamiento », c’est-à-dire un quartier protégé. Son frère et ses parents y résident également. El Cid est immense. Il possède sa propre marina et son propre terrain de golf. Les demeures sont superbes. C’est le petit Beverly Hills local ! La maison de Rosinela n’a rien d’indécent et semble tout à fait simple, comparée aux mastodontes des rues adjacentes !



Au sein du Cid, il existe un quartier moins huppé, où vivent les domestiques.


C’est un monde qui m’est totalement étranger et dans lequel je ne me sentirais pas à mon aise à long terme, mais que j’ai pris plaisir à le découvrir.



3) Notre vie locale mexicaine


Notre vie à Ciudad Mante


Un repos de routard, bien mérité


Comme ce fut le cas au Costa Rica, notre étape à Ciudad Mante nous a permis de faire une coupure dans notre quotidien de voyageur. Nous avons pris le temps de faire

l’école de façon plus ludique (fabrication et lecture de mini-livres de lecture et de vocabulaire espagnol, petits temps de « C’est pas sorcier », carnet de voyage), et surtout plus régulière.


C’est la première fois que nous avons dormi aussi longtemps au même endroit ! Nous nous sentions comme chez nous. C’était très étrange, mais bien agréable, de reprendre une vie sédentaire.


Les enfants se sont beaucoup rapprochés. J’ignore si cela est dû au lieu, au rythme du voyage auquel ils commencent à s’habituer, ou simplement au fait qu’ils apprennent à s’apprécier. Quoi qu’il en soit, ils ne se sont jamais aussi bien entendus ! Peu de disputes, peu de bagarres, des câlins, de gentilles attentions, etc. Du jamais-vu !


Manger à la Mexicaine


Vivre à la Mexicaine passe nécessairement par une alimentation locale :


  • des tacos matin, midi et soir : tacos al pastor (porc cuisiné), tacos de barbacoa (boeuf cuisiné), tacos de chez Don Simon (petite gargote qui a pignon sur rue à Mante!), etc. ;




  • une omelette au chorizo pour le petit-déjeuner ;

  • des quesadillas (tacos avec du fromage) ;

  • du pollo con mole : Le mole est une sauce faite avec plus de cent ingrédients, dont du chocolat ;

  • des chiles rellenos : chile fourrés au fromages, piment, oignons, tomates, et revenus dans du jaune d’oeuf ;

  • des tamales : pâte de maïs fourrée de sauce au piment et de poulet, puis cuite à la vapeur dans des feuilles de bananier ou de maïs ;


  • un ceviche partagé avec d’autres amis de Ciudad Mante ;

  • des refrescos en tout genre (au citron vert, à la flore de jamaïca)

  • des caguamas (bières d’un litre) ;

  • des micheladas (bières agrémentées de citron vert, de piment, de sel et d’une sauce anglaise. C’est immonde, mais Momo adore!), etc.


Moi qui adore cuisiner, comment résister à l’envie de se faire enseigner les préceptes de la cuisine mexicaine ? Soledad a été mon chef. Elle m’a appris à faire des tamales et des chiles rellenos. Elle m’a également transmis d’autres petites techniques de cuisson du riz ou des pâtes que nous pratiquons moins en France.


De mon côté, je leur ai fait des crêpes (dégueus, car à base de farine intégrale!), un risotto et un bœuf bourguignon.


Vivre une vie locale mexicaine, toute simple


Vivre au Mexique, pour nous, ça aura été aussi vivre une vie locale tout à fait ordinaire :


  • Aller chez l’ORL pour savoir si son Auden avait toujours son diabolo en place dans son oreille droite ! Nous y avons croisé des Mennonites, c’est-à-dire des anabaptistes, qui vivent en communauté, et dont le mode de vie repose sur certains principes, tels que la sobriété et le rejet absolu des armes. Ils portent souvent des tenues simples, assez facilement reconnaissables, qui donnent le sentiment qu’ils vivent un siècle en arrière. Les Amish, plus rigoureux, sont d’anciens Mennonites. Nous aurions voulu venir rencontrer ces derniers dans leur communauté, située près de Mante. Cependant, les lieux n’étaient pas sûrs, eu égard aux agissements des narcotrafiquants ;

  • Aller au supermarché, chez le boucher, à la tortilleria, etc. ;

  • Aller à la messe le dimanche après-midi pour prendre conscience de l’importance de la vie religieuse dans ces pays d’Amérique latine ;

  • Passer un moment sur la place principale, le soir, en fin de semaine, et se laisser bercer par l’ambiance chaleureuse des habitants qui aiment à s’y retrouver ;



  • Aller chez le vétérinaire, au fond d’une impasse, et voir deux ou trois chiens allongés par terre, qui viennent d’être opérés par un praticien aux compétences douteuses ! Mais il existe aussi d'autres vétérinaires bien plus professionnels ;



  • Faire un footing au stade, tandis que tout le monde marche !

  • Accompagner Auden chez le coiffeur ;

  • Aller à l’école pour la fête de l’amour et de l’amitié (leur Saint Valentin) ;



  • Jouer avec les chihuahuas de la maison de Soledad (Wanda, Sal, Chapo, Cacho, Ferre) ;



  • Eclater une piñata ;

  • Partager un ceviche fait-maison avec d’autres amis ;

  • Aller se promener au parc de la Alameda, tout près de notre maison. Un superbe souvenir, tout simple ;



  • Se déplacer en coccinelle (de plus de 26 ans !) ;

  • Jouer à attraper les bulles de savon, sur la place de la ville, comme tous les autres enfants, tout en écoutant un orchestre jouer de la musique locale.

  • Participer aux tâches quotidiennes : repeindre le muret extérieur, faire la lessive avec une machine à laver à l'ancienne, faire cuire les tortillas et nettoyer les pipis quotidiens des chihuahuas !


Notre vie à Mazatlan


Changement de décor, changement de standing, mais cela n’enlève rien à nos bons souvenirs de Ciudad Mante. Nous sommes restés moins longtemps à Mazatlan, mais nos journées étaient bien remplies. Nous avons renfilé un temps notre tenue de touristes, tout en vivant le quotidien de la bourgeoisie locale.


Qu’avons-nous fait à Mazatlan ?


  • Assister au défilé du célèbre carnaval de Mazatlan, en étant aux premières loges. Rosinela avait passé toute la nuit dehors, afin de garder nos places. Le carnaval se déroule sur les six jours qui précèdent le mercredi des Cendres. Il est considéré comme le troisième carnaval le plus important du monde, après ceux de Rio et de la Nouvelle-Orléans ;



  • Assister au combat naval : C’est un spectacle qui ouvre la période de carnaval et qui reproduit la bataille perdue par les Français en 1864, lors de la campagne du Mexique ;



  • Assister à un concours de danse à Mazatlan, aux forts airs de concours de mini-miss : Des strass, des paillettes, de la musique à fond, des gamines hautes comme trois pommes qui jouent aux starlettes. On y est ! Le règne de l’apparence ;



  • Aller à la plage en bateau privé (et céder le volant à Auden !) : ;



  • Aller visiter le centre de Mazatlan en City tour (Malecon, centre historique, marché) : Nous n’avons jamais fait cela de notre vie, mais Rosinela a pu se procurer des billets gratuits par le biais de son travail, alors autant en profiter ! Le centre est superbe ;



  • Se promener dans le fraccionamiento (quartier protégé) dans lequel vit Rosinela et admirer les demeures toutes plus extraordinaires les unes que les autres ;

  • Aller tous les matins à la salle de sport qui donne sur la piscine du quartier protégé ;

  • Se sentir gênée de laisser sa vaisselle à faire à la domestique de Rosinela… C’est chose courante pour la bourgeoisie de Mazatlan. Ici, tout le monde a un ou plusieurs domestiques qui gèrent la maison et les enfants du matin au soir, voire toute la semaine, 24 h/24. Ce n’est pas mon monde et il m’a été difficile de m’y habituer. Toutefois, c’est intéressant de découvrir une autre réalité du Mexique.


Eylia a beaucoup joué avec Mia, la fille aînée de Rosinela. Il faut dire qu’elle a été absolument adorable. Elle l’a pris sous son aile et a toujours veillé à ce qu’Eylia ne se sente pas mal à l’aise. Mia et une de ses copines avaient un traducteur sur leurs téléphones portables (et, oui, elles ont un téléphone portable à 9 ans 1/2!) et parlaient lentement. Eylia a pu mettre en pratique toutes ses connaissances en Espagnol.



3) Quelques escapades hors des villes



Malgré notre envie de nous la couler douce et de nous laisser porter, nous avons tout de même fait trois escapades hors de l’enceinte de Ciudad Mante et de Mazatlan. Durant notre séjour dans le Tamaulipas, nous avons traversé le désert de roches et de cactus afin de nous rendre dans le village de Tula, dans l’état de Tamaulipas. Classé parmi les Pueblos magicos, il est mignon et incontestablement typique.



Sur le chemin, nous nous sommes arrêtés dans une fabrique de mezcal. C'est un alcool élaboré, comme la tequila, à partir d'agaves. On y ajoute souvent une larve de papillon de nuit ou un scorpion.



Nous avons poursuivi notre route vers la Media Luna, vaste étendue d’eau cristalline, située dans l’état de San Luis Potosi, et nichée au coeur d’une forêt. Nous nous sommes d’abord cassé le nez en y arrivant le mardi, car les lieux étaient fermés pour maintenance. Nous qui voulions y dormir… Nous avons tout de même pu apprécier la beauté du paysage le lendemain matin et nous baigner dans le lac.


Sur le chemin du retour, nous avons pu admirer les champs de canne à sucre et assister au défilé des camions transportant la matière première.



Quelques jours avant notre départ de Ciudad Mante, Momo, Uriel et Soledad sont allés à Minas Viejas, située dans la Huasteca Potosina, voir de très belles cascades. Je suis restée à Mante avec les enfants, trop fatigués ce jour-là pour s’y rendre.



Le matin du jour de notre départ aux Etats-Unis, nous avons quitté la terre de Mazatlan pour monter sur un bateau, afin de d’observer des baleines (3200 pesos pour quatre). Les jours précédents, les autres touristes n’avaient rien vu. Il faut dire que le mois de mars correspond à la fin de la période durant laquelle les cétacés migrent dans cette zone du globe. Par conséquent, en quittant le port, je n’étais guère confiante. J’ai eu tort. Nous avons vu près de dix spécimens ! C’est gros, quand même, une baleine !



Il va sans dire que les enfants étaient ravis. Toutefois, ils se sont vite lassés (bandes de blasés!), une fois que sommes retournés vers la côte. Il est vrai que la sortie en bateau a duré quatre heures. C’est long pour des enfants jeunes et rapidement fatigables.



4) Vivre dans une famille mexicaine pour faire des progrès en Espagnol !


Tout l’intérêt de vivre dans une famille mexicaine, au-delà de l’aspect culturel et humain, est de parfaire son Espagnol. Momo n’en avait pas besoin. En revanche, les enfants et moi avons bien progressé. Je suis désormais capable de tenir une petite conversation sans passer mon temps à demander le bon mot à Momo. De son côté, Eylia est capable d’échanger avec une personne sans paniquer, en comprenant l’idée principale, et en étant capable de répondre avec des mots simples. Quant à Auden, il a continué à emmagasiner quelques mots et a préparé le terrain pour un apprentissage plus rapide des langues d’ici quelques années.



5) Une prise de conscience quant aux différences entre les modes de vie mexicain et français


Le beau tableau décrit plus haut est à nuancer. Passé le côté rose bonbon de la rencontre et de la découverte, vient le moment de la prise de recul. Non, il n’est pas si simple de s’adapter à une vie qui, malgré les apparences, est assez différente de la nôtre. Dans les grandes lignes, la trame de fond est assez similaire : nature du logement, niveau de modernité, type de travail, nombre d’enfants, etc. Nous n’étions pas perdus dans une communauté, au coeur de l’Amazonie ni cloîtrés dans un monastère en Asie. En revanche, je le reconnais, il m’a parfois été difficile de m’habituer au fonctionnement quotidien d’une famille mexicaine, d’adhérer aux principes d’éducation donnés aux enfants et de comprendre le positionnement des habitants sur certaines grandes questions environnementales.


De quelles différences je parle ?


Les repas


Nous ne nourrissons pas de la même façon. Vous le savez, ou vous l’aurez compris, je suis très à cheval sur l’alimentation et je reconnais que ce ne fut pas simple pour moi de passer une journée sans manger de légumes ou de fruits, de ne pas avoir d’heures de repas définies, de ne pas pouvoir me mettre à table avec nos hôtes, etc.


Comment les repas mexicains s'organisent-ils ? Comme c’était déjà le cas au Costa Rica, au Mexique, nos trois ou quatre sacro-saints repas français ne sont pas institutionnalisés. Les repas à heure fixe n’existent pas vraiment. On mange ce que l’on veut, quand on veut, rarement attablés en famille. C’est assez déstabilisant, et c’est tellement dommage. Si, par miracle, on se retrouve tous ensemble, avec nos hôtes, il y aura systématiquement une nouvelle invitée : la télévision !


Je reconnais que c’est contraire à mes principes, et j’ai peiné à m’y adapter, voire je m’y suis refusée. Ce n’est pas un gage de souplesse de ma part et c’est probablement impoli. Toutefois, si je suis prête à m’imprégner de la culture locale et à poser mille et une question sur l’histoire, la sociologie, la religion et je ne sais quoi encore, je ne veux pas renier ce en quoi je crois.


La place des écrans


Ils sont quasi-omniprésents : durant les repas, dans les voitures, avant de s’endormir, pour dormir, dès qu’il faut attendre, etc.



L’alimentation


La junk-food est reine. Bonbons, sodas et chips sont consommés en quantité astronomique, à toute heure du jour et de la nuit, et à tout âge. Alors j’ai tenté de prêcher la bonne parole. Ça fait un peu colonialiste sur les bords, mais je ne pense pas apporter la petite vérole en informant sur les méfaits de la junk-food, etc. J’ai tenté de montrer qu’il pouvait être agréable de partager un repas, tous ensemble, en discutant, tout simplement. J’ai essayé d’expliquer en quoi les problèmes d’obésité pouvaient se régler par des habitudes alimentaires très simples. Je crois que, sur ce dernier point, le message est passé. J’ai même surpris notre hôte, à la fin du séjour, en train de discuter avec une amie et de lui expliquer les méfaits du sucre et l’importance des légumes !


L’éducation


Mes principes d’éducation vont également à l’encontre d’un des piliers de cette région du globe : le règne de l’enfant-roi. Les enfants dictent leur loi. On leur donne tout, tout le temps. Ils veulent un jouet ? Ils l’obtiennent. Ils ont faim ? Ils mangent, et ce qu’ils veulent. Ils ont encore faim ? Ils mangent encore, et toujours ce qu’ils veulent ! Ils embêtent les adultes ? On les colle devant un écran. Cet écran, ils sont devant du matin au soir, et parfois du soir au matin. Ils s’endorment avec la télévision ou avec le téléphone portable de leurs parents. Autant dire qu’Auden sera difficile à récupérer après ce mois au Mexique !


L’environnement


La question environnementale ne fait pas vraiment partie des priorités mexicaines (gaspillage alimentaire, absence de tri des déchets, pollution des sols, etc.). C’est normal. Il y a d’autres dossiers plus urgent à traiter. Toutefois, je crois qu’après six mois en Amérique latine, j’ai commencé à saturer ! Hormis la parenthèse du Costa Rica et le cas du centre de quelques villes par-ci par-là, nous avons traversé des pays qui sont parfois défigurés par la pollution.


La fille de notre hôte était très ouverte à la discussion et avait conscience du chemin à parcourir. Je crois qu’à ce stade, les quelques personnes touchées par la question environnementale sont désespérée par le travail qu’il reste à accomplir et sont tentées de baisser les bras. J’ai tenté de les encourager en insistant sur le fait qu’en convainquant une personne, celle-ci pourra agir de même, et c’est ainsi qu’un mouvement susceptible de changer les choses peut voir le jour. En revanche, d’autres personnes avec qui j’ai pu échanger, sont fermées à toute discussion sur les conséquences du gaspillage alimentaire ou les préoccupations écologiques.


La vie purement épicurienne


La notion même d’économie ne fait pas vraiment partie du vocabulaire des Mexicains. Mettre de l’argent de côté pour l’utiliser ensuite est un chose quasi-impensable, car trop frustrante.


La position de la femme


Le Mexique, avec d’autres pays d’Amérique latine, est le pays de la princesse. Les filles sont de vraies petites poupées, qui aspirent à devenir des femmes avant l’âge. Par ailleurs, il ne fait pas bon épouser un Mexicain. Momo en a suffisamment côtoyé depuis des années pour pouvoir affirmer que rares sont ceux qui ne trompent pas leur femme… Rares sont ceux également qui mettent la main à la pâte pour aider leur conjointe à la maison. Alors autant dire que l’on est bien loin de l’idée même d’un partage des tâches !


Cependant, les mentalités commencent à évoluer. Le nombre de divorce est en train d'exploser. Les femmes en prennent conscience et tentent de bousculer un peu leur conjoint. Il existe sûrement des hommes plus investis dans leur foyer, mais nous n'en avons pas vraiment croisé.


Les chiens ne sont pas mieux lotis que les femmes !


On en prend, mais on ne les sort pas de la maison. Ils restent enfermés dans le jardin ou le patio et l’on ramasse leurs besoins occasionnellement. Les plus chanceux, comme c’était le cas dans le quartier protégé de Mazatlan, sont accrochés à une laisse toute la journée, à l’extérieur de chez eux, de façon à ce qu’ils puissent se balader un peu plus loin.





Je suis peut-être rude. Je suis peut-être fermée. Encore une fois, je veux bien m’ouvrir à d’autres cultures, je ne demande que ça. Mais pas à ce qui est contraire à mes principes. Et je fonctionne de la même façon en France. Par conséquent, malgré la générosité et la chaleur des Mexicains, je ne me verrai pas vivre là-bas, pour toutes les raisons exposées, à moins de vivre recluse ou de me sentir investie d’une mission « évangélisatrice ».


Pour le moment, nous poursuivons notre tour du monde en famille par un road-trip dans l’Ouest des Etats-Unis. Première étape : Los Angeles. Sur le plan de la junk-food et de l’omniprésence des écrans, ça ne risque pas de s’améliorer ! En revanche, la question environnementale occupe davantage d’esprits et le bio devrait refaire son apparition :)


See U


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